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Film - L’île - Pavel Lounguine

mardi 19 février 2008, par Furanku




Avec son film « L’île », Pavel Lounguine nous propose le portrait d’un starets, un homme de Dieu, le père Anatole. Un homme de l’entre-deux, ni moine ni laïc, vivant avec les frères mais logeant à l’écart dans son antre, la chaufferie du Monastère ; là, il reçoit les laïcs, buvant avec eux du thé – sucré ! maugréera Job, l’économe – . En plus de tout cela, il est sale, il arrive toujours en retard à l’office, et il chante faux – mais, par un don divin qui provoque la jalousie des frères, il peut lire dans les cœurs et dans l’avenir.

Alors le « père » Anatole éclairera la jeune fille venue demander une bénédiction avant d’avorter, il exorcisera Nastia, la jeune femme qui a perdu son marin de mari.
Et il saura ouvrir le cœur de ses frères, à commencer par le père Abbé Philarète, qui a perçu sa sainteté. Sainteté paradoxale, car Anatole est intérieurement brûlé par un péché qui l’écrase depuis plus de trente ans.

Nous avons apprécié le dispositif narratif du film : un décor épuré, fait d’eau et d’horizon gris-bleu, avec l’entre-deux de l’île, entourée de ses pontons ; plus loin encore, une autre île (l’île de l’île pourrait-on dire), plus petite, plus secrète, avec sa pauvre végétation : Anatole se retire là pour y épancher son cœur brisé et broyé.
Simplicité de l‘action, avec Anatole qui ne fait qu’une chose, en dehors de s’occuper de la chaudière : rencontrer des hommes et des femmes, les faire s’asseoir et prendre le thé avec lui - et puis les faire accoucher du meilleur d’eux(elles)-mêmes, en les délivrant des poids mortifères qui les empêchaient.
Nous avons apprécié la simplicité de l’intrigue : le père Anatole délivre les autres, mais son don ne lui permet pas de se délivrer lui-même. Connaîtra-t-il jamais le repos ? Plus que tout, nous avons aimé le parfum du Christ qui se dégage de cet homme : un homme qui ne vit que de Dieu et pour Dieu, et dont la simplicité évangélique désarçonne. Un homme qui n’a à la bouche que la Parole de Dieu, en particulier les psaumes, et qui ne cesse d’invoquer Jésus, Fils du Dieu vivant.
Signalons que le mot « péché » est omniprésent dans ce film : faut-il s’en offusquer ? Je ne le crois pas : dans ce film, le péché est toujours situé sur l’horizon de la grâce de Dieu, qui est première. Et dernière : le diable le plus effrayant apparaît au début du film, il a la figure d’un officier nazi – mais il n’aura pas le dernier mot, loin de là.

Vous l’aurez compris, nous avons aimé le film « L’île » de Pavel Lounguine et nous le recommandons sans réserve.


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