jeudi 26 avril 2007, par Furanku
Les citations proviennent des ouvrages suivants :
Le Lotus de la Bonne Loi, traduit du sanscrit par M. E. Burnouf, Tome 1, Traduction et notes, Maisonneuve Frères, Paris, Nouvelle édition, 1925 [1° édition de 1852]
Saddharma-Pundarîka of The Lotus of the True Law, Translated by H. Kern, Dover Publication, New Yord, 1963
Le Sûtra du Lotus, traduit du chinois par J.N. Robert, Fayard ; 2002
Nous abrégerons : r. pour Robert, k. pour Kern et b. pour Burnouf. Le numéro qui suit l’abréviation renvoie à la page de l’ouvrage correspondant.
| I Lieu : Râdjagriha, sur la montagne de Gridhrakuta . |
| Acteurs : Le narrateur : « Voici ce que j’ai entendu. »Bhagavat : une assemblée immense [1] dont se détachent les Bôdhisattvas Mahâsattva Mandjucri devenu Kumara et Maitreyâ. |
| Synopsis Le texte commence par l’invocation traditionnelle par lequel un livre bouddhique doit commencer [2] : « ÔM ! Adoration à tous les Buddhas et Bôdhisattvas ! » b.1 [invocation manquante dans la traduction de Robert], puis enchaîne sur la formule type d’introduction des Sûtras : « Voici ce que j’ai entendu. Un jour Bhagavat se trouvait à... » b.1. Bhagavat a fini d’exposer « le Sûtra nommé la Grande démonstration [3]... destiné à l’instruction des Bôdhisattvas,... possédé par tous les Buddhas » - et entre dans la contemplation correspondante. Un rayon lumineux sort du Bhagavat et rend visible vers l’est 8 000 terres de Buddha, les 6 destinées, les Buddhas bienheureux, les Moines et Laïcs hommes et femmes, les Yogins et leurs élèves, les Boddhisattvas Mahâsattvas, les Buddhas qui entrent en possession du Nirvana complet. Maîtreya interroge alors Mandjucri sur le sens de ce phénomène. Ce dernier répond qu’il s’agit d’un signe précurseur d’une grande exposition de la Loi. Mandjucri a déjà vu ce phénomène il y a de cela une infinité de temps : le Bienheureux d’alors, nommé Tchandrasûryapradîpa [4], avait lui aussi exposé la Grande démonstration ; ensuite, après avoir émis le même rayon lumineux, il avait exposé la Loi nommée le Lotus de la bonne Loi , le livre du Grand Véhicule intitulé La fleur du Lotus de la Loi Sublime. Mandjucri était alors le Bodhisattva Mahasattva Varaprabha, Lumière -Sublime, chargé de garder cette Loi, et Maitreya était Yaçaskama, Cherche Gloire. |
| II : L’habilité dans l’emploi des moyens, (upâyakausalya) les expédients salvifiques. |
| Acteurs : Bhagavat, Cariputra, Grands Çravakas, 5 000 Religieux et fidèles remplis d’orgueil. |
| Synopsis Bhagavat émerge de son recueillement et s’adresse à Cariputra. Il lui annonce que la sagesse des Buddhas est difficilement accessible pour les Crâvakas et les Pratyêkabuddas. Câriputtra en demande la raison par trois fois, en soulignant les doutes que le propos du Bhagavat fait naître dans les 4 assemblées [5]. Bhagavat annonce alors qu’il va s’expliquer. A ce moment-là, 5 000 Religieux et laïques orgueilleux [6] quittent l’assemblée. Bhagavat annonce qu’il a distingué et prêché trois véhicules alors qu’il n’y en a qu’un seul, qu’il va maintenant exposer (r.77). Il dit du Sûtra du Lotus que « cette Loi sublime est l’essentiel secret des Éveillés. »r.91 (sans parallèle dans b.) |
| III La parabole - voir La parabole des trois chars et de la maison en feu (chap. 3 du sutra du Lotus) |
| Acteurs : Câriputtra, Bhagavat, les quatre assemblées et les non humains |
| Synopsis 1) Çariputtra exulte de joie , à tort (r.94) [7]. 2) Bhagavat confirme le dire de Mandjucri en annonçant pour la première fois qu’il va exposer le Sûtra nommé le Lotus de la Bonne Loi b.42, the Dharmaparyâya called ‘the Lotus of the True Law’ (K.65), ce livre du Grand Véhicule dont le titre est La Fleur du Lotus de la Loi sublime » r.97. Il révèle à Câriputtra le « voeu originel » que ce dernier a prononcé et qu’il a oublié, à savoir entendre cette Loi b.41 K.65 r.97. Bhagavat annonce aussi à Sariputra que, dans un temps infiniment lointain, après avoir accompli sa carrière de Bôdhisattva, il deviendra le Tathâgata Padmaprabha. Sa terre de Buddha s’appellera Viradja. 3) Çariputtra s’inquiète des doutes dans les quatre assemblées : la nouvelle Loi remet en question l’enseignement du Nirvana, c’est-à-dire de l’affranchissement des 4 maux (naissance, vieillesse, mort et douleur). Bhagavat répond par la parabole de la maison en flammes, et l’expédient de la promesse des trois chars [8] pour attirer les enfants hors de la maison. Le chef de maison offre en fait un seul type de char à ses enfants, une fois qu’ils sont hors de danger [9]. |
| IV Les inclinations Croire et comprendre – |
| Acteurs Subhûti, Mahâkâtyâyana, Mahâkâçyapa et Mahâmâudgayâyana [10] |
| Synopsis Subhûti, Mahâkâtyâyana, Mahâkâçyapa et Mahâmâudgayâyana exposent la parabole du père qui fait prendre graduellement [11] conscience à son fils avili, aux inclinations misérables, de la grandeur de sa filiation. Ainsi le Bhagavat fait miroiter « le salaire d’une journée qu’est l’accès à l’extinction » (Nirvâna), alors que « nous étions en vérité enfants de l’Éveillé » « Nous venons tout d’un coup [12] d’obtenir sans l’avoir espéré, le joyau de l’omniscience,.. en tant que fils du Tathâgata » r.133, b.69, K.108 Bhagavat avertit cependant sévèrement que tous ceux qui se moquent de la Loi du Lotus seront sévèrement punis. |
| V La parabole des simples – Les plantes médicinales [13] |
| Acteurs : Bhagavat, Mahâkâçyapa et les Grands Disciples (Sthaviras) . |
| Synopsis Bhagavat compare son action à celle d’une nuée qui couvrirait universellement la terre : cette nuée féconde les multiples espèces de plantes par son eau qui est unique. De même la Loi est unique par sa saveur et son aspect [14] (r.157), - elle vise à une seule chose, mais Bhagavat l’adapte à chaque espèce [15], grâce à son omniscience des êtres [16]. |
| VI L’annonciation – Les prédictions |
| Acteurs : Bhagavat, Mahâmâudgayâyana, Subhûti et Mahâkâtyâyana. |
| Synopsis 1) Bhagavat annonce que le Sthavira Kâçyapa, « l’un de mes Crâvakas », (b.89-90), apparaîtra lors de sa dernière existence comme le Tathâgata Raçmiprabhasa. 2) Mahâmâudgayâyana, Subhûti et Mahâkâtyâyana , « et les autres » demandent l’annonciation pour eux, afin de quitter le Petit Véhicule (r.158), le char misérable (b.91) : ils sont comme des affamés qui attendent l’autorisation de manger. 3) Bhagavat prononce alors leur Annonciation Subhûti apparaîtra lors de sa dernière existence comme le Tathâgata Caçikêtu (b.91). Mahâkâtyâyana apparaîtra lors de sa dernière existence comme le Tathâgata Djambûnadaprabha (b.93) [17] Mahâmâudgayâyana apparaîtra lors de sa dernière existence comme le Tathâgata Manôbhirâma [18] (b.94). |
| VII La ville fantasmagorique – L’ancienne application [19] |
| Acteurs : Bhagavat |
| Synopsis 1) Bhagavat parle d’un Tathâgata apparu il y un temps infini [20], nommé Mahâhidjnâdjnânâbhibhu. Avant de quitter sa famille, il avait eu 16 fils, dont l’aîné s’appelait Djnânâkara (b.98). Son obtention de l’Éveil complet parfait et sans supérieur provoque l’illumination de l’univers. Après que les dieux brahmiques et les 16 princes l’en aient longuement supplié, il met en branle par trois fois la roue aux 12 aspects [21] r.179 Les 16 princes deviennent alors des Crâmanêras sages (b.110). Suite à leur requête de voir la science du Tathagata, le Tathâgata Mahâbhidjnâdjnânâbhibhu expose le Sûtra nommé le Lotus de la Bonne loi etc.. b.111. Alors que beaucoup doutent, les 16 reçoivent avec foi le livre (r.181), les discours prononcés par le Bienheureux (b.111) et prêchent la Loi du Lotus avec ardeur. 2) Bhagavat révèle que maintenant, les 16 « interprètes de la Loi » (b.113) sont parvenus à l’état suprême de Buddha parfaitement accompli (b.133). Il révèle que les 16 existent encore dans ce monde où ils continuent de prêcher, et qu’il est un de ces 16, Amithaba [22] étant l’un des deux Tathagatas à l’ouest [23] : 3) Pour expliquer les deux niveaux d’enseignement (Nirvana puis Science des Tathâgatas), Bhagavat se sert de la parabole de la ville fantasmagorique. Le « guide habile dans l’emploi des divers moyens » fait apparaître par sa magie une ville où les voyageurs fatigués se reposent et reprennent confiance. « Nous voici calmes » disent-ils alors. Quand ils sont bien reposés, le guide dissipe sa fantasmagorie et leur fait reprendre la route. (b.115). Ainsi en est-il des trois véhicules, qui en fait n’en sont qu’un seul :les deux degrés de Nirvana (celui des Çravakas et celui des Pratyêkabuddhas) sont cette ville imaginaire, dit Bhagavat (b.116). |
| VIII Prédiction relative aux 500 religieux – 500 disciples reçoivent l’annonciation |
| Acteurs : Pûrna, fils de Maitrâyani ; Bhagavat ; les 1 200 Auditeurs / Méritants, dont les 500 Arhats qui reçoivent l’annonciation. |
| Synopsis 1) A Pûrna qui loue le Bhagavat, qui « seul... peut connaître le voeu foncier au profond de notre coeur » (r.193), « les effets de notre ancienne application » b.121, Bhagavat confère l’annonciation : il lui révèle qu’il a été le premier des instructeurs de la Loi auprès des « 7 Tathâgatas dont Vipaçyi est le premier, et dont je suis le septième » (b.122) ; il lui annonce qu’il atteindra l’état suprême de Buddha parfaitement accompli et qu’il sera le Tathâgata nommé Dharmaprabhâsa, dans cette terre de Buddha ci [24]. (b.123). Dans la partie en vers, Bhagavat décrit comment les Bôdhisattvas usent de moyens habiles et vont jusqu’à paraître comme des Çravakas, ou, plus bas encore, comme des êtres « pourvus des trois poisons » et même ils s’approchent des « créatures attachées aux fausses doctrines » (b.124) et ils apparaissent sous « un aspect hérétique » (r.196) 2) Après que 1 200 Auditeurs aient désiré recevoir l’annonciation, Bhagavat déclare à Mahâkâçyapa qu’il va leur conférer successivement l’annonciation. Il commence par Kâundinya, qui deviendra un Tathâgata nommé Samantaprabhâsa. Bhagavat continue en disant que 500 autres Tathâgatas porteront ce nom. 3) Les 500 Arhats concernés confessent qu’ils sont des ignares, eux qui se pensaient arriver au Nirvana complet, alors qu’ils n’étaient pas arrivés à la science du Tathâgata : « nous nous contentions d’une sagesse mineure » (r.200). Ils illustrent leur propos par la parabole de la perle précieuse que l’ami d’un homme ivre couvre dans le manteau de ce dernier, à son insu. Cette perle représente la pensée de l’omniscience du Tathagata, implantée par le Tathagata quand il était Bodhisattva dans les 500 ; les 500 se contentaient de la science limitée du terrain des Arhats, et ils s’imaginaient arrivés au Nirvâna. (b.129) : cela aussi résultait de l’habilité dans les moyens du Bhagavat. |
| IX Prédiction relative à Ânanda, à Râhula, et aux 2 000 religieux - L’annonciation conférée aux apprentis et à ceux qui n’ont plus à apprendre |
| Acteurs : Ânanda, Râhula, 2 000 Religieux, Maîtres ou non ; Bhagavat ; 8 000 Bôdhisattvas [25]. |
| Synopsis 1) Â Ânanda, Râhula et 2 000 Religieux qui demandent l’annonciation, Bhagavat annonce que Ânanda deviendra le Tathâgata nommé Sâgaravaradharabuddhivikriditâbhidjna. 2) 8 000 Bôdhisattvas s’interrogent sur l’exceptionnelle qualité de l’annonciation conférée à Ananda. Bhagavat révèle alors qu’Ânanda et lui ont déployé ensemble la pensée de l’Éveil complet et parfait sans supérieur, devant le même Tathâgata Dharmagahanâbhyudgatarâdja ; Änanda cherchait alors l’érudition, tandis que Bhagavat cherchait l’énergie, le zèle. En entendant cela, Ânanda se rappelle alors son voeu originel r.207 (l’ancienne prière b.133). 3) Bhagavat confère l’annonciation à Rahula, qui deviendra le Tâthagata Saptaratnapadmavikrânim. Il révèle que Rahula a fait voeu de se manifester comme fils d’une infinité de Buddhas. 4) Bhagavat confère l’annonciation aux 2 000 Çravakas, certains maîtres et d’autres noms. Tous paraîtront comme Tâthagatas sous le même nom de Ratnakêturâdja. |
| X L’interprète de la Loi – Le Maître de Loi |
| Acteurs : Bhagavat. |
| Synopsis 1) Bhagavat révèle au Bôdhisattva Mahâsattva Bhâichadjyarâdja [26] que les êtres, humains ou non, réunis dans cette assemblée sur les véhicules des Çravakas, des Pratyêkabuddhas ou des Bôdhisattvas, recevront l’annonciation : il suffit qu’ils entendent ne fût ce qu’une seule stance du livre du Lotus de la Loi sublime, - et qu’ils en éprouvent de la satisfaction. Et cette loi vaut non seulement pour ces êtres, mais tout être venant « après que le Tâthagata sera entré dans le Nirvâna complet » (b.136). Cette loi à tout être qui honorera le livre canonique, aussi bien en le lisant, en le recopiant, qu’en s’inclinant devant lui et en lui faisant des offrandes. 2) Bhagavat enseigne ensuite que « Ces fils ou fils de famille, ... Il faut les regarder comme étant nés de nouveau parmi les hommes dans le Djambudvîpa, par compassion pour les créatures » b.136. « Sache-le, Roi des Remèdes, ces gens renoncent d’eux-mêmes à la rétribution de leurs actes purs ; après mon passage en Disparition, ils renaîtront en un âge mauvais par pitié pour les êtres et exposeront largement ce livre [27]. » r. 212. Chacun d’entre eux doit être regardé comme un « messager du Tathagata,.. comme son serviteur, comme son envoyé » b.138, « un messager de l’Ainsi venu » R 213 [28] 3) Bhagavad donne ensuite la méthode pour exposer le livre du Lotus [29] « après la Disparition de l’Ainsi venu » (r.217), « quand le Tathâgata est entré dans le Nirvana complet » b.142 : Bhagavat promet au prêcheur du Lotus de lui envoyer un auditoire par fantasmagorie, de lui apparaître « corporellement », « même si je suis dans un royaume étranger » et de lui rappeler ce qu’il a oublié dans son exposition (r.218). 4) La partie en vers décrit la pratique qui permet d’obtenir promptement (b.139) au plus vite (r.213) l’omniscience : elle consiste à honorer le livre ou celui qui comprend le livre. Le sûtra du Lotus est appelé ici « roi des Sûtras » b.143, « roi des livres canoniques » r. 218 [30]. |
| XI Apparition d’un Stûpa - La vision de la Pagode de matières précieuses. |
| Acteurs : Tâthagata Prabhûtaratna ; Bôdhisattva Mahâsattva Mahâpratibhâna ; Bhagavat |
| Synopsis 1) D’une pagode en pierres précieuses d’une dimension infinie, surgie tout d’un coup du sol, résonne une voix qui loue Çakyamuni d’avoir bien exposé la Loi du Lotus de la bonne loi. 2) Au Bôdhisattva Mahâsattva Mahâpratibhâna qui s’interroge sur la cause de cette soudaine apparition, Bhagavat explique que l’apparition résulte du « grand serment » r.222 du Tâthagata Prabhûtaratna : ce dernier a fait faire une pagode en pierres précieuses pour après son entrée dans le Nirvana complet, et il a promis que cette pagode qui devra apparaître à chaque fois que sera proclamée la Loi du Lotus afin que retentisse la parole d’approbation du Tâthagata Prabhûtaratna b.146. 3) Mahâpratibhâna demande alors à voir « la propre forme du Tathâgata » b.147. Bhagavat révèle alors le deuxième aspect du voeu originel r. 228 du Tâthagata Prabhûtaratna : son corps n’apparaîtra que si les Éveillés émanés de l’Éveillé du lieu (r.223) [31], qui prêchent le Lotus, y sont rassemblés. 4) Bhagavat émet à nouveau un rayon, révélant ainsi dans les dix points de l’espace [32] une infinité de Buddhas en train d’enseigner. Ceux-ci s’en vont dans l’univers Saha. L’univers Saha est alors entièrement transfiguré, et tous les êtres sont déplacés ailleurs, hormis l’assemblée b.148. Comme la place manque, le bienheureux Tathâgata crée des terres de Buddha en nombre infini. 5) Le quorum étant atteint, Bhagavat monte dans les cieux et ouvre la porte de la pagode, révélant ainsi le corps intact du Tâthagata Prabhûtaratna [33], tandis qu’à nouveau sa voix retentit. Le Bhagavat Tâthagata Prabhûtaratna fait alors asseoir Bhagavat Tâthagata Çakyamuni sur la moitié de son trône dans la pagode. |
| XII XI Titre : Don des Dieux [Dêvadatta] Rappel : la version sanskrite continue ici le chapitre XI. |
| Acteurs : Bhagavat, Pradjnâkûta, Mandjuçri, Çariputtra,la fille de Sâgara |
| Synopsis 1) Bhagavat révèle que, loin dans le passé, il a été un roi cherchant sans répit le Sûtra du Lotus. Il l’a trouvé auprès d’un ermite qui n’était autre que Dêvadatta [34]. Bhagavat confère alors l’annonciation à Dêvadatta, qui sera le Tathâgata Dêvaradja. 2) Bhagavat vante ensuite la vertu particulière du chapitre [35] : l’auditeur qui, l’ayant entendu, n’éprouve aucun doute mais au contraire lui accorde foi dans un esprit pur, renaîtra dans une des terres de Buddha et y entendra constamment « ce livre canonique » r.238. 3) Au bôdhisattva Pradjnâkûta, de la terre de Buddha du Tâthagata Prabhûtaratna, qui demande au Tâthagata Prabhûtaratna d’y retourner avec lui, Bhagavat conseille de discuter avec « mon Bôdhisattva Mahâsattva Mandjuçri » b.158. Ce dernier surgit alors du milieu des océans, du palais de Sâgara, roi des Nâgas ; il déclare à Pradjnâkûta qu’il y a converti un nombre infini de Bôdhisattvas, grâce au « Sûtra du Lotus de la bonne Loi, et non aucun autre Sûtra » b.160. 4) A Pradjnâkûta qui n’est pas loin de dire de ce Sûtra qu’il est hermétique à toute créature, Mandjuçri rétorque que la fille de Sâgara, roi des Nâgas [36], âgée de 8 ans, « est capable d’arriver à l’état de Buddha parfaitement accompli » b.160, ce dont doute à nouveau Pradjnâkûta. 5) La jeune fille apparaît et elle est prise à partie par Çariputtra, qui l’accuse d’avoir la pensée, mais non la réalité, de la Voie insurpassable r.241, de l’état de Buddha b.161 ; il en donne deux raisons : d’abord il faut accumuler des mérites pendant un temps infini , ensuite parce qu’une femme « ne peut obtenir les 5 places .... celle de Brahmâ...de Cakra... de Mahâradja... de Tchakravartin... d’un Bôdhisattva incapable de retourner en arrière » b.161 [37] La version chinoise pose alors la question : « Comment un corps de femme pourrait-il réaliser rapidement l’état d’Éveillé ? » r.241 6) La jeune fille répond en faisant l’offrande d’un joyau de grand prix au Bhagavat qui l’accepte, « par compassion pour elle ». b.161. Puis, tout aussi rapidement que cet échange a eu lieu (et même plus rapidement encore, au dire de la jeune fille), elle se transforme en homme « soudainement » et devient Bôdhisattva, se dirige vers l’univers Vimala au sud puis il se montre « parvenu à l’état de Buddha parfaitement accompli, portant les 32 signes caractéristiques d’un grand homme... et faisant l’enseignement de la loi. » b.162 7) La joute verbale se termine : « L’être d’Éveil Amas de Sagesse, Çâriputra et toute l’assemblée, silencieusement, crurent et acceptèrent » r.242, la version sanskrite étant même plus sévère pour les perdants : « Alors le Bôdhisattva Pradjnâkûta et le Sthavira Çariputtra gardèrent le silence » b.162 Voir Sutra du Lotus - Le corps féminin peut-il être un vase de la Loi ? (français - English - 中文) |
| XIII / XII Exhortation à la sauvegardeL’effort |
| Acteurs : Bhâichadjyarâdja, Mahâpratibhâna (deux Bôdhisattvas Mahâsattvas) ; 500 Méritants (qui ont reçu l’annonciation r.243) ; 8 000 apprentis et au delà de l’étude ; Mahâpradjâpatî (tante de Bhagavat) et 6 000 moniales ; Bhagavat ; Yaçôdharâ (mère de Rahula) et 4 000 moniales ; 800 000 myriades de milliards de Bôdhisattvas. |
| Synopsis 1) Successivement, Bhâichadjyarâdja [38] et Mahâpratibhâna, puis les 500 Méritants, puis 8 000 Crâvakas apprentis et au delà de l’étude, prennent la parole : ils assurent au Bhagavat qu’ils exposeront le livre canonique après l’entrée du Tathâgata dans le Nirvâna complet. Ils sont bien conscients que ce temps sera un temps difficile, où les êtres seront méchants et peu réceptifs à l’enseignement. Les femmes Mahâpradjâpatî, Yaçôdharâ [39] et leur suite respective disent de même, après avoir reçu l’annonciation. Enfin, les Bôdhisattvas en nombre infini s’engagent à faire recopier, à faire lire, méditer et expliquer cette exposition de la loi b.165, ce texte canonique r 246. Ils émettent cependant une condition : « Notre seul souhait est que le Vénéré du monde, qui sera ailleurs, nous surveille et nous protège de loin » 2) La partie versifiée développe le thème de l’ « âge mauvais et effrayant » r.246, « cette redoutable époque de la fin des temps » b.165, qui fera suite au passage de l’Éveillé en Disparition : les prédicateurs du Lotus y seront persécutés et devront faire montre de patience : les « mauvais moines de l’âge souillé », « ces religieux Tîrthakas [40] » b.166 les calomnieront auprès des laïcs ignorants et les accuseront de leurs propres pratiques : recherche de profit, tenue de discours hétérodoxes, confection du Livre du Lotus par fraude. Il en résultera même des expulsions des Vihâras, des pagodes et des monastères (b.166, r.248). N.b. : Nous avons fait nôtre la traduction de Kern, intermédiaire entre la traduction de Robert et celle de Burnouf [41]. 3) La partie versifiée conclut en reprenant l’engagement au début du chapitre : « nous sommes les envoyés de l’Éveillé du monde , nous n’aurons pas peur au milieu des foules ; nous prêcherons la Loi avec maîtrise. Nous le souhaitons : que l’Éveillé demeure soulagé ! r.248 |
| XIV / XIII La pratique commodeLa position commode |
| Acteurs : Mandjuçri ; Bhagavat |
| Synopsis 1) A Mandjuçrî qui se demande comment les Bôdhisattvas devront procéder à la fin des temps, vu les difficultés de cette dernière période, Bhagavat expose les 4 lois, les 4 méthodes 法 : il s’agit 1) de rester dans la terre de la patience, 2) de prendre garde à ses fréquentations (hétérodoxes, bouchers, artistes, femmes, « hermaphrodites »b.168 « ceux qui ont les 5 déficiences de virilité » r.250) et 3) de voir les choses comme elles sont, de les voir comme vides de toute nature propre [42]. 2) Après avoir dit en vers ces 3 lois, Bhagavat donne la 4° loi du prêcheur (pandita d’après k.269 n.2) du Lotus, qui est celle de la situation commode b.171, de la pensée d’accommodement r.255 : il s’agit de montrer de la patience envers les adeptes des 3 véhicules (des Crâvakas, des Prayêkabuddhas et des Bôdhisattvas), sans les agresser, sans leur dire qu’ils sont « loin de la Voie » qu’ils ne pourront « jamais obtenir la sagesse portant sur toutes les espèces », r.257, « éloignés ... de l’état suprême de Buddha parfaitement accompli... pas capables d’acquérir la connaissance complète de la science du Tathâgata » b.173 3) A nouveau, Bhagavat fait l’éloge du Sûtra du Lotus, qui est donné en dernier mais qui est le plus grand et qui rencontrera une opposition universelle [43]. Il compare ce Sûtra à la perle unique qui est dans le chignon d’un roi Balachakravartin, saint souverain de l’orbe. |
| XV/XIV Surgis de terreApparition des Bôdhisattvas |
| Acteurs : les Bôdhisattvas Mahâsattvas des autres univers ; Bhagavat ; les Bôdhisattvas de l’univers Saha dont quatre chefs ; le Bôdhisatva Maitreya ; les Tathagatas émanés et leurs cortèges d’assistants. |
| Synopsis 1) Aux Bôdhisattvas Mahâsattvas des autres univers qui se proposent de proclamer et de protéger dans l’univers Saha cette exposition de la loi b.180, ce Dharmaparyâya k.281, ce texte canonique r.267, Bhagavat répond qu’il n’a pas besoin d’eux car il a à sa disposition des bodhisattvas en nombre infini, dont chacun a lui-même en cortège une infinité de Bodhisattvas : ce sont eux qui prêcheront après son entrée dans le Nirvâna complet. 2) Ceux-ci surgissent alors des fentes de la terre et rendent hommage aux bienheureux (Bhagavat ?) Tâthagatas Prabhûtaratna et Çakyamuni, puis aux formes de Tâthagata émanées du Bhagavat Tâthagata Çakyamuni. Pendant leur adoration, qui dure 50 moyens Kalpas, le Bhagavat Çakyamuni garde le silence. 3) Maiteyra apprend que Bhagavat a enseigné et converti r.274, mûri b.187 cette infinité de Bodhisattvas, ce qui le remplit de doute : comment Bhagavat a-t-il pu accomplir cela en « un peu plus de 40 ans » b.188 [44] ? Un homme de 25 ans peut-il désigner un centenaire comme son fils ? et le centenaire peut-il appeler cet homme son père ? |
| XVI / XV La longévité de l’Ainsi-venu Durée de vie du Tathâgata |
| Acteurs : Bhagavat ; Maitreya. |
| Synopsis Voir annexe correspondante. 1) Bhagavat répond au doute de Maitreya exprimé dans le chapitre précédent : 2) Quant à l’histoire des 40 ans de son existence actuelle, elle est en fait un moyen habile. Pour s’en expliquer, il utilise la parabole du médecin qui feint de disparaître afin que ceux de ses enfants empoisonnés qui ont perdu la raison prennent le médicament. Voir La parabole du médecin (chap. 16 du Sutra du Lotus) |
| XVII / XVI Le détail des méritesProportion des mérites |
| Acteurs : Bhagavat s’adressant à Maitreya |
| Synopsis 1) L’exposition de la longévité du Bhagavat fait avancer des myriades de Bôdhisattvas, les uns entrant en possession de formules magiques [45], d’autres devant obtenir l’état suprême de Buddha accompli en 8, 4, 3, 2 ou 1 naissance(s). Une pluie de fleurs tombe alors du ciel. 2) Bhagavat dit ensuite que les mérites acquis par celui qui entend l’exposition de cette longévité et qui y croit ne serait-ce que le temps d’une seule opération de pensée r.297 (voir aussi b.202), valent des myriades d’années et d’efforts passés à s’exercer à la pratique des 6 perfections [46]. 3) Le croyant recevra alors un garant de la qualité de son effort : il verra alors Bhagavat et son assemblée sur le mont Grïdhrakûta ; il verra aussi ce monde présent « transfiguré » en une terre de Buddha [47]. |
| XVIII / XVII Les mérites de la joie conséquenteIndication du mérite de la satisfaction |
| Acteurs : Maitreya ; Bhagavat |
| Synopsis A Maitreya qui l’interroge sur les mérites de celui qui se réjouit d’avoir entendu le Livre du Lotus de la loi, Bhagavat répond que ces mérites l’emportent infiniment sur celui qui aurait pratiqué le don des biens matériels et spirituels, avec le don de la Loi [48]. Telle est la force du Sûtra qu’il reste actif même pour celui qui se trouverait en 50 ° position dans la ligne de la transmission du Lotus. |
| XIX / XVIII Les mérites du Maître de la loiExposition de la perfection des sens |
| Acteurs : Bhagavat |
| Synopsis Bhagavat décline ensuite les bénéfices acquis par celui qui possède cette exposition de la loi : il aura les 800 mérites de la vue, de l’odorat, du corps, les 1 200 mérites de l’ouïe, du goût, de l’intellect b.215, r.312. En particulier, son corps deviendra comme un miroir qui reflètera l’ensemble de l’univers, et cela « Alors même qu’il n’aura pas obtenu, dépourvu d’infections, le corps sublime de nature de la Loi » r.323, « cependant il n’est pas en possession de l’état de Dêva » b.225. |
| _ XX / XIX L’être d’Éveil Toujours sans MéprisLe Religieux Sadâparibhûta |
| Acteurs : Bhagavat ; Bôdhisattva Mahâsattva Mahâsthâmaprâpta ; |
| Synopsis 1) Bhagavat dit au Bôdhisattva Mahâsattva Mahâsthâmaprâpta l’importance du bonheur (ou du malheur) qui résulte de l’attitude vis-à-vis du Sûtra du Lotus. 2) Puis il parle du Tâthagata Bhîchmagardjita-ghôchasvrarâdja dans l’univers Mahâsambhava [49]. Pendant le temps où l’image de sa bonne loi commençe à disparaître, apparaît un Religieux appelé le Bôdhisattva Mahâsattva Sadâparibhûta [50], parce qu’il dit à chaque religieux ou laïc, homme ou femme (les 4 congrégations) : « Je ne vous méprise pas... car.. vous serez tous des Tathâgatas vénérables » b.228. Comme il ne pratique aucun livre canonique, et qu’il pratique uniquement cette louange, il est traité de « moine sans intelligence » r.329, persécuté et méprisé pour cette attitude. Or, sur son lit de mort, il entend miraculeusement la voix du Tâthagata Bhîchmagardjita-ghôchasvrarâdja qui prêche le Lotus, la voix semblant venir du ciel b.229. Il saisit alors ce Dharmaparyâya (exposition de la loi), il obtient alors la purification de ses 6 sens (cf. chapitre précédent) et il se met à prêcher le Lotus à ceux qui auparavant se moquaient de lui. « Après avoir constamment expliqué ce Sûtra, ce fils de Djina (Vainqueur) parvint à l’état de Bodhi » b.232 3) Bhagavat révèle que Sadâparibhûta, c’était lui. Tous ses mérites, il les doit au Sûtra du Lotus, puisqu’il ne lisait ni ne récitait aucun livre canonique avant qu’il entende la voix miraculeuse. Quant aux quatre congrégations qui le méprisaient, elles sont maintenant dans cette assemblée : les 500 Bôdhisattvas et leur chef Bhadrapâla, les 5000 religieuses et leur chef Simhatchandra, les 500 femmes laïcs (upâsikâ k.362) menées par Sugatatchêtanâ b.231. |
| XXI / XX Les pouvoirs miraculeux de l’Ainsi VenuEffet de la puissance surnaturelle du Tâthagata |
| Acteurs : les Bôdhisattvas Mahâsattvas surgis des fentes de la terre ; Bhagavat ; les Tathâgatas émanés et le Tâthagata Prabhûtaratna (cf. chap. XI) ; |
| Synopsis 1) Les Bôdhisattvas Mahâsattvas surgis des fentes de la terre s’engagent à expliquer ce Dharmaparyâya [51] « autant de fois que Bhagavat entrera dans le Nirvâna complet » b.233, car eux aussi ont grand désir de saisir « cette grande Loi, authentique et pure » r.335. La version chinoise étend le service rendu par les Bôdhisattvas aux Tathâgatas émanés : « « Vénéré du monde , après la Disparition de l’Éveillé , nous exposerons amplement ce texte canonique dans les royaumes où résident les corps d’émanation du Vénéré du monde et où ils seront passés en Disparition. » r.335 Dans la version sanskrite, Bhagavat félicite le Bodhisattva Viçitatchâritra b.233. 2) Tous les Tathâgatas présents, à commencer par le bienheureux Tathâgata Câkyamuni, effectuent le prodige suivant : tandis que leur langue sort de leur bouche et atteint le monde de Bhrama, des rayons de lumière en nombre infini sortent des pores de leur langue [52]. Puis, au bout de 100 000 années complètes, après cela ils replièrent leur langue caractéristique, s’éclaircirent la gorge en même temps et claquèrent ensemble des doigts. r.336. 3) Ces deux sons se font entendre dans tous les univers, tandis que leurs habitants voient la multitude des Tathâgatas de l’univers Saha, avec les deux Tathâgatas dans la pagode du Tâthagata Prabhûtaratna. Une voix commente le prodige, en expliquant que, « dans un monde nommé Saha : là le Tathâgata Câkyamnui ... explique aux Bôdhisattvas Mahâsattvas le Sûtra nommé le Lotus de la bonne loi.. » b.235 (la version chinoise dit : « un texte canonique du Grand Véhicule intitulé Fleur de lotus de La Loi sublime » r.336. 4) Bhagavat annonce au Bodhisattva Viçitatchârin (Viçitatchâritra selon k.367) que tout endroit où est lu et pratiqué le Lotus est un endroit à honorer d’une pagode, et il faut y faire offrande, car « Sachez qu’un tel endroit est le lieu de la Voie, que là même les Éveillés obtiennent l’Éveil complet et parfait sans supérieur que là même les Éveillés mettent en branle la roue de la Loi, que là même les Éveillés entrent dans l’Extinction suprême.. » r.337 |
| XXII/XXVII La passationLe dépôt (dernier chapitre qui clôt le Sûtra dans la version sanskrite) |
| Acteurs : Bhagavat ; les Bôdhisattvas de l’assemblée. |
| Synopsis 1) Le Tathâgata Câkyamuni remet la Loi à tous les Bôdhisattvas de l’assemblée, afin qu’ils l’expliquent et la prêchent à tous les êtres. Il est en effet sans avarice, et il donne « la science de la Bôdhi ; ... la science du Tathâgata, celle de l’Être existant par lui-même (the knowledge of the Self-born k.440) » b.282 2) Les Bôdhisattvas s’inclinent et prient Bhagavat de se reposer tranquillement (Burnouf), de ne pas se faire de souci (Robert). 3) Le Tathâgata Câkyamuni renvoie alors les Tathâgatas venus des différents univers (en corps d ‘émanation, dit la version chinoise, à raison si l’on se rappelle le chapitre XI). Toute l’assemblée est transportée de joie. N .b. :La scène de départ fait mention du Bodhisattva Viçitatchâritra, que nous avons déjà rencontré au chapitre précédent. |
| XXIII / XXII La conduite originelle de l’être d’Éveil Roi des remèdesAncienne méditation [53] de Bhâichadjyarâdja |
| Acteurs : Bôdhisattava Mahâsattva Nakchatrarâdja-samkusumitâbhidjna ;Bhagavat ; Tathâgata Prabhûtaratna. |
| Synopsis 1) Nakchatrarâdja-samkusumitâbhidjna demande pourquoi Bhâichadjyarâdja [54] se trouve dans l’univers Saha, ce qui a représenté pour lui des difficultés infinies. 2) Bhagavat rapporte l’apparition à une époque infiniment éloignée du Tathâgata appelé Tchandravimalasûryaprabhâsaçri, dans une terre de Buddha magnifique, qui n’avait « ni femmes, ni enfers, ni démons affamés, ni animaux, ni titans ni aucun des états difficiles »r.344. Ce Tathâgata prêche la loi du Lotus de la bonne loi en particulier au Bôdhisattva Sarvasattvapryadarçana. Après réflexion, insatisfait des offrandes qu’il a offertes, ce dernier décide de faire offrande de son corps afin d’honorer le Tathâgata Tchandravimalasûryaprabhâsaçri : il absorbe quantité de parfums puis fait brûler de lui-même son corps [55]. Le feu illumine alors un grand nombre d’univers ; leurs Buddhas approuvent cette offrande comme l’offrande inégalable. 3) Sarvasattvapryadarçana naît à nouveau de manière prodigieuse, et reçoit du même Tchandravimalasûryaprabhâsaçri la mission de continuer son action après son entrée « dans l’élément du Nirvâna, où il ne reste aucune trace de l’agrégation » b.246 Sarvasattvapryadarçana, là encore insatisfait des offrandes qu’il a fait pour les reliques du Tathâgata Tchandravimalasûryaprabhâsaçri, décide de faire brûler son bras en offrande. Il console son entourage en prononçant une bénédiction dont la véracité est prouvée par son bras retrouvé. 4) Bhagavat révèle à Nakchatrarâdja-samkusumitâbhidjna que Bhâichadjyarâdja était ce Bôdohisattva Sarvasattvapryadarçana.Telle est la valeur du geste d’un Bôdhisattva « de se brûler un doigt ou un orteil pour en faire offrande à la pagode » r.348. 5) Bhagavat passe ensuite abruptement à l’éloge du Sûtra. « .. ce livre peut sauver l’ensemble des êtres... comme la torche qui dissipe les ténèbres, ainsi en est-il de ce livre, qui est capable de mener les êtres à se dégager de toutes les douleurs et de toutes les maladies et qui est capable d’affranchir de toutes les entraves de la naissance et de la mort »r.350. 6) Puis Bhagavat fait en particulier l’éloge du chapitre actuel [56] : « L’être quel qu’il soit du sexe féminin .. qui, après avoir entendu, dans les 500 dernières années [du kalpa], ce chapitre.... , s’en rendra maître, après être sorti de ce monde, renaîtra dans l’univers Sukhavati , où le bienheureux Tathâgat Amithâba .. vit,... » b.251 [57] 7) Le Bôdhisattava Mahâsattva Nakchatrarâdja-samkusumitâbhidjna s’attire alors l’éloge du Tathâgata Prabhûtaratna du sein de sa pagode. XXIV |
| XXIII L’être d’Éveil Son_Merveilleux Le Bôdhisattva Gadgadasvara |
| Acteurs : Tathâgata Câkyamuni ; Tathâgata Kamaladalavimala-nakchatrarâja-samkusumitâbhdjna ; Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara ; Mandjucri ; Tathâgata Prabhûtaratna ; Bôdhisattva Mahâsattva Padmaçrî. |
| Synopsis 1) Tathâgata Câkyamuni émet un rayon lumineux qui atteint l’univers du Tathâgata Kamaladalavimala-nakchatrarâja-samkusumitâbhdjna, univers dans lequel se trouve le Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara, possesseur de nombreuses méditations dont celle du Saddharmapundarika (le lotus blanc de la bonne foi) b.253. 2) Ce Bôdhisattva déclare à son bienheureux Buddha qu’il va dans le monde Saha pour rendre hommage au Tathâgata Cakyâmuni et voir Mandjucri et sa suite de Boddhisattvas. Le Buddha le met en garde contre le mépris qu’il pourrait éprouver pour le monde Saha, inégal et rempli d’ordures, et pour le Tathâgata Cakyâmuni et sa suite, tous de petite taille. 3) Par la force de son recueillement, Gadgadasvara fait apparaître sur le mont Gridhrakuta une infinité de lotus magnifiques, ce qui provoque l’étonnement de Mandjucri, qui demande à connaître et ce recueillement et son auteur. 4) Le Tathâgata Prabhûtaratna, sur la requête du Tathâgata Câkyamuni, convie à venir Gadgadasvara, lequel s’exécute. Au Bôdhisattva Mahâsattva Padmaçrî [58] qui s’interroge, Tathâgata Câkyamuni expose que Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara prend autant de formes que nécessaires afin de prêcher le Sûtra du Lotus, y compris en « revêtant la forme d’une femme » pour pouvoir enseigner « dans l’intérieur des gynécées » b.259 ; r.360. Il se sert pour cela du recueillement « Apparition de toutes les formes corporelles » r.361. 5) Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara revient dans la terre de Buddha où il habitait, tandis que Padmaçrî obtient la possession de la méditation du Lotus de la bonne loi b.260. |
| XXV / XXIV La porte universelle de l’être d’Èveil Considérant les Voix du Monde Le récit parfaitement heureux |
| Acteurs : Bôdhisattva Mahâsattva Akchayamati ; Bhagavat ; Bôdhisattva Mahâsattva Dharanîmdhara. |
| Synopsis 1) Au Bôdhisattva Mahâsattva Akchayamati qui s’interroge sur le nom du Bôdhisattva Mahâsattva Avalôkitêçvara, Bhagavat répond que celui qui invoque son nom est sauvé des périls. 2) Ainsi pour les marchands attaqués, qui l’invoquent en disant : « Adoration ! Adoration au Bôdhisattva Avalôkitêçvara » b.262. Ainsi de la femme qui désire un fils, une fille. 3) Avalôkitêçvara prend toutes les formes pour prêcher la Loi, allant même jusqu’à prendre un corps d’ épouse r.367 – noter ici la similitude avec la pratique de Gadgadasvara dans le chapitre précédent. 4) le Bôdhisattva Mahâsattva Dharanîmdhara proclame que l’audition de ce chapitre vaut beaucoup de mérite. De fait, au récit de ce chapitre, 80 000 êtres déployèrent la pensée de l’Éveil complet et sans supérieur r.371 conçurent l’idée de l’état supreme de Buddha parfaitement accompli ; qui est et n’est pas uniforme.b.268 [La version sanskrite de ce chapitre consacre 4 stances au Buddha Amitâbha [59]],] |
| XXVI / XXI Les formules détentricesLes formules magiques [60] |
| Acteurs : les Bôdhisattavas Mahâsattvas Bhâichadjyarâdja et Pradânaçura ; les grands rois Vâiçravana et Virûdhaka ; 11 Râkchasîs (dont Hâriti et Kuntî) et leurs enfants ; Bhagavat. |
| Synoptique 1) Les Bôdhisattavas Mahâsattvas Bhâichadjyarâdja [61] et Pradânaçura, les grands rois Vâiçravana et Virûdhaka, les 11 Râkchasîs (dont Hâriti et Kuntî) et leurs enfants s’engagent à protéger le Sûtra et ses interprètes par des formules magiques données au Bhagavat. 2) « Tandis que ce chapitre des formules détentrices était exposé, 68 000 personnes obtinrent l’adhésion à la non-production des entités. » r.377 [62] |
| XXVII / XXV La conduite originelle [63] du roi ornement-Sublime Ancienne méditation du roi Cubhavyûha |
| Acteurs : Bhagavat : |
| Synopsis 1) Bhagavat parle du roi Cubhavyûha, de la reine Vimaladattâ, et de leurs deux fils, Vimalagarbha et Vimalanêtra ; ceux-ci étaient accomplis dans la pratique des devoirs des Bôdhisattvas, ainsi que de divers recueillements. [64] Ils vivaient au temps du Tathâgata Djaladhara-gardjitaghôchasusvara-nakchatrarâdja-samkusumitâbhidja, qui prêchait le Sûtra du Lotus. 2) Par un miracle [65], les deux fils convertissent leur père auparavant acquis aux voies hétérodoxes, à la loi brahmanique r.380. Ils reçoivent alors l’autorisation de leurs parents d’aller s’exercer à la Voie auprès de l’Éveillé r.381 (en présence du bienheureux Tathâgata embrasser la vie religieuse b.270), car il faut avoir grand mérite pour naître dans une telle conjoncture : « C’est que c’est une chose difficile à rencontrer que la naissance d’un Buddha, aussi difficile à rencontrer que la fleur de l’Udumbara, que l’introduction du col d’une tortue dans l’ouverture d’un joug formé par le grand océan [66]. Elle est difficile à rencontrer, ô chers père et mère, l’apparition des bienheureux Buddhas ». b.271 3) Bhagavat révèle que le roi Cubhavyûha était Padmaçrî [67], les deux fils étaient Bhâichadjyarâdja [68] et Bhâichadjyasamudgata [69], tandis que la reine était le Bôdhisattva Mahâsattva Vâirôtchana...dhvadja [70]. 4) 84 000 êtres r.385 (80 x 100 000 êtres b.275, à tort d’après k.430 qui s’accorde avec r.385) acquièrent « la perfection de la vue de la loi pure et sans tâche » b.275. |
| XXVIII / XXVI L’exhortation de l’être d’Éveil Sage-UniverselSatisfaction de Samantabhadra |
| Acteurs :Bhôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra et sa suite de Bôdhisattvas Mahâsattas ; |
| Synopsis 1) Le Bhôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra et sa suite arrivent de l’orient dans l’univers Saha ; 2) Bhagavat expose à Samantabhadra les 4 conditions, les 4 éléments pour obtenir le Sûtra du Lotus [71], le premier étant d’être protégé par l’attention des Éveillés r.388, de recevoir « la bénédiction des bienheureux Tathâgatas » b.277 : Noter la divergence entre les 2 versions : pour la version chinoise, ces 4 éléments valent indistinctement pour les fils et filles de bien : ils sont rendus nécessaires après la Disparition de l’Ainsi Venu., dit Bhagabat à Samantabhadra. pour la version sanskrite, ces 4 conditions valent en tout temps, et sont requises seulement pour les femmes. La version chinoise veut peut-être élargir la portée du propos de Bhagavat, alors que nous arrivons au dernier chapitre du livre pour la version chinoise. 3) Samantabhadra s’engage à protéger les « interprètes de la loi », et à leur apparaître [72] monté sur un éléphant blanc à 6 défenses ; il s’engage aussi à leur donner une formule magique, qu’il donne au Bhagavat. Il annonce que ceux qui viennent à mourir après avoir écrit le Sûra renaîtront comme Dêvas Trayastrimças, et ils seront accueillis par 84 000 Apsaras b.279. Mieux, s’ils l’écrivent dans une intention inflexible, ils renaîtront au ciel des Tuchitas, au milieu desquels réside le Bôdhisattva Mahâsattva Mâitreya b.279 [73]. Telle est la bénédiction de Samantabhadra sur l’exposition de cette loi, lors « de la fin des temps, dans la dernière période, pendant les 500 dernières années » b.278, « au dernier âge, dans l’âge mauvais et impur des derniers cinq cents ans » r.389 4) Le bienheureux Tathâgata Câkyamuni félicite alors Samantabhadra et lie son nom au sien : « Les fils ou les filles de famille qui retiendront le nom du Bôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra, auront vu, il faut le reconnaître, le Tathâgata Câkyamuni » b.280 [74]. Puis il bénit ceux qui béniront les interprètes de la Loi du Lotus, et avertit sévèrement ceux qui s’en moqueraient. 5) Pendant le récit, une infinité d’êtres (uniquement des Bôdhisattvas, selon la version sanskrite) obtiennent la formule magique de Samantabhadra. A nouveau , il faut noter la divergence entre les 2 versions : Pour la version chinoise, il s’agit du dernier chapitre du livre, aussi se termine-t-il par le départ de l’assemblée : « Ils acceptèrent et gardèrent la parole de l’Éveillé, saluèrent et partirent ». r.392. Rappel : la version sanskrite a pour dernier chapitre le chapitre XXII(XXVII). |
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[1] 1 200 Arhats ; de grands Çravakas, dont Cariputra en 9° position (nous privilégions Kern sur Burnouf ici : Cariputra ne fait pas encore partie des Arhats – cf. chap. III ; des Çravakas dont Ananda et 2 000 religieux ; 6 000 religieuses ; 80 000 bodhisattvas dont les Bôdhisattvas Mahâsattva Mandjucri devenu Kumara et Avalôkiteçvara, Maitreyâ venant en 25° position ; 16 hommes vertueux et encore 80 000 bodhisattvas ; Çakra, l’Indra des Dêvas, et 20 000 fils des Dêvas ; les 4 Mahâradjas (les maîtres des points cardinaux d’après Kern) avec 30 000 fils des Dêvas ; Brahmâ, « chef de l’univers Saha », « Brahma Sahâmpati » chez Kern, avec 12 000 fils des Dêvas ; Les 8 rois des Nagas, avec plusieurs 100 000 de kôtis de Nagas ; les 4 rois des Kinnaras ; avec plusieurs 100 000 de kôtis de Kinnaras ; les 4 fils des Dêvas avec plusieurs 100 000 de Gandharavas ; Les 4 Indras des Asuras, plusieurs 100 000 de kôtis d’Asuras ; les 4 Indras des Garudas, plusieurs 100 000 de myriades de kôtis de Garudas. « Adjâtaçatru, roi du Magadha, fils de Vâidehi »
[2] Filliozat, § 1945, p.349
[3] « le livre canonique du Grand Véhicule appelé Les sens innombrables ». Kern traduit : « after expounding the Dharmaparyâya called ‘the Great exposition’’ »
[4] D’après b.11, Tchandrasûryapradîpa enseignait les 4 Nobles Vérités et le Nirvâna aux Çravakas, les 12 causes (pratityasamutpada) (la loi qui pénètre dans la production de l’enchaînement mutuel des causes) [pour les Pratyêkabuddas, ici englobés dans les Çravakas], les 6 perfections (Pâramitas) et l’état suprême de Buddha accompli pour les Bôdhisattvas, qui aboutit à la science de celui qui sait tout. Il faisait partie d’un lignage de 20 000 Tathâgatas qui portaient tous le même nom de Tchandrasûryapradîpa. Il avait 8 fils ; tous deviendront Éveillés, le dernier d’entre eux s’appelant le Tathâgata Dîpamkara. b.14
[5] Les doutes des Crâvakas et les Pratyêkabuddas est formulé ainsi par eux : « Le dogme de la délivrance unique que l’Éveillé a exposé, c’est encore un enseignement que nous pûmes faire nôtre et ainsi gagner l’Extinction ; mais à présent nous ne savons plus où mène ce dogme-ci. » r.71 ;
[6] « ils s’imaginaient avoir acquis ce qu’ils n’avaient pas acquis, et compris ce qu’ils n’avaient pas compris » b.25
[7] Attention au contresens dans le chapitre ii : quand Çariputtra exulte parce qu’il a entendu la Loi, quand il dit : « j’ai acquis le Nirvana ; ... je suis devenu calme... j’ai acquis l ‘état d’Arhat » b.39, il se vante à tort : il croit avoir acquis ce qu’il n’a pas acquis, comme va le lui révéler le Buddha en lui montrant que le Nirvana est un expédient.
[8] Le char à mouton soit le véhicule des Crâvakas, auditeurs qui ont besoin de la parole d’un autre, qui adhèrent aux 4 vérités [des Aryas] et qui cherchent le Nirvana complet pour eux-mêmes ; Le char à daim, soit le véhicule des Prayêkabuddhas, pratiquant la sagesse sans maître, adhérant à la Loi de conditionnement mutuel (pratityasamutpada) (appelée loi des « causes et effets » - cf. ch. vii b.109) et qui cherchent le Nirvana complet pour eux-mêmes : Le char à boeuf, soit le véhicule des Bôdhisattvas Mahasattvas qui ont compassion des êtres, le « Grand Véhicule » b.51-52, r.107.
[9] Noter que ce char est un char à boeuf : il est donc le troisième véhicule, mais encore plus beau et magnifique que ce que les Bôdhisattvas avaient espéré.
[10] “Sâriputra and Maudgalyâyana are termed the foremost or chief disciples (agrasrâvaka) of the Lord” K.2 n.3
[11] Nous utilisons à dessein ce terme afin de renvoyer à l’opposition entre subitistes et gradualistes. Nous ne disons cependant pas que cette problématique se trouve directement ici.
[12] Cf. question des subitistes et des gradualistes : l’acte de prise de possession est soudain. Cf. aussi le pendant en vers : « ce que nous n’espérions pas même, aujourd’hui nous l’avons spontanément gagné » r.141 « On a sudden have we today been seized with surprise... » K..114
[13] Noter que la version chinoise se termine sur la partie versifiée, alors que la version sanskrite contient un développement supplémentaire en prose (b. p81 et séq.).
[14] ...l’Ainsi-Venu sait qu’il s’agit d’une Loi d’aspect unique et de saveur unique, à savoir l‘aspect de délivrance, l’aspect de dégagement, l’aspect de disparition, parachevé dans l’aspect éternellement apaisé de l’Extinction et qui converge finalement vers la vacuité. » r.p.147 « I am he [the Tathâgata], ..., who, knowing the law which is of but one essence, viz. the essence of deliveranc, (the law) ever peaceful, ending in Nirvâna, (the law) of eternal rest, having but one stage and placed in voidness.. » K. 121
[15] Le simples mineures, simples moyennes, simples supérieures, petits arbres, grands arbres r.151-152
[16] La partie versifiée se termine avec un verset à connotation « gradualiste » : « J’expose une chose éminemment réelle : la foule des auditeurs n’est aucunement passée en Disparition ; ce que vous, vous pratiquez est la voie des êtres d’Éveil ; en la cultivant graduellement, vous obtiendrez tous tant que vous êtes de devenir Éveillés ».r.154
[17] Signalons ici une erreur dans la traduction de J.N. Robert. La traduction de J.N. Robert confére une deuxième annonciation à Mahâkâçyapa, (r.160-161) alors qu’il s’agit ici du Sthavira Mahâkâtyâyana.
[18] Il est dit de lui qu’il aura « graduellement complété la voie d’être d’Éveil » r. 163
[19] Pûrvayoga : cf. k.153 n.1, qui signale l’utilisation de ce terme dans le titre des chapitres VII, XXIII(XXII) et XXVII/XXV.
[20] L’infini temporel est rendu par une image d’une distance spatiale infinie, rendue par l’analogie d’un semeur d’atomes. Cette analogie sera reprise au chap. XVI (XV).
[21] Les 12 causes de l’existence (nidanas), enchaînés dans l’ordre direct (production), inverse (destruction) et enfin dans l’ordre direct et indirect à la fois (cf. b.390)
[22] Pour Amitâbha, se reporter aux chapitres VII, XXIII (XXII) . Voir aussi la version sanskrite du chapitre XXV(XXIV) b.267 st.29-32 qui associe le Bôdhisattva Avalôkitesvara au Guide Amitâbha dans Sukhavâti, l’univers pur.
[23] A l’est (Akchôbya, Mêrukûta) ; au sud-est (Simhaghôcha et Simhaddhvadja) ; au midi (Akâçapratichthita et Nityaparivrita) ; au sud-ouest (Indradhvadja et Brahmadhvadja) ; à l’ouest (Amitâbha [Amitâyus chez K 178] et Sarvalôkadhâtûpadravôdvêgapratyuttîrna) ; au nord-ouest (Tamâlapatratchandanagandha et Mêrukalpa), au nord (Mêghasvara et Mêghasvararâdja), au nord-est dans l’univers Saha (Sarvalôkabhayâstambhitqtvavidhvamsanakara « et moi, parvenu sous le nom de cakyamuni... à l’état suprême de Buddha parfaitement accompli »). (b.113)
[24] « en ce temps-là, il n’existera dans cette terre de Buddha, ni lieux de châtiments, ni sexe féminin, et tous les êtres y naîtront par des métamorphoses miraculeuses » b.123 Les mauvaises voies n’y existeront pas, et il n’y aura point de femmes non plus ; les êtres y naîtront tous par métamorphose et il n’y aura pas de désir de fornication. (r.195)
[25] 1 000 selon b. 132, mais il est seul contre K.208 et r. 207.
[26] Bhâichadjyarâdja : personnage rencontré en X ; XIII (XII) ; XXIII (XXII) ; XXVI (XXI) ; XXVII (XXV).
[27] Voir le pendant dans la partie versifiée : « Tous ceux qui sont capables de préserver le Livre du lotus de la Loi sublime renoncent à leur terre purifiée et, par pitié des êtres, naissent ici. Ces gens, sachons-le, sont libres de naître où ils le désirent et peuvent, en ce mauvais âge, prêcher largement la Loi insurpassable. » r. 214
[28] Et encore : « "Il remplit la mission que lui ont confiée les Tathagatas, et il a été envoyé par moi dans la condition humaine, celui qui, pendant cette dernière époque [du kalpa], écrit, possède et entend ce Sûtra. b.139
[29] « Ces fils et filles de bien entreront dans la chambre de l’Ainsi-Venu, revêtiront l’habit de 1’Ainsi-Venu, s’assiéront sur le siège de l’Ainsi Venu ; c’est à ce moment qu’ils devront prêcher largement ce livre aux quatre congrégations. La chambre de l’Ainsi-Venu, c’est la pensée de grande compassion dans l’ensemble des êtres. L’habit d’Ainsi-Venu, c’est la pensée de douceur et de patience. Le siège de l’Ainsi-Venu, c’est la vacuité de l’ensemble des entités. » r.217
[30] Cf. aussi XI « ce Sûtra se nomme le premier de tous les Sûtras ; celui qui porte ce Sûtra, porte le corps même du Djina » b.155 , ce livre est primordial ; quiconque est capable de le garder garde en conséquence le corps d’Éveillé r.232
[31] autrement dit les formes de Tathâgata créées miraculeusement par le Tathagata du lieu b.147
[32] Est...sud est, [sud], sud ouest, ouest, nord ouest, nord, nord est, au point de l’espace qui se trouve sous la terre, et à celui qui se trouve au dessus b.148
[33] Burnouf revient sur sa première traduction qui montrait Prabhûtaratna « assis,... ayant les membres désséchés » b.151, et propose la nouvelle traduction : « ayant les membres très purs » b.401. K.236n.2 considère que Burnouf n’avait pas lieu de revenir sur sa première traduction.
[34] Kern identifie Devadatta à Prabhûtaratna. “Hence it follows that Devadatta is present at the gathering. His name not being mentioned before, he must be concealed under another name ; I take him to be identical with Prabhûtaratna” K.246 n.2
[35] Cf. aussi le chapitre XXIII (XXII) qui a des mérites particuliers.
[36] « The daughter of Sâgara, the Ocean, is Lakshmî, the smiling goddess of Beauty and Fortune, but from some traits in the sequel it would seem that she is identified with Târâ, the wife of Brihaspati and the Moon” K.251n.2
[37] « Le corps de la femme comporte de surcroît les cinq obstacles : en premier lieu, il ne peut devenir roi des dieux brahmiques ; ni Indra, en second ; ni le roi des diables en troisième ; ni un saint souverain de l’orbe en quatrième ; ni un Éveillé en cinquième ». r.241
[38] Bhâichadjyarâdja : personnage rencontré en X ; XIII (XII) ; XXIII (XXII) ; XXVI (XXI) ; XXVII (XXV).
[39] Mahâpradjâpatî sera le bienheureux Tathâgata Sarvasatttvapriyadarçana, Yaçôdharâ le bienheureux Tathâgata Raçmiçatasahasraparipûrnadhvadja (b.164)
[40] « .. this much is clear that the Tîrthikas are somehow akin to the Buddhists, and distinguished from monks of other confession, ... The whole history of the church in India is one of family quarrels, at least down to the days of Hiuoen Thsang” k.260.
[41] Robert décrit les pratiques incriminées comme des accusations calomnieuses provenant des mauvais moines, tandis que Burnouf les décrit simplement comme les pratiques des mauvais moines, qui, par ailleurs, calomnient les prédicateurs du Lotus - Burnouf ne précise pas la teneur de ces calomnies.
[42] « Ensuite, un être d’Éveil, un grand être, contemplera la vacuité de l’ensemble des entités, selon leur aspect réel, comme non erronées, immuables, ne régressant ni ne s’inversant, dépourvues — à l’instar de l’espace — de nature existante, coupant court à la voie de toutes paroles ne naissant pas, ne surgissant pas, ne se produisant pas, sans nom, sans aspect, réellement sans existence, sans nombre, sans limite, sans obstacle, sans obstruction. Elles n’existent que par des causes et des conditions, naissant de notions erronées ; c’est pourquoi il se délecte toujours à contempler l’aspect des entités tel qu’il est ainsi. » r.251 « Entre autre chose,...un Bôdhisattva Mahâsattva considère toutes les lois comme vides ; il les voit comme elles existent, privées de toute essence, établies directement, subsistant dans la perfection absolue, à l’abri de toute agitation, immobiles, ne revenant pas, ne devenant pas, subsistant constamment dans la perfection absolue, ayant la nature de l’espace, échappant à toute définition et à tout jugement, n’ayant pas été, composées et simples, agrégées et isolées, non existantes et non privées d’existence, inexprimables par le discours, établies sur le terrain du détachement, manifestées au dehors par de fausses conceptions ». b.169 Kern traduit le début comme suit : « a Bodhisattva Mahâsattva looks upon all laws (and things) as void, etc.. » k.264. Robert précise dans son glossaire qu’il entend par « entité » « l’un des sens du sanscrit dharma, surtout lorsqu’il est utilisé au pluriel (chinois zhufa / shohô) ; il s’agit alors des objets phénoménaux (les « choses »), lesquels, en tant que constructions ou confectionnés psychiques, sont avant tout l’objet du 6° sens, qui est pour les bouddhistes le sens mental. » r.462
[43] « C’est là, Ô Mandjucrî, le suprême enseignement des Tathâgatas ; c’est là la dernière exposition de la loi des Tathagatas. Entre toutes les expositions de la loi, c’est la plus profonde ; c’est une exposition avec laquelle le monde entier doit être en désaccord. » b.176-177 « Manjuçrî , ce Livre du lotus de La Loi est la prédication primordiale des Ainsi-Venus ; c’est la plus profonde des diverses prédications et il est donc donné en dernier lieu, comme ce souverain puissant qui a longtemps gardé sa perle limpide et en fait don à présent. Manjuçrî, ce Livre du lotus de la Loi est le réceptacle secret des Éveillés Ainsi-Venus, le plus haut des livres canoniques ; au cours de la longue nuit des siècles, ils l’ont sauvegardé sans l’exposer inconsidérément. Aujourd’hui enfin il vous est dévoilé. R261
[44] Pour le parallèle dans la version chinoise : « Vénéré du monde, lorsque l’Ainsi-Venu était prince héritier, il quitta le palais des Çâkya et, partant non loin de la ville de Gayâ, il s’assit au lieu de la Voie et put réaliser l’Éveil correct et parfait sans supérieur, cela fait à peine quarante et quelques années »r.276
[45] « Dhâranî usually denotes a magic spell, a talisman. Here and there it interchanges with dhâranâ, support, the bearing in mnd, attention.... It is not easy to decide what is intended in the text”. K.310 n.2
[46] Ce qui ne veut pas dire qu’il serait interdit ou inutile de pratiquer les 6 perfections : « À plus forte raison encore s’il se trouve des gens capables de garder ce livre tout en menant de pair la pratique du don, de la moralité, de la patience, du zèle, de l’unification de la pensée et de la sagesse, leurs mérites seront éminents, excellents, incommensurables, infinis. » r.300
[47] « si des fils et les filles de bien qui m’entendent exposer l’immensité de mon âge croient et comprennent du profond de leur coeur, il leur sera montré l’Éveillé se tenant en pérennité sur le Pic du Vautour, entouré des multitudes d’êtres d’Éveil et d’auditeurs, et prêchant la Loi. Ils verront encore ce monde de l’Endurance dont le sol deviendra de béryl, plat et nivelé, les huit voies en seront délimitées par de la poudre d’or du fleuve Jambû, bordées d’arbres de matières précieuses ; les terrasses, les hauts pavillons, les belvédères y seront tous faits de matières précieuses et habités par une multitude d’êtres d’Éveil. r.298 – cf. b.206
[48] Ceux qui pratiquent cette loi obtiennent alors « la voie d’Entré dans le courant, la voie de Revenant une fois, la voie de Sans-Retour, la voie de Méritant » r.306, ils « deviennent tous des Crôtaâpannas... Sakrîdâgâmin.. Anâgâmin... Arhats » b.211 : il s’agit donc des « enseignements mineurs », du Petit Véhicule,
[49] Il est le premier d’une infinité deTathâgatas du même nom. Après son entrée dans le Nirvâna, sa bonne loi (loi correcte) dure infiniment longtemps, de même après l’image de sa bonne loi (loi de semblance). Noter la ressemblance avec le Tathâgata Tchandrasûryapradîpa du premier chapitre. On retrouve cette distinction des 3 âges de la Loi d’un Buddha dans le Mahâyânâbhisamaya : "Le Tathâgata se manifeste et descend du ciel des Tusita pour supporter tout le sddharma [Bonne loi] pratirûpaka [Loi contrefaite]et tout le pascima [Loi finale]" Lamotte p.211
[50] Comme le fait remarquer Kern en K.357 n.1, Sadâparibhûta peut se traduire aussi bien par « toujours sans mépris » (traduction de Robert) que « toujours méprisé » (traduction de Burnouf)
[51] Les Bôdhisattavas de cet univers Saha, menés par Mandjucri, en font autant, ainsi qu’une multitude d’humains et non humains, du moins dans la version sanskrite. La version chinoise en fait de simples spectateurs du miracle qui va suivre.
[52] La version sanskrite diffère de la version chinoise assez fortement : elle met plus en valeur l’action du Tâthagata Prabhûtaratna (« Ensuite le bienheureux Çakyamuni et le bienheureux Tâthagata Prabhûtaratna qui était entré dans le Nirvâna complet, tous deux assis sur un trône au milieu du Stûpa, se mirent à sourire ensemble. Leur langue sortit etc.. b.234) ; elle fait s’élancer de chaque rayon lumineux une infinité de Bôdhisattvas, qui enseignent la loi.
[53] Pûrvayoga : cf. k.153 n.1, qui signale l’utilisation de ce terme dans le titre des chapitres VII, XXIII(XXII) et XXVII/XXV.
[54] Bhâichadjyarâdja : personnage rencontré en X ; XIII (XII) ; XXIII (XXII) ; XXVI (XXI) ; XXVII (XXV).
[55] Kern reconnaît dans cette histoire la version bouddhiste du mythe du Phénix (k.378)
[56] Cf. aussi le chapitre XII (XI-XII) qui induit des mérites particuliers pour ceux qui le saisissent.
[57] Pour Amitâbha, se reporter aux chapitres VII, XXIII (XXII) . Voir aussi la version sanskrite du chapitre XXV(XXIV) b.267 st.29-32 qui associe le Bôdhisattva Avalôkitesvara au Guide Amitâbha dans Sukhavâti, l’univers pur
[58] Padmaçrî : personnage rencontré en XXIV (XXIII) ; XXVII (XXV).
[59] Pour Amitabha, se reporter aux chapitres VII, XXIII (XXII) . Voir aussi la version sanskrite du chapitre XXV(XXIV) b.267 st.29-32 qui associe le Bôdhisattva Avalôkitesvara au Guide Amitâbha dans la terre Sukhavâti, l’univers pur où « il ne naît pas de femmes ; là, les lois de l’union des sexes sont absolument inconnues ; là les fils du Djina (vainqueur), mis au monde par des transformations surnaturelles, paraissent assis au centre de purs lotus » b.267 st.29-32. [k.417 n .3 déduit de l’appellation « the tamer of men » qu’Amitâbha est un autre nom de Yama qui gouverne Saturne, et qu’il est un des 5 Dhyâni Buddhas.
[60] Burnouf a peu d’estime pour ce passage qui a « trait à une des superstitions les plus misérables du Buddhisme du Nord, c’est-à-dire à cette croyance que certaines paroles ou formules nommées Dhâranis ont une efficacité surnaturelle" b.418
[61] Bhâichadjyarâdja : personnage rencontré en X ; XIII (XII) ; XXIII (XXII) ; XXVI (XXI) ; XXVII (XXV).
[62] Kern fait la remarque suivante : « The chapter was, properly speaking, not expounded at all ; it simply contains a narrative with the speeches of different interlocutors. It may be observed that a poetical version is wanting”. k.375 n.1
[63] Pûrvayoga : cf. k.153 n.1, qui signale l’utilisation de ce terme dans le titre des chapitres VII, XXIII(XXII) et XXII(XXV).
[64] À savoir : « la perfection du don, la perfection de moralité, la perfection de patience la perfection d’énergie, la perfection de méditation, la perfection de sagesse la perfection des expédients, la compassions la miséricorde, la joie et le renoncement, et jusqu’aux trente-sept méthodes auxiliaires de la Voie » r379. 37 conditions qui constituent l’état de Bôdhi b.269. k.420 n .1 précise que les 37 « constituents of tue knowledge » sont les « Bodhipakshika or Bodhapakshika (dhramâs). They form part of the 108 Dharmâlokamukhas in Lalita-Vistara... »
[65] k.420 n.2 signale que ce miracle est similaire à celui du Buddha face aux six docteurs hérétiques dans la tradition des Bouddhistes du Sud.
[66] Burnouf avoue sa perplexité :"j’avoue que je ne comprends pas encore ce que cette figure veut dire" b. 431. Kern fait de même en k.423n.1. Personnellement, nous y reconnaissons l’image utilisée dans un Sûtra de la 3° division (Samyutta Nikaya) de la corbeille des Sûtras : "Monks, suppose that this great earth were totally covered with water, and a man were to toss a yoke with a single hole there. A wind from the east would push it west, a wind from the west would push it east. A wind from the north would push it south, a wind from the south would push it north. And suppose a blind sea-turtle were there. It would come to the surface once every one hundred years. Now what do you think : would that blind sea-turtle, coming to the surface once every one hundred years, stick his neck into the yoke with a single hole ?""It would be a sheer coincidence, lord, that the blind sea-turtle, coming to the surface once every one hundred years, would stick his neck into the yoke with a single hole." "It’s likewise a sheer coincidence that one obtains the human state. It’s likewise a sheer coincidence that a Tathagata, worthy & rightly self-awakened, arises in the world. It’s likewise a sheer coincidence that a doctrine & discipline expounded by a Tathagata appears in the world. Now, this human state has been obtained. A Tathagata, worthy & rightly self-awakened, has arisen in the world. A doctrine & discipline expounded by a Tathagata appears in the world. "Therefore your duty is the contemplation, ’This is stress... This is the origination of stress... This is the cessation of stress.’ Your duty is the contemplation, ’This is the path of practice leading to the cessation of stress.’" Samyutta Nikaya LVI.48 Chiggala Sutta The Hole – Translated from the Pali by Thanissaro Bhikkhu. Site : http://www.accesstoinsight.org/canon/sutta/samyutta/sn56-048.html
[67] Padmaçrî : personnage rencontré en XXIV (XXIII) ; XXVII (XXV).
[68] Bhâichadjyarâdja : personnage rencontré en X ; XIII (XII) ; XXIII (XXII) ; XXVI (XXI) ; XXVII (XXV).
[69] Bhâichadjyasamudgata : personnage apparaissant ici et dans la liste des membres de l’assemblée au début du livre.
[70] Mahâsattva Vâirôtchana...dhvadja apparaît ici pour la première fois.
[71] « Le premier est d’être protégé par l’attention des Éveillés. Le second est de planter la multitude des bases de mérites. Le troisième est d’entrer dans le groupe correctement déterminé. Le quatrième est de déployer la pensée de salut pour l’ensemble des êtres. » r.388
[72] K.433 n.2 signale que « Samantabhadra renders the same service to pious and studious preachers as the Buddha himself », et renvoie au chapitre X. Nous modèrerons son propos en signalant qu’il rend aussi des services qui ne se retrouvent pas au chapitre X (cf. par exemple le don de la formule magique), et que le service diffère : le Buddha ne dit pas qu’il apparaîtra comme un éléphant.
[73] S’il se trouve quelqu’un qui l’accepte et le garde, le lise et le récite, en comprenne le sens, celui-là aura, à la fin de sa vie, mille Éveillés pour lui tendre la main, l’empêcher d’avoir peur et de tomber dans les mauvaises destinées ; il ira au ciel des dieux Satisfaits auprès de l’être d’Éveil Maitreya. r.390 La version chinoise écrit : « pour... l’empêcher d’avoir peur », là la version sanskrite écrit « au moment de sa mort, des milliers de Buddhas lui montreront leur visage » b.279. Notons que, dans les deux cas, il s’agit d’une promesse de réconfort au moment du passage dans la mort.
[74] Parallèle dans la version chinoise : « Et moi, de par la force de mes pouvoirs miraculeux, je protégerai ceux qui auront pu retenir le nom de l’être d’Éveil Sage-Universel. » r 390-391