jeudi 8 mars 2012, par Furanku
Difficile de dire quelque chose qui soit à la hauteur de ce monument que constituent les Entretiens.
Quelle n’a pas été son influence sur l’Asie sinisée : Chine, Vietnam, Corée, Japon ?
Quelle aide sa lecture ne constitue-t-elle pas pour entrer dans la façon de voir de cette partie de l’humanité ?
Pour une première introduction aux Entretiens, voir Confucianisme : une lecture des Entretiens de Confucius
Voici les sites internet que nous avons utilisés :
Voir aussi :
Écritures confucéennes – florilège du Mencius (français - English - 中文)
Écritures confucéennes - Le juste milieu (français - English - 中文)
Écritures confucéennes – La grande étude (français - English - 中文)
Quelques clés pour entrer dans la culture asiatique
De nouvelles traductions en langue occidentale plus récentes bénéficient d’un appareil critique qui manque ici. Les auteurs, des missionnaires, ont pu avoir recours à des termes chrétiens dans leur traduction : les cas restent isolés, et ces traductions continuent de rendre service - d’autant qu’elles sont libres de droit d’auteur, du fait même de leur ancienneté.
Il convient donc d’avoir une pensée reconnaissante envers Séraphin Couvreur et James Legge : ils n’auraient pas pu persévérer dans leur travail énorme de traduction s’ils n’étaient pas habités par l’amour de la culture et du peuple chinois.
| 學而 第一 | I. HSIO R | n°1-10 | - | n°11-16 | ||||||
| 為政 第二 | II. WEI CHANG | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-24 | ||||
| 佾第 第三 | III. PA YIH | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-26 | ||||
| 里仁 第四 | IV. LE JIN | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-25 | ||||
| 公冶長 第五 | V. KUNG-YE CH’ANG | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-27 | ||||
| 雍也 第六 | VI. YUNG YEY | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-29 | ||||
| 述而 第七 | VII. SHU R | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-30 | - | n°31-36 | ||
| 泰伯 第八 | VIII. T’AI-PO | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21 | ||||
| 子罕 第九 | IX. TSZE HAN | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-29 | ||||
| 鄉黨 第十 | X. HEANG TANG | n°1-10 | - | n°11-17 | ||||||
| 先進 第十一 | XI. HSIEN TSIN | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-25 | ||||
| 顏淵 第十二 | XII. YEN YUAN | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-23 | ||||
| 子路 第十三 | XIII. TSZE-LU | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-30 | ||||
| 憲問 第十四 | XIV. HSIEN WAN | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-30 | - | n°31-40 | - | n°41-47 |
| 衛靈公 第十五 | XV. WEI LING KUNG | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-30 | - | n°31-40 | - | n°41 |
| 李氏第 十六 | XVI. KE SHE | n°1-10 | - | n°11-14 | ||||||
| 陽貨 第十七 | XVII. YANG HO | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-25 | ||||
| 微子 第十八 | XVIII. WEI TSZE | n°1-10 | - | n°11 | ||||||
| 子張 第十九 | XIX. TSZE-CHANG | n°1-10 | - | n°11-20 | - | n°21-25 | ||||
| 堯曰 第二十 | XX. YAO YUEH | n°1-3 |
| 學而第一 | CHAPITRE I | BOOK I. HSIO R. |
| 子曰:「學而時習之,不亦說乎?有朋自遠方來,不亦樂乎?人不知而不慍,不亦君子乎?」 | I.1. Le Maître dit : — Celui qui cultive la sagesse et ne cesse de la cultiver n’y trouve‑t‑il pas de la satisfaction ? Si des amis de la sagesse viennent de loin recevoir ses leçons, n’éprouve‑t‑il pas une grande joie ? S’il reste inconnu des hommes et n’en ressent aucune peine, n’est‑il pas un vrai sage ? | CHAPTER I. 1. The Master said, ’Is it not pleasant to learn with a constant perseverance and application ? 2. ’Is it not delightful to have friends coming from distant quarters ?’ 3. ’Is he not a man of complete virtue, who feels no discomposure though men may take no note of him ?’ |
| 有子曰:「其為人也孝弟,而好犯上者,鮮矣;不好犯上,而好作亂者,未之有也。君子務本,本立而道生。孝弟也者,其為仁之本與!」 | I.2. Iou tzeu [1] dit : — Parmi les hommes naturellement enclins à respecter leurs parents, à honorer ceux qui sont au‑dessus d’eux, peu aiment à résister à leurs supérieurs. Un homme qui n’aime pas à résister à l’autorité, et cependant aime à exciter du trouble, ne s’est jamais rencontré. Le sage donne son principal soin à la racine. La racine, une fois affermie, donne naissance au tronc et aux branches. L’affection envers nos parents et le respect envers ceux qui sont au‑dessus de nous sont comme la racine de la vertu. | CHAP. II. 1. The philosopher Yu said, ’They are few who, being filial and fraternal, are fond of offending against their superiors. There have been none, who, not liking to offend against their superiors, have been fond of stirring up confusion. 2. ’The superior man bends his attention to what is radical.That being established, all practical courses naturally grow up. Filial piety and fraternal submission !— are they not the root of all benevolent actions ?’ |
| 子曰:「巧言令色,鮮矣仁!」 | I.3 Le Maître dit : — Celui qui par des discours étudiés et un extérieur composé cherche à plaire aux hommes ruine ses vertus naturelles. | CHAP. III. The Master said, ’Fine words and an insinuating appearance are seldom associated with true virtue.’ |
| 曾子曰:「吾日三省吾身:為人謀而不忠乎?與朋友交而不信乎?傳不習乎?」 | I.4. Tseng tzeu dit : — Je m’examine chaque jour sur trois choses : Si, traitant une affaire pour un autre, je ne l’ai pas traitée avec moins de soin que si elle eût été ma propre affaire ; si, dans mes relations avec mes amis, je n’ai pas manqué de sincérité ; si je n’ai pas négligé de mettre en pratique les leçons que j’ai reçues. | CHAP. IV. The philosopher Tsang said, ’I daily examine myself on three points :— whether, in transacting business for others, I may have been not faithful ;— whether, in intercourse with friends, I may have been not sincere ;— whether I may have not mastered and practised the instructions of my teacher.’ |
| 子曰:「道千乘之國:敬事而信,節用而愛人,使民以時。」 | I.5. Le Maître dit : — Celui qui gouverne une principauté qui entretient mille chariots de guerre doit être attentif aux affaires et tenir sa parole, modérer les dépenses et aimer les hommes, n’employer le peuple aux travaux publics que dans les temps convenables [2]. | CHAP. V. The Master said, To rule a country of a thousand chariots, there must be reverent attention to business, and sincerity ; economy in expenditure, and love for men ; and the employment of the people at the proper seasons.’ |
| 子曰:「弟子入則孝,出則弟,謹而信,汎愛眾,而親仁。行有餘力,則以學文。」 | I.6. □ Le Maître dit : — Un jeune homme, dans la maison, doit aimer et respecter ses parents. Hors de la maison, il doit respecter ceux qui sont plus âgés ou d’un rang plus élevé que lui. Il doit être attentif et sincère dans ses paroles ; aimer tout le monde, mais se lier plus étroitement avec les hommes vertueux. Ces devoirs remplis, s’il lui reste du temps et des forces, qu’il les emploie à l’étude des lettres et des arts libéraux. | CHAP. VI. The Master said, ’A youth, when at home, should be filial, and, abroad, respectful to his elders. He should be earnest and truthful. He should overflow in love to all, and cultivate the friendship of the good. When he has time and opportunity, after the performance of these things, he should employ them in polite studies.’ |
| 子夏曰:「賢賢易色,事父母能竭其力,事君能致其身,與朋友交言而有信。雖曰未學,吾必謂之學矣。」 | I.7. Tzeu hia dit : — Celui qui, au lieu d’aimer les plaisirs, aime et recherche les hommes sages, qui aide ses parents de toutes ses forces, qui se dépense tout entier au service de son prince, qui avec ses amis parle sincèrement, quand même on me dirait qu’un tel homme n’a pas cultivé la sagesse, j’affirmerais qu’il l’a cultivée. | CHAP. VII. Tsze-hsia said, ’If a man withdraws his mind from the love of beauty, and applies it as sincerely to the love of the virtuous ; if, in serving his parents, he can exert his utmost strength ; if, in serving his prince, he can devote his life ; if, in his intercourse with his friends, his words are sincere :— although men say that he has not learned, I will certainly say that he has.’ |
| 子曰:「君子不重則不威,學則不固。主忠信,無友不如己者,過則勿憚改。」 | I.8. Le Maître dit : — Si celui qui cultive la sagesse manque de gravité, il ne sera pas respecté et n’acquerra qu’une connaissance superficielle de la vertu. Qu’il mette au premier rang la fidélité et la sincérité ; qu’il ne lie pas amitié avec des hommes qui ne lui ressemblent pas [3] ; s’il tombe dans un défaut, qu’il ait le courage de s’en corriger. | CHAP. VIII. 1. The Master said, ’If the scholar be not grave, he will not call forth any veneration, and his learning will not be solid.2. ’Hold faithfulness and sincerity as first principles. 3. ’Have no friends not equal to yourself. 4. ’When you have faults, do not fear to abandon them.’ |
| 曾子曰:「慎終追遠,民德歸厚矣。」 | I.9. Tseng tzeu dit : — Si le prince rend les derniers devoirs à ses parents avec un vrai zèle et honore par des offrandes ses ancêtres même éloignés, la piété filiale fleurira parmi le peuple. | CHAP. IX. The philosopher Tsang said, ’Let there be a careful attention to perform the funeral rites to parents, and let them be followed when long gone with the ceremonies of sacrifice ;— then the virtue of the people will resume its proper excellence.’ |
| 子禽問於子貢曰:「夫子至於是邦也,必聞其政,求之與?抑與之與?」子貢曰:「夫子溫、良、恭、儉、讓以得之。夫子之求之也,其諸異乎人之求之與?」 | Tzeu k’in adressa cette question à Tzeu koung : Quand notre maître arrive dans une principauté, il reçoit toujours des renseignements sur l’administration de l’État. Est‑ce lui qui les demande au prince, ou bien est‑ce le prince qui les lui offre ? Tzeu koung répondit : — Notre maître les obtient non par des interrogations, mais par sa douceur, son calme, son respect, sa tenue modeste et sa déférence. Il a une manière d’interroger qui n’est pas celle des autres hommes. | CHAP. X. 1. Tsze-ch’in asked Tsze-kung, saying, ’When our master comes to any country, he does not fail to learn all about its government. Does he ask his information ? or is it given to him ?’ 2. Tsze-kung said, ’Our master is benign, upright, courteous, temperate, and complaisant, and thus he gets his information. The master’s mode of asking information !— is it not different from that of other men ?’ |
| 子曰:「父在,觀其志;父沒,觀其行;三年無改於父之道,可謂孝矣。」 | I.11. Le Maître dit : — Un fils doit consulter la volonté de son père, tant que son père est en vie, et ses exemples, quand il est mort. Si durant trois ans après la mort de son père, il imite sa conduite en toutes choses, on pourra dire qu’il pratique la piété filiale. | CHAP. XI. The Master said, ’While a man’s father is alive, look at the bent of his will ; when his father is dead, look at his conduct. If for three years he does not alter from the way of his father, he may be called filial.’ |
| 有子曰:「禮之用,和為貴。先王之道斯為美,小大由之。有所不行,知和而和,不以禮節之,亦不可行也。」 | I.12. Iou tzeu dit : Dans l’observation des devoirs mutuels, la concorde est d’un grand prix. C’est pour cette raison que les règles des anciens souverains sont excellentes. Toutes leurs prescriptions, grandes ou petites, ont été inspirées par le désir de la concorde. Cependant, il est une chose qu’il faut éviter : connaître le prix de la concorde, et faire tout pour la concorde, sans tenir compte du devoir, c’est ce qui n’est pas permis. | CHAP. XII. 1. The philosopher Yu said, ’In practising the rules of propriety, a natural ease is to be prized. In the ways prescribed by the ancient kings, this is the excellent quality, and in things small and great we follow them. 2. ’Yet it is not to be observed in all cases. If one, knowing how such ease should be prized, manifests it, without regulating it by the rules of propriety, this likewise is not to be done.’ |
| 有子曰:「信近於義,言可復也;恭近於禮,遠恥辱也;因不失其親,亦可宗也。」 | I.13. Iou tzeu dit : — Quand on peut accomplir sa promesse sans manquer à la justice, il faut tenir sa parole. Un respect et des égards conformes aux règles de la bienséance ne sont ni honteux ni déshonorants. Si vous choisissez pour protecteur un homme digne de votre amitié et de votre confiance, vous pourrez lui rester attaché à jamais. | CHAP. XIII. The philosopher Yu said, ’When agreements are made according to what is right, what is spoken can be made good. When respect is shown according to what is proper, one keeps far from shame and disgrace. When the parties upon whom a man leans are proper persons to be intimate with, he can make them his guides and masters.’ |
| 子曰:「君子食無求飽,居無求安,敏於事而慎於言,就有道而正焉,可謂好學也已。」 | I.14. Le Maître dit : — Un disciple de la sagesse qui ne recherche pas la satisfaction de son appétit dans la nourriture, ni ses commodités dans son habitation, qui est expéditif dans les affaires et circonspect dans ses paroles, qui se fait diriger par des hommes vertueux, celui-là a un véritable désir d’apprendre. | CHAP. XIV. The Master said, ’He who aims to be a man of complete virtue in his food does not seek to gratify his appetite, nor in his dwelling place does he seek the appliances of ease ; he is earnest in what he is doing, and careful in his speech ; he frequents the company of men of principle that he may be rectified :— such a person may be said indeed to love to learn.’ |
| 子貢曰:「貧而無諂,富而無驕,何如?」子曰:「可也。未若貧而樂,富而好禮者也。」子貢曰:「《詩》云:『如切如磋,如琢如磨。』其斯之謂與?」子曰:「賜也,始可與言詩已矣!告諸往而知來者。」 | I.15. Tzeu koung dit : — Que faut‑il penser de celui qui, étant pauvre, n’est pas flatteur, ou qui, étant riche, n’est pas orgueilleux ? Le maître répondit : — Il est louable ; mais celui-là l’est encore plus qui dans la pauvreté vit content, ou qui au milieu des richesses garde la modération. Tzeu koung répliqua : — On lit dans le Cheu king que le sage imite l’ouvrier qui coupe et lime l’ivoire, ou qui taille et polit une pierre précieuse. Ces paroles n’ont‑elles pas le même sens [4] ? Le Maître repartit : — Seu [5] commence à pouvoir entendre l’explication du Cheu king ; sur ma réponse à sa question, il a aussitôt compris le sens des vers qu’il a cités. | CHAP. XV. 1. Tsze-kung said, ’What do you pronounce concerning the poor man who yet does not flatter, and the rich man who is not proud ?’ The Master replied, ’They will do ; but they are not equal to him, who, though poor, is yet cheerful, and to him, who, though rich, loves the rules of propriety.’ 2. Tsze-kung replied, ’It is said in the Book of Poetry, "As you cut and then file, as you carve and then polish."— The meaning is the same, I apprehend, as that which you have just expressed.’ 3. The Master said, ’With one like Ts’ze, I can begin to talk about the odes. I told him one point, and he knew its proper sequence.’ |
| 子曰:「不患人之不己知,患不知人也。」 | I.16. Le Maître dit : Le sage ne s’afflige pas de ce que les hommes ne le connaissent pas ; il s’afflige de ne pas connaître les hommes. | CHAP. XVI. The Master said, ’I will not be afflicted at men’s not knowing me ; I will be afflicted that I do not know men.’ |
| 為政第二 | CHAPITRE II | BOOK II. WEI CHANG. |
| 子曰:「為政以德,譬如北辰,居其所而眾星共之。」 | II.1. □ Le Maître dit : — Celui qui gouverne un peuple en lui donnant de bons exemples est comme l’étoile polaire qui demeure immobile, pendant que toutes les autres étoiles se meuvent autour d’elle. | CHAP. I. The Master said, ’He who exercises government by means of his virtue may be compared to the north polar star, which keeps its place and all the stars turn towards it.’ |
| 子曰:「詩三百,一言以蔽之,曰『思無邪』。」 | II.2. Le Maître dit : — Les odes du Cheu king sont au nombre de trois cents. Un seul mot les résume toutes : « Avoir des intentions droites. » | CHAP. II. The Master said, ’In the Book of Poetry are three hundred pieces, but the design of them all may be embraced in one sentence— "Having no depraved thoughts."’ |
| 子曰:「道之以政,齊之以刑,民免而無恥;道之以德,齊之以禮,有恥且格。」 | II.3. Le Maître dit : — Si le prince conduit le peuple au moyen des lois et le retient dans l’unité au moyen des châtiments, le peuple s’abstient de mal faire ; mais il ne connaît aucune honte. Si le prince dirige le peuple par ses bons exemples et fait régner l’union en réglant les usages, le peuple a honte de mal faire, et devient vertueux. | CHAP. III. 1. The Master said, ’If the people be led by laws, and uniformity sought to be given them by punishments, they will try to avoid the punishment, but have no sense of shame. 2. ’If they be led by virtue, and uniformity sought to be given them by the rules of propriety, they will have the sense of shame, and moreover will become good.’ |
| 子曰:「吾十有五而志于學,三十而立,四十而不惑,五十而知天命,六十而耳順,七十而從心所欲,不踰矩。」 | II.4. Le Maître dit : — A quinze ans, je m’appliquais à l’étude de la sagesse ; à trente ans, je marchais d’un pas ferme dans le chemin de la vertu ; à quarante ans, j’avais l’intelligence parfaitement éclairée ; à cinquante ans, je connaissais les lois de la Providence ; à soixante ans, je comprenais, sans avoir besoin d’y réfléchir, tout ce que mon oreille entendait ; à soixante-dix ans, en suivant les désirs de mon cœur, je ne transgressais aucune règle. | CHAP. IV. 1. The master said, ’At fifteen, I had my mind bent on learning. 2. ’At thirty, I stood firm. 3. ’At forty, I had no doubts. 4. ’At fifty, I knew the decrees of Heaven. 5. ’At sixty, my ear was an obedient organ for the reception of truth. 6. ’At seventy, I could follow what my heart desired, without transgressing what was right.’ |
| 孟懿子問孝。子曰:「無違。」樊遲御,子告之曰:「孟孫問孝於我,我對曰『無違』。」樊遲曰:「何謂也?」子曰:「生事之以禮;死葬之以禮,祭之以禮。」 | II.5. Meng i tzeu ayant interrogé, sur la piété filiale, le Maître répondit : — Elle consiste à suivre les prescriptions. Plus tard, Fan Tch’eu conduisant la voiture de Confucius, le philosophe lui dit : — Meng i tzeu m’a interrogé sur la piété filiale ; je lui ai répondu qu’elle consiste à observer les prescriptions. Fan Tch’eu dit : — Quel est le sens de cette réponse ? Confucius répondit : — Un fils doit aider ses parents durant leur vie selon les prescriptions, leur faire des obsèques et des offrandes après leur mort selon les prescriptions. | CHAP. V. 1. Mang I asked what filial piety was. The Master said, ’It is not being disobedient.’ 2. Soon after, as Fan Ch’ih was driving him, the Master told him, saying, ’Mang-sun asked me what filial piety was, and I answered him,— "not being disobedient."’ 3. Fan Ch’ih said, ’What did you mean ?’ The Master replied, ’That parents, when alive, be served according to propriety ; that, when dead, they should be buried according to propriety ; and that they should be sacrificed to according to propriety.’ |
| 孟武伯問孝。子曰:「父母唯其疾之憂。」 | II.6. Meng Ou pe, ayant interrogé le Maître sur la piété filiale, reçut cette réponse : — Les parents craignent par‑dessus tout que leur fils ne soit malade. | CHAP. VI. Mang Wu asked what filial piety was. The Master said, ’Parents are anxious lest their children should be sick.’ |
| 子游問孝。子曰:「今之孝者,是謂能養。至於犬馬,皆能有養;不敬,何以別乎?」 | II.7. Tzeu iou ayant interrogé Confucius sur la piété filiale, le Maître répondit : — La piété filiale qu’on pratique maintenant ne consiste qu’à fournir les parents du nécessaire. Or les animaux, tels que les chiens et les chevaux, reçoivent aussi des hommes ce qui leur est nécessaire. Si ce que l’on fait pour les parents n’est pas accompagné de respect, quelle différence met‑on entre eux et les animaux ? | CHAP. VII. Tsze-yu asked what filial piety was. The Master said, ’The filial piety of now-a-days means the support of one’s parents. But dogs and horses likewise are able to do something in the way of support ;— without reverence, what is there to distinguish the one support given from the other ?’ |
| 子夏問孝。子曰:「色難。有事弟子服其勞,有酒食先生饌,曾是以為孝乎?」 | II.8. Tzeu hia l’ayant interrogé sur la piété filiale, le Maître répondit : — Il est difficile de tromper par un faux‑semblant de piété filiale. Quand les parents ou les frères aînés ont des affaires, si les fils ou les frères puînés leur viennent en aide ; quand ceux‑ci ont du vin et des vivres, s’ils en font part à leurs parents et à leurs aînés, est‑ce suffisant pour qu’on loue leur piété filiale [6] ? | CHAP. VIII. Tsze-hsia asked what filial piety was. The Master said, ’The difficulty is with the countenance. If, when their elders have any troublesome affairs, the young take the toil of them, and if, when the young have wine and food, they set them before their elders, is THIS to be considered filial piety ?’ |
| 子曰:「吾與回言終日,不違如愚。退而省其私,亦足以發。回也,不愚。」 | II.9. Le Maître dit : — Houei écoute mes explications toute une journée sans m’adresser une objection ni une question, comme s’il était dépourvu d’intelligence. Quand il s’est retiré, je considère sa conduite privée, et j’y vois resplendir mes enseignements. Houei n’est pas dépourvu d’intelligence. | CHAP. IX. The Master said, ’I have talked with Hui for a whole day, and he has not made any objection to anything I said ;— as if he were stupid. He has retired, and I have examined his conduct when away from me, and found him able to illustrate my teachings. Hui !— He is not stupid.’ |
| 子曰:「視其所以,觀其所由,察其所安。人焉廋哉?人焉廋哉?」 | II.10. Le Maître dit : — Si l’on considère les actions d’un homme, si l’on observe les motifs qui le font agir, si l’on examine ce qui fait son bonheur, pourra‑t‑il cacher ce qu’il est ? | CHAP. X. 1. The Master said, ’See what a man does. 2. ’Mark his motives. 3. ’Examine in what things he rests. 4. ’How can a man conceal his character ? 5. How can a man conceal his character ?’ |
| 子曰:「溫故而知新,可以為師矣。」 | II.11. Le Maître dit : Celui qui repasse dans son esprit ce qu’il sait déjà, et par ce moyen acquiert de nouvelles connaissances, pourra bientôt enseigner les autres. | CHAP. XI. The Master said, ’If a man keeps cherishing his old knowledge, so as continually to be acquiring new, he may be a teacher of others.’ |
| 子曰、君子不器。 | II.12. Le Maître dit : — L’homme sage n’est pas comme un vase ou un instrument [7]. | CHAP. XII. The Master said, ’The accomplished scholar is not a utensil.’ |
| 子貢問君子。子曰:「先行其言,而後從之。」 | II.13. Tzeu koung ayant demandé ce que doit faire un homme sage, le Maître répondit : — Le sage commence par faire ce qu’il veut enseigner ; ensuite il enseigne. | CHAP. XIII. Tsze-kung asked what constituted the superior man. The Master said, ’He acts before he speaks, and afterwards speaks according to his actions.’ |
| 子曰:「君子周而不比,小人比而不周。」 | II.14. Le Maître dit : — Le sage aime tous les hommes et n’a de partialité pour personne. L’homme vulgaire est partial et n’aime pas tous les hommes. | CHAP. XIV. The Master said, ’The superior man is catholic and no partisan. The mean man is partisan and not catholic.’ |
| 子曰:「學而不思則罔,思而不學則殆。」 | II.15. Le Maître dit : — Entendre ou lire sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir, sans livre ni maître, est dangereux. | CHAP. XV. The Master said, ’Learning without thought is labour lost ; thought without learning is perilous.’ |
| 子曰:「攻乎異端,斯害也已!」 | II.16. □ Le Maître dit : — Etudier des doctrines opposées [8], c’est nuisible. | CHAP. XVI. The Master said, ’The study of strange doctrines is injurious indeed !’ |
| 子曰:「由!誨女知之乎?知之為知之,不知為不知,是知也。」 | II.17. Le Maître dit : — Iou [9], voulez‑vous que je vous enseigne le moyen d’arriver à la science véritable ? Ce qu’on sait, savoir qu’on le sait ; ce qu’on ne sait pas, savoir qu’on ne le sait pas : c’est savoir véritablement. | CHAP. XVII. The Master said, ’Yu, shall I teach you what knowledge is ? When you know a thing, to hold that you know it ; and when you do not know a thing, to allow that you do not know it ;— this is knowledge.’ |
| 子張學干祿。子曰:「多聞闕疑,慎言其餘,則寡尤;多見闕殆,慎行其餘,則寡悔。言寡尤,行寡悔,祿在其中矣。」 | II.18. Tzeu tchang étudiait en vue d’obtenir une charge avec des appointements. Le Maître lui dit : — Après avoir entendu dire beaucoup de choses, laissez de côté celles qui sont douteuses, dites les autres avec circonspection, et vous serez peu blâmé. Après avoir beaucoup vu, laissez ce qui serait dangereux, et faites le reste avec précaution ; vous aurez rarement à vous repentir. Si vos paroles vous attirent peu de blâme et vos actions peu de repentir, les appointements viendront d’eux-mêmes. | CHAP. XVII. 1. Tsze-chang was learning with a view to
official emolument. 2. The Master said, ’Hear much and put aside the points of which you stand in doubt, while you speak cautiously at the same time of the others :— then you will afford few occasions for blame. See much and put aside the things which seem perilous, while you are cautious at the same time in carrying the others into practice :— then you will have few occasions for repentance. When one gives few occasions for blame in his words, and few occasions for repentance in his conduct, he is in the way to get emolument.’ |
| 哀公問曰:「何為則民服?」孔子對曰:「舉直錯諸枉,則民服;舉枉錯諸直,則民不服。」 | II.19. Ngai, prince de Lou, dit à Confucius :
— Que doit faire un prince pour que le peuple soit content ? Le philosophe répondit : — Si le prince élève aux charges les hommes vertueux et écarte tous les hommes vicieux, le peuple sera satisfait ; si le prince élève aux charges les hommes vicieux et écarte les hommes vertueux, le peuple sera mécontent. | CHAP. XIX. The Duke Ai asked, saying, ’What should be done in order to secure the submission of the people ?’ Confucius replied, ’Advance the upright and set aside the crooked, then the people will submit. Advance the crooked and set aside the upright, then the people will not submit.’ |
| 季康子問:「使民敬、忠以勸,如之何?」子曰:「臨之以莊則敬,孝慈則忠,舉善而教不能,則勸。 | Ki K’ang tzeu dit :
— Que faut‑il faire pour que le peuple respecte son prince, lui soit fidèle et cultive la vertu ? Le Maître répondit : — Que le prince ait en public un maintien grave, et il sera respecté ; qu’il honore ses parents et soit bon envers ses sujets, et ses sujets lui seront fidèles ; qu’il élève aux charges les hommes de bien et forme ceux dont la vertu est encore faible, et il excitera le peuple à cultiver la vertu. | CHAP. XX. Chi K’ang asked how to cause the people to reverence their ruler, to be faithful to him, and to go on to nerve themselves to virtue. The Master said, ’Let him preside over them with gravity ;— then they will reverence him. Let him be filial and kind to all ;— then they will be faithful to him. Let him advance the good and teach the incompetent ;— then they will eagerly seek to be virtuous.’ |
| 或謂孔子曰:「子奚不為政?」子曰:「《書》云:『孝乎惟孝、友于兄弟,施於有政。』是亦為政,奚其為為政?」 | II.21. Quelqu’un dit à Confucius : — Maître, pourquoi ne prenez‑vous aucune part au gouvernement ? Le philosophe répondit : — Les Annales ne disent‑elles pas, en parlant de la piété filiale : « Respectueux envers vos parents et bienveillants envers vos frères, vous ferez fleurir ces vertus partout sous votre gouvernement ? » Faire régner la vertu dans sa famille par son exemple, c’est aussi gouverner. Remplir une charge, est‑ce la seule manière de prendre part au gouvernement ? | CHAP. XXI. 1. Some one addressed Confucius, saying, ’Sir, why are you not engaged in the government ?’ 2. The Master said, ’What does the Shu-ching say of filial piety ?— "You are filial, you discharge your brotherly duties. These qualities are displayed in government." This then also constitutes the exercise of government. Why must there be THAT— making one be in the government ?’ |
| 子曰:「人而無信,不知其可也。大車無輗,小車無軏,其何以行之哉?」 | II.22. Le Maître dit : — Je ne sais à quoi peut être bon un homme qui manque de sincérité. Comment employer une grosse voiture qui n’a pas de joug pour le bœuf, ou une petite voiture qui n’a pas de joug pour les chevaux ? | CHAP. XXII. The Master said, ’I do not know how a man without truthfulness is to get on. How can a large carriage be made to go without the cross-bar for yoking the oxen to, or a small carriage without the arrangement for yoking the horses ?’ |
| 子張問:「十世可知也?」子曰:「殷因於夏禮,所損益,可知也;周因於殷禮,所損益,可知也;其或繼周者,雖百世可知也。」 | II.23. Tzeu tchang demanda si l’on pouvait savoir d’avance ce que feraient les empereurs de dix dynasties successives. Le Maître répondit : — La dynastie des In a adopté les prescriptions de la dynastie des Hia [10] ; on peut connaître par les documents ce qu’elle a ajouté ou retranché [11]. La dynastie des Tcheou a adopté les prescriptions de la dynastie des In ; ce qu’elle a ajouté ou retranché se trouve mentionné dans les documents. On peut savoir d’avance ce que feront les dynasties à venir, fussent‑elles au nombre de cent [12]. | CHAP. XXIII. 1. Tsze-chang asked whether the affairs of ten ages after could be known. 2. Confucius said, ’The Yin dynasty followed the regulations of the Hsia : wherein it took from or added to them may be known. The Chau dynasty has followed the regulations of Yin : wherein it took from or added to them may be known. Some other may follow the Chau, but though it should be at the distance of a hundred ages, its affairs may be known.’ |
| 子曰:「非其鬼而祭之,諂也。見義不為,無勇也。」 | II.24. Le Maître dit : — Celui-là se rend coupable d’adulation, qui sacrifie à un esprit auquel il ne lui appartient pas de sacrifier. Celui-là manque de courage, qui néglige de faire une chose qu’il sait être de son devoir. | CHAP. XXIV. 1. The Master said, ’For a man to sacrifice to a spirit which does not belong to him is flattery. 2. ’To see what is right and not to do it is want of courage.’ |
| 八佾第三 | CHAPITRE III | BOOK III PA YIH. |
| 【第一章】孔子謂季氏、八佾舞於庭、是可忍也、孰不可忍也。 | III.1. Le chef de la famille Ki avait huit chœurs de pantomimes qui chantaient dans la cour du temple de ses ancêtres. Confucius dit : S’il ose se permettre un tel abus, que n’osera‑t‑il se permettre ? [13] | CHAP. I. Confucius said of the head of the Chi family, who had eight rows of pantomimes in his area, ’If he can bear to do this, what may he not bear to do ?’ |
| 第二章】三家者、以雍徹。子曰、相維辟公、天子穆穆、奚取於三家之堂。 | III.2. Les trois familles faisaient exécuter le chant Ioung, pendant qu’on enlevait les vases, après les offrandes. Le Maître dit : — Les aides sont tous des princes feudataires ; la tenue du Fils du Ciel est très respectueuse ; comment ces paroles peuvent‑elles être chantées dans le temple des ancêtres des trois familles ? [14] | CHAP. II. The three families used the YUNG ode, while the vessels were being removed, at the conclusion of the sacrifice. The Master said, ’"Assisting are the princes ;— the son of heaven looks profound and grave :"— what application can these words have in the hall of the three families ?’ |
| 【第三章】子曰、人而不仁、如禮何、人而不仁、如樂何。 | III.3. □ Le Maître dit : — Comment un homme dépourvu des vertus qui sont propres à l’homme peut‑il accomplir les cérémonies ? Comment un homme dépourvu des vertus qui sont propres à l’homme peut‑il cultiver la musique ? [15] | CHAP. III. The Master said, ’If a man be without the virtues proper to humanity, what has he to do with the rites of propriety ? If a man be without the virtues proper to humanity, what has he to do with music ?’ |
| 【第四章】【一節】林放問禮之本。【二節】子曰、大哉問。【三節】禮、與其奢也、寧儉、喪、與其易也、寧戚。 | III.4. ≡ Lin Fang ayant demandé quelle était la chose la plus nécessaire dans les cérémonies, le Maître répondit : — Oh ! que cette question est importante ! Dans les démonstrations extérieures, il vaut mieux rester en‑deçà des limites que de les dépasser ; dans les cérémonies funèbres, la douleur vaut mieux qu’un appareil pompeux. | CHAP. IV. 1. Lin Fang asked what was the first thing to be attended to in ceremonies. 2. The Master said, ’A great question indeed ! 3. ’In festive ceremonies, it is better to be sparing than extravagant. In the ceremonies of mourning, it is better that there be deep sorrow than a minute attention to observances.’ |
| 第五章】子曰、夷狄之有君、不如諸夏之亡也。 | III.5. Le Maître dit : — Les barbares de l’orient et du septentrion, qui ont des princes, sont moins misérables que les nombreux peuples de la Chine ne reconnaissant plus de prince. | CHAP. V. The Master said, ’The rude tribes of the east and north have their princes, and are not like the States of our great land which are without them.’ |
| 【第六章】季氏旅於泰山。子謂冉有曰、女弗能救與。對曰、不能。子曰、嗚呼、曾謂泰山、不如林放乎。 | III.6. ≡ Le chef de la famille Ki offrait des sacrifices aux Esprits du T’ai chan. Le Maître dit à Jen Iou : — Ne pouvez‑vous pas empêcher cet abus ? Jen Iou répondit : — Je ne le puis. Le Maître répliqua : — Hé ! dira‑t‑on que les Esprits du T’ai chan sont moins intelligents que Lin Fang ? [16] | CHAP. VI. The chief of the Chi family was about to sacrifice to the T’ai mountain. The Master said to Zan Yu, ’Can you not save him from this ?’ He answered, ’I cannot.’ Confucius said, ’Alas ! will you say that the T’ai mountain is not so discerning as Lin Fang ?’ |
| 【第七章】子曰、君子無所爭、必也射乎、揖讓而升、下而飲、其爭也君子。 | III.7. Le Maître dit : — Le sage n’a jamais de contestation. S’il en avait, ce serait certainement quand il tire à l’arc. Avant la lutte, il salue humblement ses adversaires et monte à l’endroit préparé. Après la lutte, il boit la liqueur que les vaincus sont condamnés à prendre. Même quand il lutte, il est toujours sage. [17] | CHAP. VII. The Master said, ’The student of virtue has no contentions. If it be said he cannot avoid them, shall this be in archery ? But he bows complaisantly to his competitors ; thus he ascends the hall, descends, and exacts the forfeit of drinking. In his contention, he is still the Chun-tsze.’ |
| 【第八章】子夏問曰、巧笑倩兮、美目盼兮、素以為絢兮。何為也。 【二節】子曰、繪事後素。 【三節】曰、禮後乎。子曰、起予者商也、始可與言詩已矣。 | III.8. Tzeu hia dit à Confucius : — On lit dans le Cheu king : Un sourire agréable plisse élégamment les coins de sa bouche ; ses beaux yeux brillent d’un éclat mêlé de noir et de blanc. Un fond blanc reçoit une peinture de diverses couleurs. Que signifient ces paroles ? Le Maître répondit : — Avant de peindre, il faut avoir un fond blanc. Tzeu hia reprit : — Ces paroles ne signifient‑elles pas que les cérémonies extérieures exigent avant tout et présupposent la sincérité des sentiments ? Le Maître dit : — Tzeu hia sait éclaircir ma pensée. A présent je puis lui expliquer les odes du Cheu king. [18] | CHAP. VIII. 1. Tsze-hsia asked, saying, ’What is the meaning of the passage— "The pretty dimples of her artful smile ! The well-defined black and white of her eye ! The plain ground for the colours ?"’ 2. The Master said, ’The business of laying on the colours follows (the preparation of) the plain ground.’ 3. ’Ceremonies then are a subsequent thing ?’ The Master said, ’It is Shang who can bring out my meaning. Now I can begin to talk about the odes with him.’ |
| 【第九章】子曰、夏禮吾能言之、杞不足徵也、殷禮吾能言之、宋不足徵也、文獻不足故也、足、則吾能徵之矣。 | III.9. Le Maître dit : — Je puis exposer les cérémonies de la dynastie des Hia. Mais je ne puis prouver ce que j’en dirais ; car les princes de K’i (descendants des Hia) n’observent plus ces cérémonies et ne peuvent les faire connaître avec certitude. Je puis exposer les cérémonies de la dynastie des In. Mais les témoignages font défaut ; car les princes de Soung, descendants des In, n’observent plus ces cérémonies et ne peuvent en donner une connaissance certaine. Les princes de K’i et de Soung ne peuvent faire connaître avec certitude les cérémonies des Hia et des In, parce que les documents et les hommes leur font défaut. S’ils ne faisaient pas défaut, j’aurais des témoignages. | CHAP. IX. The Master said, ’I could describe the ceremonies of the Hsia dynasty, but Chi cannot sufficiently attest my words. I could describe the ceremonies of the Yin dynasty, but Sung cannot sufficiently attest my words. (They cannot do so) because of the insufficiency of their records and wise men. If those were sufficient, I could adduce them in support of my words.’ |
| 【第十章】子曰、禘、自既灌而往者、吾不欲觀之矣。 | III.10. Le Maître dit : — Dans la cérémonie Ti, faite par le prince de Lou, tout ce qui suit les libations me déplaît ; je n’en puis supporter la vue. [19] | CHAP. X. The Master said, ’At the great sacrifice, after the pouring out of the libation, I have no wish to look on.’ |
| 【十一章】或問禘之說。子曰、不知也、知其說者、之於天下也、其如示諸斯乎。指其掌。 | III.11. Quelqu’un ayant demandé à Confucius ce que signifiait le sacrifice Ti, le Maître répondit : — Je ne le sais pas. Celui qui le saurait n’aurait pas plus de difficulté à gouverner l’empire qu’à regarder ceci. En disant ces mots, il montra la paume de sa main. [20] | CHAP. XI. Some one asked the meaning of the great sacrifice. The Master said, ’I do not know. He who knew its meaning would find it as easy to govern the kingdom as to look on this ;— pointing to his palm. |
| 【十二章】【一節】祭如在、祭神如神在。【二節】子曰、吾不與祭、如不祭。 | III.12. Confucius faisait des offrandes à ses parents défunts et aux Esprits tutélaires, comme s’il les avait vus présents. Il disait : — Un sacrifice auquel je n’assisterais pas en personne, et que je ferais offrir par un autre, ne me paraîtrait pas un sacrifice véritable. | CHAP. XII. 1. He sacrificed to the dead, as if they were present. He sacrificed to the spirits, as if the spirits were present. 2. The Master said, ’I consider my not being present at the sacrifice, as if I did not sacrifice.’ |
| 【一節】王孫賈問曰:「與其媚於奧,寧媚於竈,何謂也?」 。【二節】子曰、不然、獲罪於天、無所禱也。 | III.13. Wang suenn Kia demanda quel était le sens de cet adage : Il vaut mieux faire la cour au dieu du foyer qu’aux esprits tutélaires des endroits les plus retirés de la maison. Le Maître répondit : — L’un ne vaut pas mieux que l’autre. Celui qui offense le Ciel n’obtiendra son pardon par l’entremise d’aucun Esprit. [21] | CHAP. XIII. 1. Wang-sun Chia asked, saying, ’What is the meaning of the saying, "It is better to pay court to the furnace than to the south-west corner ?"’ 2. The Master said, ’Not so. He who offends against Heaven has none to whom he can pray.’ |
| 【十四章】子曰、周監於二代、郁郁乎文哉、吾從周。 | III.14. Le Maître dit : — La dynastie des Tcheou a consulté et copié les lois des deux dynasties précédentes [22]. Que les lois des Tcheou sont belles ! Moi, j’observe les lois des Tcheou. | CHAP. XIV. The Master said, ’Chau had the advantage of viewing the two past dynasties. How complete and elegant are its regulations ! I follow Chau.’ |
| 【十五章】子入大廟、每事問。或曰、孰謂鄹人之子知禮乎、入大廟、每事問。子聞之曰、是禮也。 | III.15. Le Maître, étant entré dans le temple dédié au plus ancien des princes de Lou, interrogea sur chacun des rites. Quelqu’un dit : — Dira‑t‑on que le fils du citoyen de Tcheou connaît les rites ? Dans le temple du plus ancien de nos princes, il interroge sur chaque chose. Le Maître en ayant été informé, répondit : — En cela, je me suis conformé aux rites. [23] | CHAP. XV. The Master, when he entered the grand temple, asked about everything. Some one said, ’Who will say that the son of the man of Tsau knows the rules of propriety ! He has entered the grand temple and asks about everything.’ The Master heard the remark, and said, ’This is a rule of propriety.’ |
| 【十六章】子曰、射不主皮、為力不同科、古之道也。 | III.16. Le Maître dit : — Quand on tire à l’arc, le mérite ne consiste pas à transpercer, mais à frapper le centre de la cible ; car les hommes ne sont pas tous d’égale force. Ainsi l’ont décidé les anciens. [24] | CHAP. XVI. The Master said, ’In archery it is not going through the leather which is the principal thing ;— because people’s strength is not equal. This was the old way.’ |
| 【十七章】【一節】子貢欲去告朔之餼羊。【二節】子曰、賜也、爾愛其羊、我愛其禮。 | III.17. Tzeu koung [25] voulait supprimer l’usage de fournir aux frais de l’État une brebis, qui devait être offerte aux ancêtres à la nouvelle lune. Le Maître dit : — Seu, vous tenez par économie à garder cette brebis ; moi, je tiens à conserver cette cérémonie. [26] | 2. The Master said, ’Ts’ze, you love the sheep ; I love the ceremony.’ |
| 【十八章】子曰、事君盡禮、人以為諂也。 | III.18. Le Maître dit : — Envers mon prince j’observe exactement toutes les prescriptions. Les hommes m’accusent de flatterie, parce qu’eux‑mêmes servent le prince négligemment. | CHAP. XVII. The Master said, ’The full observance of the rules of propriety in serving one’s prince is accounted by people to be flattery.’ |
| 【十九章】【一節】定公問君使臣、臣事君、如之何。孔子對曰、君使臣以禮、臣事君以忠。 | III.19. Ting, prince de Lou, demanda comment un prince devait conduire ses sujets, et comment les sujets devaient obéir à leur prince. Confucius répondit : — Le prince doit commander à ses sujets selon les prescriptions, et les sujets doivent lui obéir avec fidélité. | CHAP. XIX. The Duke Ting asked how a prince should employ his ministers, and how ministers should serve their prince. Confucius replied, ’A prince should employ his minister according to the rules of propriety ; ministers should serve their prince with faithfulness.’ |
| 【二十章】子曰、關睢樂而不淫、哀而不傷。 | III.20. Le Maître dit : — L’ode Kouàn ts’iù exprime la joie et non la licence, la douleur et non l’abattement. | CHAP. XX. The Master said, ’The Kwan Tsu is expressive of enjoyment without being licentious, and of grief without being hurtfully excessive.’ |
| 【廿一章】【一節】哀公問社於宰我。宰我對曰、夏后氏以松、殷人以柏、周人以栗、曰、使民戰栗。【二節】子聞之曰、成事不說、遂事不諫、既往不咎。 | III.21. Ngai, prince de Lou, ayant interrogé Tsai Ngo au sujet des autels élevés en l’honneur de la Terre, Tsai Ngo répondit : — Les Hia y plantaient des pins, et les In, des cyprès. Les Tcheou y plantent des châtaigniers [27], afin d’inspirer au peuple la crainte et la terreur. Le Maître entendant ces paroles dit : — Rien ne sert de parler des choses qui sont déjà accomplies, ni de faire des remontrances sur celles qui sont déjà très avancées, ni de blâmer ce qui est passé. [28] | CHAP. XXI. 1. The Duke Ai asked Tsai Wo about the altars of the spirits of the land. Tsai Wo replied, ’The Hsia sovereign planted the pine tree about them ; the men of the Yin planted the cypress ; and the men of the Chau planted the chestnut tree, meaning thereby to cause the people to be in awe.’ 2. When the Master heard it, he said, ’Things that are done, it is needless to speak about ; things that have had their course, it is needless to remonstrate about ; things that are past, it is needless to blame.’ |
| 【廿二章】【一節】子曰、管仲之器小哉。【二節】或曰、管仲儉乎。【三節】曰、管氏有三歸、官事不攝、焉得儉。【四節】然則管仲知禮乎。【五節】曰、邦君樹塞門、管氏亦樹塞門、邦君為兩君之好、有反坫、管氏亦有反坫、管氏而知禮、孰不知禮。 | III.22. Le Maître dit : — Que Kouan Tchoung a l’esprit étroit ! Quelqu’un demanda si Kouan Tchoung était trop parcimonieux. Confucius répondit : — Le chef de la famille Kouan a élevé à grands frais la tour de San kouei ; dans sa maison aucun officier n’est chargé de deux emplois. Comment pourrait‑on le croire trop économe ? — Mais, reprit l’interlocuteur, s’il fait tant de dépenses, n’est‑ce pas parce qu’il connaît les convenances ? Confucius répliqua : — Les princes ont une cloison devant la porte de leurs palais [29] ; le chef de la famille Kouan a aussi une cloison devant sa porte. Quand les princes ont une entrevue amicale, ils ont une crédence sur laquelle on renverse les coupes ; Kouan Tchoung a une crédence semblable. Si le chef de la famille Kouan connaît les convenances, quel est celui qui ne les connaît pas ? [30] | CHAP. XXII. 1. The Master said, ’Small indeed was the capacity of Kwan Chung !’ 2. Some one said, ’Was Kwan Chung parsimonious ?’ ’Kwan,’ was the reply, ’had the San Kwei, and his officers performed no double duties ; how can he be considered parsimonious ?’ 3. ’Then, did Kwan Chung know the rules of propriety ?’ The Master said, ’The princes of States have a screen intercepting the view at their gates. Kwan had likewise a screen at his gate. The princes of States on any friendly meeting between two of them, had a stand on which to place their inverted cups. Kwan had also such a stand. If Kwan knew the rules of propriety, who does not know them ?’ |
| 【廿三章】子語魯大師樂曰、樂其可知也、始作、翕如也、從之、純如也、繳如也、繹如也、以成。 | III.23. Le Maître, instruisant le grand directeur de musique de Lou, dit : — Les règles de la musique sont faciles à connaître. Les divers instruments commencent par jouer tous ensemble ; ils jouent ensuite d’accord, distinctement et sans interruption, jusqu’à la fin du morceau. | CHAP. XXXII. The Master instructing the grand music-master of Lu said, ’How to play music may be known. At the commencement of the piece, all the parts should sound together. As it proceeds, they should be in harmony while severally distinct and flowing without break, and thus on to the conclusion.’ |
| 【廿四章】儀封人請見、曰、君子之至於斯也、吾未嘗不得見也。從者見之、出曰、二三子、何患於喪乎、天下之無道也久矣、天將以夫子為木鐸。 | III.24. Dans la ville de I [31], un officier préposé à la garde des frontières demanda à lui être présenté, en disant : — Chaque fois qu’un sage est venu dans cette ville, il m’a toujours été donné de le voir. Les disciples, qui avaient suivi Confucius dans son exil, introduisirent cet officier auprès de leur maître. Cet homme dit en se retirant : — Disciples, pourquoi vous affligez‑vous de ce que votre maître a perdu sa charge ? Le désordre est dans l’empire depuis longtemps déjà. Mais le Ciel va donner au peuple en ce grand sage un héraut de la vérité [32]. [33] | CHAP. XXIV. The border warden at Yi requested to be introduced to the Master, saying, ’When men of superior virtue have come to this, I have never been denied the privilege of seeing them.’ The followers of the sage introduced him, and when he came out from the interview, he said, ’My friends, why are you distressed by your master’s loss of office ? The kingdom has long been without the principles of truth and right ; Heaven is going to use your master as a bell with its wooden tongue.’ |
| 【廿五章】子謂韶、盡美矣、又盡善也、謂武、盡美矣、未盡善也。 | III.25. Le Maître disait que les Chants du Successeur étaient tout à fait beaux et doux ; que les Chants du Guerrier étaient tout à fait beaux, mais non tout à fait doux. [34] | CHAP. XXV. The Master said of the Shao that it was perfectly beautiful and also perfectly good. He said of the Wu that it was perfectly beautiful but not perfectly good. |
| 【廿六章】子曰、居上不寬、為禮不敬、臨喪不哀、吾何以觀之哉。 | III.26. Le Maître dit : — De quelle règle puis‑je me servir pour juger la conduite d’un homme qui exerce une haute autorité avec un cœur étroit, qui s’acquitte d’une cérémonie sans respect, ou qui, à la mort de son père ou de sa mère, est sans douleur ? | CHAP. XXVI. The Master said, ’High station filled without indulgent generosity ; ceremonies performed without reverence ; mourning conducted without sorrow ;— wherewith should I contemplate such ways ?’ |
| 里仁 | CHAPITRE IV | BOOK IV - LE JIN. |
| 子曰:「里仁為美。擇不處仁,焉得知?」 | IV.1. Le Maître dit : Un bon voisinage est celui où règne la probité. Pourrait‑on appeler sage un homme qui, ayant à choisir un lieu pour sa demeure, ne voudrait pas avoir des voisins honnêtes ? | CHAP. I. The Master said, ’It is virtuous manners which constitute the excellence of a neighborhood. If a man in selecting a residence, do not fix on one where such prevail, how can he be wise ?’ |
| 子曰:「不仁者不可以久處約,不可以長處樂。仁者安仁,知者利仁。」 | IV.2. □ Le Maître dit : — Un homme qui n’est pas vertueux ne peut demeurer longtemps dans l’indigence ou dans l’opulence sans devenir plus mauvais. Un homme vertueux trouve son bonheur dans la vertu ; un homme sage n’ambitionne que le trésor de la vertu. | CHAP. II. The Master said, ’Those who are without virtue cannot abide long either in a condition of poverty and hardship, or in a condition of enjoyment. The virtuous rest in virtue ; the wise desire virtue.’ |
| 子曰:「唯仁者能好人,能惡人。」 | IV.3. □ Le Maître dit : — Seul l’homme vertueux sait aimer et haïr les hommes comme il convient. | CHAP. III. The Master said, ’It is only the (truly) virtuous man, who can love, or who can hate, others.’ |
| 子曰:「苟志於仁矣,無惡也。」 | IV.4. Le Maître dit : — Celui qui s’applique sérieusement à cultiver la vertu s’abstient de mal faire. | CHAP. IV. The Master said, ’If the will be set on virtue, there will be no practice of wickedness.’ |
| 子曰:「富與貴是人之所欲也,不以其道得之,不處也;貧與賤是人之所惡也,不以其道得之,不去也。君子去仁,惡乎成名?君子無終食之間違仁,造次必於是,顛沛必於是。」 | IV.5. □ ■ Le Maître dit : — Les richesses et les honneurs sont très ambitionnés des hommes ; si vous ne pouvez les obtenir par des voies honnêtes, ne les acceptez pas. La pauvreté et l’abjection sont en horreur aux hommes ; si elles vous viennent, même sans aucune faute de votre part, ne les fuyez pas. Si l’homme sage abandonne la voie de la vertu, comment soutiendra‑t‑il son titre de sage ? L’homme sage ne l’abandonne jamais, pas même le temps d’un repas. Il y demeure toujours, même au milieu des affaires les plus pressantes, même au milieu des plus grands troubles. | CHAP. V. 1. The Master said, ’Riches and honours are what men desire. If it cannot be obtained in the proper way, they should not be held. Poverty and meanness are what men dislike. If it cannot be avoided in the proper way, they should not be avoided. 2. ’If a superior man abandon virtue, how can he fulfil the requirements of that name ? 3. ’The superior man does not, even for the space of a single meal, act contrary to virtue. In moments of haste, he cleaves to it. In seasons of danger, he cleaves to it.’ |
| 子曰:「我未見好仁者,惡不仁者。好仁者,無以尚之;惡不仁者,其為仁矣,不使不仁者加乎其身。有能一日用其力於仁矣乎?我未見力不足者。蓋有之矣,我未之見也。」 | IV.6. Le Maître dit : — Je n’ai pas encore vu, un homme qui aimât vraiment la vertu et haït sincèrement le vice. Celui qui aime vraiment la vertu la préfère à toute autre chose ; celui qui hait sincèrement le vice cultive la vertu, et fuit toute atteinte du mal. Est‑il un homme qui travaille de toutes ses forces à pratiquer la vertu un jour entier ? Je n’ai jamais vu aucun homme qui n’eût pas assez de forces pour être vertueux. Peut‑être en existe‑t‑il ; mais je n’en ai jamais vu. [35] | CHAP. VI. 1. The Master said, ’I have not seen a person who loved virtue, or one who hated what was not virtuous. He who loved virtue, would esteem nothing above it. He who hated what is not virtuous, would practise virtue in such a way that he would not allow anything that is not virtuous to approach his person. 2. ’Is any one able for one day to apply his strength to virtue ? I have not seen the case in which his strength would be insufficient. 3. ’Should there possibly be any such case, I have not seen it.’ |
| 子曰:「人之過也,各於其黨。觀過,斯知仁矣。」 | IV.7. Le Maître dit : — Chaque classe d’hommes tombe dans un excès qui lui est particulier. On peut connaître la vertu d’un homme en observant ses défauts. [36] | CHAP. VII. The Master said, ’The faults of men are characteristic of the class to which they belong. By observing a man’s faults, it may be known that he is virtuous.’ |
| 子曰:「朝,夕死可矣。」 | IV.8. Le Maître dit : — Celui qui le matin a compris les enseignements de la sagesse, le soir peut mourir content. | CHAP. VIII. The Master said, ’If a man in the morning hear the right way, he may die in the evening without regret.’ |
| 子曰:「士志於道,而恥惡衣惡食者,未足與議也。」 | IV.9. ■ Le Maître dit : — Un homme qui se livre à l’étude de la sagesse, s’il rougit d’un vêtement grossier et d’une nourriture ordinaire, ne mérite pas de recevoir mes enseignements. | CHAP. IX. The Master said, ’A scholar, whose mind is set on truth, and who is ashamed of bad clothes and bad food, is not fit to be discoursed with.’ |
| 子曰:「君子之於天下也,無適也,無莫也,義之與比。」 | IV.10. Le Maître dit : — Dans le gouvernement de l’empire, le sage ne veut ni ne rejette rien avec opiniâtreté. La justice est sa règle. | CHAP. X. The Master said, ’The superior man, in the world, does not set his mind either for anything, or against anything ; what is right he will follow.’ |
| 子曰:「君子懷德,小人懷土;君子懷刑,小人懷惠。」 | IV.11. ■ Le Maître dit : L’homme sage aspire à la perfection, et l’homme vulgaire, au bien‑être ; l’homme sage s’attache à observer les lois, et l’homme vulgaire, à s’attirer des faveurs. | CHAP. XI. The Master said, ’The superior man thinks of virtue ; the small man thinks of comfort. The superior man thinks of the sanctions of law ; the small man thinks of favours which he may receive.’ |
| 子曰:「放於利而行,多怨。」 | IV.12. Le Maître dit : — Celui qui dans ses entreprises cherche uniquement son intérêt propre excite beaucoup de mécontentements. | CHAP. XII. The Master said : ’He who acts with a constant view to his own advantage will be much murmured against.’ |
| 子曰:「能以禮讓為國乎?何有?不能以禮讓為國,如禮何?」 | IV.13. Le Maître dit : — Celui qui, dans le gouvernement de l’État, montre cette déférence qui fait le fondement de l’urbanité, quelle difficulté rencontrera‑t‑il ? Celui qui dans le gouvernement n’a pas la déférence requise par l’urbanité, quelle urbanité peut‑il avoir [37] ? | CHAP. XIII. The Master said, ’Is a prince is able to govern his kingdom with the complaisance proper to the rules of propriety, what difficulty will he have ? If he cannot govern it with that complaisance, what has he to do with the rules of propriety ?’ |
| 子曰:「不患無位,患所以立;不患莫己知,求為可知也。」 | IV.14. Le Maître dit : — Ne soyez pas en peine de ce que vous n’ayez pas de charge ; mettez‑vous en peine de vous rendre digne d’être élevé à une charge. Ne soyez pas en peine de ce que personne ne vous connaît ; travaillez à vous rendre digne d’être connu. | CHAP. XIV. The Master said, ’A man should say, I am not concerned that I have no place, I am concerned how I may fit myself for one. I am not concerned that I am not known, I seek to be worthy to be known.’ |
| 子曰:「參乎!吾道一以貫之。」曾子曰:「唯。」子出。門人問曰:「何謂也?」曾子曰:「夫子之道,忠恕而已矣。」 | IV.15. Le Maître dit : — Ma doctrine se réduit à une seule chose qui embrasse tout. Tseng tzeu répondit : — Certainement. Lorsque le Maître se fut retiré, ses disciples demandèrent ce qu’il avait voulu dire. Tseng tzeu répondit : — Toute la sagesse de notre maître consiste à se perfectionner soi-même et à aimer les autres comme soi-même. | CHAP. XV. 1. The Master said, ’Shan, my doctrine is that of an all-pervading unity.’ The disciple Tsang replied, ’Yes.’ 2. The Master went out, and the other disciples asked, saying,’What do his words mean ?’ Tsang said, ’The doctrine of our master is to be true to the principles of our nature and the benevolent exercise of them to others,— this and nothing more.’ |
| 子曰:「君子喻於義,小人喻於利。」 | IV.16 Le Maître dit : Le disciple de la sagesse est très intelligent en ce qui concerne le devoir, et l’homme vulgaire, en ce qui concerne l’intérêt propre. | CHAP. XVI. The Master said, ’The mind of the superior man is conversant with righteousness ; the mind of the mean man is conversant with gain.’ |
| 子曰:「見賢思齊焉,見不賢而內自省也。」 | IV.17. Le Maître dit : Quand vous voyez un homme sage, pensez à l’égaler en vertu. Quand vous voyez un homme dépourvu de vertu, examinez‑vous vous‑même. | CHAP. XVII. The Master said, ’When we see men of worth, we should think of equalling them ; when we see men of a contrary character, we should turn inwards and examine ourselves.’ |
| 子曰:「事父母幾諫。見志不從,又敬不違,勞而不怨。」 | IV.18. Le Maître dit : — Si vos parents tombent dans une faute, avertissez‑les avec grande douceur. Si vous les voyez déterminés à ne pas suivre vos avis, redoublez vos témoignages de respect, et réitérez vos remontrances. Quand même ils vous maltraiteraient, n’en ayez aucun ressentiment. | CHAP. XVIII. The Master said, ’In serving his parents, a son may remonstrate with them, but gently ; when he sees that they do not incline to follow his advice, he shows an increased degree of reverence, but does not abandon his purpose ; and should they punish him, he does not allow himself to murmur.’ |
| 【十九章】子曰:「父母在,不遠遊。遊必有方。」 | IV.19. Le Maître dit : — Durant la vie de vos parents, n’allez pas voyager au loin. Si vous voyagez, que ce soit dans une direction déterminée [38]. | CHAP. XIX. The Master said, ’While his parents are alive, the son may not go abroad to a distance. If he does go abroad, he must have a fixed place to which he goes.’ |
| 子曰:「三年無改於父之道,可謂孝矣。」 | [manque chez Couvreur] | CHAP. XX. The Master said, ’If the son for three years does not alter from the way of his father, he may be called filial.’ |
| 子曰:「父母之年,不可不知也。一則以喜,一則以懼。」 | IV.20. Le Maître dit : — Vous devez vous rappeler souvent l’âge de vos parents, vous réjouir de leur longévité, et craindre qu’ils ne viennent à mourir. | CHAP. XXI. The Master said, ’The years of parents may by no means not be kept in the memory, as an occasion at once for joy and for fear.’ |
| 子曰:「古者言之不出,恥躬之不逮也。」 | IV.21. Le Maître dit : — Les anciens n’osaient pas émettre de maximes ; ils craignaient que leurs actions ne répondissent pas à leurs paroles. | CHAP. XXII. The Master said, ’The reason why the ancients did not readily give utterance to their words, was that they feared lest their actions should not come up to them.’ |
| 子曰:「以約失之者,鮮矣。」 | IV.22. Le Maître dit : — On s’égare rarement en s’imposant à soi-même des règles sévères. | CHAP. XXIII. The Master said, ’The cautious seldom err.’ |
| 子曰:「君子欲訥於言,而敏於行。」 | IV.23. Le Maître dit : — Le sage s’applique à être lent dans ses discours et diligent dans ses actions. | CHAP. XXIV. The Master said, ’The superior man wishes to be slow in his speech and earnest in his conduct.’ |
| 子曰:「德不孤,必有鄰。」 | IV.24. ■ Le Maître dit : — La vertu ne va jamais seule ; un homme vertueux attire toujours des imitateurs. | CHAP. XXV. The Master said, ’Virtue is not left to stand alone. He who practises it will have neighbors.’ |
| 子游曰:「事君數,斯辱矣,朋友數,斯疏矣。」 | IV.25. Tzeu iou dit : — Celui qui par des avis réitérés se rend importun à son prince tombe dans la disgrâce ; celui qui par des remontrances réitérées se rend importun à son ami perd son amitié. | CHAP. XXVI. Tsze-yu said, ’In serving a prince, frequent remonstrances lead to disgrace. Between friends, frequent reproofs make the friendship distant.’ |
| 公冶長 | CHAPITRE V | BOOK V. KUNG-YE CH’ANG. |
| 子謂公冶長,「可妻也。雖在縲絏之中,非其罪也」。以其子妻之。 | V.1. Le Maître dit que Koung ie Tch’ang était un homme à qui l’on pouvait convenablement donner une fille en mariage ; que, bien qu’il fût dans les fers, il n’avait mérité aucun châtiment. Il lui donna sa fille en mariage. | CHAP. I. 1. The Master said of Kung-ye Ch’ang that he might be wived ; although he was put in bonds, he had not been guilty of any crime. Accordingly, he gave him his own daughter to wife. |
| 子謂南容,「邦有道,不廢;邦無道,免於刑戮。」以其兄之子妻之。 | Le Maître dit que Nan Ioung, dans un État bien gouverné, aurait toujours une charge ; que, dans un État mal gouverné, il saurait échapper aux tourments et à la peine capitale. Il lui donna en mariage la fille de son frère. [39] | 2. Of Nan Yung he said that if the country were well governed he would not be out of office, and if it were ill-governed, he would escape punishment and disgrace. He gave him the daughter of his own elder brother to wife. |
| 子謂子賤,「君子哉若人!魯無君子者,斯焉取斯?」 | V.2. Le Maître dit de Tzeu tsien [40] : — Quelle sagesse est en cet homme ! Si la principauté de Lou n’avait pas de sages, où celui-ci aurait‑il puisé une telle sagesse ? | CHAP. II. The Master said of Tsze-chien, ’Of superior virtue indeed is such a man ! If there were not virtuous men in Lu, how could this man have acquired this character ?’ |
| 子貢問曰:「賜也何如?」子曰:「女器也。」曰:「何器也?」曰:「瑚璉也。」 | V.3. Tzeu koung demanda : — Que dites‑vous de moi ? Le Maître répondit : — Vous êtes un vase [41]. Tzeu koung reprit : — Quel vase ? — Un vase pour les offrandes, dit Confucius. [42] | CHAP. III. Tsze-kung asked, ’What do you say of me, Ts’ze ? The Master said, ’You are a utensil.’ ’What utensil ?’ ’A gemmed sacrificial utensil.’ |
| 或曰:「雍也,仁而不佞。」子曰:「焉用佞?禦人以口給,屢憎於人。不知其仁,焉用佞?」 | V.4. Quelqu’un dit : — Ioung [43] est très vertueux, mais peu habile à parler. Le Maître répondit : — Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux. Je ne sais si Ioung est vertueux ; mais que lui servirait d’être habile à parler ? | CHAP. IV. 1. Some one said, ’Yung is truly virtuous, but he is not ready with his tongue.’ 2. The Master said, ’What is the good of being ready with the tongue ? They who encounter men with smartnesses of speech for the most part procure themselves hatred. I know not whether he be truly virtuous, but why should he show readiness of the tongue ?’ |
| 子使漆雕開仕。對曰:「吾斯之未能信。」子說。 | V.5. Le Maître ayant engagé Ts’i tiao Kai à exercer une charge, celui-ci répondit : — Je ne suis pas encore parvenu à savoir parfaitement [44]. Cette réponse réjouit le Maître. | CHAP. V. The Master was wishing Ch’i-tiao K’ai to enter on official employment. He replied, ’I am not yet able to rest in the assurance of THIS.’ The Master was pleased. |
| 子曰:「道不行,乘桴浮于海。從我者其由與?」子路聞之喜。子曰:「由也好勇過我,無所取材。」 | V.6. Le Maître dit : — Ma doctrine n’est pas mise en pratique. Si [45] je montais sur un radeau et me confiais aux flots de la mer, celui qui me suivrait, ne serait‑ce pas Iou [46] ? Tzeu Iou, entendant ces paroles, en éprouva une grande joie. Le Maître dit : — Iou a plus d’audace que moi ; mais il n’a pas le discernement nécessaire pour bien juger [47]. | CHAP. VI. The Master said, ’My doctrines make no way. I will get upon a raft, and float about on the sea. He that will accompany me will be Yu, I dare say.’ Tsze-lu hearing this was glad,upon which the Master said, ’Yu is fonder of daring than I am. He does not exercise his judgment upon matters.’ |
| 孟武伯問:「子路仁乎?」子曰:「不知也。」又問。子曰:「由也,千乘之國,可使治其賦也,不知其仁也。」「求也何如?」子曰:「求也,千室之邑,百乘之家,可使為之宰也,不知其仁也。」「赤也何如?」子曰:「赤也,束帶立於朝,可使與賓客言也,不知其仁也。」 | V.7. Meng Ou pe demanda si la vertu de Tzeu Iou était parfaite. Le Maître répondit : — Je ne le sais pas. Meng Ou pe renouvela la même question. Le Maître répondit : — Iou est capable de former les troupes d’une principauté qui possède mille chariots de guerre. Je ne sais pas si sa vertu est parfaite. — Que pensez‑vous de K’iou ? Le Maître répondit : K’iou est capable de gouverner une ville de mille familles, ou la maison d’un grand préfet, qui a cent chariots de guerre. Je ne sais pas s’il est parfaitement vertueux. [48] Meng Ou pe demanda : — Que dites‑vous de Tch’eu [49] ? Le Maître répondit : — Tch’eu serait capable de se tenir en habits de cour auprès d’un prince, et de converser avec les hôtes et les visiteurs. Je ne sais pas si sa vertu est parfaite. | CHAP. VII. 1. Mang Wu asked about Tsze-lu, whether he was perfectly virtuous. The Master said, ’I do not know.’ 2. He asked again, when the Master replied, ’In a kingdom of a thousand chariots, Yu might be employed to manage the military levies, but I do not know whether he be perfectly virtuous.’ 3. ’And what do you say of Ch’iu ?’ The Master replied, ’In a city of a thousand families, or a clan of a hundred chariots, Ch’iu might be employed as governor, but I do not know whether he is perfectly virtuous.’ 4. ’What do you say of Ch’ih ?’ The Master replied, ’With his sash girt and standing in a court, Ch’ih might be employed to converse with the visitors and guests, but I do not know whether he is perfectly virtuous.’ |
| 子謂子貢曰:「女與回也孰愈?」對曰:「賜也何敢望回。回也聞一以知十,賜也聞一以知二。」子曰:「弗如也!吾與女弗如也。」 | V.8. Le Maître dit à Tzeu koung : — Lequel des deux l’emporte sur l’autre, de vous ou de Houei ? Tzeu koung répondit : — Comment oserais‑je me mettre en parallèle avec Houei ? Il suffit à Houei d’entendre expliquer une chose pour qu’il en comprenne dix. Moi, quand j’en ai entendu expliquer une, je n’en comprends que deux. Le Maître dit : — Vous lui êtes inférieur ; je suis de votre avis, vous lui êtes inférieur. | CHAP. VIII. 1. The Master said to Tsze-kung, ’Which do you consider superior, yourself or Hui ?’ 2. Tsze-kung replied, ’How dare I compare myself with Hui ? Hui hears one point and knows all about a subject ; I hear one point, and know a second.’ 3. The Master said, ’You are not equal to him. I grant you, you are not equal to him.’ |
| 宰予晝寢。子曰:「朽木不可雕也,糞土之牆不可杇也,於予與何誅。」子曰:「始吾於人也,聽其言而信其行;今吾於人也,聽其言而觀其行。於予與改是。」 | V.9. Tsai Iu restait au lit pendant le jour. Le Maître dit : — Un morceau de bois pourri ne peut être sculpté ; un mur de fumier et de boue ne peut être crépi. Que sert de réprimander Iu ? Auparavant, quand j’avais entendu parler un homme, je croyais que sa conduite répondait à ses paroles. A présent, quand j’ai entendu parler un homme, j’observe ensuite si ses actions répondent à ses paroles. C’est Iu qui m’a fait changer la règle de mes jugements. | CHAP. IX. 1. Tsai Yu being asleep during the daytime, the Master said, ’Rotten wood cannot be carved ; a wall of dirty earth will not receive the trowel. This Yu !— what is the use of my reproving him ?’ 2. The Master said, ’At first, my way with men was to hear their words, and give them credit for their conduct. Now my way is to hear their words, and look at their conduct. It is from Yu that I have learned to make this change.’ |
| 子曰:「吾未見剛者。」或對曰:「申棖。」子曰:「棖也慾,焉得剛?」 | V.10. Le Maître dit : — Je n’ai pas encore vu un homme qui eût une fermeté d’âme inflexible. Quelqu’un dit : — Chenn Tch’ang. Le Maître répondit : — Tch’ang est l’esclave de ses passions ; comment aurait‑il la fermeté d’âme ? | CHAP. X. The Master said, ’I have not seen a firm and unbending man.’ Some one replied, ’There is Shan Ch’ang.’ ’Ch’ang,’ said the Master, ’is under the influence of his passions ; how can he be pronounced firm and unbending ?’ |
| 子貢曰:「我不欲人之加諸我也,吾亦欲無加諸人。」子曰:「賜也,非爾所及也。」 | V.11. Tzeu koung dit : — Ce que je ne veux pas que les autres me fassent, je désire ne pas le faire aux autres. Le Maître répondit : — Seu, vous n’avez pas encore atteint cette perfection. | CHAP. XI. Tsze-kung said, ’What I do not wish men to do to me, I also wish not to do to men.’ The Master said, ’Ts’ze, you have not attained to that.’ |
| 子貢曰:「夫子之文章,可得而聞也;夫子之言性與天道,不可得而聞也。」 | V.12. Tzeu koung dit : — Il est donné à tous les disciples d’entendre les leçons du Maître sur la tenue du corps et les bienséances, mais non ses enseignements sur la nature de l’homme et l’action du Ciel [50]. | CHAP. XII. Tsze-kung said, ’The Master’s personal displays of his principles and ordinary descriptions of them may be heard. His discourses about man’s nature, and the way of Heaven, cannot be heard.’ |
| 子路有聞,未之能行,唯恐有聞。 | V.13. Quand Tzeu lou avait reçu un enseignement, il craignait d’en recevoir un nouveau, jusqu’à ce qu’il fût parvenu à mettre en pratique le premier. [51] | CHAP. XIII. When Tsze-lu heard anything, if he had not yet succeeded in carrying it into practice, he was only afraid lest he should hear something else. |
| 子貢問曰:「孔文子何以謂之文也?」子曰:「敏而好學,不恥下問,是以謂之文也。」 | V.14. ■ Tzeu koung demanda pourquoi K’oung Wenn tzeu [52] avait reçu après sa mort le nom de Wenn, Poli ou Cultivé. Le Maître répondit : — Bien qu’il fût très intelligent, il aimait à être enseigné ; il n’avait pas honte d’interroger même ses inférieurs. C’est pour cette raison qu’il a reçu le nom posthume de Wenn. | CHAP. XIV. Tsze-kung asked, saying, ’On what ground did Kung-wan get that title of Wan ?’ The Master said, ’He was of an active nature and yet fond of learning, and he was not ashamed to ask and learn of his inferiors !— On these grounds he has been styled Wan.’ |
| 子謂子產,「有君子之道四焉:其行己也恭,其事上也敬,其養民也惠,其使民也義。」 | V.15. ■ Le Maître dit que Tzeu tch’ang [53] pratiquait parfaitement quatre vertus : à savoir, la déférence envers ses égaux, le respect envers ses supérieurs, la bienfaisance envers le peuple, la justice envers ses sujets. | CHAP. XV. The Master said of Tsze-ch’an that he had four of the characteristics of a superior man :— in his conduct of himself, he was humble ; in serving his superiors, he was respectful ; in nourishing the people, he was kind ; in ordering the people, he was just.’ |
| 子曰:「晏平仲善與人交,久而敬之。」 | V.16. ■ Le Maître dit : — Ien P’ing tchoung [54] est admirable dans ses relations avec ses amis ; leur intimité eût-elle duré depuis longtemps, il les traite toujours, avec respect. | CHAP. XVI. The Master said, ’Yen P’ing knew well how to maintain friendly intercourse. The acquaintance might be long, but he showed the same respect as at first.’ |
| 子曰:「臧文仲居蔡,山節藻梲,何如其知也?」 | V.17. Le Maître dit : — Tsang Wenn tchoung a fait bâtir, pour loger une grande tortue, un édifice où la sculpture a figuré des montagnes sur les chapiteaux des colonnes, et la peinture a représenté des algues marines sur les colonnettes du toit. Peut‑on dire que ce soit un homme éclairé ? [55] | CHAP. XVII. The Master said, ’Tsang Wan kept a large tortoise in a house, on the capitals of the pillars of which he had hills made, and with representations of duckweed on the small pillars above the beams supporting the rafters.— Of what sort was his wisdom ?’ |
| 19 子張問曰:「令尹子文三仕為令尹,無喜色;三已之,無慍色。舊令尹之政,必以告新令尹。何如?」子曰:「忠矣。」曰:「仁矣乎?」曰:「未知,焉得仁?」 | V.18. Tzeu tchang dit : — Tzeu wenn, premier ministre de Tch’ou, fut trois fois élevé aux honneurs et créé premier ministre ; il n’en manifesta aucune joie. Il fut trois fois dépouillé de sa charge ; il n’en manifesta aucun mécontentement. En quittant la charge de premier ministre, il faisait connaître à son successeur ses actes administratifs. Que faut‑il penser de lui ? Le Maître dit : — Il a été fidèle au devoir. Tzeu tchang reprit : — Sa vertu a‑t‑elle été parfaite ? — Je ne le sais pas ; a‑t‑il atteint la perfection de la vertu ? Le Maître répondit : Je ne le sais pas ; son indifférence pour les charges est‑elle la perfection ? | CHAP. XVIII. 1. Tsze-chang asked, saying, ’The minister Tsze-wan thrice took office, and manifested no joy in his countenance. Thrice he retired from office, and manifested no displeasure. He made it a point to inform the new minister of the way in which he had conducted the government ;— what do you say of him ?’ The Master replied. ’He was loyal.’ ’Was he perfectly virtuous ?’ ’I do not know. How can he be pronounced perfectly virtuous ?’ |
| 「崔子弒齊君,陳文子有馬十乘,棄而違之。至於他邦,則曰:『猶吾大夫崔子也。』違之。之一邦,則又曰:『猶吾大夫崔子也。』違之。何如?」子曰:「清 矣。」曰:「仁矣乎?」曰:「未知。焉得仁?」 | Tzeu tchang dit : — Ts’ouei tzeu, ayant tué son prince, le prince de Ts’i, Tch’enn Wenn tzeu, qui avait dix attelages de quatre chevaux, abandonna ses richesses, et quitta sa terre natale [56]. Arrivé dans une autre principauté, il dit : « Ici les officiers ressemblent à notre grand préfet Ts’ouei tzeu. » Et il s’en alla. Quand il arrivait dans une nouvelle principauté, il disait toujours : « Ici les officiers ressemblent à notre grand préfet Ts’ouei tzeu. » Et il se retirait. Que faut‑il penser de lui ? Le Maître répondit : — Il craignait la moindre souillure. Tzeu tchang reprit : — Sa vertu a‑t‑elle été parfaite ? Confucius répondit : — Je ne le sais pas ; a‑t‑il atteint la perfection de la vertu [57] ? | 2. Tsze-chang proceeded, ’When the officer Ch’ui killed the prince of Ch’i, Ch’an Wan, though he was the owner of forty horses, abandoned them and left the country. Coming to another State, he said, "They are here like our great officer, Ch’ui," and left it. He came to a second State, and with the same observation left it also ;— what do you say of him ?’ The Master replied, ’He was pure.’ ’Was he perfectly virtuous ?’ ’I do not know. How can he be pronounced perfectly virtuous ?’ |
| 20 季文子三思而後行。子聞之,曰:「再,斯可矣。」 | V.19. Ki Wenn tzeu réfléchissait à plusieurs reprises, avant de faire une chose. Le Maître, l’ayant appris, dit : — Il suffit de réfléchir deux fois. [58] | CHAP. XIX. Chi Wan thought thrice, and then acted. When the Master was informed of it, he said, ’Twice may do.’ |
| 子曰:「甯武子邦有道則知,邦無道則愚。其知可及也,其愚不可及也。」 | V.20. Le Maître dit : Gning Ou tzeu se montra prudent, tant que l’État fut bien gouverné, et imprudent, quand l’État fut mal gouverné. Sa prudence peut être imitée ; son imprudence est au‑dessus de toute imitation. [59] | CHAP. XX. The Master said, ’When good order prevailed in his country, Ning Wu acted the part of a wise man. When his country was in disorder, he acted the part of a stupid man. Others may equal his wisdom, but they cannot equal his stupidity.’ |
| 子在陳曰:「歸與!歸與!吾黨之小子狂簡,斐然成章,不知所以裁之。」 | V.21. Le Maître, étant dans la principauté de Tch’enn, dit : — Retournerai-je, retournerai-je dans la principauté de Lou ? Les disciples que j’avais dans mon pays ont des aspirations élevées, s’appliquent peu aux choses vulgaires et sont d’une distinction remarquable. Mais ils ne savent pas comment régler ces bonnes qualités. [60] | CHAP. XXI. When the Master was in Ch’an, he said, ’Let me return ! Let me return ! The little children of my school are ambitious and too hasty. They are accomplished and complete so far, but they do not know how to restrict and shape themselves.’ |
| 子曰:「伯夷、叔齊不念舊惡,怨是用希。」 | V.22. Le Maître dit : — Pe i et Chou ts’i oubliaient les défauts passés d’autrui ; aussi avaient‑ils peu d’ennemis. | CHAP. XXII. The Master said, ’Po-i and Shu-ch’i did not keep the former wickednesses of men in mind, and hence the resentments directed towards them were few.’ |
| 子曰:「孰謂微生高直?或乞醯焉,乞諸其鄰而與之。」 | V.23. Le Maître dit : — Qui pourra encore louer la droiture de Wei cheng Kao ? Quelqu’un lui ayant demandé du vinaigre, il en demanda lui-même à l’un de ses voisins pour le lui donner. | CHAP. XXIII. The Master said, ’Who says of Wei-shang Kao that he is upright ? One begged some vinegar of him, and he begged it of a neighbor and gave it to the man.’ |
| 子曰:「巧言、令色、足恭,左丘明恥之,丘亦恥之。匿怨而友其人,左丘明恥之,丘亦恥之。」 | V.24. Le Maître dit : Employer un langage étudié, prendre un extérieur trop composé, donner des marques de déférence excessives, c’est ce que Tsouo K’iou ming aurait rougi de faire ; moi aussi, j’en aurais honte. Haïr un homme au fond du cœur et le traiter amicalement, c’est ce que Tsouo K’iou ming aurait rougi de faire ; moi aussi, j’en aurais honte. | CHAP. XXIV. The Master said, ’Fine words, an insinuating appearance, and excessive respect ;— Tso Ch’iu-ming was ashamed of them. I also am ashamed of them. To conceal resentment against a person, and appear friendly with him ;— Tso Ch’iu-ming was ashamed of such conduct. I also am ashamed of it.’ |
| 顏淵、季路侍。子曰:「盍各言爾志?」子路曰:「願車馬、衣輕裘,與朋友共。敝之而無憾。」顏淵曰:「願無伐善,無施勞。」子路曰:「願聞子之志。」子曰:「老者安之,朋友信之,少者懷之。」 | V.25. Le Maître dit à Ien Iuen et à Tzeu lou, qui se tenaient auprès de lui : — Pourquoi ne me diriez‑vous pas chacun quels seraient vos désirs ? Tzeu lou répondit : — Je désirerais partager avec mes amis l’usage de mes voitures, de mes chevaux, de mes tuniques garnies de fine fourrure ; et, si mes amis les maltraitaient ou les gâtaient, n’en éprouver aucun mécontentement. [61] Ien Iuen dit : — Je désirerais ne pas vanter mes bonnes qualités, ne pas exagérer mes bons services [62]. Tzeu lou reprit : — Maître, je serais heureux d’apprendre quel serait votre désir. Le Maître répondit : — Pourvoir abondamment aux nécessités des vieillards, mériter la confiance de mes amis, aider avec affection les enfants et les jeunes gens. | CHAP. XXV. 1. Yen Yuan and Chi Lu being by his side, the Master said to them, ’Come, let each of you tell his wishes.’ 2. Tsze-lu said, ’I should like, having chariots and horses, and light fur dresses, to share them with my friends, and though they should spoil them, I would not be displeased.’ 3. Yen Yuan said, ’I should like not to boast of my excellence, nor to make a display of my meritorious deeds.’ 4. Tsze-lu then said, ’I should like, sir, to hear your wishes.’ The Master said, ’They are, in regard to the aged, to give them rest ; in regard to friends, to show them sincerity ; in regard to the young, to treat them tenderly.’ |
| 27 子曰:「已矣乎!吾未見能見其過而內自訟者也。」 | V.26. Le Maître dit : — Faut‑il donc désespérer de voir un homme qui reconnaisse ses fautes, et se les reproche en secret ? Moi, je n’en ai pas encore vu. | CHAP. XXVI. The Master said, ’It is all over ! I have not yet seen one who could perceive his faults, and inwardly accuse himself.’ |
| 子曰:「十室之邑,必有忠信如丘者焉,不如丘之好學也。」 | V.27. Le Maître dit : Dans un village de dix familles, il se trouve certainement des hommes à qui la nature a donné, comme à moi, des dispositions à la fidélité et à la sincérité ; mais il n’en est pas qui travaillent comme moi à connaître et à pratiquer ces vertus. [63] | CHAP. XXVII. The Master said, ’In a hamlet of ten families, there may be found one honourable and sincere as I am, but not so fond of learning.’ |
| 雍也 | CHAPITRE VI | BOOK VI. YUNG YEY. |
| 子曰:「雍也可使南面。」 | VI.1. Le Maître dit : — Ioung [64] est capable de régler les affaires publiques, le visage tourné vers le midi [65]. | CHAP. I. 1. The Master said, ’There is Yung !— He might occupy the place of a prince.’ |
| 仲弓問子桑伯子,子曰:「可也簡。」仲弓曰:「居敬而行簡,以臨其民,不亦可乎?居簡而行簡,無乃大簡乎?」子曰:「雍之言然。」 | Tchoung koung interrogea Confucius sur Tzeu sang Pe tzeu. Le Maître répondit : — Il a de bonnes qualités ; il se contente aisément. Tchoung koung dit : — Etre soi-même toujours diligent, et ne pas exiger trop de son peuple, n’est‑ce pas louable ? Mais être soi-même négligent, et, dans l’administration, exiger peu des autres, n’est‑ce pas se contenter trop facilement ? Le Maître répondit : Ioung, vous dites vrai. [66] | 2. Chung-kung asked about Tsze-sang Po-tsze. The Master said, ’He may pass. He does not mind small matters.’ 3. Chung-kung said, ’If a man cherish in himself a reverential feeling of the necessity of attention to business, though he may be easy in small matters in his government of the people, that may be allowed. But if he cherish in himself that easy feeling, and also carry it out in his practice, is not such an easy mode of procedure excessive ?’ 4. The Master said, ’Yung’s words are right.’ |
| 哀公問:「弟子孰為好學?」孔子對曰:「有顏回者好學,不遷怒,不貳過。不幸短命死矣!今也則亡,未聞好學者也。」 | VI.2. Le prince Ngai demanda à Confucius quels étaient ceux de ses disciples qui s’appliquaient avec ardeur à l’étude et à la pratique de la vertu. Confucius répondit : Ien Houei s’y appliquait avec ardeur. Lorsqu’il était justement irrité contre quelqu’un, il n’étendait pas injustement sa colère à un autre. Il ne tombait jamais deux fois dans la même faute. Malheureusement, il a peu vécu. A présent, il n’est plus personne qui lui ressemble. Je n’ai entendu citer aucun homme qui aimât véritablement la sagesse. | CHAP. II. The Duke Ai asked which of the disciples loved to learn. Confucius replied to him, ’There was Yen Hui ; HE loved to learn. He did not transfer his anger ; he did not repeat a fault. Unfortunately, his appointed time was short and he died ; and now there is not such another. I have not yet heard of any one who loves to learn as he did.’ |
| 子華使於齊,冉子為其母請粟。子曰:「與之釜。」請益。曰:「與之庾。」冉子與之粟五秉。子曰:「赤之適齊也,乘肥馬,衣輕裘。吾聞之也,君子周急不繼富。」 | VI.3. Tzeu houa était dans la principauté de Ts’i chargé d’une mission [67]. Jen tzeu [68] demanda à Confucius du grain pour la mère de Tzeu houa. Le Maître dit : — Je lui en donne six boisseaux et quatre dixièmes. Jen tzeu en demanda davantage. Confucius dit : — Je lui en donne seize boisseaux. Jen tzeu lui en donna de son chef quatre cents boisseaux. Le Maître réprimanda Jen tzeu, et lui dit : — Tzeu houa est allé à Ts’i dans une voiture traînée par des chevaux magnifiques, et avec des vêtements garnis de fine fourrure. J’ai entendu dire que le sage secourait les indigents ; mais n’ajoutait pas à l’opulence des riches. | CHAP. III. 1. Tsze-hwa being employed on a mission to Ch’i, the disciple Zan requested grain for his mother. TheMaster said, ’Give her a fu.’ Yen requested more. ’Give her an yu,’ said the Master. Yen gave her five ping. 2. The Master said, ’When Ch’ih was proceeding to Ch’i, he had fat horses to his carriage, and wore light furs. I have heard that a superior man helps the distressed, but does not add to the wealth of the rich.’ |
| 原思為之宰,與之粟九百,辭。子曰:「毋!以與爾鄰里鄉黨乎!」 | Iuen seu était gouverneur d’une préfecture. Confucius lui donna neuf cents mesures de grain. Iuen seu, jugeant que c’était trop, refusa. Le Maître dit : Acceptez ; vous le distribuerez aux pauvres dans les hameaux, les villages, les villes et les bourgades de votre préfecture. [69] | 3. Yuan Sze being made governor of his town by the Master, he gave him nine hundred measures of grain, but Sze declined them. 4. The Master said, ’Do not decline them. May you not give them away in the neighborhoods, hamlets, towns, and villages ?’ |
| 子謂仲弓曰:「犂牛之子騂且角,雖欲勿用,山川其舍諸?」 | VI.4. Le Maître dit en parlant de Tchoung koung : Si une génisse, née d’une vache au poil varié, est de couleur rousse et a les cornes bien régulières, quand même on ne voudrait pas l’offrir en victime, les esprits des montagnes et des fleuves n’exigeraient‑ils pas qu’elle leur fût immolée ? [70] | CHAP. IV. The Master, speaking of Chung-kung, said, ’If the calf of a brindled cow be red and horned, although men may not wish to use it, would the spirits of the mountains and rivers put it aside ?’ |
| 子曰:「回也,其心三月不違仁,其餘則日月至焉而已矣。」 | VI.5. Le Maître dit : Ien Houei passait trois mois entiers sans qu’aucun mouvement de son cœur s’écartât de la plus haute perfection. Mes autres disciples atteignent la perfection au plus une fois par jour ou par mois, et ils s’arrêtent. | CHAP. V. The Master said, ’Such was Hui that for three months there would be nothing in his mind contrary to perfect virtue. The others may attain to this on some days or in some months, but nothing more.’ |
| 季康子問:「仲由可使從政也與?」子曰:「由也果,於從政乎何有?」曰:「賜也,可使從政也與?」曰:「賜也達,於從政乎何有?」曰:「求也,可使從政也與?」曰:「求也藝,於從政乎何有?」 | VI.6. Ki K’ang tzeu demanda si Tzeu lou était capable d’administrer les affaires publiques [71]. Le Maître répondit : — Iou [72] sait prendre une décision ; quelle difficulté aurait‑il à administrer les affaires publiques ? Ki K’ang tzeu dit : — Seu [73] est‑il capable d’administrer les affaires publiques ? Confucius répondit : — Seu est très intelligent ; quelle difficulté aurait‑il à administrer les affaires publiques ? Ki K’ang tzeu dit : — K’iou [74] peut‑il gérer les affaires publiques ? Confucius répondit : — K’iou a beaucoup de talents ; quelle difficulté aurait‑il à administrer les affaires publiques ? | CHAP. VI. Chi K’ang asked about Chung-yu, whether he was fit to be employed as an officer of government. The Master said, ’Yu is a man of decision ; what difficulty would he find in being an officer of government ?’ K’ang asked, ’Is Ts’ze fit to be employed as an officer of government ?’ and was answered, ’Ts’ze is a man of intelligence ; what difficulty would he find in being an officer of government ?’ And to the same question about Ch’iu the Master gave the same reply, saying, ’Ch’iu is a man of various ability.’ |
| 季氏使閔子騫為費宰。閔子騫曰:「善為我辭焉。如有復我者,則吾必在汶上矣。」 | VI.7. Le chef de la famille Ki fit inviter Min Tzeu k’ien à exercer la charge de gouverneur dans la ville de Pi. Min Tzeu k’ien répondit à l’envoyé : — Exprimez poliment mon refus à votre maître. S’il m’envoie un second messager, je serai certainement au‑delà de la Wenn [75] [76] | CHAP. VII. The chief of the Chi family sent to ask Min Tsze-ch’ien to be governor of Pi. Min Tsze-ch’ien said, ’Decline the offer for me politely. If any one come again to me with a second invitation, I shall be obliged to go and live on the banks of the Wan.’ |
| 伯牛有疾,子問之,自牖執其手,曰:「亡之,命矣夫!斯人也而有斯疾也!斯人也而有斯疾也!」 | VI.8. Pe gniou étant malade, le Maître alla lui faire visite. Il lui prit la main à travers la fenêtre, et dit : — Nous le perdrons. Le Ciel l’a ainsi ordonné. Se peut‑il qu’un tel homme soit ainsi malade ! Se peut‑il qu’un tel homme soit ainsi malade ! [77] | CHAP. VIII. Po-niu being ill, the Master went to ask for him. He took hold of his hand through the window, and said, ’It is killing him. It is the appointment of Heaven, alas ! That such a man should have such a sickness ! That such a man should have such a sickness !’ |
| 子曰:「賢哉回也!一簞食,一瓢飲,在陋巷。人不堪其憂,回也不改其樂。賢哉回也!」 | VI.9. Le Maître dit : — Que la sagesse de Ien Houei était grande ! Il demeurait dans une misérable ruelle, n’ayant qu’une écuelle de nourriture et une cuillerée de boisson. Un autre, en se voyant si dépourvu, aurait eu un chagrin intolérable. Houei était toujours content. Oh ! que Houei était sage ! | CHAP. IX. The Master said, ’Admirable indeed was the virtue of Hui ! With a single bamboo dish of rice, a single gourd dish of drink, and living in his mean narrow lane, while others could not have endured the distress, he did not allow his joy to be affected by it. Admirable indeed was the virtue of Hui !’ |
| 冉求曰:「非不說子之道,力不足也。」子曰:「力不足者,中道而廢。今女畫。」 | VI.10. Jen K’iou dit : — Maître, ce n’est pas que votre doctrine me déplaise ; mais je n’ai pas la force de la mettre en pratique. Le Maître répondit : — Celui qui vraiment n’a pas assez de forces tombe épuisé à moitié route. Pour vous, vous vous prescrivez des limites [78]. | CHAP. X. Yen Ch’iu said, ’It is not that I do not delight in your doctrines, but my strength is insufficient.’ The Master said, ’Those whose strength is insufficient give over in the middle of the way but now you limit yourself.’ |
| 子謂子夏曰:「女為君子儒,無為小人儒。」 | VI.11. Le Maître dit à Tzeu hia : Soyez un lettré vertueux et sage, et non un lettré sans vertu. | CHAP. XI. The Master said to Tsze-hsia, ’Do you be a scholar after the style of the superior man, and not after that of the mean man.’ |
| 子游為武城宰。子曰:「女得人焉爾乎?」曰:「有澹臺滅明者,行不由徑。非公事,未嘗至於偃之室也。」 | VI.12. ■ Lorsque Tzeu iou était gouverneur de Ou tch’eng [79], le Maître lui dit : — Avez‑vous trouvé des hommes qui méritent votre confiance ? Tzeu iou répondit : — Il y a T’an tai Mie ming. Il ne va jamais par les sentiers écartés et cachés. Jamais il n’est allé à mon prétoire que pour des affaires publiques [80]. | CHAP. XII. Tsze-yu being governor of Wu-ch’ang, the Master said to him, ’Have you got good men there ?’ He answered, ’There is Tan-t’ai Mieh-ming, who never in walking takes a short cut, and never comes to my office, excepting on public business.’ |
| 子曰:「孟之反不伐,奔而殿。將入門,策其馬,曰:『非敢後也,馬不進也。』」 | VI.13. Le Maître dit : — Meng Tcheu fan ne se vante pas lui-même. L’armée ayant été mise en déroute, il est revenu le dernier. Arrivé à la porte de la capitale, il frappa son cheval, en disant : — Ce n’est pas que j’aie eu le courage de me retirer après les autres ; mais mon cheval ne marche pas. | CHAP. XIII. The Master said, ’Mang Chih-fan does not boast of his merit. Being in the rear on an occasion of flight, when they were about to enter the gate, he whipped up his horse, saying, "It is not that I dare to be last. My horse would not advance."’ |
| 子曰:「不有祝鮀之佞而有宋朝之美,難乎免於今之世矣!」 | VI.14. Le Maître dit : — A moins d’avoir le talent de l’orateur T’ouo et la beauté de Tchao de Soung, il est difficile d’échapper à la haine dans ce siècle. [81] | CHAP. XIV. The Master said, ’Without the specious speech of the litanist T’o and the beauty of the prince Chao of Sung, it is difficult to escape in the present age.’ |
| 子曰:「誰能出不由戶?何莫由斯道也?」 | VI.15. Le Maître dit : — Quelqu’un peut‑il sortir de la maison, si ce n’est par la porte ? Pourquoi personne ne marche‑t‑il par la voie de la vertu ? [82] | CHAP. XV. The Master said, ’Who can go out but by the door ? How is it that men will not walk according to these ways ?’ |
| 子曰:「質勝文則野,文勝質則史。文質彬彬,然後君子。」 | VI.16. Le Maître dit : Celui chez qui les qualités naturelles l’emportent sur la politesse des manières et du langage est un homme agreste. Celui chez qui la politesse des manières et du langage l’emporte sur les vertus intérieures est comme un copiste de tribunal. Celui qui possède à un égal degré la vertu et la politesse est un sage. | CHAP. XVI. The Master said, ’Where the solid qualities are in excess of accomplishments, we have rusticity ; where the accomplishments are in excess of the solid qualities, we have the manners of a clerk. When the accomplishments and solid qualities are equally blended, we then have the man of virtue.’ |
| 子曰:「人之生也直,罔之生也幸而免。」 | VI.17. Le Maître dit. — Tout homme en naissant a la rectitude du cœur. Si celui qui la perd ne perd pas en même temps la vie, il a un bonheur qu’il n’a pas mérité. | CHAP. XVII. The Master said, ’Man is born for uprightness. If a man lose his uprightness, and yet live, his escape from death is the effect of mere good fortune.’ |
| 子曰:「知之者不如好之者,好之者不如樂之者。」 | VI.18. Le Maître dit : « Mieux vaut l’aimer que la connaître seulement, et mieux vaut encore en faire ses délices que de l’aimer seulement. » | CHAP. XVIII. The Master said, ’They who know the truth are not equal to those who love it, and they who love it are not equal to those who delight in it.’ |
| 子曰:「中人以上,可以語上也;中人以下,不可以語上也。」 | VI.19. Le Maître dit : « Qui s’élève au-dessus de la moyenne peut entendre des enseignements élevés. Qui reste en dessous de la moyenne n’en est pas capable. » | CHAP. XIX. The Master said, ’To those whose talents are above mediocrity, the highest subjects may be announced. To those who are below mediocrity, the highest subjects may not be announced.’ |
| 樊遲問知。子曰:「務民之義,敬鬼神而遠之,可謂知矣。」 | VI.20. Fan Tch’eu l’interrogea sur l’intelligence. Le Maître dit : « Traiter le peuple avec équité, honorer les esprits, mais s’en tenir à distance [83], cela peut s’appeler intelligence. » [84] | CHAP. XX. Fan Ch’ih asked what constituted wisdom. The Master said, ’To give one’s self earnestly to the duties due to men, and, while respecting spiritual beings, to keep aloof from them, may be called wisdom.’ |
| 問仁。曰:「仁者先難而後獲,可謂仁矣。」 | Fan Tch’eu l’interrogea ensuite sur le sens de l’humanité. Confucius répondit : « L’homme honorable commence par le plus difficile, avant de penser aux avantages qu’il en doit retirer ; on peut appeler cela de l’humanité. » | He asked about perfect virtue. The Master said, ’The man of virtue makes the difficulty to be overcome his first business, and success only a subsequent consideration ;— this may be called perfect virtue.’ |
| 子曰:「知者樂水,仁者樂山;知者動,仁者靜;知者樂,仁者壽。」 | VI.21. Le Maître dit : « L’homme intelligent aime l’eau, et l’homme honorable les montagnes. L’homme intelligent se donne du mouvement [85] ; l’homme honorable demeure immobile [86]. L’homme intelligent vit heureux ; l’homme honorable vit longtemps. » [87] | CHAP. XXI. The Master said, ’The wise find pleasure in water ; the virtuous find pleasure in hills. The wise are active ; the virtuous are tranquil. The wise are joyful ; the virtuous are long-lived.’ |
| 子曰:「齊一變,至於魯;魯一變,至於道。」 | VI.22. Le Maître dit : « Si la principauté de Ts’i s’améliorait d’un degré, elle vaudrait pour les mœurs celle de Lou. Si la principauté de Lou devenait meilleure d’un degré, elle serait dans la Voie. » | CHAP. XXII. The Master said, ’Ch’i, by one change, would come to the State of Lu. Lu, by one change, would come to a State where true principles predominated.’ |
| 子曰:「觚不觚,觚哉!觚哉!」 | VI.23. Le Maître dit : « Un vase à vin qu’on nomme kou [c’est-à-dire vase à angles], s’il n’a pas d’angles, doit-il être appelé kou [88] ? » [89] | CHAP. XXIII. The Master said, ’A cornered vessel without corners.— A strange cornered vessel ! A strange cornered vessel !’ |
| 宰我問曰:「仁者,雖告之曰:『井有仁焉。』其從之也?」子曰:「何為其然也?君子可逝也,不可陷也;可欺也,不可罔也。」 | VI.24. Tsai Ngo dit : « Un homme honorable auquel on annoncerait que la vertu d’humanité est au fond d’un puits, y descendrait-il pour la chercher ? » Le Maître dit : « Pourquoi agirait-il ainsi ? Un homme honorable, en recevant cette annonce, pourra se déterminer à aller au bord du puits, mais ne s’y jettera pas lui-même. Il pourra être trompé, mais non être aveuglé. » | CHAP. XXIV. Tsai Wo asked, saying, ’A benevolent man, though it be told him,— ’There is a man in the well’ will go in after him, I suppose.’ Confucius said, ’Why should he do so ?’ A superior man may be made to go to the well, but he cannot be made to go down into it. He may be imposed upon, but he cannot be fooled.’ |
| 子曰:「君子博學於文,約之以禮,亦可以弗畔矣夫!」 | VI.25. Le Maître dit : « L’homme honorable étend ses connaissances par les livres, et les ordonne grâce aux rites ; il parvient ainsi à ne rien trahir. » | CHAP. XXV. The Master said, ’The superior man, extensively studying all learning, and keeping himself under the restraint of the rules of propriety, may thus likewise not overstep what is right.’ |
| 子見南子,子路不說。夫子矢之曰:「予所否者,天厭之!天厭之!」 | VI.26. Le Maître visita Nan tzeu. Tzeu lou en fut mécontent. Le Maître dit, en prononçant une imprécation : « Si j’ai mal fait, que le Ciel me rejette ! que le Ciel me rejette ! » [90] | CHAP. XXVI. The Master having visited Nan-tsze, Tsze-lu was displeased, on which the Master swore, saying, ’Wherein I have done improperly, may Heaven reject me, may Heaven reject me !’ |
| 子曰:「中庸之為德也,其至矣乎!民鮮久矣。」 | VI.27. Le Maître dit : « La Vertu qui se tient dans le milieu juste n’est-elle pas la plus parfaite ? Peu d’hommes la possèdent, et cela depuis longtemps. » | CHAP. XXVII. The Master said, ’Perfect is the virtue which is according to the Constant Mean ! Rare for a long time has been its practise among the people.’ |
| 子貢曰:「如有博施於民而能濟眾,何如?可謂仁乎?」子曰:「何事於仁,必也聖乎!堯舜其猶病諸!夫仁者,己欲立而立人,己欲達而達人。能近取譬,可謂仁之方也已。」 | VI.28. Tseu koung dit : « Que faut-il penser de celui qui prodiguerait ses bienfaits parmi le peuple et pourrait aider la multitude ? Pourrait-on dire qu’il est pleinement humain ? » Le Maître répondit : « Aider la multitude ? mais c’est être un saint ! Iao et Chouenn eux-mêmes avaient la douleur de ne pouvoir le faire. La vertu d’humanité, c’est élever autrui comme on souhaiterait l’être soi-même ; c’est le faire parvenir là où on le voudrait soi-même. Qui est capable de s’en faire le modèle offre la recette de cette vertu. » | CHAP. XXVIII. 1. Tsze-kung said, ’Suppose the case of a man extensively conferring benefits on the people, and able to assist all, what would you say of him ? Might he be called
perfectly virtuous ?’ The Master said, ’Why speak only of virtue in connexion with him ? Must he not have the qualities of a sage ? Even Yao and Shun were still solicitous about this. 2. ’Now the man of perfect virtue, wishing to be established himself, seeks also to establish others ; wishing to be enlarged himself, he seeks also to enlarge others. 3. ’To be able to judge of others by what is nigh in ourselves ;— this may be called the art of virtue.’ |
| 述而 | CHAPITRE VII | BOOK VII. SHU R. |
| 子曰:「述而不作,信而好古,竊比於我老彭。」 | VII.1. Le Maître dit : — Je transmets [91], et n’invente rien de nouveau. Je m’attache à l’antiquité avec confiance et affection ; je me permets de me comparer à notre vieux P’eng. [92] | CHAP. I. The Master said, ’A transmitter and not a maker, believing in and loving the ancients, I venture to compare myself with our old P’ang.’ |
| 子曰:「默而識之,學而不厭,誨人不倦,何有於我哉?」 | VII.2. Le Maître dit : — Méditer et se graver dans la mémoire les préceptes de la sagesse, apprendre sans éprouver jamais de satiété, enseigner sans jamais se lasser, ces trois mérites se trouvent‑ils en moi ? | CHAP. II. The Master said, ’The silent treasuring up of knowledge ; learning without satiety ; and instructing others without being wearied :— which one of these things belongs to me ?’ |
| 子曰:「德之不脩,學之不講,聞義不能徙,不善不能改,是吾憂也。」 | VII.3. Le Maître dit : — Ce que je crains, c’est de ne pas m’appliquer à la pratique de la vertu, de ne pas chercher à me faire expliquer ce que je dois apprendre, de ne pouvoir accomplir ce que je sais être de mon devoir, et de ne pouvoir me corriger de mes défauts. | CHAP. III. The Master said, ’The leaving virtue without proper cultivation ; the not thoroughly discussing what is learned ; not being able to move towards righteousness of which a knowledge is gained ; and not being able to change what is not good :— these are the things which occasion me solicitude.’ |
| 子之燕居、申申如也、夭夭如也。 | VII.4. Lorsque le Maître n’était pas occupé d’affaires, son maintien était plein d’aisance, son air affable et joyeux. | CHAP. IV. When the Master was unoccupied with business, his manner was easy, and he looked pleased. |
| 子曰、甚矣吾衰也、久矣、吾不復夢見周公。 | VII.5. □ ■ Le Maître dit : — J’ai beaucoup perdu de mon énergie. Depuis longtemps je ne vois plus en songe Tcheou koung. [93] | CHAP. V. The Master said, ’Extreme is my decay. For a long time, I have not dreamed, as I was wont to do, that I saw the duke of Chau.’ |
| 【一節】子曰、志於道。【二節】據於德。【三節】依於仁。【四節】游於藝。 | VII.6. Le Maître dit : — Proposez‑vous toujours de suivre la voie de la vertu ; demeurez dans cette voie ; ne vous écartez jamais de la perfection ; ayez pour délassements les six arts libéraux [94] | CHAP. VI. 1. The Master said, ’Let the will be set on the path of duty. 2. ’Let every attainment in what is good be firmly grasped. 3. ’Let perfect virtue be accorded with. 4. ’Let relaxation and enjoyment be found in the polite arts.’ |
| 子曰、自行束脩以上、吾未嘗無誨焉。 | VII.7. □ Le Maître dit : — Chaque fois que quelqu’un est venu de lui-même à mon école, en m’apportant les présents d’usage, ne fussent que dix tranches de viande séchée, jamais je ne lui ai refusé mes enseignements. [95] | CHAP. VII. The Master said, ’From the man bringing his bundle of dried flesh for my teaching upwards, I have never refused instruction to any one. |
| 子曰、不憤不啟、不悱不發、舉一、不以三隅反、則不復也。 | VII.8. □ Le Maître dit : — Je n’enseigne pas celui qui ne s’efforce pas de comprendre ; je n’aide pas à parler celui qui ne s’efforce pas d’exprimer sa pensée. Si quelqu’un, après avoir entendu exposer la quatrième partie d’une question, ne peut comprendre par lui-même et exposer les trois autres parties, je ne l’enseigne plus. | CHAP. VIII. The Master said, ’I do not open up the truth to one who is not eager to get knowledge, nor help out any one who is not anxious to explain himself. When I have presented one corner of a subject to any one, and he cannot from it learn the other three, I do not repeat my lesson.’ |
| 子食於有喪者之側,未嘗飽也。 | VII.9. Lorsque le Maître mangeait à côté d’un homme qui venait de perdre un proche parent, sa douleur lui permettait à peine de prendre un peu de nourriture. Quand il avait été pleurer un mort, toute la journée sa douleur l’empêchait de chanter. | CHAP. IX. 1. When the Master was eating by the side of a mourner, he never ate to the full. 2. He did not sing on the same day in which he had been weeping. |
| 【一節】子謂顏淵曰、用之則行、舍之則藏、惟我與爾有是夫。 | VII. 10. Le Maître dit à Ien Iuen : — Vous et moi, nous sommes les seuls qui soyons toujours disposés à remplir une charge, quand on nous l’offre, et à rentrer dans la vie privée, quand on nous la retire. | CHAP. X. 1. The Master said to Yen Yuan, ’When called to office, to undertake its duties ; when not so called, to lie retired ;— it is only I and you who have attained to this.’ |
| 【二節】子路曰、子行三軍則誰與。【三節】子曰、暴虎馮河、死而無悔者、吾不與也、必也臨事而懼、好謀而成者也。 | Tzeu lou dit : — Maître, si vous aviez trois légions à conduire, quel serait celui que vous prendriez pour vous aider ? Le Maître répondit : — Je ne prendrais pas un homme qui serait disposé à saisir sans aucune arme un tigre avec les mains, à travers un fleuve sans barque, à braver la mort sans aucun souci de sa vie. Je choisirais certainement un homme qui n’entreprendrait rien qu’avec circonspection, et qui réfléchirait avant d’agir. | 2. Tsze-lu said, ’If you had the conduct of the armies of a great State, whom would you have to act with you ?’ 3. The Master said, ’I would not have him to act with me, who will unarmed attack a tiger, or cross a river without a boat, dying without any regret. My associate must be the man who proceeds to action full of solicitude, who is fond of adjusting his plans, and then carries them into execution.’ |
| 子曰、富而可求也、雖執鞭之士、吾亦為之、如不可求、從吾所好。 | VII.11. Le Maître dit : — S’il convenait de chercher à amasser des richesses, fallût‑il, pour y parvenir, remplir l’office de valet qui tient le fouet, je le remplirais. Mais tant qu’il ne convient pas de les rechercher, je poursuis l’objet de mes désirs [96] | CHAP. XI. The Master said, ’If the search for riches is sure to be successful, though I should become a groom with whip in hand to get them, I will do so. As the search may not be successful, I will follow after that which I love.’ |
| 子之所慎、齊、戰、疾。 | VII.12. Trois choses excitaient surtout la sollicitude du Maître : l’abstinence avant une cérémonie, la guerre et la maladie. [97] | CHAP. XII. The things in reference to which the Master exercised the greatest caution were — fasting, war, and sickness. |
| 子在齊聞韶、三月不知肉味、曰、不圖為樂之至於斯也。 | VII.13. Le Maître, étant dans la principauté de Ts’i, entendit exécuter les chants de Chouenn. Pendant trois mois qu’il les étudia, il avait l’esprit tellement absorbé qu’il ne percevait pas la saveur des viandes. — Je ne pensais pas, dit‑il, que l’auteur de ces chants eût atteint une si grande perfection. | CHAP. XIII. When the Master was in Ch’i, he heard the Shao, and for three months did not know the taste of flesh. ’I did not think’’ he said, ’that music could have been made so excellent as this.’ |
| 【一節】冉有曰、夫子為衛君乎。子貢曰、諾、吾將問之。 | VII.14. Jen Iou dit : — Notre maître est‑il pour le prince de Wei [98] ? Tzeu koung répondit : — Bien ; je le lui demanderai. | CHAP. XIV. 1. Yen Yu said, ’Is our Master for the ruler of Wei ?’ Tsze-kung said, ’Oh ! I will ask him.’ |
| 【二節】入曰、伯夷叔齊、何人也。曰、古之賢人也。曰、怨乎。曰、求仁而得 仁、又何怨。出曰、夫子不為也。 | Entrant dans le lieu où était Confucius, il dit : — Que faut‑il penser de Pe i et de Chou ts’i ? Confucius répondit : — C’étaient deux sages de l’antiquité. Tzeu koung reprit : — Se sont‑ils repentis d’avoir renoncé à la royauté ? Confucius répondit : — Ils ont voulu être parfaits dans leur conduite, et ils ont atteint leur but. Pourquoi auraient‑ils eu du repentir ? Tzeu koung, quittant Confucius, retourna auprès de Jen Iou, et lui dit : — Notre maître n’est pas pour le prince Tche. [99] | 2. He went in accordingly, and said, ’What sort of men were Po-i and Shu-ch’i ?’ ’They were ancient worthies,’ said the Master. ’Did they have any repinings because of their course ?’ The Master again replied, ’They sought to act virtuously, and they did so ; what was there for them to repine about ?’ On this, Tsze-kung went out and said, ’Our Master is not for him.’ |
| 子曰、飯疏食飲水、曲肱而枕之、樂亦在其中矣、不義而富且貴、於我如浮雲。 | VII.15. Le Maître dit : Le sage, fût‑il réduit à manger une grossière nourriture, à boire de l’eau, et à reposer la nuit la tête appuyée sur son bras, il conservera sa joie au milieu de ses privations. Les richesses et les dignités obtenues par de mauvaises voies me paraissent comme des nuées qui flottent dans les airs. | CHAP. XV. The Master said, ’With coarse rice to eat, with water to drink, and my bended arm for a pillow ;— I have still joy in the midst of these things. Riches and honours acquired by unrighteousness, are to me as a floating cloud.’ |
| 子曰、加我數年、五十以學易、可以無大過矣。 | VII.16. Le Maître dit : — Si le Ciel me donnait encore quelques années de vie, après avoir étudié le Livre des Changements durant cinquante années, je pourrais éviter les fautes graves. | CHAP. XVI. The Master said, ’If some years were added to my life, I would give fifty to the study of the Yi, and then I might come to be without great faults.’ |
| 子所雅言、詩、書、執禮、皆雅言也。 | VII.17. Les entretiens du Maître roulaient ordinairement sur le Cheu king, sur le Chou king, et sur le Li ki, qui enseigne les devoirs à remplir. Tels étaient les sujets ordinaires de ses discours. | CHAP. XVII The Master’s frequent themes of discourse were— the Odes, the History, and the maintenance of the Rules of Propriety. On all these he frequently discoursed. |
| 【一節】葉公問孔子於子路、子路不對。 | VII.18. ■ Le prince de Che ayant interrogé Tzeu lou sur la personne de Confucius, Tzeu lou ne répondit pas. Le Maître dit : | CHAP. XVIII. 1. The Duke of Sheh asked Tsze-lu about Confucius, and Tsze-lu did not answer him. |
| 【二節】子曰、女奚不曰、其為人也、發憤忘食、樂以忘憂、不知老之將至云爾。 | — Pourquoi n’avez‑vous pas répondu : C’est un homme qui s’applique avec une telle ardeur qu’il oublie de manger ; éprouve [100] une telle joie qu’il oublie tout chagrin ; ne sent pas venir la vieillesse [101] ? [102] | 2. The Master said, ’Why did you not say to him,— He is simply a man, who in his eager pursuit (of knowledge) forgets his food, who in the joy of its attainment forgets his sorrows, and who does not perceive that old age is coming on ?’ |
| 子曰、我非生而知之者、好古、敏以求之者也。 | VII.19. Le Maître dit : — La connaissance des choses n’est pas innée en moi ; mais j’aime l’antiquité, et je m’applique à l’étude avec ardeur. [103] | CHAP. XIX. The Master said, ’I am not one who was born in the possession of knowledge ; I am one who is fond of antiquity, and earnest in seeking it there.’ |
| 子不語、怪、力、亂、神。 | VII.20. ■ Le Maître ne parlait pas des choses extraordinaires, ni des actes de violence, ni des troubles, ni des esprits. [104] | CHAP. XX. The subjects on which the Master did not talk, were— extraordinary things, feats of strength, disorder, and spiritual beings. |
| 子曰、三人行、必有我師焉、擇其善者而從之、其不善者而改之。 | VII.21. Le Maître dit : — Si je voyageais avec deux compagnons, tous deux me serviraient de maîtres. J’examinerais ce que le premier a de bon et je l’imiterais ; les défauts que je reconnaîtrais en l’autre, je tâcherais de les corriger en moi-même. | CHAP. XXI. The Master said, ’When I walk along with two others, they may serve me as my teachers. I will select their good qualities and follow them, their bad qualities and avoid them.’ |
| 子曰、天生德於予、桓魋其如予何。 | VII.22. Le Maître dit : — Le Ciel m’a donné la vertu avec l’existence ; que peut me faire Houan T’ouei ? [105] | CHAP. XXII. The Master said, ’Heaven produced the virtue that is in me. Hwan T’ui— what can he do to me ?’ |
| 子曰、二三子、以我為隱乎、吾無隱乎爾、吾無行而不與二三子者、是丘也、 | VII.23. Le Maître dit : — Pensez‑vous, mes enfants, que je vous cache quelque chose ? Je ne vous ai rien caché ; je n’ai rien fait dont je n’aie donné connaissance à mes disciples. Voilà comme je suis. | CHAP. XXIII. The Master said, ’Do you think, my disciples, that I have any concealments ? I conceal nothing from you. There is nothing which I do that is not shown to you, my disciples ;— that is my way.’ |
| 子以四教、文、行、忠、信。 | VII.24. Le Maître enseignait spécialement quatre choses les lettres humaines et les arts libéraux, la morale, la fidélité et la sincérité. | CHAP. XXIV. There were four things which the Master taught,— letters, ethics, devotion of soul, and truthfulness. |
| 一節】子曰、聖人吾不得而見之矣、得見君子者、斯可矣。 【二節】子曰、善人吾不得而見之矣、得見有恆者、斯可矣。 【三節】亡而為有、虛而為盈、約而為泰、難乎有恆矣。 | VII.25. Le Maître dit : — Il ne m’a pas été donné de voir un homme d’une sagesse extraordinaire ; si je vois seulement un homme vraiment sage, je serai assez content. Il ne m’a pas été donné de voir un homme irréprochable ; si je vois seulement un homme d’une volonté constante, je serai assez content. Celui-là ne peut pas être constant qui n’a rien et feint d’avoir quelque chose, qui est vide et cherche à paraître plein, qui possède peu de choses et veut étaler une grande magnificence. | CHAP. XXV. 1. The Master said, ’A sage it is not mine to see ; could I see a man of real talent and virtue, that would
satisfy me.’ 2. The Master said, ’A good man it is not mine to see ; could I see a man possessed of constancy, that would satisfy me. 3. ’Having not and yet affecting to have, empty and yet affecting to be full, straitened and yet affecting to be at ease :— it is difficult with such characteristics to have constancy.’ |
| 【廿六章】子釣而不綱、弋不射宿。 | VII.26. Le Maître pêchait à la ligne, mais non au filet ; il ne tirait pas la nuit sur les oiseaux qui étaient au repos. [106] | CHAP. XXVI. The Master angled,— but did not use a net. He shot,— but not at birds perching. |
| 子曰、蓋有不知而作之者、我無是也。多聞、擇其善者而從之、多見而識之、知之次也。 | VII.27. Le Maître dit : — Il est peut‑être des hommes qui tentent des entreprises à l’aveugle ; moi, je n’agis pas ainsi. Après avoir beaucoup entendu, j’examine et mets à profit ce qu’on m’a appris de bon ; après avoir beaucoup vu, je grave dans ma mémoire ce que j’ai remarqué. Je suis de ceux qui viennent immédiatement après les grands sages chez qui les connaissances sont innées. | CHAP. XXVII. The Master said, ’There may be those who act without knowing why. I do not do so. Hearing much and selecting what is good and following it ; seeing much and keeping it in memory :— this is the second style of knowledge.’ |
| 【一節】互鄉難與言、童子見、門人惑。 | VII.28. Les habitants de Hou hiang étaient si mauvais qu’il était difficile de leur enseigner à pratiquer la vertu. Un jeune homme de ce pays s’étant présenté pour suivre les leçons de Confucius, les disciples du philosophe doutèrent s’il convenait de l’admettre. | CHAP. XXVIII. 1. It was difficult to talk (profitably and reputably) with the people of Hu-hsiang, and a lad of that place having had an interview with the Master, the disciples doubted. |
| 【二節】子曰、與其進也、不與其退也、唯何甚、人潔己以進、與其潔也、不保其往也。 | Le Maître dit : — Lorsque quelqu’un vient à moi avec l’intention de se corriger, j’approuve son intention, sans me faire garant de sa vie passée. J’approuve sa venue ; je n’approuve pas son départ futur, ni tout ce qu’il fera dans la suite. Pourquoi donc serais‑je si sévère ? | 2. The Master said, ’I admit people’s approach to me without committing myself as to what they may do when they have retired. Why must one be so severe ? If a man purify himself to wait upon me, I receive him so purified, without guaranteeing his past conduct.’ |
| 子曰、仁遠乎哉、我欲仁、斯仁至矣。 | VII.29. Le Maître dit : — La vertu parfaite est‑elle loin de nous ? Si je veux la trouver, aussitôt elle est présente à moi.. [107] | CHAP. XXIX. The Master said, ’Is virtue a thing remote ? I wish to be virtuous, and lo ! virtue is at hand.’ |
| 【一節】陳司敗問昭公知禮乎。孔子曰、知禮。 | VII.30. □ Le ministre de la justice de la principauté de Tch’enn demanda si Tchao, prince de Lou, connaissait les convenances. Confucius répondit qu’il les connaissait. | CHAP. XXX. 1. The minister of crime of Ch’an asked whether the duke Chao knew propriety, and Confucius said, ’He knew propriety.’ |
| 孔子退、揖巫馬期而進之、曰、吾聞君子不黨、君子亦黨乎、君取於吳為同姓、謂之吳孟子、君而知禮、孰不知禮。 | Le philosophe s’étant retiré, le ministre de la justice rencontra et salua Ou ma K’i ; puis, l’ayant fait entrer, il lui dit : — J’ai entendu dire que le sage n’était point partial ; le sage serait‑il aussi partial ? Le prince de Lou [108] a épousé, dans la principauté de Ou, une femme dont la famille porte aussi le nom de K’i ; et, pour cacher cette irrégularité, il a appelé sa femme Ou ma Tzeu, au lieu de Ou ma K’i, qui était son vrai nom. Si le prince de Lou connaît les convenances, quel est celui qui ne les connaît pas ? | 2. Confucius having retired, the minister bowed to Wu-ma Ch’i to come forward, and said, ’I have heard that the superior man is not a partisan. May the superior man be a partisan also ? The prince married a daughter of the house of Wu, of the same surname with himself, and called her,— "The elder Tsze of Wu." If the prince knew propriety, who does not know it ?’ |
| 【三節】 巫馬期以告。子曰、丘也幸、苟有過、人必知之。 | Ou ma K’i rapporta ces paroles à Confucius. Le Maître répondit : — Par un bonheur singulier, si je commets une faute, elle ne manque jamais d’être connue. [109] | 3. Wu-ma Ch’i reported these remarks, and the Master said, ’I am fortunate ! If I have any errors, people are sure to know them.’ |
| 子與人歌、而善、必使反之、而後和之。 | VII.31. Lorsque Confucius se trouvait avec d’habiles chanteurs qui exécutaient un chant, il le leur faisait répéter et chantait avec eux. | CHAP. XXXI. When the Master was in company with a person who was singing, if he sang well, he would make him repeat the song, while he accompanied it with his own voice. |
| 子曰、文、莫吾猶人也、躬行君子、則吾未之有得。 | VII.32. Le Maître dit : — J’ai peut‑être autant d’érudition qu’un autre ; mais je ne suis pas encore arrivé à faire les actions d’un sage | CHAP. XXXII. The Master said, ’In letters I am perhaps equal to other men, but the character of the superior man, carrying out in his conduct what he professes, is what I have not yet attained to.’ |
| 子曰、若聖與仁、則吾豈敢、抑為之不厭、誨人不倦、則可謂云爾已矣。公西華曰、正唯弟子不能學也。 | VII.33. ■ Le Maître dit : — Oserais‑je penser que je possède la sagesse ou la vertu au plus haut degré ? Mais, pour ce qui est de cultiver la vertu sans jamais en éprouver de dégoût, et d’enseigner les autres sans jamais me lasser, on peut dire que je le fais, et voilà tout. Koung si Houa dit : — Ce sont précisément deux choses que nous, vos disciples, nous ne parvenons pas à apprendre. | CHAP. XXXIII. The Master said, ’The sage and the man of perfect virtue ;— how dare I rank myself with them ? It may simply be said of me, that I strive to become such without satiety, and teach others without weariness.’ Kung-hsi Hwa said, ’This is just what we, the disciples, cannot imitate you in.’ |
| 子疾病。子路請禱。子曰、有諸。子路對曰、有之、誄曰、禱爾於上下神祗 。子曰、丘之禱久矣。 | VII.34. ■ Confucius étant gravement malade, Tzeu lou lui proposa de faire des prières. Le Maître dit : — Cela convient‑il ? Tzeu lou répondit : — Cela convient. Dans les oraisons funèbres il est dit : « Nous vous supplions, esprits du ciel et de la terre. » Le Maître répliqua : Il y a longtemps que je prie. [110] | CHAP. XXXIV. The Master being very sick, Tsze-lu asked leave to pray for him. He said, ’May such a thing be done ?’ Tsze-lu replied, ’It may. In the Eulogies it is said, "Prayer has been made for thee to the spirits of the upper and lower worlds."’ The Master said, ’My praying has been for a long time.’ |
| 子曰、奢則不孫、儉則固、與其不孫也、寧固。 | VII.35. Le Maître dit : — La prodigalité conduit à l’arrogance, et la parcimonie à l’avarice. L’arrogance est pire que l’avarice. | CHAP. XXXV. The Master said, ’Extravagance leads to insubordination, and parsimony to meanness. It is better to be mean than to be insubordinate.’ |
| 子曰、君子坦蕩蕩、小人長戚戚。 | VII.36. Le Maître dit : Le sage est calme, il a le cœur dilaté ; l’homme vulgaire est toujours accablé de soucis. | CHAP. XXXVI. The Master said, ’The superior man is satisfied and composed ; the mean man is always full of distress.’ |
| 子溫而厲、威而不猛、恭而安。 | Le Maître était affable avec gravité, sévère sans dureté ; dans les cérémonies son maintien était respectueux, sans avoir rien de forcé. | CHAP. XXXVII. The Master was mild, and yet dignified ; majestic, and yet not fierce ; respectful, and yet easy. |
| 泰伯第八 | CHAPITRE VIII | BOOK VIII. T’AI-PO. |
| 子曰、太伯其可謂至德也已矣、三以天下讓、民無得而稱焉。 | VIII.1. Le Maître dit : T’ai pe doit être considéré comme un homme d’une vertu très parfaite. Il a cédé résolument l’empire, et il n’a pas laissé au peuple la possibilité de célébrer son désintéressement. [111] | CHAP. I. The Master said, ’T’ai-po may be said to have reached the highest point of virtuous action. Thrice he declined the kingdom, and the people in ignorance of his motives could not express their approbation of his conduct.’ |
| 【一節】子曰、恭而無禮則勞、慎而無禮則葸、勇而無禮則亂、直而無禮則絞。 | VIII.2. Le Maître dit : — Celui qui fait des politesses outre mesure est fatigant ; celui qui est circonspect outre mesure est craintif ; celui qui est courageux outre mesure cause du désordre ; celui qui est franc outre mesure offense par des avis trop pressants. | CHAP. II. 1. The Master said, ’Respectfulness, without the rules of propriety, becomes laborious bustle ; carefulness, without the rules of propriety, becomes timidity ; boldness, without the rules of propriety, becomes insubordination ; straightforwardness, without the rules of propriety, becomes rudeness. |
| 【二節】君子篤於親、則民興於仁、故舊不遺、則民不偷。 | Si le prince remplit avec zèle ses devoirs envers ses parents et ses ancêtres, la piété filiale fleurit parmi le peuple. Si le prince n’abandonne pas ses anciens serviteurs ni ses anciens amis, le peuple suit son exemple. | 2. ’When those who are in high stations perform well all their duties to their relations, the people are aroused to virtue. When old friends are not neglected by them, the people are preserved from meanness.’ |
| 曾子有疾,召門弟子曰:「啟予足!啟予手!《詩》云『戰戰兢兢,如臨深淵,如履薄冰。』而今而後,吾知免夫!小子!」 | VIII.3. Tseng tzeu, sur le point de mourir, appela ses disciples et leur dit : — Découvrez mes pieds et mes mains [112]. On lit dans le Cheu king : Tremblant et prenant garde, comme si j’étais sur le bord d’un gouffre profond, comme si je marchais sur une glace très mince [113]. A présent et pour toujours, je vois avec plaisir que j’ai pu préserver mon corps de toute lésion, ô mes enfants. [114] | CHAP. III. The philosopher Tsang being ill, he called to him the disciples of his school, and said, ’Uncover my feet, uncover my hands. It is said in the Book of Poetry, "We should be apprehensive and cautious, as if on the brink of a deep gulf, as if treading on thin ice," and so have I been. Now and hereafter, I know my escape from all injury to my person, O ye, my little children.’ |
| 【一節】曾子有疾、孟敬子問之。 | VIII.4. Tseng tzeu mourant reçut la visite de Meng King tzeu [115] | CHAP. IV. 1. The philosopher Tsang being ill, Meng Chang went to ask how he was. |
| 曾子言曰、鳥之將死、其鳴也哀、人之將死、其言也善。 | Prenant la parole, il lui dit : — L’oiseau qui va mourir crie d’une voix plaintive ; un homme qui va mourir donne de bons avis. | 2. Tsang said to him, ’When a bird is about to die, its notes are mournful ; when a man is about to die, his words are good. |
| 【三節】君子所貴乎道者三、動容貌、斯遠暴慢矣、正顏色、斯近信笑、出辭氣、斯遠鄙倍矣、籩豆之事、則有司存。 | Un prince sage a surtout soin de trois choses : il a soin d’éviter la raideur et le laisser‑aller dans la tenue du corps, la simulation dans l’air du visage, la grossièreté et l’inconvenance dans le ton de la voix. Pour ce qui est des vases de bambou ou de bois employés dans les cérémonies, il a des officiers qui en prennent soin pour lui. | 3. ’There are three principles of conduct which the man of high rank should consider specially important :— that in his deportment and manner he keep from violence and heedlessness ; that in regulating his countenance he keep near to sincerity ; and that in his words and tones he keep far from lowness and impropriety. As to such matters as attending to the sacrificial vessels, there are the proper officers for them.’ |
| 曾子曰、以能問於不能、以多問於寡、有若無、實若處、犯而不校、昔者吾友、嘗從事於斯矣。 | VIII.5. Tseng tzeu dit : — Etre habile, et interroger ceux qui ne le sont pas, avoir beaucoup [116], et interroger ceux qui ont peu, avoir de la science et de la vertu, et se considérer comme n’ayant rien, être riche, et se regarder comme dépourvu de tout, recevoir des offenses, et ne pas contester, voilà ce qu’était et ce que faisait mon condisciple Ien Iuen. | CHAP. V. The philosopher Tsang said, ’Gifted with ability, and yet putting questions to those who were not so ; possessed of much, and yet putting questions to those possessed of little ; having, as though he had not ; full, and yet counting himself as empty ; offended against, and yet entering into no altercation ; formerly I had a friend who pursued this style of conduct.’ |
| 曾子曰、可以託六尺之孤、可以寄百里之命、臨大節、而不可奪也、君子人與、君子人也。 | VIII.6. Tseng tzeu dit : — Un homme à qui l’on peut confier la tutelle d’un jeune prince haut de six palmes [117] et le gouvernement d’un État ayant cent stades d’étendue, et qui, au moment d’un grand trouble ou d’une révolution, reste fidèle à son devoir, un tel homme n’est‑il pas un sage ? Certainement c’est un sage. | CHAP. VI. The philosopher Tsang said, ’Suppose that there is an individual who can be entrusted with the charge of a young orphan prince, and can be commissioned with authority over a state of a hundred li, and whom no emergency however great can drive from his principles :— is such a man a superior man ? He is a superior man indeed.’ |
| 【一節】曾子曰、士、不可以不弘毅、任重而道遠。 | VIII.7. Tseng tzeu dit : — Il faut que le disciple de la sagesse ait le cœur grand et courageux. Le fardeau est lourd, et le voyage long. | CHAP. VII. 1. The philosopher Tsang said, ’The officer may not be without breadth of mind and vigorous endurance. His burden is heavy and his course is long. |
| 二節】仁以為己任、不亦重乎、死而後已、不亦遠乎。 | Son fardeau, c’est la pratique de toutes les vertus ; n’est‑ce pas lourd ? Son voyage ne finira qu’après la mort ; n’est‑ce pas long ? | 2. ’Perfect virtue is the burden which he considers it is his to sustain ;— is it not heavy ? Only with death does his course stop ;— is it not long ? |
| 【一節】子曰、興於詩。 | VIII.8. □ ■ Le Maître dit : — Le disciple de la sagesse excite en son cœur des sentiments honnêtes par la lecture des Vers [118] | CHAP. VIII. 1. The Master said, ’It is by the Odes that the mind is aroused. |
| 【二節】立於禮。 | il affermit sa volonté par l’étude et la pratique des cérémonies et des devoirs mentionnés dans le Li ki ; | 2. ’It is by the Rules of Propriety that the character is established. |
| 【三節】成於樂。 | il perfectionne sa vertu par l’étude de la musique. | ’It is from Music that the finish is received.’ |
| 子曰、民可使由之、不可使知之。 | VIII.9. □ Le Maître dit : — On peut amener le peuple à pratiquer la vertu ; mais on ne peut lui en donner une connaissance raisonnée. | CHAP. IX. The Master said, ’The people may be made to follow a path of action, but they may not be made to understand it.’ |
| 子曰、好勇疾貧、亂也、人而不仁、疾之已甚、亂也。 | VIII.10. Le Maître dit : — Celui qui aime à montrer de la bravoure et supporte avec peine sa pauvreté causera du désordre. Si un homme, qui n’est pas vertueux, se voit trop détesté, il tombera dans le désordre. | CHAP. X. The Master said, ’The man who is fond of daring and is dissatisfied with poverty, will proceed to insubordination. So will the man who is not virtuous, when you carry your dislike of him to an extreme.’ |
| 子曰、如有周公之才之美、使驕且吝、其餘不足觀也已。 | VIII.11. Le Maître dit : — Un homme eût‑il les belles qualités de Tcheou koung, s’il est orgueilleux et avare, rien en lui ne mérite d’être regardé. | CHAP. XI. The Master said, ’Though a man have abilities as admirable as those of the Duke of Chau, yet if he be proud and niggardly, those other things are really not worth being looked at.’ |
| 子曰、三年學、不至於穀、不易得也。 | VIII.12. Le Maître dit : — Il est rare de trouver un homme qui se livre trois ans à l’étude de la sagesse, sans avoir en vue les appointements de la magistrature. [119] | CHAP. XII. The Master said, ’It is not easy to find a man who has learned for three years without coming to be good.’ |
| 一節】子曰、篤信好學、守死善道。 | VIII.13. Le Maître dit : — Le sage s’attache aux préceptes de la sagesse, et il aime à les étudier. Ils les observe fidèlement jusqu’à la mort, et par l’étude il se convainc de leur excellence. | CHAP. XIII. 1. The Master said, ’With sincere faith he unites the love of learning ; holding firm to death, he is perfecting the excellence of his course. |
| 【二節】危邦不入、亂邦不居、天下有道則見、無道則隱。 | Il n’entre pas dans un pays menacé d’une révolution ; il ne demeure pas dans un État troublé par les dissensions. | 2. ’Such an one will not enter a tottering State, nor dwell in a disorganized one. When right principles of government prevail in the kingdom, he will show himself ; when they are prostrated, he will keep concealed. |
| 【三節】邦有道、貧且賤焉、恥也、邦無道、富且貴焉、恥也。 | Si l’empire est bien gouverné, il se montre [120]. Si l’empire est mal gouverné, il se cache [121]. Quand l’État est bien gouverné, le sage aurait honte de n’avoir ni richesses ni honneurs [122]. Quand l’État est mal gouverné, il aurait honte d’avoir des richesses et des honneurs. | 3. ’When a country is well-governed, poverty and a mean condition are things to be ashamed of. When a country is ill-governed, riches and honour are things to be ashamed of.’ |
| 子曰、不在其位、不謀其政。 | VIII.14. Le Maître dit : — Ne cherchez pas à vous immiscer dans les affaires d’une charge publique qui n’est pas confiée à vos soins. | |
| 子曰、師摯之始、關睢之亂、洋洋乎盈耳哉。 | VIII.15. Le Maître dit : — Lorsque le chef de musique Tcheu commença à exercer sa charge [123], comme le chant final La Mouette chantant charmait et satisfaisait l’oreille ! | CHAP. XV. The Master said, ’When the music master Chih first entered on his office, the finish of the Kwan Tsu was magnificent ;— how it filled the ears !’ |
| 子曰、狂而不直、侗而不愿、悾悾而不信、吾不知之矣。 | VIII.16. Le Maître dit : — Je n’accepte pas pour disciple un homme ambitieux et sans droiture, ou ignorant et léger, ou peu intelligent et peu sincère. | CHAP. XVI. The Master said, ’Ardent and yet not upright ; stupid and yet not attentive ; simple and yet not sincere :— such persons I do not understand.’ |
| 子曰、學如不及、猶恐失之。 | VIII.17. Le Maître dit : — Travaillez sans relâche à acquérir la sagesse, comme si vous aviez toujours à acquérir ; de plus, craignez de perdre ce que vous avez acquis. [124] | CHAP. XVII. The Master said, ’Learn as if you could not reach your object, and were always fearing also lest you should lose it.’ |
| 子曰、巍巍乎、舜禹之有天下也、而不與焉。 | VIII.18. Le Maître dit : — Oh ! quelle grandeur d’âme ! Chouenn et Iu ont possédé l’empire, et leur cœur ne s’y est pas attaché. | CHAP. XVIII. The Master said, ’How majestic was the manner in which Shun and Yu held possession of the empire, as if it were nothing to them !’ |
| 【一節】子曰、大哉、堯之為君也、巍巍乎、唯天為大、唯堯則 之、蕩蕩乎、民無能名焉。 | VIII.19. Le Maître dit : — Que Iao a été un grand prince ! qu’il a fait de grandes choses ! Seul le Ciel est grand ; seul Iao lui a été semblable. L’influence de sa vertu a été sans limites ; le peuple n’a pu trouver de terme pour la nommer. | CHAP. XIX. 1. The Master said, ’Great indeed was Yao as a sovereign ! How majestic was he ! It is only Heaven that is grand, and only Yao corresponded to it. How vast was his virtue ! The people could find no name for it. |
| 【二節】巍巍乎、其有成功也、煥乎、其有文章。 | Que ses mérites ont été insignes ! Que ses cérémonies, sa musique et ses lois ont été belles ! | 2. ’How majestic was he in the works which he accomplished ! How glorious in the elegant regulations which he instituted !’ |
| 【一節】舜有臣五人、而天下治。 | VIII.20. ■ Chouenn avait cinq ministres d’État, et l’empire était bien gouverné. | CHAP. XX. 1. Shun had five ministers, and the empire was well-governed. |
| 【二節】武王曰、予有亂臣十人。 | Ou wang [125] disait : — J’ai dix ministres qui m’aident à bien gouverner [126]. | 2. King Wu said, ’I have ten able ministers.’ |
| 【三節】孔子曰、才難、不其然乎、唐虞之際、於斯為盛、有婦人焉、九人而已 | Confucius ajoute : — On dit communément que les hommes de talent sont rares. Ce dicton populaire n’est-il pas vrai [127] ? L’époque de Iao et de Chouenn a été plus florissante que la nôtre [128]. Cependant elle ne paraît pas l’emporter par le nombre des hommes de talent. Car Chouenn n’a trouvé que cinq ministres capables ; Ou wang a trouvé une femme de talent et neuf hommes, mais pas davantage. | 3. Confucius said, ’Is not the saying that talents are difficult to find, true ? Only when the dynasties of T’ang and Yu met, were they more abundant than in this of Chau, yet there was a woman among them. The able ministers were no more than nine men. |
| 【四節】三分天下有其二、以服事殷、周之德、其可謂至德也已矣。 | Posséder les deux tiers de l’empire, et employer sa puissance au service de la dynastie des In, ce fut le mérite de la famille des Tcheou ; ce mérite a été très grand. | 4. ’King Wan possessed two of the three parts of the empire, and with those he served the dynasty of Yin. The virtue of the house of Chau may be said to have reached the highest point indeed.’ |
| 子曰、禹吾無間然矣、菲飲食、而致孝乎鬼神、惡衣服、而致美乎黻冕、卑宮室、而盡力乎溝恤、禹吾無間然矣。 | VIII.21. Le Maître dit : — Je ne découvre aucun défaut dans l’empereur Iu. Sa nourriture et sa boisson étaient fort simples ; mais ses offrandes aux esprits étaient splendides. Ses vêtements ordinaires étaient grossiers ; mais sa robe et son bonnet de cérémonie étaient magnifiques. Son habitation et ses chambres étaient basses ; mais il donnait tous ses soins aux canaux d’irrigation. Je ne trouve aucun défaut dans l’empereur Iu. | CHAP. XXI. The Master said, ’I can find no flaw in the character of Yu. He used himself coarse food and drink, but displayed the utmost filial piety towards the spirits. His ordinary garments were poor, but he displayed the utmost elegance in his sacrificial cap and apron. He lived in a low mean house, but expended all his strength on the ditches and water-channels. I can find nothing like a flaw in Yu.’ |
| 子罕第九 | CHAPITRE IX | BOOK IX. TSZE HAN. |
| 子罕言、利、與命、與仁。 | IX.1. Le Maître parlait rarement du gain, de la Providence céleste, de la vertu parfaite. [129] | CHAP. I. The subjects of which the Master seldom spoke were— profitableness, and also the appointments of Heaven, and perfect virtue. |
| 【一節】達巷黨人曰、大哉孔子、搏學而無所成名。 | IX.2. Un homme du bourg Ta hiang avait dit : — Le philosophe K’oung est certainement un grand homme. Il a beaucoup de science ; mais il n’a pas ce qu’il faut pour se faire un nom [130]. | CHAP. II. 1. A man of the village of Ta-hsiang said, ’Great indeed is the philosopher K’ung ! His learning is extensive, and yet he does not render his name famous by any particular thing.’ |
| 【二節】子聞之、謂門弟子曰、吾何執、執御乎、執射乎、吾執御矣。 | Confucius, en ayant été informé, dit : — Quel art exercerai-je ? Exercerai-je l’art de conduire une voiture ? Exercerai-je l’art du tir à l’arc ? Je me ferai conducteur de voiture. [131] | 2. The Master heard the observation, and said to his disciples, ’What shall I practise ? Shall I practise charioteering, or shall I practise archery ? I will practise charioteering.’ |
| 【一節】子曰、麻冕、禮也、今也純、儉、吾從眾。 | IX.3. Le Maître dit : — Le bonnet de chanvre est conforme à l’ancien usage. A présent on porte le bonnet de soie, qui coûte moins cher. Je me conforme à l’usage général, | CHAP. III. 1. The Master said, ’The linen cap is that prescribed by the rules of ceremony, but now a silk one is worn. It is economical, and I follow the common practice. |
| 【二節】拜下、禮也。今拜乎上、泰也、雖遠眾、吾從下。 | Anciennement, un officier saluait son prince au bas des degrés qui conduisaient à la salle. A présent, on le salue au haut des, degrés ; c’est de l’orgueil. Contrairement à tout le monde, je m’en tiens à l’ancien usage. | 2. ’The rules of ceremony prescribe the bowing below the hall, but now the practice is to bow only after ascending it. That is arrogant. I continue to bow below the hall, though I oppose the common practice.’ |
| 【第四章】子絕四、毋意、毋必、毋固、毋我。 | IX.4. Le Maître évitait quatre défauts : il n’avait pas de désir désordonné, ni de détermination irrévocable, ni d’opiniâtreté, ni d’égoïsme. | CHAP. IV. There were four things from which the Master was entirely free. He had no foregone conclusions, no arbitrary predeterminations, no obstinacy, and no egoism. |
| 【一節】子畏於匡。 | IX.5. ■ Le Maître se trouvant en péril dans le bourg de K’ouang, dit : | CHAP. V. 1. The Master was put in fear in K’wang. |
| 【二節】曰、文王既沒、文不在茲乎。 | — Wenn wang étant mort, la doctrine [132] n’est‑elle pas ici [133] ? | 2. He said, ’After the death of King Wan, was not the cause of truth lodged here in me ? |
| 【三節】天之將喪斯文也、後死者不得與於斯文也、 | Si le Ciel avait voulu que la doctrine disparût de la terre, il ne me l’aurait pas confiée après la mort de Wenn wang. Le Ciel ne veut pas encore ravir la doctrine à la terre. Que peuvent me faire les habitants de K’ouang ? [134] | 3. ’If Heaven had wished to let this cause of truth perish, then I, a future mortal, should not have got such a relation to that cause. While Heaven does not let the cause of truth perish, what can the people of K’wang do to me ?’ |
| 【一節】大宰問於子貢、曰、夫子聖者與、何其多能也。 | IX.6. Le premier ministre dit à Tzeu koung : — Votre maître est‑il un sage parfait ? Que d’arts lui sont familiers ! | CHAP. VI. 1. A high officer asked Tsze-kung, saying, ’May we not say that your Master is a sage ? How various is his ability !’ |
| 【二節】子貢曰、固天縱之將聖、又多能也。 | Tzeu koung répondit : — Certainement le Ciel lui a prodigué ses dons sans mesure ; il possède à peu près la plus haute sagesse possible et, de plus, une grande habileté dans beaucoup d’arts. | 2. Tsze-kung said, ’Certainly Heaven has endowed him unlimitedly. He is about a sage. And, moreover, his ability is various.’ |
| 【三節】子聞之曰、大宰知我乎、吾少也賤、故多能、鄙事、君子多乎哉、不多也。 | Le Maître en ayant été informé, dit : Le premier ministre me connaît‑il ? Quand j’étais jeune, j’étais d’un condition humble, j’ai appris plusieurs arts, qui sont choses de peu d’importance. Le sage en apprend‑il beaucoup ? Pas beaucoup. | 3. The Master heard of the conversation and said, ’Does the high officer know me ? When I was young, my condition was low, and therefore I acquired my ability in many things, but they were mean matters. Must the superior man have such variety of ability ? He does not need variety of ability.’ |
| 【四節】牢曰、子云、吾不試、故藝。 | Lao [135] dit : — Confucius disait : « J’ai cultivé les arts, parce que je n’ai pas été employé dans les charges publiques. » | 4. Lao said, ’The Master said, "Having no official employment, I acquired many arts."’ |
| 子曰、吾有知乎哉、無知也、有鄙夫問於我、空空如也、我叩其兩端而竭焉。 | IX.7. Le Maître dit : Est‑ce que j’ai beaucoup de science ? Je n’ai pas de science. Mais quand un homme de la plus humble condition m’interroge, fût‑il très ignorant, je discute la question d’un bout à l’autre, sans rien omettre. | CHAP. VII. The Master said, ’Am I indeed possessed of knowledge ? I am not knowing. But if a mean person, who appears quite empty-like, ask anything of me, I set it forth from one end to the other, and exhaust it.’ |
| 子曰、鳳鳥不至、河不出圖、吾已矣乎。 | IX.8. Le Maître dit : — Je ne vois ni phénix arriver, ni dessin sortir du fleuve. C’en est fait de moi . [136] | CHAP. VIII. The Master said, ’The FANG bird does not come ; the river sends forth no map :— it is all over with me !’ |
| 子見齊衰者、冕衣裳者、與瞽者、見之、雖少必作、過之必趨。 | IX.9. Lorsque le Maître voyait un homme en deuil, ou un magistrat en costume officiel, ou un aveugle, fût‑ce un homme moins âgé que lui, aussitôt [137] il se levait, ou il passait vite. | CHAP. IX. When the Master saw a person in a mourning dress, or any one with the cap and upper and lower garments of full dress, or a blind person, on observing them approaching, though they were younger than himself, he would rise up, and if he had to pass by them, he would do so hastily. |
| 【一節】顏淵喟然歎曰、仰之彌高、鑽之彌堅、瞻之在前、忽焉在後。 | IX.10. Ien Iuen disait avec un soupir d’admiration : — Plus je considère la doctrine du Maître, plus je la trouve élevée ; plus je la scrute, plus il me semble impossible de la comprendre entièrement ; je crois la voir devant moi, et soudain je m’aperçois qu’elle est derrière moi [138]. | CHAP. X. 1. Yen Yuan, in admiration of the Master’s doctrines, sighed and said, ’I looked up to them, and they seemed to become more high ; I tried to penetrate them, and they seemed to become more firm ; I looked at them before me, and suddenly they seemed to be behind. |
| 夫子循循然善誘人、博我以文、約我以禮。 | Heureusement le Maître enseigne avec ordre et méthode, et dirige les hommes avec habileté. Il augmente mes connaissances en m’expliquant les raisons des choses, et il règle ma conduite en m’enseignant mes devoirs. | 2. ’The Master, by orderly method, skilfully leads men on. He enlarged my mind with learning, and taught me the restraints of propriety. |
| 【三節】欲罷不能、既竭吾才、如有所立卓爾、雖欲從之、末由也已。 | Quand même je voudrais m’arrêter, je ne le pourrais. Mais, après que j’ai épuisé toutes mes forces, il reste toujours quelque chose qui semble se dresser devant moi comme une montagne, qu’il m’est impossible de gravir. | 3. ’When I wish to give over the study of his doctrines, I cannot do so, and having exerted all my ability, there seems something to stand right up before me ; but though I wish to follow and lay hold of it, I really find no way to do so.’ |
| 【一節】子疾病、子路使門人為臣。 | IX.11. Le Maître étant gravement malade, Tzeu Iou engagea les disciples à lui servir d’intendants [139]. | CHAP. XI. 1. The Master being very ill, Tsze-lu wished the disciples to act as ministers to him. |
| 【二節】病間曰、久矣哉、由之行詐也、無臣而為有臣、吾誰欺、欺天乎。 | Le mal ayant un peu diminué, Confucius dit : — Il y a longtemps que Iou use de faux‑semblants. je n’ai pas d’intendants, et cependant je suis comme si j’en avais. Puis‑je tromper quelqu’un par cette ruse ? Espéré‑je tromper le Ciel ? | 2. During a remission of his illness, he said, ’Long has the conduct of Yu been deceitful ! By pretending to have ministers when I have them not, whom should I impose upon ? Should I impose upon Heaven ? |
| 【三節】且予與其死於臣之手也、無寧死於二三子之手乎、且予縱不得大葬、予死於道路乎。 | D’ailleurs, ne m’est‑il pas préférable de mourir entre les mains de mes disciples qu’entre les mains d’intendants ? Et quand même je n’aurais pas un pompeux enterrement, resterai-je sans sépulture, comme un homme qui meurt dans un chemin ? | 3. ’Moreover, than that I should die in the hands of ministers, is it not better that I should die in the hands of you, my disciples ? And though I may not get a great burial, shall I die upon the road ?’ |
| 子貢曰:「有美玉於斯,韞匵而藏諸?求善賈而沽諸?」子曰:「沽之哉!沽之哉!我待賈者也。」 | IX.12. Tzeu koung dit à Confucius : S’il y avait ici une belle pierre précieuse, la mettriez‑vous dans un coffre, et la tiendriez‑vous cachée, ou bien chercheriez-vous un acheteur qui en donnât un prix élevé ? Le Maître répondit : Je la vendrais, certainement je la vendrais ; mais j’attendrais qu’on m’en offrît un prix convenable. [140] | CHAP. XII. Tsze-kung said, ’There is a beautiful gem here. Should I lay it up in a case and keep it ? or should I seek for a good price and sell it ?’ The Master said, ’Sell it ! Sell it ! But I would wait for one to offer the price.’ |
| 一節】子欲居九夷。 | IX.13. Le Maître aurait voulu aller vivre au milieu des neuf tribus de barbares qui sont à l’orient [141]. | 1. The Master was wishing to go and live among the nine wild tribes of the east. |
| 【二節】或曰、陋、如之何。子曰、君子居之、何陋之有。 | Quelqu’un lui dit : — Ils sont grossiers ; convient‑il de vivre parmi eux ? Il répondit : Si un homme sage demeure au milieu d’eux, qu’auront‑ils encore de grossier ? [142] | 2. Some one said, ’They are rude. How can you do such a thing ?’ The Master said, ’If a superior man dwelt among them, what rudeness would there be ?’ |
| 子曰、吾自衛反魯、然後樂正、雅頌各得其所。 | IX.14. Le Maître dit : Depuis que je suis revenu de la principauté de Wei dans celle de Lou, la musique a été corrigée, les odes des parties du Cheu king qui sont intitulées Ia et Soung ont été remises en ordre [143]. | CHAP. XIV. The Master said, ’I returned from Wei to Lu, and then the music was reformed, and the pieces in the Royal songs and Praise songs all found their proper places.’ |
| 子曰、出則事公卿、入則事父兄、喪事不敢不勉、不為酒困、何有於我哉。 | IX.15. Le Maître dit : — Hors de la maison, remplir mes devoirs envers les grands et les ministres d’État ; à la maison, remplir mes devoirs envers mes parents et ceux de mes frères qui sont plus âgés que moi ; observer le mieux possible toutes les prescriptions du deuil ; éviter l’ivresse ; ces quatre mérites se trouvent‑ils en moi ? [144] | CHAP. XV. The Master said, ’Abroad, to serve the high ministers and nobles ; at home, to serve one’s father and elder brothers ; in all duties to the dead, not to dare not to exert one’s self ; and not to be overcome of wine :— which one of these things do I attain to ?’ |
| 子在川上曰、逝者如斯夫、不舍晝夜。 | IX.16. Le Maître se trouvant au bord d’un cours d’eau dit : — Tout passe comme cette eau ; rien ne s’arrête ni jour ni nuit. [145] | CHAP. XVI. The Master standing by a stream, said, ’It passes on just like this, not ceasing day or night !’ |
| 子曰、吾未見好德、如好色者也。 | IX.17. Le Maître dit : — Je n’ai pas encore rencontré un homme qui aimât la vertu autant que l’éclat extérieur. [146] | CHAP. XVII. The Master said, ’I have not seen one who loves virtue as he loves beauty.’ |
| 子曰、譬如為山、未成一簣、止、吾止也、譬如平地、雖覆一簣、進、吾往也。 | IX.18. Le Maître dit : — Si, après avoir entrepris d’élever un monticule, j’abandonne mon travail, quand il ne manquerait qu’un panier de terre, il sera vrai de dire que j’ai abandonné mon entreprise. Si, après avoir commencé à faire un remblai, je continue mon travail, quand même je ne mettrais qu’un panier de terre, mon entreprise avancera. [147] | CHAP. XVIII. The Master said, ’The prosecution of learning may be compared to what may happen in raising a mound. If there want but one basket of earth to complete the work, and I stop, the stopping is my own work. It may be compared to throwing down the earth on the level ground. Though but one basketful is thrown at a time, the advancing with it is my own going forward.’ |
| 子曰、語之而不惰者、其回也與。 | IX.19. Le Maître dit : — Un homme qui, dès qu’il avait reçu un enseignement utile, le mettait en pratique avec ardeur, c’était Houei. | CHAP. XIX. The Master said, ’Never flagging when I set forth anything to him ;— ah ! that is Hui.’ |
| 子謂顏淵曰、惜乎、吾見其進也、未見其止也。 | IX.20. Le Maître parlant de Ien Iuen, disait : — Oh ! que sa perte est regrettable ! je l’ai toujours vu progresser, jamais s’arrêter. | CHAP. XX. The Master said of Yen Yuan, ’Alas ! I saw his constant advance. I never saw him stop in his progress.’ |
| 子曰、苗而不秀者、有矣夫、秀而不實者、有矣夫。 | IX.21. Le Maître dit : — Il est parfois des moissons qui n’arrivent pas à fleurir ; il en est aussi qui, après avoir fleuri, n’ont pas de grain. [148] | CHAP. XXI. The Master said, ’There are cases in which the blade springs, but the plant does not go on to flower ! There are cases where it flowers, but no fruit is subsequently produced !’ |
| 子曰、後生可畏、焉知來者之不如今也、四十五十而無聞焉、斯亦不足畏也已。 | IX.22. Le Maître dit : | CHAP. XXII. The Master said, ’A youth is to be regarded with respect. How do we know that his future will not be equal to our present ? If he reach the age of forty or fifty, and has not made himself heard of, then indeed he will not be worth being regarded with respect.’ |
| 子曰、法語之言、能無從乎、改之為貴、巽與之言、能無說乎、繹之為貴、說而不繹、從而不改、吾末如之何也已矣。 | IX.23. Le Maître dit : — Peut‑on fermer l’oreille à un avis juste et sincère ? Mais l’essentiel c’est de se corriger. Un avis donné doucement et adroitement peut‑il déplaire ? Mais il faut surtout le méditer. je n’ai rien à faire d’un homme qui aime les avis, mais ne les médite pas, qui prête l’oreille, mais ne se corrige pas. | CHAP. XXIII. The Master said, ’Can men refuse to assent to the words of strict admonition ? But it is reforming the conduct because of them which is valuable. Can men refuse to be pleased with words of gentle advice ? But it is unfolding their aim which is valuable. If a man be pleased with these words, but does not unfold their aim, and assents to those, but does not reform his conduct, I can really do nothing with him.’ |
| 子曰、主忠信、毋友不如己者、過則勿憚改。 | CHAP. XXIV. The Master said, ’Hold faithfulness and sincerity as first principles. Have no friends not equal to yourself. When you have faults, do not fear to abandon them.’ | |
| 子曰、三軍可奪師也、匹夫不可奪志也。 | IX.24. Le Maître dit : — On peut enlever de force à une armée de trois légions son général en chef ; il est impossible d’arracher de force au moindre particulier sa détermination de pratiquer la vertu. | CHAP. XXV. The Master said, ’The commander of the forces of a large state may be carried off, but the will of even a common man cannot be taken from him. |
| 【一節】子曰、衣敝縕袍、與衣孤貉者立、而不恥者、其由也與。 | IX.25. Le Maître dit : — Iou est homme à ne pas rougir de se trouver vêtu d’une tunique de toile usée au milieu d’hommes vêtus de fourrures de renard et de martre. | CHAP. XXVI. 1. The Master said, ’Dressed himself in a tattered robe quilted with hemp, yet standing by the side of men dressed in furs, and not ashamed ;— ah ! it is Yu who is equal to this ! |
| 【二節】不忮不求、何用不臧。 | On peut lui appliquer ces deux vers du Cheu king : Celui qui ne fait tort à personne et n’est pas cupide, ne sera‑t‑il pas bon envers tout le monde ? | 2. ’"He dislikes none, he covets nothing ;— what can he do but what is good !"’ |
| 【三節】子路終身誦之、子曰、是道也、何足以臧。 | Tzeu lou, flatté de cet éloge, répétait sans cesse les deux vers du Cheu king.
Confucius dit : — Ces deux choses suffisent‑elles pour être parfaitement bon ? | 3. Tsze-lu kept continually repeating these words of the ode, when the Master said, ’Those things are by no means sufficient to constitute (perfect) excellence.’ |
| 子曰、歲寒、然後知松柏之後彫也。 | IX.26. Le Maître dit : — C’est seulement quand le froid de l’hiver est arrivé, qu’on s’aperçoit que le pin et le cyprès perdent leurs feuilles après tous les autres arbres. [150] | CHAP. XXVII. The Master said, ’When the year becomes cold, then we know how the pine and the cypress are the last to lose their leaves.’ |
| 子曰、知者不惑、仁者不憂、勇者不懼。 | IX.27. Le Maître dit : — Un homme éclairé et prudent n’hésite pas ; un homme parfait est exempt de soucis ; un homme courageux n’a pas peur. | CHAP. XXVIII. The Master said, ’The wise are free from perplexities ; the virtuous from anxiety ; and the bold from fear.’ |
| 子曰、可與共學、未可與適道、可與適道、未可與立、可與立、未可與權。 | IX.28. Le Maître dit : — On doit faire avancer son disciple graduellement ; à celui à qui on doit permettre seulement d’étudier avec le maître, on ne doit pas encore permettre d’entrer dans la voie de la vertu ; à celui à qui l’on doit permettre seulement d’entrer dans la voie de la vertu, on ne doit pas encore permettre de s’y fixer solidement ; à celui à qui l’on doit seulement permettre de s’affermir dans la vertu, on ne doit pas encore permettre de décider si une loi générale oblige ou non dans tel cas particulier. | CHAP. XXIX. The Master said, ’There are some with whom we may study in common, but we shall find them unable to go along with us to principles. Perhaps we may go on with them to principles, but we shall find them unable to get established in those along with us. Or if we may get so established along with them, we shall find them unable to weigh occurring events along with us.’ |
| 【一節】唐棣之華、偏其反而、豈不爾思、室是遠而 | IX.29. Un ancien chant disait : Le cerisier sauvage lui-même agite ses fleurs [151]. Comment ne penserais‑je pas à vous ? Mais vous demeurez loin d’ici. | CHAP. XXX. 1. How the flowers of the aspen-plum flutter and turn ! Do I not think of you ? But your house is distant. |
| 二節】子曰、未之思也、未何遠之有。 | Le Maître, après avoir cité cette strophe, disait : Les hommes ne pensent pas à la vertu. Ont‑ils à surmonter la difficulté de la distance ? | 2. The Master said, ’It is the want of thought about it. How is it distant ?’ |
| 鄉黨第十 | CHAPITRE X | BOOK X. HEANG TANG. |
| 【一節】孔子於鄉黨、恂恂如也、似不能言者。 | X.1. Confucius, dans le village où demeurait sa famille, était très simple ; il semblait ne pas savoir parler. | CHAP. I. 1. Confucius, in his village, looked simple and sincere, and as if he were not able to speak. |
| 【二節】其在宗廟朝廷、便便然、唯謹爾。 | Dans le temple des ancêtres et à la cour du prince, il s’exprimait clairement, mais avec une attention respectueuse. | 2. When he was in the prince’s ancestorial temple, or in the court, he spoke minutely on every point, but cautiously. |
| 【一節】朝、與下大夫言、侃侃如也、與上大夫言、誾誾如也。 | X.2. Dans le palais du prince, il parlait aux inférieurs avec fermeté et sans détours, aux supérieurs avec affabilité et franchise. | CHAP II. 1. When he was waiting at court, in speaking with the great officers of the lower grade, he spake freely, but in a straightforward manner ; in speaking with those of the higher grade, he did so blandly, but precisely. |
| 【二節】君在、踧踖如也、與與如也。 | En présence du prince, il montrait une crainte presque respectueuse, une noble gravité. | 2. When the ruler was present, his manner displayed respectful uneasiness ; it was grave, but self-possessed. |
| 【一節】 君召使擯、色勃如也、足躩如也。 | X.3. Quand il était chargé par le prince de Lou de recevoir les hôtes, l’air de son visage semblait changé et sa démarche embarrassée. | CHAP. III. 1. When the prince called him to employ him in the reception of a visitor, his countenance appeared to change, and his legs to move forward with difficulty. |
| 【二節】揖所與立、左右手、衣前後、檐如也。 | Pour saluer les hôtes à leur arrivée, il joignait les mains, tournait seulement les mains jointes à droite et à gauche [152], sa tunique restait bien ajustée par devant et par derrière. | 2. He inclined himself to the other officers among whom he stood, moving his left or right arm, as their position required, but keeping the skirts of his robe before and behind evenly adjusted. |
| 【三節】趨進、翼如也。 | En introduisant les hôtes, il marchait d’un pas rapide, tenant les bras un peu étendus, comme les ailes d’un oiseau. | 3. He hastened forward, with his arms like the wings of a bird. |
| 【四節】賓退、必復命曰、賓不顧矣。 | Après le départ d’un hôte, il ne manquait pas d’avertir le prince [153]. Il lui disait : « L’hôte ne tourne plus la tête en arrière [154] | 4. When the guest had retired, he would report to the prince, ’The visitor is not turning round any more.’ |
| 一節】入公門、鞠躬如也、如不容。 | X.4. En entrant à la porte du palais, il se courbait comme si la porte avait été trop basse pour le laisser passer. | CHAP. IV. 1. When he entered the palace gate, he seemed to bend his body, as if it were not sufficient to admit him. |
| 【二節】立不中門、行不履閾。 | Il ne se tenait pas au milieu de l’entrée ; en marchant, il évitait de mettre le pied sur le seuil. | 2. When he was standing, he did not occupy the middle of the gate-way ; when he passed in or out, he did not tread upon the threshold. |
| 【三節】過位、色勃如也、足躩如也、其言似不足者。 | . En passant auprès du siège du prince [155], l’air de son visage paraissait changé et sa démarche embarrassée ; les paroles remblaient lui manquer. | 3. When he was passing the vacant place of the prince, his countenance appeared to change, and his legs to bend under him, and his words came as if he hardly had breath to utter them. |
| 【四節】攝齊升堂、鞠躬如也、屏氣似不息者。 | Il montait à la salle, tenant sa tunique relevée, ayant le corps incliné, et retenant son haleine comme s’il ne pouvait plus respirer. | 4. He ascended the reception hall, holding up his robe with both his hands, and his body bent ; holding in his breath also, as if he dared not breathe. |
| 【五節】出、降一等、逞顏色、怡怡如也、沒階、趨進、翼如也、復其位、踧踖如也。 | En sortant, dès qu’il avait descendu le premier degré, son visage reprenait son air accoutumé ; il paraissait affable et joyeux. Arrivé au bas des degrés, il hâtait le pas, comme un oiseau qui étend les ailes. En retournant à sa place, il paraissait éprouver une crainte respectueuse. | 5. When he came out from the audience, as soon as he had descended one step, he began to relax his countenance, and had a satisfied look. When he had got to the bottom of the steps, he advanced rapidly to his place, with his arms like wings, and on occupying it, his manner still showed respectful uneasiness. |
| 【一節】執圭、鞠躬如也、如不勝、上如揖、下如授、勃如戰色、足蹜蹜如有循。 | X.5. Il tenait la tablette de son prince [156], le corps incliné, comme s’il n’avait pas la force de la soutenir ; il la levait comme s’il avait salué, c’est‑à‑dire à la hauteur de la tête ; il l’abaissait comme s’il avait offert un objet, c’est-à‑dire à la hauteur de la poitrine. Il avait l’air d’un homme qui tremble de peur. Il levait à peine les pieds en marchant, comme s’il avait cherché à suivre les traces de quelqu’un. | CHAP. V. 1. When he was carrying the scepter of his ruler, he seemed to bend his body, as if he were not able to bear its weight. He did not hold it higher than the position of the hands in making a bow, nor lower than their position in giving anything to another. His countenance seemed to change, and look apprehensive, and he dragged his feet along as if they were held by something to the ground. |
| 【二節】享禮、有容色。 | En offrant au prince étranger les présents de son prince, il avait un air affable et joyeux. | 2. In presenting the presents with which he was charged, he wore a placid appearance. |
| 【三節】私覿、愉愉如也 | En lui offrant ses propres présents dans une visite particulière, il se montrait encore plus affable. | 3. At his private audience, he looked highly pleased. |
| 【第六章】【一節】君子不以紺緅飾。 | Ce grand sage ne portait pas de collet à bordure de couleur rouge tirant sur le bleu [157], ni de collet à bordure rouge tirant sur le noir [158]. | CHAP. VI. 1. The superior man did not use a deep purple, or a puce colour, in the ornaments of his dress. |
| 【二節】紅紫不以為褻服。 | Il ne prenait pas pour ses vêtements ordinaires la couleur rouge tirant sur le blanc, ni la couleur violette [159] | 2. Even in his undress, he did not wear anything of a red or reddish colour. |
| 【三節】當暑袗絺綌、必表而出之。 | Pendant les chaleurs de l’été, sous une tunique de chanvre d’un tissu peu serré, il portait une autre tunique [160]. | 3. In warm weather, he had a single garment either of coarse or fine texture, but he wore it displayed over an inner garment. |
| 【四節】緇衣羔裘、素衣麑裘、黃衣狐裘。 | En hiver, il portait une tunique noire sur une tunique doublée de peau d’agneau noir, ou une tunique blanche sur une tunique doublée de peau de cerf blanc, ou une tunique jaune sur une tunique doublée de peau de renard jaune. | 4. Over lamb’s fur he wore a garment of black ; over fawn’s fur one of white ; and over fox’s fur one of yellow. |
| 【五節】褻裘長、短右袂。 | . La tunique doublée de fourrure qu’il portait ordinairement était longue ; mais la manche droite était plus courte que la gauche [161]. | 5. The fur robe of his undress was long, with the right sleeve short. |
| 【六節】必有寢衣、長一身有半。 | 6. He required his sleeping dress to be half as long again as his body. | |
| 【七節】狐貉之厚以居。 | Les vêtements doublés d’épaisse fourrure de renard ou de martre lui servaient à la maison. | 7. When staying at home, he used thick furs of the fox or the badger. |
| 【八節】去喪、無所不佩。 | Quand il n’était pas en deuil, il portait toujours divers objets suspendus à la ceinture. | 8. When he put off mourning, he wore all the appendages of the girdle. |
| 【九節】非帷裳、必殺之。 | Quant au vêtement qui lui descendait des reins jusqu’aux pieds, celui qui lui servait à la cour ou dans les temples avait des plis à la ceinture ; pour les autres, l’étoffe était deux fois moins large à la ceinture qu’à la partie inférieure. | 9. His under-garment, except when it was required to be of the curtain shape, was made of silk cut narrow above and wide below. |
| 【十節】羔裘玄冠不以弔。 | Il ne mettait pas sa tunique doublée de peau d’agneau ni son bonnet noir pour aller pleurer les morts [162]. | 10. He did not wear lamb’s fur or a black cap, on a visit of condolence. |
| 【十一節】吉月、必朝服而朝。 | Le premier jour de la lune, il ne manquait pas de revêtir ses habits de cour et d’aller saluer son prince. | 11. On the first day of the month he put on his court robes, and presented himself at court. |
| 【第七章】【一節】齊、必有明衣、布。 | X.7. Lorsqu’il gardait l’abstinence [163], il revêtait une tunique de toile qui était réservée pour les jours de purification. La nuit, il prenait son repos enveloppé dans un vêtement qui avait une fois et demie la longueur de son corps. | CHAP. VII. 1. When fasting, he thought it necessary to have his clothes brightly clean and made of linen cloth. |
| 【二節】齊必變食、居必遷坐。 | Il changeait de nourriture et d’appartement. [164] | 2. When fasting, he thought it necessary to change his food, and also to change the place where he commonly sat in the apartment. |
| 【第八章】【一節】食不厭精、膾不厭細。 | X.8. Confucius aimait que sa bouillie fût faite d’un riz très pur, et son hachis composé de viande hachée très fin. | CHAP. VIII. 1. He did not dislike to have his rice finely cleaned, nor to have his minced meat cut quite small. |
| 【二節】食饐而餲、魚餒而肉敗、不食、色惡不食、臭惡不食、失飪不食、不時不食。 | Il ne mangeait pas la bouillie qui était moisie et gâtée, ni le poisson ni la viande qui commençaient à se corrompre. Il ne mangeait pas un mets qui avait perdu sa couleur ou son odeur ordinaire. Il ne mangeait pas un mets qui n’était pas cuit convenablement, ni un fruit qui n’était pas assez mûr. | 2. He did not eat rice which had been injured by heat or damp and turned sour, nor fish or flesh which was gone. He did not eat what was discoloured, or what was of a bad flavour, nor anything which was ill-cooked, or was not in season. |
| 【三節】割不正不食、不得其醬不食。 | Il ne mangeait pas ce qui n’avait pas été coupé d’une manière régulière, ni ce qui n’avait pas été assaisonné avec la sauce convenable. [165] | 3. He did not eat meat which was not cut properly, nor what was served without its proper sauce. |
| 【四節】肉雖多、不使勝食氣、惟酒無量、不及亂。 | Lors même que les viandes abondaient, il ne prenait pas plus de viande que de nourriture végétale. La quantité de boisson fermentée dont il usait n’était pas déterminée ; mais elle n’allait jamais jusqu’à lui troubler la raison. | 4. Though there might be a large quantity of meat, he would not allow what he took to exceed the due proportion for the rice. It was only in wine that he laid down no limit for himself, but he did not allow himself to be confused by it. |
| 【五節】沽酒市脯不食。 | Il ne voulait pas de liqueur fermentée ni de viande séchée qui eussent été achetées [166]. | 5. He did not partake of wine and dried meat bought in the market. |
| 【六節】不撤薑食。 | Il avait toujours du gingembre sur sa table. | 6. He was never without ginger when he ate. |
| 【七節】不多食。 | Il ne mangeait pas avec excès. [167] | 7. He did not eat much. |
| 【八節】祭於公、不宿肉。祭肉不出三日、出三日、不食之矣 | Quand il avait aidé le prince à faire une oblation dans le palais, il ne gardait pas même une nuit [168] la viande offerte [169]. Il ne gardait pas plus de trois jours la viande qu’il avait lui-même offerte à ses parents défunts. Au delà de trois jours, il ne l’aurait pas mangée. [170] | 8. When he had been assisting at the prince’s sacrifice, he did not keep the flesh which he received overnight. The flesh of his family sacrifice he did not keep over three days. If kept over three days, people could not eat it. |
| 【九節】食不語、寢不言。 | En prenant ses repas, il ne discutait aucune question, lors même qu’on l’interrogeait. La nuit, quand il était couché, il n’entamait aucune discussion. [171] | 9. When eating, he did not converse. When in bed, he did not speak. |
| 【十節】雖疏食菜羹、瓜祭、必齊如也。 | Même quand il n’avait sur sa table qu’une nourriture grossière et du bouillon aux herbes, il ne manquait pas d’offrir quelque chose à ses parents défunts, et il l’offrait toujours avec respect. | 10. Although his food might be coarse rice and vegetable soup, he would offer a little of it in sacrifice with a grave, respectful air. |
| 【第九章】席不正不坐。 | X.9. Il ne s’asseyait pas sur une natte qui n’était pas placée selon les règles. | CHAP. IX. If his mat was not straight, he did not sit on it. |
| 【一節】鄉人飲酒、杖者出、斯出矣。 | X.10. ◙ Quand il avait pris part à une réunion où les habitants de son village avaient bu ensemble, il quittait la salle après les vieillards à bâton [172]. | CHAP. X. 1. When the villagers were drinking together, on those who carried staffs going out, he went out immediately after. |
| 【二節】鄉 人儺、朝服而立於阼階。 | Quand les habitants de son village faisait des supplications pour écarter les maladies pestilentielles, il se tenait en habits de cour au pied des degrés, au côté oriental de la salle. | 2. When the villagers were going through their ceremonies to drive away pestilential influences, he put on his court robes and stood on the eastern steps. |
| 【一節】問人於他邦、再拜而送之。 | X.11. Quand il envoyait saluer un ami dans une principauté étrangère, il faisait deux salutations [173], puis il conduisait l’envoyé jusqu’à la porte | CHAP. XI. 1. When he was sending complimentary inquiries to any one in another State, he bowed twice as he escorted the messenger away. |
| 【二節】康子饋藥、拜而受之、曰、丘未達、不敢嘗。 | . Ki Kang tzeu [174] lui ayant envoyé un remède en présent, le philosophe fit une salutation, reçut le présent, et dit : — Je ne connais pas ce remède [175] ; je n’oserai pas le prendre. | 2. Chi K’ang having sent him a present of physic, he bowed and received it, saying, ’I do not know it. I dare not taste it.’ |
| 【十二章】廄焚、子退朝曰、傷人乎、不問馬。 | X.12. Son écurie ayant été incendiée, Confucius, à son retour du palais, dit : — Personne n’a‑t‑il été atteint par le feu ? Il ne s’informa pas des chevaux. | CHAP. XII. The stable being burned down, when he was at court, on his return he said, ’Has any man been hurt ?’ He did not ask about the horses. |
| 【十三章】【一節】君賜食、必正席、先嘗之、君賜腥、必熟而薦之、君賜生、必畜之。 | X.13. Quand le prince lui envoyait un mets tout préparé, il le goûtait sur une natte convenablement disposée [176]. Quand le prince lui envoyait de la viande crue, il la faisait cuire, et l’offrait aux défunts. Quand le prince lui donnait un animal vivant, il le nourrissait. | CHAP. XIII. 1. When the prince sent him a gift of cooked meat, he would adjust his mat, first taste it, and then give it away to others. When the prince sent him a gift of undressed meat, he would have it cooked, and offer it to the spirits of his ancestors. When the prince sent him a gift of a living animal, he would keep it alive. |
| 【二節】侍食於君、君祭、先飯。 | . Lorsqu’il mangeait au palais à côté du prince, au moment où celui-ci offrait des mets aux défunts, Confucius goûtait les mets [177] | 2. When he was in attendance on the prince and joining in the entertainment, the prince only sacrificed. He first tasted everything. |
| 【三節】疾、君視之、東首、加朝服拖紳。 | Quand il était malade et que le prince annonçait sa visite, il plaçait la tête vers l’orient [178], il mettait sur lui ses habits de cour et étendait la ceinture officielle par‑dessus. | 3. When he was ill and the prince came to visit him, he had his head to the east, made his court robes be spread over him, and drew his girdle across them. |
| 【四節】君命召、不俟駕行矣。 | . Lorsque le prince l’appelait au palais, il s’y rendait à pied, sans attendre que sa voiture fût attelée. | 4. When the prince’s order called him, without waiting for his carriage to be yoked, he went at once. |
| 【十四章】入大廟每事問。 | CHAP. XIV. When he entered the ancestral temple of the State, he asked about everything. | |
| 【十五章】【一節】朋友死、無所歸、曰、於我殯。 | X.14. A la mort de l’un de ses amis, s’il n’y avait aucun parent pour prendre soin des funérailles, il disait : — Je me charge des obsèques. | CHAP. XV. 1. When any of his friends died, if he had no relations who could be depended on for the necessary offices, he would say, ’I will bury him.’ |
| 【二節】朋友之饋、雖車馬、 | Quand il recevait des présents de ses amis, fût‑ce des voitures et des chevaux, il ne faisait pas de salutation, | 2. When a friend sent him a present, though it might be a carriage and horses, he did not bow. |
| 非祭肉不拜。雖褻必以貌。 | à moins que ce ne fût de la viande offerte aux défunts. | 3. The only present for which he bowed was that of the flesh of sacrifice. |
| 【十六章】【一節】寢不尸、居不容。 | X.15. Couché pour prendre son repos, il ne s’étendait pas comme un cadavre. A la maison, son maintien n’avait rien de trop grave. | CHAP. XVI. 1. In bed, he did not lie like a corpse. At home, he did not put on any formal deportment. |
| 【二節】見齊衰者、雖狎必變、見冕 者、與瞽者、雖褻必以貌。 | Lorsqu’il voyait un homme en habits de deuil, fût‑ce un ami intime, il prenait un air de compassion. Lorsqu’il voyait un homme en costume officiel ou un aveugle, même en particulier, il ne manquait pas de lui donner une marque de respect. | 2. When he saw any one in a mourning dress, though it might be an acquaintance, he would change countenance ; when he saw any one wearing the cap of full dress, or a blind person, though he might be in his undress, he would salute them in a ceremonious manner. |
| 【三節】凶服者式之、式負版者。 | Lorsqu’il était en voiture, s’il voyait un homme en grand deuil, il mettait les mains sur l’appui de la voiture et saluait par une inclinaison de tête. S’il rencontrait un homme portant les tablettes du cens, il le saluait de la même manière. | 3. To any person in mourning he bowed forward to the crossbar of his carriage ; he bowed in the same way to any one bearing the tables of population. |
| 【四節】有盛饌、必變色而作。 | Quand on lui avait préparé un grand festin, il se levait et remerciait le maître de la, maison. | 4. When he was at an entertainment where there was an abundance of provisions set before him, he would change countenance and rise up. |
| 【五節】迅雷、風烈、必變。 | Quand le tonnerre grondait ou que le vent se déchaînait, l’air de son visage témoignait son respect envers le Ciel irrité. | 5. On a sudden clap of thunder, or a violent wind, he would change countenance. |
| 【一節】升車、必正立、執綏。 | X.16. Lorsqu’il montait en voiture, il tenait le corps droit, et prenait de la main le cordon qui aide à monter. | CHAP. XVII. 1. When he was about to mount his carriage, he would stand straight, holding the cord. |
| 【二節】車中、不內顧、不疾言、 不親指。 | Dans la voiture, il ne regardait pas en arrière, ne parlait pas avec précipitation, ne montrait rien du doigt. | 2. When he was in the carriage, he did not turn his head quite round, he did not talk hastily, he did not point with his hands. |
| 【十八章】【一節】色斯舉矣、翔而後集。 | X.17. Lorsqu’un oiseau voit un homme à l’air menaçant, il s’envole, tournoie, puis se repose. | CHAP. XVIII. 1. Seeing the countenance, it instantly rises. It flies round, and by and by settles. |
| 【二節】曰、山梁雌雉、時哉時哉。子路共之、三嗅而作。 | Confucius dit : — Que cette faisane, sur le pont, dans la montagne, sait bien choisir son temps pour s’envoler et pour se reposer ! > Tzeu lou s’étant tourné vers elle pour la prendre, elle poussa trois cris, et s’envola [179]. [180] | 2. The Master said, ’There is the hen-pheasant on the hill bridge. At its season ! At its season !’ Tsze-lu made a motion to it. Thrice it smelt him and then rose. |
| 先進第十一 | CHAPITRE XI | BOOK XI. HSIEN TSIN. |
| 【第一章】【一節】子曰、先進於禮樂、野人也、後進於禮樂、君子也、 | XI.1. Le Maître dit : — En ce qui concerne l’urbanité et la musique, les anciens passent pour des hommes peu civilisés, et les modernes, pour des hommes sages. | CHAP. I. 1. The Master said, ’The men of former times, in the matters of ceremonies and music were rustics, it is said, while the men of these latter times, in ceremonies and music, are accomplished gentlemen. |
| 【二節】如用之、則吾從先進。 | Dans la pratique, j’imite lesanciens [181] | 2. ’If I have occasion to use those things, I follow the men of former times.’ |
| 【第二章】【一節】子曰、從我於陳蔡者、皆不及門也。 | XI.2. Le Maître dit : — De tous les disciples qui m’ont accompagné dans les principautés de Tch’enn et de Ts’ai, aucun ne fréquente plus mon école. | CHAP. II. 1. The Master said, ’Of those who were with me in Ch’an and Ts’ai, there are none to be found to enter my door.’ |
| 【二節】德行、顏淵、閔子騫、冉伯牛、仲弓。言語、宰我、子貢。 政事、冉有、李路。文學、子游、子夏。 | Ien Houei, Min Tzeu k’ien, Jen Pe gniou et Tchoung koung étaient remarquables par leurs vertus ; Tsai Ngo et Tzeu koung, par leur habileté à parler ; Jen Iou et Ki Lou, par leur habileté à gouverner ; Tzeu iou et Tzeu hia, par leur habileté dans les lettres et leur érudition. [182] | 2. Distinguished for their virtuous principles and practice, there were Yen Yuan, Min Tsze-ch’ien, Zan Po-niu, and Chung-kung ; for their ability in speech, Tsai Wo and Tsze-kung ; for their adminis-trative talents, Zan Yu and Chi Lu ; for their literary acquirements, Tsze-yu and Tsze-hsia. |
| 【第三章】子曰、回也、非助我者也、於吾言、無所不說。 | XI.3. Le Maître dit : — Houei ne m’excitait pas à parler ; il était content de tout ce que je disais. [183] | CHAP. III. The Master said, ’Hui gives me no assistance. There is nothing that I say in which he does not delight.’ |
| 【第四章】子曰、孝哉閔子騫、人不間於其父母昆弟之言。 | XI.4. Le Maître dit : — Que Min Tzeu k’ien était remarquable par sa piété filiale ! Les étrangers n’en parlent pas autrement que son père, sa mère et ses frères [184] | CHAP. IV. The Master said, ’Filial indeed is Min Tsze-ch’ien ! Other people say nothing of him different from the report of his parents and brothers.’ |
| 【第五章】南容三復白圭、孔子以其兄之子妻之。 | XI.5. Nan Ioung, pour se souvenir qu’il fallait parler avec circonspection, répétait souvent ces mots du Cheu king : La tablette blanche peut être polie et ses défauts disparaîtront. Confucius lui donna en mariage la fille de son frère. | CHAP. V. Nan Yung was frequently repeating the lines about a white scepter stone. Confucius gave him the daughter of his elder brother to wife. |
| 【第六章】李康子問弟子孰為好學。孔子對曰、有顏回者好學、不幸短命死矣、今也則亡。 | XI.6. Ki K’ang tzeu demanda à Confucius lequel de ses disciples s’appliquait de tout son cœur à l’étude de la sagesse.
Le Maître répondit : — Ien Houei s’y appliquait de tout son pouvoir. Malheureusement il a peu vécu. A présent personne ne l’égale. | CHAP. VI. Chi K’ang asked which of the disciples loved to learn. Confucius replied to him, ’There was Yen Hui ; he loved to learn. Unfortunately his appointed time was short, and he died. Now there is no one who loves to learn, as he did.’ |
| 【第七章】【一節】顏淵死、顏路請子之車以為之椁。 | XI.7. Ien Iuen étant mort, Ien Lou [185] demanda la voiture de Confucius, afin d’en employer le prix à acheter un second cercueil au défunt. | CHAP. VII. 1. When Yen Yuan died, Yen Lu begged the carriage of the Master to sell and get an outer shell for his son’s coffin. |
| 【二節】子曰:「才不才,亦各言其子也。鯉也死,有棺而無椁。吾不徒行以為之椁。以吾從大夫之後,不可徒行也。」 | Le Maître répondit : — Aux yeux d’un père, un fils est toujours un fils, qu’il ait du talent ou non. Quand mon fils Li est mort, il a eu un cercueil, mais pas de second cercueil pour contenir et protéger le premier. Je ne suis pas allé à pied, afin de lui procurer un second cercueil. Comme je viens immédiatement après les grands préfets, il ne convient pas que j’aille à pied. [186] | 2. The Master said, ’Every one calls his son his son, whether he has talents or has not talents. There was Li ; when he died, he had a coffin but no outer shell. I would not walk on foot to get a shell for him, because, having followed in the rear of the great officers, it was not proper that I should walk on foot.’ |
| 【第八章】顏淵死、子曰、噫、天喪予、天喪予。 | XI.8. Ien Iuen étant mort, le Maître dit : — Hélas ! le Ciel m’a ôté la vie ! le Ciel m’a anéanti ! | CHAP. VIII. When Yen Yuan died, the Master said, ’Alas ! Heaven is destroying me ! Heaven is destroying me !’ |
| 【第九章】【一節】顏淵死、子哭之慟、從者曰、子慟矣。 | XI.9. Le Maître pleura amèrement la mort de Ien Iuen. Ses disciples lui dirent : — Maître, votre douleur est excessive. | CHAP. IX. 1. When Yen Yuan died, the Master bewailed him exceedingly, and the disciples who were with him said, ’Master, your grief is excessive ?’ |
| 【二節】曰、有慟乎。 | Il répondit : — Ma douleur est‑elle excessive ? | 2. ’Is it excessive ?’ said he. |
| 【三節】非夫人之為慟而誰為。 | S’il y a lieu d’éprouver jamais une grande affliction, n’est‑ce pas après la perte d’un tel homme ? | 3. ’If I am not to mourn bitterly for this man, for whom should I mourn ?’ |
| 【第十章】【一節】顏淵死、門人欲厚葬之。子曰、不可。 | XI.10. Ien Iuen étant mort, les disciples de Confucius voulurent faire de grands frais pour sa sépulture. Le Maître dit : — Cela ne convient pas. | CHAP. X. 1. When Yen Yuan died, the disciples wished to give him a great funeral, and the Master said, ’You may not do so.’ |
| 【二節】門人厚葬之。 | Les disciples l’enterrèrent néanmoins à grands frais. | 2. The disciples did bury him in great style. |
| 【三節】子曰、回也、視予猶父也、予不得視猶子也、非我也、夫二三子也。 | Le Maître dit : — Houei [187] me considérait comme son père ; moi, je n’ai pu le traiter comme mon fils, c’est‑à‑dire l’enterrer pauvrement comme mon fils Li. Ce n’est pas moi qui en suis la cause, mais ces quelques disciples. | 3. The Master said, ’Hui behaved towards me as his father. I have not been able to treat him as my son. The fault is not mine ; it belongs to you, O disciples.’ |
| 【十一章】李路問事鬼神。子曰、未能事人、焉能事鬼。敢問死。曰、未知生、焉知死。 | XI.11. Tzeu lou interrogea Confucius sur la manière d’honorer les esprits. Le Maître répondit : — Celui qui ne ait pas remplir ses devoirs envers les hommes, comment saura‑t‑il honorer les esprits ? Tzeu lou reprit : — Permettez‑moi de vous interroger sur la mort. Le Maître répondit : — Celui qui ne sait pas ce que c’est que la vie, comment saura‑t‑il ce que c’est que la mort ? [188] | CHAP. XI. Chi Lu asked about serving the spirits of the dead. The Master said, ’While you are not able to serve men, how can you serve their spirits ?’ Chi Lu added, ’I venture to ask about death ?’ He was answered, ’While you do not know life, how can you know about death ?’ |
| 【十二章】【一節】閔子侍側、誾誾如也、子路行行如也、冉有、子貢、侃侃如也。子樂。 | XI.12. Un jour Min tzeu se tenait auprès de Confucius avec un air ferme et affable, Tzeu lou, avec l’air d’un homme brave et audacieux, Jen Iou et Tzeu koung, avec un air sérieux. Le Maître était content de voir cette fermeté qui paraissait dans leur maintien. | CHAP. XII. 1. The disciple Min was standing by his side, looking bland and precise ; Tsze-lu, looking bold and soldierly ; Zan Yu and Tsze-kung, with a free and straightforward manner. The Master was pleased. |
| 【二節】若由也、不得其死然。 | — Un homme comme Iou, dit‑il, ne peut mourir de mort naturelle [189]. | 2. He said, ’Yu, there !— he will not die a natural death.’ |
| 【十三章】【一節】魯人為長府。 | XI.13. Les ministres de la principauté de Lou voulaient reconstruire à neuf le magasin appelé Tch’ang fou. | CHAP. XIII. 1. Some parties in Lu were going to take down and rebuild the Long Treasury. |
| 【二節】閔子騫曰、仍舊貫、如之何、何必改作。 | Min Tzeu k’ien dit : — Si l’on réparait l’ancien bâtiment, ne serait‑ce pas bien ? Est‑il nécessaire d’élever une nouvelle construction ? | 2. Min Tsze-ch’ien said, ’Suppose it were to be repaired after its old style ;— why must it be altered and made anew ?’ |
| 【三節】子曰、夫人不言、言必有中。 | Le Maître dit : — Cet homme ne parle pas à la légère ; quand il parle, il parle très bien. | 3. The Master said, ’This man seldom speaks ; when he does, he is sure to hit the point.’ |
| 【十四章】【一節】子曰、由之瑟、奚為於丘之門。 | XI.14. Le Maître dit : — Pourquoi la guitare de Iou [190] se fait‑elle entendre dans mon école ? | CHAP. XIV. 1. The Master said, ’What has the lute of Yu to do in my door ?’ |
| 【二節】門人不敬子路。子曰、由也、升堂矣、未入於室也。 | Les disciples de Confucius, ayant entendu ces paroles, conçurent du mépris pour Tzeu lou. Le Maître leur dit : — Iou est déjà monté au temple de la sagesse ; mais il n’a pas encore pénétré dans le sanctuaire. [191] | 2. The other disciples began not to respect Tsze-lu. The Master said, ’Yu has ascended to the hall, though he has not yet passed into the inner apartments.’ |
| 【十五章】【一節】子貢問師與商也孰賢。子曰、師也過、商也不及。 | XI.15. Tzeu koung demanda lequel des deux était le plus sage, de Cheu ou de Chang. Le Maître répondit — Cheu va au‑delà des limites ; Chang reste en‑deçà. | CHAP. XV. 1. Tsze-kung asked which of the two, Shih or Shang, was the superior. The Master said, ’Shih goes beyond the due mean, and Shang does not come up to it.’ |
| 【二節】曰、然則師愈與。 | Tzeu koung reprit : — D’après cela, Cheu l’emporte‑t‑il sur Chang ? | 2. ’Then,’ said Tsze-kung, ’the superiority is with Shih, I suppose.’ |
| 【三節】子曰、過猶不及。 | Le Maître répondit : — Dépasser les limites n’est pas un moindre défaut que de rester en‑deçà. | 3. The Master said, ’To go beyond is as wrong as to fall short.’ |
| 【十六章】【一節】李氏富於周公、而求也為之聚斂而附益之。 | XI.16. Ki était devenu plus riche que ne l’avait été Tcheou koung. Cependant, K’iou [192] levait pour lui des taxes, et augmentait encore son opulence. | CHAP. XVI. 1. The head of the Chi family was richer than the duke of Chau had been, and yet Ch’iu collected his imposts for him, and increased his wealth. |
| 【二節】子曰、非吾徒也、小子、鳴鼓而攻之可也。 | Le Maître dit : — Jen Iou n’est plus mon disciple. Mes chers enfants, battez le tambour [193] et attaquez‑le, vous ferez bien. | 2. The Master said, ’He is no disciple of mine. My little children, beat the drum and assail him.’ |
| 【十七章】【一節】柴也愚。 | XI.17. Confucius dit : — Tch’ai est peu instruit, | CHAP. XVII. 1. Ch’ai is simple. |
| 【二節】參也魯。 | Chenn peu perspicace, | 2. Shan is dull. |
| 【三節】師也辟。 | Cheu plus soucieux d’une belle apparence que de la vraie vertu ; | 3. Shih is specious. |
| 【四節】由也喭。 | Iou n’est pas assez poli. | 4. Yu is coarse. |
| 【十八章】【一節】子曰、回也奇庶乎屢空。 | XI.18. Le Maître dit : — Houei avait presque atteint la plus haute perfection. Il était ordinairement dans l’indigence [194]. | CHAP. XVIII. 1. The Master said, ’There is Hui ! He has nearly attained to perfect virtue. He is often in want. |
| 【二節】賜不受命、而貨殖焉、億則屢中。 | Seu ne s’abandonne pas à la Providence ; il amasse des richesses ; mais il est judicieux. | 2. ’Ts’ze does not acquiesce in the appointments of Heaven, and his goods are increased by him. Yet his judgments are often correct.’ |
| 子張問善人之道。子曰:「不踐跡,亦不入於室。」 | XI.19. Tzeu tchang interrogea Confucius sur la vertu de ceux qui sont naturellement bons [195]. Le Maître répondit : — Ils ne marchent pas sur les traces des sages ; ils n entreront pas dans le sanctuaire de la sagesse. | CHAP. XIX. Tsze-chang asked what were the characteristics of the GOOD man. The Master said, ’He does not tread in the footsteps of others, but moreover, he does not enter the chamber of the sage.’ |
| 【二十章】子曰、論篤是與、君子者乎、色莊者乎。 | XI.20. Le Maître dit : — De ce qu’un homme fait des dissertations solides sur la vertu, on ne doit pas juger aussitôt qu’il est vertueux. Il faut examiner s’il est vraiment un sage, ou s’il en a seulement l’apparence. | CHAP. XX. The Master said, ’If, because a man’s discourse appears solid and sincere, we allow him to be a good man, is he really a superior man ? or is his gravity only in appearance ?’ |
| 【廿一章】子路問聞斯行諸。 | XI.21. Tzeu lou dit à Confucius : — Quand je reçois un enseignement utile, dois‑je le mettre en pratique immédiatement ? | CHAP. XXI. Tsze-lu asked whether he should immediately carry into practice what he heard. |
| 子曰、有父兄在、如之何其聞斯行之。 | Le Maître répondit : — Vous avez encore votre père et des frères plus âgés que vous [196]. Conviendrait‑il de mettre aussitôt à exécution tout ce que vous apprenez d’utile ? | The Master said, ’There are your father and elder brothers to be consulted ;— why should you act on that principle of immediately carrying into practice what you hear ?’ |
| 冉有問聞斯行諸。子曰、聞斯行之。 | Jen Iou demanda aussi s’il devait mettre en pratique sans retard tout ce qu’il apprenait de bon. Le Maître répondit : — Faites‑le tout de suite. | Zan Yu asked the same, whether he should immediately carry into practice what he heard, and the Master answered, ’Immediately carry into practice what you hear.’ |
| 公西華曰、由也問聞斯行諸、子曰、有父兄在、求也問聞斯行諸、子曰、聞斯行之、赤也感、敢問。 | Koung si Houa dit : — Iou a demandé s’il devait mettre aussitôt à exécution tout ce qu’il apprenait d’utile à faire. Le Maître lui a répondu qu’il avait encore son père et des frères plus âgés que lui. K’iou a adressé la même question dans les mêmes termes. Le Maître a répondu qu’il devait mettre en pratique sur‑le‑champ ce qu’il apprenait de bon. Moi, Tch’eu, je suis dans l’incertitude ; j’ose vous prier de me l’expliquer. | Kung-hsi Hwa said, ’Yu asked whether he should carry immediately into practice what he heard, and you said, "There are your father and elder brothers to be consulted." Ch’iu asked whether he should immediately carry into practice what he heard, and you said, "Carry it immediately into practice." I, Ch’ih, am perplexed, and venture to ask you for an explanation.’ |
| 子曰、求也退、故進之、由也兼人、故退之。 | Confucius dit — K’iou n’ose pas avancer ; je l’ai poussé en avant. Iou a autant d’ardeur et de hardiesse que deux ; je l’ai arrêté et tiré en arrière. | The Master said, ’Ch’iu is retiring and slow ; therefore,I urged him forward. Yu has more than his own share of energy ; therefore I kept him back.’ |
| 【廿二章】子畏於匡、顏淵後、子曰、吾以女為死矣。曰、子在、回何敢死。 | XI.22. Le Maître avait couru un grand danger dans le bourg de K’ouang. Ien Iuen était resté en arrière. Confucius lui dit : — Je vous croyais mort. Ien Iuen répondit : Quand vous vivez encore, comment me serais‑je permis de m’exposer à la mort [197] | CHAP. XXII. The Master was put in fear in K’wang and Yen Yuan fell behind. The Master, on his rejoining him, said, ’I thought you had died.’ Hui replied, ’While you were alive, how should I presume to die ?’ |
| 【廿三章】【一節】李子然問仲由冉求、可謂大臣與。 | XI.23. Ki Tzeu jen demanda à Confucius si Tzeu lou et Jen Iou avaient les talents nécessaires pour être de grands ministres. | CHAP. XXIII. 1. Chi Tsze-zan asked whether Chung Yu and Zan Ch’iu could be called great ministers. |
| 【二節】子曰、吾以子為異之問、曾由與求之問。 | . Le Maître répondit : — Je pensais que vous alliez me parler d’hommes extraordinaires, et vous me parlez de Iou et de K’iou. | 2. The Master said, ’I thought you would ask about some extraordinary individuals, and you only ask about Yu and Ch’iu ! |
| 【三節】所謂大臣者、以道事君、不可則止。 | Un grand ministre est celui qui sert son prince selon les règles de la justice, et qui se retire dès qu’il ne peut plus le faire. | 3. ’What is called a great minister, is one who serves his prince according to what is right, and when he finds he cannot do so, retires. |
| 【四節】今由與求也、可謂具臣矣。 | Iou et K’iou peuvent remplir d’une manière ordinaire les fonctions de ministres. | 4. ’Now, as to Yu and Ch’iu, they may be called ordinary ministers.’ |
| 【五節】曰、然則從之者與。 | Ki Tzeu jen ajouta : — Seront‑ils obéissants à leurs maîtres ? | 5. Tsze-zan said, ’Then they will always follow their chief ;— will they ?’ |
| 【六節】子曰、弒父與君、亦不從也。 | Confucius répondit : — Leur obéissance n’ira pas jusqu’à tremper dans un parricide ou un régicide [198] [199] | 6. The Master said, ’In an act of parricide or regicide, they would not follow him.’ |
| 【廿四章】【一節】子路使子羔為費宰。 | XI.24. Tzeu lou avait nommé Tzeu kao gouverneur de la ville de Pi. | CHAP. XXIV. 1. Tsze-lu got Tsze-kao appointed governor of Pi. |
| 【二節】子曰、賊夫人之子。 | Le Maître dit : — C’est faire grand tort à ce jeune homme et à son père [200] | 2. The Master said, ’You are injuring a man’s son.’ |
| 【三節】子路曰、有民人焉、有社稷焉、何必讀書、然後為學。 | Tzeu lou répondit — Il est chargé de diriger le peuple et les officiers, d’honorer les esprits qui président à la terre et aux moissons. Pour qu’il soit censé avoir appris l’art de gouverner, est‑il nécessaire qu’il étudie les livres ? | 3. Tsze-lu said, ’There are (there) common people and officers ; there are the altars of the spirits of the land and grain. Why must one read books before he can be considered to have learned ?’ |
| 【四節】子曰、是故惡夫佞者。 | Le Maître répliqua : Je hais ces beaux parleurs. | 4. The Master said, ’It is on this account that I hate your glib-tongued people.’ |
| 【廿五章】【一節】子路、曾皙、冉有、公西華侍坐。 | XI.25. Le Maître dit à Tzeu lou, à Tseng Si, à Jen Iou et à Koung si Houan, qui étaient assis à ses côtés : | CHAP. XXV. 1. Tsze-lu, Tsang Hsi, Zan Yu, and Kung-hsi Hwa were sitting by the Master. |
| 【二節】子曰、以吾一日長乎爾、毋吾以也。 | — Parlez‑moi franchement, sans considérer que je suis un peu plus âgé que vous. | 2. He said to them, ’Though I am a day or so older than you, do not think of that. |
| 【三節】居則曰、不吾知也、如或知爾、則何以哉。 | Laissés dans la vie privée, vous vous dites : « Les hommes ne me connaissent pas [201]. » Si les hommes vous connaissaient, que feriez‑vous ? | 3. ’From day to day you are saying, "We are not known." If some ruler were to know you, what would you like to do ?’ |
| 【四節】子路率爾而對曰、千乘之國、攝乎大國之閒、加之以師旅、因之以饑饉、由也為之、比及三年、可使有勇、且知方也。夫子哂之。 | Tzeu lou se hâta de répondre : — Supposons qu’une principauté, possédant mille chariots de guerre, soit tenue comme en servitude entre deux principautés voisines très puissantes ; que, de plus, elle soit envahie par une armée nombreuse ; qu’ensuite les grains et les légumes viennent à lui manquer ; si j’étais chargé de la gouverner, en trois ans, je pourrais inspirer du courage aux habitants, et leur faire aimer la justice. Le Maître sourit. | 4. Tsze-lu hastily and lightly replied, ’Suppose the case of a State of ten thousand chariots ; let it be straitened between other large States ; let it be suffering from invading armies ; and to this let there be added a famine in corn and in all vegetables :— if I were intrusted with the government of it, in three years’ time I could make the people to be bold, and to recognise the rules of righteous conduct.’ The Master smiled at him. |
| 【五節】求、爾何如。 | — Et vous, K’iou, dit‑il, que feriez‑vous ? | 5. Turning to Yen Yu, he said, ’Ch’iu, what are your wishes ?’ |
| 對曰、方六七十、如五六十、求也為之、比及三年、可使足民、如其禮樂、以俟君子。 | Jen Iou répondit : — Si j’avais à gouverner un petit pays de soixante à soixante‑dix stades, ou de cinquante à soixante, en trois ans, je pourrais mettre le peuple dans l’aisance. Pour ce qui concerne les cérémonies et la musique, j’attendrais la venue d’un sage. | Ch’iu replied, ’Suppose a state of sixty or seventy li square, or one of fifty or sixty, and let me have the government of it ;— in three years’ time, I could make plenty to abound among the people. As to teaching them the principles of propriety, and music, I must wait for the rise of a superior man to do that.’ |
| 【六節】赤、爾何如。 | Confucius dit : — Vous, Tch’eu, que feriez‑vous ? | 6. ’What are your wishes, Ch’ih,’ said the Master next to Kung-hsi Hwa. |
| 對曰、非曰能之、願學焉、宗廟之事、如會同、端章甫、願為小相焉。 | Koung si Houa répondit : — Je ne dis pas que j’en sois capable, mais je désirerais l’apprendre. Je désirerais, portant la tunique noirâtre et le bonnet noir, remplir l’office de petit aide dans les cérémonies en l’honneur des ancêtres, et, dans les réceptions à la cour impériale, soit quand les princes s’y réunissent tous ensemble, soit quand ils y sont appelés dans une circonstance particulière. | Ch’ih replied, ’I do not say that my ability extends to these things, but I should wish to learn them. At the services of the ancestral temple, and at the audiences of the princes with the sovereign, I should like, dressed in the dark square-made robe and the black linen cap, to act as a small assistant.’ |
| 【七節】點、爾何如。鼓瑟希鏗爾、舍瑟而作、對曰、異乎三子者之撰。子曰、何傷乎、赤各言其志也。 | Confucius dit : — Vous, Tien, que feriez‑vous ? Tseng Si cesse de toucher sa guitare ; mais les cordes vibrent encore. Il la dépose, se lève, et répond : — Je ne partage pas les aspirations des trois autres disciples. Le Maître dit : — Quel mal y a‑t‑il ? Chacun peut exprimer son sentiment. | 7. Last of all, the Master asked Tsang Hsi, ’Tien, what are your wishes ?’ Tien, pausing as he was playing on his lute, while it was yet twanging, laid the instrument aside, and rose. ’My wishes,’ he said, ’are different from the cherished purposes of these three gentlemen.’ ’What harm is there in that ?’ said the Master ; ’do you also, as well as they, speak out your wishes.’ |
| 曰、莫春者、春服既成、冠者五六人、童子六七人、浴乎沂、風乎舞雩、詠而歸。 | Tseng Si reprit : A la fin du printemps, quand les vêtements de la saison sont achevés, aller avec cinq ou six jeunes gens de vingt ans ou plus, avec six ou sept autres un peu moins âgés, me laver les mains et les pieds à la source tiède de la rivière I, respirer l’air frais sous les arbres de Ou iu, chanter des vers, et revenir ; voilà ce que j’aimerais. | Tien then said, ’In this, the last month of spring, with the dress of the season all complete, along with five or six young men who have assumed the cap, and six or seven boys, I would wash in the I, enjoy the breeze among the rain altars, and return home singing.’ |
| 夫子喟然歎曰、吾與點也。 | Le Maître dit en soupirant : — J’approuve le sentiment de Tien. | The Master heaved a sigh and said, ’I give my approval to Tien.’ |
| 【八節】三子者出,曾皙後。曾皙曰:「夫三子者之言何如?」子曰:「亦各言其志也已矣。」 | Quand les trois autres disciples se furent retirés, Tseng Si, resté seul, dit : — Que faut‑il penser de ce qu’ont dit ces trois disciples ? Le Maître répondit : — Chacun d’eux a exprimé son sentiment, et voilà tout. | 8. The three others having gone out, Tsang Hsi remained behind, and said, ’What do you think of the words of these three friends ?’ The Master replied, ’They simply told each one his wishes.’ |
| 【九節】曰、夫子何哂由也。 | Tseng Si dit : — Pourquoi le Maître a‑t‑il souri, après avoir entendu Iou ? | 9. Hsi pursued, ’Master, why did you smile at Yu ?’ |
| 【十節】曰、為國以禮、其言不讓、是故哂之。 | Le Maître répondit : Celui qui gouverne un État doit montrer de la modestie. Le langage de Iou n’a pas été modeste. Voilà pourquoi j’ai souri. | 10. He was answered, ’The management of a State demands the rules of propriety. His words were not humble ; therefore I smiled at him.’ |
| 【十一節】唯求則非邦也與。安見方六七十、如五六十、而非邦也者。 | Tseng Si dit : — K’iou n’a‑t‑il pas aussi parlé du gouvernement d’un État [202] ? Confucius répondit : — Existe-t‑il un domaine féodal de soixante à soixante‑dix stades, ou de cinquante à soixante stades qui ne soit pas un État, une principauté [203] ? | 11. Hsi again said, ’But was it not a State which Ch’iu proposed for himself ?’ The reply was, ’Yes ; did you ever see a territory of sixty or seventy li or one of fifty or sixty, which was not a State ?’ |
| 【十二節】唯赤則非邦也與。宗廟會同、非諸侯而何、赤也為之小、孰能為之大。 | Tseng si dit : — Tch’eu n’a‑t‑il pas aussi parlé du gouvernement d’un État ? Confucius répondit : — Les offrandes aux ancêtres des princes, les réunions soit particulières soit générales des princes, qui concernent‑elles, si ce n’est les princes [204] ? Si Tch’eu n’est qu’un petit assistant, qui pourra être grand assistant ? | 12. Once more, Hsi inquired, ’And was it not a State which Ch’ih proposed for himself ?’ The Master again replied, ’Yes ; who but princes have to do with ancestral temples, and with audiences but the sovereign ? If Ch’ih were to be a small assistant in these services, who could be a great one ? |
| 顏淵第十二 | CHAPITRE XII | BOOK XII. YEN YUAN. |
| 【第一章】【一節】顏淵問仁。子曰、克己復禮為仁、一日克己復禮、天下歸仁焉、為仁由己、而由人乎哉。 | XII.1. □ ■ Ien Iuen ayant interrogé Confucius sur la vertu parfaite, le Maître répondit : — Se vaincre soi-même, rendre à son cœur l’honnêteté qu’il tenait de la nature, voilà la vertu parfaite. Si un jour vous parvenez à vous vaincre vous‑même, à recouvrer entièrement l’honnêteté du cœur, aussitôt tout l’univers dira que votre vertu est parfaite. Il dépend de chacun d’être parfaitement vertueux. Est‑ce que cela dépend des autres hommes ? | CHAP. I. 1. Yen Yuan asked about perfect virtue. The Master said, ’To subdue one’s self and return to propriety, is perfect virtue. If a man can for one day subdue himself and return to propriety, all under heaven will ascribe perfect virtue to him. Is the practice of perfect virtue from a man himself, or is it from others ?’ |
| 【二節】顏淵曰、請問其目。子曰、非禮勿視、非禮勿聽、非禮勿言、非禮勿動。顏淵曰、回雖不敏、請事斯語矣。 | Ien Iuen dit : — Permettez‑moi de vous demander à quoi se résume la pratique de la vertu parfaite. Le Maître répondit : — Que vos yeux, vos oreilles, votre langue, tout en vous soit maintenu dans les règles de l’honnêteté. Ien Iuen dit : — Malgré mon incapacité, j’essaierai, si vous me le permettez, de mettre en pratique ce précepte. | 2. Yen Yuan said, ’I beg to ask the steps of that process.’ The Master replied, ’Look not at what is contrary to propriety ; listen not to what is contrary to propriety ; speak not what is contrary to propriety ; make no movement which is contrary to propriety.’ Yen Yuan then said, ’Though I am deficient in intelligence and vigour, I will make it my business to practise this lesson.’ |
| 第二章】仲弓問仁。子曰、出門如見大賓、使民如承大祭、己所不欲、勿 施於人、在邦無怨、在家無怨。仲弓曰、雍雖不敏、請事斯語矣。 | XII.2. Tchoung koung interrogea Confucius sur la vertu parfaite. Le Maître répondit : — En sortant de la maison, soyez attentif, comme si vous voyiez un hôte distingué ; en commandant au peuple, soyez aussi diligent que si vous présidiez à un sacrifice solennel ; ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse à vous‑même. Dans la principauté, personne ne sera mécontent de vous ; dans la famille, personne ne se plaindra de vous. Tchoung koung dit : — Malgré mon incapacité, si vous me le permettez, j’essaierai de suivre ce précepte. | CHAP. II. Chung-kung asked about perfect virtue. The Master said, ’It is, when you go abroad, to behave to every one as if you were receiving a great guest ; to employ the people as if you were assisting at a great sacrifice ; not to do to others as you would not wish done to yourself ; to have no murmuring against you in the country, and none in the family.’ Chung-kung said, ’Though I am deficient in intelligence and vigour, I will make it my business to practise this lesson.’ |
| 【第三章】【一節】司馬牛問仁。 | XII.3. Seu ma Gniou ayant interrogé Confucius sur la vertu parfaite, | CHAP. III. 1. Sze-ma Niu asked about perfect virtue. |
| 【二節】子曰、仁者其言也訒。 | le Maître répondit : — Un homme parfait parle difficilement, c’est‑à‑dire avec grande retenue, avec circonspection ; | 2. The Master said, ’The man of perfect virtue is cautious and slow in his speech.’ |
| 【三節】曰、其言也訒、斯謂之仁矣乎。子曰、為之難、言之得無訒乎。 | Seu ma Gniou dit :
— Pour être parfait, suffit‑il d’être circonspect dans ses paroles ? Le Maître répondit : — Celui qui est circonspect dans ses actions, peut‑il ne l’être pas dans ses paroles ? | 3. ’Cautious and slow in his speech !’ said Niu ;— ’is this what is meant by perfect virtue ?’ The Master said, ’When a man feels the difficulty of doing, can he be other than cautious and slow in speaking ?’ |
| 【第四章】【一節】司馬牛問君子。子曰、君子不憂不懼。 | XII.4. Seu ma Gniou demanda à Confucius ce que c’était qu’un homme sage. Le Maître répondit : — L’homme sage 君子 est exempt de chagrin et de crainte. | CHAP. IV. 1. Sze-ma Niu asked about the superior man. The Master said, ’The superior man has neither anxiety nor fear.’ |
| 【二節】曰、不憂不懼、斯謂之君子矣乎。 | Seu ma Gniou dit : — Pour être un sage, suffit‑il d’être exempt de chagrin et de crainte ? | 2. ’Being without anxiety or fear !’ said Nui ;— ’does this constitute what we call the superior man ?’ |
| 【三節】子曰、內省不疚、夫何憂何懼。 | Le Maître répondit : — Celui qui, examinant son cœur, ne reconnaît en lui aucune faute, quel chagrin, quelle crainte aurait‑il ? | 3. The Master said, ’When internal examination discovers nothing wrong, what is there to be anxious about, what is there to fear ?’ |
| 【第五章】【一節】司馬牛憂曰、人皆有兄弟、我獨亡。 | XII.5. Seu ma Gniou dit avec chagrin : — Les autres hommes ont tous des frères ou plus âgés ou moins âgés qu’eux ; je suis le seul qui n’en aie pas. [205] | CHAP. V. 1. Sze-ma Niu, full of anxiety, said, ’Other men all have their brothers, I only have not.’ |
| 【二節】子夏 | Tzeu hia répondit : — J’ai entendu dire | 2. Tsze-hsia said to him, ’There is the following saying which I have heard :— |
| 【三節】死生有命、富貴在天。 | que la vie et la mort sont soumises aux décrets de la Providence, que les richesses et les honneurs dépendent du Ciel. | 3. ’"Death and life have their determined appointment ; riches and honours depend upon Heaven." |
| 【四節】君子敬而無失、與人恭而有禮、四海之內、皆兄弟也、君子何患乎無兄弟也。 | L’homme sage veille sans cesse sur sa propre conduite ; il est poli, et remplit exactement ses devoirs envers les autres. Entre les quatre mers, tous les hommes sont ses frères. L’homme sage a‑t‑il lieu de s’affliger de n’avoir pas de frères ? | 4. ’Let the superior man never failreverentially to order his own conduct, and let him be respectful to others and observant of propriety :— then all within the four seas will be his brothers. What has the superior man to do with being distressed because he has no brothers ?’ |
| 【第六章】子張問明。子曰、浸潤之譖、膚受之愬、不行焉、可謂明也已矣、浸潤之譖、膚受之愬、不行焉、可謂遠也已矣。 | XII.6. Tzeu tchang demanda en quoi consiste la perspicacité. Le Maître répondit : — Ne pas admettre les calomnies qui s’insinuent peu à peu dans les esprits, ni les accusations qui font ressentir à ceux qui les écoutent comme la douleur d’une blessure ou d’une piqûre ; cela peut s’appeler perspicacité. Ne pas admettre les insinuations adroites des calomniateurs, ni les plaintes qui font éprouver comme la douleur d’une blessure ou d’une piqûre ; c’est la perspicacité d’un homme qui voit loin. | CHAP. VI. Tsze-chang asked what constituted intelligence. The Master said, ’He with whom neither slander that gradually soaks into the mind, nor statements that startle like a wound in the flesh, are successful, may be called intelligent indeed. Yea, he with whom neither soaking slander, nor startling statements, are successful, may be called farseeing.’ |
| 【第七章】【一節】子貢問政。子曰足食、足兵、民信之矣。 | XII.7. Tzeu koung interrogea Confucius sur l’administration des affaires publiques. Le Maître répondit : — Celui qui administre les affaires publiques doit avoir soin que les vivres ne manquent pas, que les forces militaires soient suffisantes, que le peuple lui donne sa confiance. | CHAP. VII. 1. Tsze-kung asked about government. The Master said, ’The requisites of government are that there be sufficiency of food, sufficiency of military equipment, and the confidence of the people in their ruler.’ |
| 【二節】子貢曰、必不得已而去、於斯三者何先。曰、去兵。 | Tzeu koung dit : — S’il est absolument nécessaire de négliger une de ces trois choses, laquelle convient‑il de négliger ? — Les forces militaires, répondit Confucius. | 2. Tsze-kung said, ’If it cannot be helped, and one of these must be dispensed with, which of the three should be foregone first ?’ ’The military equipment,’ said the Master. |
| 子貢曰、必不得已而去、於斯二者何先。曰、去食、自古皆有死、民無信不立。 | — Et s’il est absolument nécessaire d’en négliger encore une seconde, dit Tzeu koung, quelle sera‑t‑elle ? Les vivres, répondit Confucius, car de tout temps les hommes ont été sujets à la mort, mais si le peuple n’a pas confiance en ceux qui le gouvernent, c’en est fait de lui. | 3. Tsze-kung again asked, ’If it cannot be helped, and one of the remaining two must be dispensed with, which of them should be foregone ?’ The Master answered, ’Part with the food. From of old, death has been the lot of all men ; but if the people have no faith in their rulers, there is no standing for the state.’ |
| 第八章】【一節】棘子成曰、君子質而已矣、何以文為。 | XII.8. Ki Tzeu tch’eng [206] dit : — Que le sage ait des vertus solides, cela suffit. Qu’a‑t‑il à faire de l’urbanité et de tout ce qui ne servirait que comme d’ornement à sa personne ? | CHAP. VIII. 1. Chi Tsze-ch’ang said, ’In a superior man it is only the substantial qualities which are wanted ;— why should we seek for ornamental accomplishments ?’ |
| 【二節】子貢曰、惜乎夫子之說、君子也、駟不及舌。 | Tzeu koung répondit : — C’est bien dommage ! Vous parlez ordinairement, Seigneur, en homme sage [207]. Un attelage de quatre chevaux ne saurait aller aussi vite que la langue [208] | 2. Tsze-kung said, ’Alas ! Your words, sir, show you to be a superior man, but four horses cannot overtake the tongue. |
| 【三節】文猶質也、質猶文也、虎豹之(kuo4, 革+享、與鞹同)、猶犬羊之(kuo4, 革+享、與鞹同)。 | On doit soigner l’extérieur comme l’intérieur, et l’intérieur comme l’extérieur. Une peau de tigre ou de léopard ne se distingue pas d’une peau de chien ou de brebis, quand le poil est raclé [209]. | 3. Ornament is as substance ; substance is as ornament. The hide of a tiger or a leopard stripped of its hair, is like the hide of a dog or a goat stripped of its hair.’ |
| 【第九章】【一節】哀公問於有若曰年饑、用不足、如之何。 | XII.9. Ngai, prince de Lou, dit à Iou jo : — Cette année les récoltes ont manqué ; je n’ai pas assez pour mes dépenses ; que faut‑il faire ? | CHAP. IX. 1. The Duke Ai inquired of Yu Zo, saying, ’The year is one of scarcity, and the returns for expenditure are not sufficient ;— what is to be done ?’ |
| 【二節】有若對曰、盍徹乎。 | Iou jo répondit : — Pourquoi ne percevez‑vous pas la dixième partie des produits de la terre ? | 2. Yu Zo replied to him, ’Why not simply tithe the people ?’ |
| 【三節】曰、二、吾猶不足、如之何其徹也。 | Le prince dit : — Les deux dixièmes ne me suffisent pas. Comment puis‑je n’exiger qu’un dixième ? | 3. ’With two tenths, said the duke, ’I find it not enough ;— how could I do with that system of one tenth ?’ |
| 【四節】對曰、百姓足、君孰與不足、百姓不足、君孰與足。 | lou jo répliqua : — Quand le peuple a le suffisant, le prince ne l’a‑t‑il pas aussi avec tous ses sujets ? Quand le peuple manque du suffisant, le prince ne manque‑t‑il pas aussi du suffisant [210] ? | 4. Yu Zo answered, ’If the people have plenty, their prince will not be left to want alone. If the people are in want, their prince cannot enjoy plenty alone.’ |
| 【第十章】【一節】子張問崇德、辨惑。子曰、主忠信、徒義、崇德也。 | XII.10. Tzeu tchang demanda à Confucius ce qu’il fallait faire pour acquérir une grande vertu et pour reconnaître l’erreur. Le Maître répondit : — Le moyen d’acquérir une grande vertu, c’est de s’appliquer principalement à garder la fidélité et la sincérité, et d’observer la justice. | CHAP. X. 1. Tsze-chang having asked how virtue was to be exalted, and delusions to be discovered, the Master said, ’Hold faithfulness and sincerity as first principles, and be moving continually to what is right ;— this is the way to exalt one’s virtue. |
| 【二節】愛之欲其生、惡之欲其死、既欲其生、又欲其死、是惑也。 | Désirer la conservation de ceux que vous aimez et la mort d’un homme dont vous désiriez auparavant la conservation, c’est vous tromper [211] | 2. ’You love a man and wish him to live ; you hate him and wish him to die. Having wished him to live, you also wish him to die. This is a case of delusion. |
| 誠不以富亦祇以異。 | 3. ’"It may not be on account of her being rich, yet you come to make a difference."’ | |
| 【十一章】【一節】齊景公問政於孔子。 | XII.11. King, prince de Ts’i, interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Confucius répondit : | CHAP. XI. 1. The Duke Ching, of Ch’i, asked Confucius about government. |
| 【二節】孔子對曰、君君、臣臣、父父、子子。 | Que le prince remplisse ses devoirs de prince, le sujet ses devoirs de sujet, le père ses devoirs de père, le fils ses devoirs de fils. | 2. Confucius replied, ’There is government, when the prince is prince, and the minister is minister ; when the father is father, and the son is son.’ |
| 【三節】公曰、善哉、信如君不君、臣不臣、父不父、子不子、 雖有粟、吾得而食諸。 | Très bien, dit le prince. En effet, si le prince ne remplit pas ses devoirs de prince, le sujet ses devoirs de sujet, le père ses devoirs de père, le fils ses devoirs de fils, quand même les grains ne manqueraient pas, pourrais‑je en avoir pour vivre ? | 3. ’Good !’ said the duke ; ’if, indeed ; the prince be not prince, the minister not minister, the father not father, and the son not son, although I have my revenue, can I enjoy it ?’ |
| 【十二章】【一節】子曰、片言可以折獄者、其由也與。 | XII.12. Le Maître dit : — Iou [212] est homme à terminer un procès en disant un seul mot. | CHAP. XII. 1. The Master said, ’Ah ! it is Yu, who could with half a word settle litigations !’ |
| 【二節】子路無宿諾。 | Tzeu lou exécutait ses promesses sans retard. [213] | 2. Tsze-lu never slept over a promise. |
| 【十三章】子曰、聽訟、吾猶人也、必也、使無訟乎。 | XII.13. Le Maître dit : — Entendre les plaideurs et rendre la justice, je le puis, tout comme un autre. L’important serait de faire qu’il n’y eût plus de plaideurs. | CHAP. XIII. The Master said, ’In hearing litigations, I am like any other body. What is necessary, however, is to cause the people to have no litigations.’ |
| 【十四章】子張問政。子曰、居之無倦、行之以忠。 | XII.14. Tzeu tchang interrogea Confucius sur l’administration. Le Maître répondit : — Il faut appliquer son esprit aux affaires sans relâche, et les traiter avec justice. | CHAP. XIV. Tsze-chang asked about government. The Master said, ’The art of governing is to keep its affairs before the mind without weariness, and to practise them with undeviating consistency.’ |
| 【十五章】子曰、博學於文、約之以禮、亦可以弗畔矣夫。 | CHAP. XV. The Master said, ’By extensively studying all learning, and keeping himself under the restraint of the rules of propriety, one may thus likewise not err from what is right.’ | |
| 【十六章】子曰、君子成人之美、不成人之惡、小人反是。 | XII.15. Le Maître dit : — Le sage aide les autres à bien faire, mais non à mal faire. L’homme vulgaire tient une conduite tout opposée. | CHAP. XVI. The Master said, ’The superior man seeks to perfect the admirable qualities of men, and does not seek to perfect their bad qualities. The mean man does the opposite of this.’ |
| 【十七章】李康子問政於孔子。孔子對曰、政者正也、子帥以正、孰敢不正。 | XII.16. Ki K’ang tzeu interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Confucius répondit : — Gouverner ou diriger les hommes, c’est leur faire suivre la voie droite. Si vous-même, Seigneur, marchez à leur tête dans la voie droite, qui osera ne pas la suivre ? | CHAP. XVII. Chi K’ang asked Confucius about government. Confucius replied, ’To govern means to rectify. If you lead on the people with correctness, who will dare not to be correct ?’ |
| 李康子患盜、問於孔子。孔子對曰、苟子之不欲、雖賞之不竊。 | XII.17. □ Ki K’ang tzeu était dans l’embarras à cause des voleurs ; il consulta Confucius. Le philosophe lui répondit : — Seigneur, ne soyez ni cupide ni ambitieux, et il n’y aura plus de voleurs, quand même vous encourageriez le vol par des récompenses. | CHAP. XVIII. Chi K’ang, distressed about the number of thieves in the state, inquired of Confucius how to do away with them. Confucius said, ’If you, sir, were not covetous, although you should reward them to do it, they would not steal.’ |
| 【十九章】李康子問政於孔子、曰、如殺無道、以就有道、何如。孔子對曰、子為政、焉用殺、子欲善、而民善矣、君子之德風、小人之德草、草上之風必偃。 | XII.18. Ki K’ang tzeu, interrogeant Confucius sur la manière de gouverner, lui dit : — Ne ferais‑je pas bien de mettre à mort les malfaiteurs, afin de rendre le peuple vertueux ? Confucius répondit : — Pour gouverner le peuple, Seigneur, avez‑vous besoin de la peine de mort ? Vous‑même veuillez sérieusement être vertueux, et votre peuple sera vertueux. La vertu du prince est comme le vent ; celle du peuple est comme l’herbe. Au souffle du vent, l’herbe se courbe toujours. | CHAP. XIX. Chi K’ang asked Confucius about government, saying, ’What do you say to killing the unprincipled for the good of the principled ?’ Confucius replied, ’Sir, in carrying on your government, why should you use killing at all ? Let your evinced desires be for what is good, and the people will be good. The relation between superiors and inferiors, is like that between the wind and the grass. The grass must bend, when the wind blows across it.’ |
| 【二十章】【一節】子張問士何如、斯可謂之達矣。 | XII.19. Tzeu tchang demanda à Confucius ce que devait faire le disciple de la sagesse pour mériter d’être appelé illustre. | CHAP. XX. 1. Tsze-chang asked, ’What must the officer be, who may be said to be distinguished ?’ |
| 【二節】子曰、何哉、爾所謂達者。 | Le Maître dit : — Qu’appelez‑vous homme illustre | 2. The Master said, ’What is it you call being distinguished ?’ |
| 【三節】子張對曰、在邦必聞、在家必聞。 | Tzeu tchang répondit : — Celui qui a du renom auprès de son prince, de ses concitoyens, et de tous ses parents. | 3. Tsze-chang replied, ’It is to be heard of through the State, to be heard of throughout his clan.’ |
| 【四節】子曰、是聞也、非達也。 | Le Maître reprit : | 4. The Master said, ’That is notoriety, not distinction. |
| 【五節】夫達也者、質直而好義、察言而觀色、慮以下人、在邦必達、在家必達。 | Un homme illustre est simple, droit, ami de la justice. Il fait attention aux paroles qu’il entend, et il observe l’air du visage [214]. Il a soin de se mettre au‑dessous des autres. Il est illustre auprès de ses concitoyens et de ses parents | 5. ’Now the man of distinction is solid and straightforward, and loves righteousness. He examines people’s words, and looks at their countenances. He is anxious to humble himself to others. Such a man will be distinguished in the country ; he will be distinguished in his clan. |
| 【六節】夫聞也者、色取仁而行違、居之不疑、在邦必聞、在家必聞。 | . Un homme qui a seulement du renom revêt une apparence de vertu, mais ses actions sont opposées à la vertu. Il se flatte d’être vertueux et s’en tient assuré. Il a du renom auprès de ses concitoyens et de ses parents [215] | 6. ’As to the man of notoriety, he assumes the appearance of virtue, but his actions are opposed to it, and he rests in this character without any doubts about himself. Such a man will be heard of in the country ; he will be heard of in the clan.’ |
| 【廿一章】【一節】樊遲從遊於舞雩之下。曰、敢問崇德、修慝、辨惑。 | XII.20. Fan Tch’eu, accompagnant Confucius dans une promenade au pied de la colline nommée Ou iu, lui dit : — Permettez‑moi de vous demander comment on peut acquérir une grande vertu, corriger ses défauts, reconnaître ses erreurs. | CHAP. XXI. 1. Fan Ch’ih rambling with the Master under the trees about the rain altars, said, ’I venture to ask how to exalt virtue, to correct cherished evil, and to discover delusions.’ |
| 子曰、善哉問。 | Le Maître répondit : — Quelle excellente question ! | 2. The Master said, ’Truly a good question ! |
| 【三節】先事後得、非崇德與、攻其惡、無攻人之惡、非修慝與、一朝之忿、忘其身以及其親、非惑與。 | Avoir en vue la pratique plutôt que la possession de la vertu, n’est‑ce pas le moyen d’acquérir une grande vertu ? Faire la guerre à ses propres défauts, et non à ceux d’autrui, n’est‑ce pas le moyen de se corriger ? Dans un moment de colère, mettre en danger sa vie et celle de ses parents, n’est‑ce pas illusion ? | 3. ’If doing what is to be done be made the first business, and success a secondary consideration ;— is not this the way to exalt virtue ? To assail one’s own wickedness and not assail that of others ;— is not this the way to correct cherished evil ? For a morning’s anger to disregard one’s own life, and involve that of his parents ;— is not this a case of delusion ?’ |
| 【廿二章】【一節】樊遲問仁。子曰、愛人。問知。子曰、知人。 | XII.21. □ Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la vertu d’humanité. — Elle consiste à aimer les hommes, répondit le Maître. Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la prudence. — Elle consiste à connaître les hommes, répondit Confucius. | CHAP. XXII. 1. Fan Ch’ih asked about benevolence. The Master said, ’It is to love all men.’ He asked about knowledge. The Master said, ’It is to know all men.’ |
| 【二節】樊遲未達。 | Fan Tch’eu ne comprenant pas, le Maître dit : | 2. Fan Ch’ih did not immediately understand these answers. |
| 【三節】子曰、舉直錯諸枉、能使枉者直。 | — En élevant aux charges les hommes vertueux, et en laissant de côté les méchants, on peut déterminer les méchants à se corriger. | 3. The Master said, ’Employ the upright and put aside all the crooked ;— in this way the crooked can be made to be upright.’ |
| 【四節】樊遲退、見子夏曰、鄉也、吾見於夫子而問知。子曰、舉直錯諸枉、能使枉者直、何謂也。 | Fan Tch’eu s’étant retiré, alla trouver Tzeu hia, et lui dit : — Tout à l’heure, j’ai été voir le Maître, et lui ai demandé en quoi consiste la prudence. Il m’a répondu : En élevant aux charges les hommes de bien et en écartant les hommes vicieux, on peut déterminer les méchants à se corriger. Que signifient ces paroles ? | 4. Fan Ch’ih retired, and, seeing Tsze-hsia, he said to him, ’A Little while ago, I had an interview with our Master, and asked him about knowledge. He said, ’Employ the upright, and put aside all the crooked ;— in this way, the crooked will be made to be upright.’ What did he mean ?’ |
| 【五節】子夏曰、富哉言乎。 | Tzeu hia dit : — Ces paroles sont pleines de sens. | 5. Tsze-hsia said, ’Truly rich is his saying ! |
| 【六節】舜有天下、選於眾、舉皋陶、不仁者遠矣、湯有天下、選於眾、舉伊尹、不仁者遠矣。 | Chouenn, devenu maître de l’empire, choisit entre tous ses sujets et promut Kao iao ; les méchants s’en allèrent bien loin. T’ang, parvenu à l’empire, choisit entre tous ses sujets et promut I in ; tous les méchants disparurent. | 6. ’Shun, being in possession of the kingdom, selected from among all the people, and employed Kao-yao, on which all who were devoid of virtue disappeared. T’ang, being in possession of the kingdom, selected from among all the people, and employed I Yin, and all who were devoid of virtue disappeared.’ |
| 【廿三章】子貢問友。子曰、忠告而善道之、不可則止、毋自辱焉。 | XII.22. Tzeu koung ayant interrogé Confucius sur l’amitié, le Maître dit : — Avertissez vos amis avec franchise, et conseillez‑les avec douceur. S’ils n’approuvent pas vos avis, arrêtez ; craignez de vous attirer un affront. | CHAP. XXIII. Tsze-kung asked about friendship. The Master said, ’Faithfully admonish your friend, and skillfully lead him on. If you find him impracticable, stop. Do not disgrace yourself.’ |
| 【廿四章】曾子曰、君子以文會友、以友輔仁。 | XII.23. Tseng tzeu dit : | CHAP. XXIV. The philosopher Tsang said, ’The superior man on grounds of culture meets with his friends, and by their friendship helps his virtue.’ |
| 子路第十三 | CHAPITRE XIII | BOOK XIII. TSZE-LU. |
| 第一章】【一節】子路問政。子曰、先之、勞之。 | XIII.1. Tzeu lou interrogea Confucius sur la manière de gouverner le peuple. Le Maître répondit : — Que le prince donne lui-même l’exemple de toutes les vertus, et prête secours au peuple dans ses travaux. | CHAP. I. 1. Tsze-lu asked about government. The Master said, ’Go before the people with your example, and be laborious in their affairs.’ |
| 【二節】請益。曰、無倦。 | Tzeu lou pria le Maître de lui en dire davantage. Confucius répondit : — Que le prince s’applique sans relâche à faire les deux choses que je viens de dire. | 2. He requested further instruction, and was answered, ’Be not weary (in these things).’ |
| 【第二章】【一節】仲弓為李氏宰、問政。子曰、先有司、赦小過、舉賢才。 | XIII.2. Tchoung koung était grand intendant du chef de la famille Ki. Il interrogea Confucius sur l’administration. Le Maître dit : — Mettez en avant les préfets, c’est‑à‑dire ne faites pas tout par vous‑même, mais servez‑vous des préfets, qui sont à vos ordres ; pardonnez les fautes légères ; mettez en charge des hommes sages et habiles. | CHAP. II. 1. Chung-kung, being chief minister to the Head of the Chi family, asked about government. The Master said, ’Employ first the services of your various officers, pardon small faults, and raise to office men of virtue and talents.’ |
| 【二節】曰、焉知賢才而舉之。曰、舉爾所知、爾所不知、人其舍諸。 | Tchoung koung dit : — Comment connaîtrai-je les hommes sages et habiles, afin de leur confier les charges ? Confucius répondit : — Mettez en charge ceux que vous connaissez. Quant à ceux que vous ne connaissez pas, est‑ce que d’autres ne vous les feront pas connaître ? | 2. Chung-kung said, ’How shall I know the men of virtue and talent, so that I may raise them to office ?’ He was answered, ’Raise to office those whom you know. As to those whom you do not know, will others neglect them ?’ |
| 【第三章】【一節】子路曰、衛君待子而為政、子將奚先。 | XIII.3. □ ■ Ώ Tzeu lou dit : — Si le prince de Wei vous attendait pour régler avec vous les affaires publiques, à quoi donneriez‑vous votre premier soin ? | CHAP. III. 1. Tsze-lu said, ’The ruler of Wei has been waiting for you, in order with you to administer the government. What will you consider the first thing to be done ?’ |
| 【二節】子曰、必也、正名乎。 | — A rendre à chaque chose son vrai nom, répondit le Maître. | 2. The Master replied, ’What is necessary is to rectify names.’ |
| 【三節】子路曰、有是哉、子之迂也、奚其正。 | — Est‑ce raisonnable ? répliqua Tzeu lou. Maître, vous vous égarez loin du but. A quoi bon cette réforme des noms ? | 3. ’So, indeed !’ said Tsze-lu. ’You are wide of the mark ! Why must there be such rectification ?’ |
| 【四節】子曰、野哉、由也、君子於其所不知、蓋闕如也。 | Le Maître répondit : — Que Iou est grossier ! Un homme sage se garde de dire ou de faire ce qu’il ne sait pas. | 4. The Master said, ’How uncultivated you are, Yu ! A superior man, in regard to what he does not know, shows a cautious reserve. |
| 【五節】名不正、則言不順、言不順、則事不成。 | « Si les noms ne conviennent pas aux choses, il y a confusion dans le langage. S’il y a confusion dans le langage, les choses ne s’exécutent pas. | 5. ’If names be not correct, language is not in accordance with the truth of things. If language be not in accordance with the truth of things, affairs cannot be carried on to success. |
| 【六節】事不成、則禮樂不興、禮樂不興、則刑罰不中、刑罰不中、則民無所措手足。 | . Si les choses ne s’exécutent pas, les bienséances et l’harmonie sont négligées. Les bienséances et l’harmonie étant négligées, les supplices et les autres châtiments ne sont pas proportionnés aux fautes. Les supplices et les autres châtiments n’étant plus proportionnés aux fautes, le peuple ne sait plus où mettre la main ni le pied. | 6. ’When affairs cannot be carried on to success, proprieties and music will not flourish. When proprieties and music do not flourish, punishments will not be properly awarded. When punishments are not properly awarded, the people do not know how to move hand or foot. |
| 【七節】故君子名之必可言也、言之必可行也、君子於其言、無所茍而已矣。 | « Un prince sage donne aux choses les noms qui leur conviennent, et chaque chose doit être traitée d’après la signification du nom qu’il lui donne. Dans le choix des noms il est très attentif. » [216] | 7. ’Therefore a superior man considers it necessary that the names he uses may be spoken appropriately, and also that what he speaks may be carried out appropriately. What the superior man requires, is just that in his words there may be nothing incorrect.’ |
| 【第四章】【一節】樊遲請學稼。子曰、吾不如老農。請學為圃。曰、吾不如老圃。 | XIII.4. Fan Tch’eu pria Confucius de lui enseigner l’agriculture. Le Maître répondit : — Un vieux laboureur vous l’enseignerait mieux que moi. Fan Tch’eu le pria de lui enseigner l’art de cultiver les jardins potagers. Confucius répondit : — Un vieux jardinier vous l’enseignerait mieux que moi. | CHAP. IV. 1. Fan Ch’ih requested to be taught husbandry. The Master said, ’I am not so good for that as an old husbandman.’ He requested also to be taught gardening, and was answered, ’I am not so good for that as an old gardener.’ |
| 【二節】樊遲出。子曰、小人哉、樊須也。 | Comme Fan Tch’eu se retirait, le Maître lui dit : — Que Fan Siu a l’esprit petit ! | 2. Fan Ch’ih having gone out, the Master said, ’A small man, indeed, is Fan Hsu ! |
| 【三節】上好禮、則民莫敢不敬、上好義、則民莫敢不服、上好信、則民莫敢不用情、夫如是、則四方之民、襁負其子而至矣、焉用稼。 | Si le prince aime l’urbanité et les convenances, aucun de ses sujets n’osera les négliger. Si le prince aime la justice, aucun de ses sujets n’osera lui refuser l’obéissance. Si le prince aime la sincérité, aucun de ses sujets n’osera agir de mauvaise foi. Les choses étant ainsi, les habitants de toutes les contrées accourront à lui, avec leurs petits enfants sur leurs épaules. Quel besoin a‑t‑il d’apprendre l’agriculture ? | 3. If a superior love propriety, the people will not dare not to be reverent. If he love righteousness, the people will not dare not to submit to his example. If he love good faith, the people will not dare not to be sincere. Now, when these things obtain, the people from all quarters will come to him, bearing their children on their backs ;— what need has he of a knowledge of husbandry ?’ |
| 【第五章】子曰、誦詩三百、授之以政、不達、使於四方、不能專對、雖多、亦奚以為。 | XIII.5. Le Maître dit : — Supposons qu’un homme ait appris les trois cents odes du Cheu king ; qu’ensuite, s’il est chargé d’une partie de l’administration, il manque d’habileté ; s’il est envoyé en mission dans les pays étrangers, il soit incapable de répondre par lui-même ; que lui sert toute sa littérature ? | CHAP. V. The Master said, ’Though a man may be able to recite the three hundred odes, yet if, when intrusted with a governmental charge, he knows not how to act, or if, when sent to any quarter on a mission, he cannot give his replies unassisted, notwithstanding the extent of his learning, of what practical use is it ?’ |
| 【第六章】子曰、其身正、不令而行、其身不正、雖令不從。 | XIII.6. Le Maître dit : | CHAP. VI. The Master said, ’When a prince’s personal conduct is correct, his government is effective without the issuing of orders. If his personal conduct is not correct, he may issue orders, but they will not be followed.’ |
| 【第七章】子曰、魯衛之政、兄弟也。 | XIII.7. Le Maître dit : — Les deux principautés de Lou et de Wei sont sœurs par leur administration, comme par leur origine. [217] | CHAP. VII. The Master said, ’The governments of Lu and Wei are brothers.’ |
| 【第八章】子謂衛公子荊善居室、始有、曰、苟合矣、少有、曰、苟完矣、富有、曰、苟美矣。 | XIII.8. Le Maître disait que Koung Tzeu king, tai fou de la principauté de Wei, était toujours content de l’état de sa maison ; que, quand il commença à posséder quelque chose, il disait : — J’ai amassé un peu, que, quand il eut des ressources suffisantes, il disait : — Je suis presque au comble de l’opulence, que, quand il fut devenu riche, il disait : — Je suis presque dans la splendeur. | CHAP. VIII. The Master said of Ching, a scion of the ducal family of Wei, that he knew the economy of a family well. When he began to have means, he said, ’Ha ! here is a collection !’ When they were a little increased, he said, ’Ha ! this is complete !’ When he had become rich, he said, ’Ha ! this is admirable !’ |
| 【第九章】【一節】子適衛、冉有僕。 | XIII.9. Le Maître alla dans la principauté de Wei avec Jen Iou, qui conduisait sa voiture. | CHAP. IX. 1. When the Master went to Wei, Zan Yu acted as driver of his carriage. |
| 【二節】子曰、庶矣哉。 | Le Maître dit : — Que les habitants sont nombreux ! | 2. The Master observed, ’How numerous are the people !’ |
| 【三節】冉有曰、既庶矣、又何加焉。曰、富之。 | — Maintenant qu’ils sont nombreux, dit Jen Iou, que faut‑il faire pour eux ? Le Maître répondit : — Les rendre riches. | 3. Yu said, ’Since they are thus numerous, what more shall be done for them ?’ ’Enrich them,’ was the reply. |
| 【四節】曰、既富矣、又何加焉。曰、教之。 | Jen Iou reprit — Quand ils seront devenus riches, que faudra‑t‑il faire de plus pour eux ? — Les instruire, répondit Confucius. | 4. ’And when they have been enriched, what more shall be done ?’ The Master said, ’Teach them.’ |
| 【第十章】子曰:「苟有用我者。期月而已可也,三年有成。」 | XIII.10. Le Maître dit : — Si un prince me chargeait de l’administration des affaires publiques, au bout d’un an, elle serait assez bien réglée ; au bout de trois ans, elle serait parfaite. | CHAP. X. The Master said, ’If there were (any of the princes) who would employ me, in the course of twelve months, I should have done something considerable. In three years, the government would be perfected.’ |
| 子曰、善人為邦百年、亦可以媵殘去殺矣、誠哉是言也。 | XIII.11. Le Maître dit : — Si des princes vertueux se succédaient sur le trône durant cent ans, a dit un poète, ils parviendraient à corriger les hommes les plus scélérats, et à ne plus appliquer la peine de mort. Que ces paroles sont véritables ! | CHAP. XI. The Master said, ’"If good men were to govern a country in succession for a hundred years, they would be able to transform the violently bad, and dispense with capital punishments." True indeed is this saying !’ |
| 【十二章】子曰、如有王者、必世而後仁。 | XIII.12. Le Maître dit : — S’il paraissait un souverain vraiment digne de ce nom, au bout de trente ans, la vertu fleurirait partout. | CHAP. XII. The Master said, ’If a truly royal ruler were to arise, it would still require a generation, and then virtue would prevail.’ |
| 【十三章】子曰、苟正其身矣、於從政乎何有、不能正其身、如正人何。 | XIII.13. Le Maître dit : — Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura‑t‑il à gouverner l’État ? Mais celui qui ne sait pas se gouverner lui-même, comment pourra‑t‑il gouverner les autres ? | CHAP. XIII. The Master said, ’If a minister make his own conduct correct, what difficulty will he have in assisting in government ? If he cannot rectify himself, what has he to do with rectifying others ?’ |
| 【十四章】冉子退朝、子曰、何晏也。對曰、有政。子曰、其事也、如有政、雖不吾以、吾其與聞之。 | XIII.14. Jen Iou revenant du palais, le Maître lui dit : — Pourquoi revenez‑vous si tard ? Jen Iou répondit : — Les affaires publiques m’ont retenu. Le Maître répliqua : — Vous avez été retenu par les affaires particulières de ce Ki suenn [218]. S’il y avait eu des affaires publiques, quoique je ne sois plus en charge, j’aurais été appelé à la délibération. | CHAP. XIV. The disciple Zan returning from the court, the Master said to him, ’How are you so late ?’ He replied, ’We had government business.’ The Master said, ’It must have been family affairs. If there had been government business, though I am not now in office, I should have been consulted about it.’ |
| 【十五章】【一節】定公問一言而可以興邦、有諸。孔子對曰、言不可以若是其幾也。 | XIII.15. Ting, prince de Lou, demanda à Confucius s’il existait une sentence qu’il suffise de suivre pour gouverner parfaitement. Confucius répondit : — Une sentence ne peut avoir une si grande portée. | CHAP. XV. 1. The Duke Ting asked whether there was a single sentence which could make a country prosperous. Confucius replied, ’Such an effect cannot be expected from one sentence. |
| 【二節】人之言曰、為君難、為臣不易。 | . On dit communément qu’il est malaisé d’être bon souverain, qu’il n’est pas facile d’être bon ministre d’État. | 2. ’There is a saying, however, which people have— "To be a prince is difficult ; to be a minister is not easy." |
| 【三節】如知為君之難也、不幾乎一言而興邦乎。 | Si un prince comprenait bien la difficulté de régner, cette seule sentence ne lui serait‑elle pas presque suffisante pour régler parfaitement son administration ? | 3. ’If a ruler knows this,— the difficulty of being a prince,— may there not be expected from this one sentence the prosperity of his country ? |
| 【四節】曰、一言而喪邦有諸。孔子對曰、言不可以若是其幾也、人之言曰、予無樂乎為君、唯其言而莫予違也。 | Le prince Ting dit :
— Existe‑t‑il une maxime telle que, si un prince la met en pratique, il perdra ses États ? Confucius répondit : — Une maxime ne peut avoir une si grande portée. On dit communément : Je ne trouve pas d’agrément dans l’exercice du pouvoir ; une seule chose me plaît, c’est que, quand je parle, personne ne me contredit. | 4. The duke then said, ’Is there a single sentence which can ruin a country ?’ Confucius replied, ’Such an effect as that cannot be expected from one sentence. There is, however, the saying which people have— "I have no pleasure in being a prince, but only in that no one can offer any opposition to what I say !" |
| 【五節】如其善、而莫之違也、不亦善乎。如不善而莫之違也、不幾乎一言而喪邦乎。 | Si le prince parle bien, et que personne ne le contredise, ne sera‑ce pas bien ? Mais s’il parle mal, et que personne ne le contredise, ce seul mauvais principe ne le mettra‑t‑il pas en danger de perdre la souveraineté ? | 5. ’If a ruler’s words be good, is it not also good that no one oppose them ? But if they are not good, and no one opposes them, may there not be expected from this one sentence the ruin of his country ?’ |
| 【十六章】【一節】葉公問政。 | XIII.16. Le prince de Che interrogea Confucius sur la manière de gouverner. | CHAP. XVI. 1. The Duke of Sheh asked about government. |
| 【二節】子曰、近者說、遠者來。 | Le Maître répondit : — Si ceux qui vivent près du prince sont contents, si ceux qui sont loin viennent d’eux‑mêmes, le gouvernement est bien réglé. | 2. The Master said, ’Good government obtains, when those who are near are made happy, and those who are far off are attracted.’ |
| 【十七章】子夏為莒父宰、問政。子曰、無欲速、無見小利。欲速則不達、見小利則大事不成。 | XIII.17. Tzeu hia, étant préfet de Kiu fou, interrogea Confucius sur l’administration des préfectures. Le Maître dit : — Ne vous hâtez pas trop ; ne recherchez pas les petits avantages. Qui se hâte n’atteint pas loin ; qui poursuit de petits avantages néglige les grandes choses. | CHAP. XVII. Tsze-hsia, being governor of Chu-fu, asked about government. The Master said, ’Do not be desirous to have things done quickly ; do not look at small advantages. Desire to have things done quickly prevents their being done thoroughly. Looking at small advantages prevents great affairs from being accomplished.’ |
| 【十八章】【一節】葉公語孔子曰、吾黨有直躬者、其父攘羊、而子證之。 | XIII.18. Le prince de Che dit à Confucius : — Dans mon pays il est des hommes qui font profession de droiture. Parmi eux, si un père vole une brebis, son fils rend témoignage contre lui. | CHAP. XVIII. 1. The Duke of Sheh informed Confucius, saying, ’Among us here there are those who may be styled upright in their conduct. If their father have stolen a sheep, they will bear witness to the fact.’ |
| 【二節】孔子曰、吾黨之直者異於是、父為子隱、子為父隱、直在其中矣。 | Confucius répondit : — Dans mon pays, les hommes droits agissent autrement. Le père cache les fautes de son fils, et le fils celles de son père. Cette conduite n’est pas opposée à la droiture. | 2. Confucius said, ’Among us, in our part of the country, those who are upright are different from this. The father conceals the misconduct of the son, and the son conceals the misconduct of the father. Uprightness is to be found in this.’ |
| 【十九章】樊遲問仁。子曰、居處恭、執事敬、與人忠、雖之夷狄、不可棄也。 | XIII.19. Fan Tch’eu interrogea Confucius sur la vertu parfaite. Le Maître répondit : — Quand vous êtes seul à la maison, veillez sur vous‑même ; dans le maniement des affaires, soyez diligent ; soyez de bonne foi avec tout le monde. Fussiez‑vous au milieu des tribus barbares, il ne vous serait pas permis de négliger l’une de ces trois choses. | CHAP. XIX. Fan Ch’ih asked about perfect virtue. The Master said, ’It is, in retirement, to be sedately grave ; in the management of business, to be reverently attentive ; in intercourse with others, to be strictly sincere. Though a man go among rude, uncultivated tribes, these qualities may not be neglected.’ |
| 【二十章】【一節】子貢問曰、何如斯可謂之士矣。子曰、行己有恥、使於四方、不辱君命、可謂士矣。 | XIII.20. Tzeu koung demanda ce qu’à fallait faire pour mériter d’être appelé disciple de la sagesse. Le Maître répondit : — Celui-là mérite d’être appelé disciple de la sagesse qui dans sa conduite privée a de la pudeur et, dans les missions qui lui sont confiées en pays étrangers, ne déshonore pas le prince qui l’a envoyé. | CHAP. XX. 1. Tsze-kung asked, saying, ’What qualities must a man possess to entitle him to be called an officer ? The Master said, ’He who in his conduct of himself maintains a sense of shame, and when sent to any quarter will not disgrace his prince’s commission, deserves to be called an officer.’ |
| 【二節】曰、敢問其次。曰、宗族稱孝焉、鄉黨稱弟焉。 | Tzeu koung dit : — Permettez‑moi de vous demander quel est celui qui vient immédiatement après le disciple de la sagesse. — C’est, répondit Confucius, celui dont la piété filiale est attestée par tous les membres de la famille, et dont le respect pour les aînés et les supérieurs est loué par tous les habitants du bourg et tous les voisins. | 2. Tsze-kung pursued, ’I venture to ask who may be placed in the next lower rank ?’ And he was told, ’He whom the circle of his relatives pronounce to be filial, whom his fellow-villagers and neighbours pronounce to be fraternal.’ |
| 【三節】曰、敢問其次。曰、言必信、行必果、硜硜然、小人哉、抑亦可以為次矣。 | Tzeu koung dit : — Permettez-moi de vous demander quel est celui qui vient au troisième rang. Confucius répondit : — Un homme sincère dans ses paroles, obstiné dans ses actions, est sans doute un homme opiniâtre, vulgaire ; cependant il peut être placé au troisième rang. | 3. Again the disciple asked, ’I venture to ask about the class still next in order.’ The Master said, ’They are determined to be sincere in what they say, and to carry out what they do. They are obstinate little men. Yet perhaps they may make the next class.’ |
| 【四節】曰、今之從政者何如。子曰、噫、斗筲之人、何足算也。 | Tzeu koung dit : — Que faut‑il penser de ceux qui administrent à présent les affaires publiques ? Le Maître répondit : — Hélas ! ce sont des hommes d’un esprit étroit. Méritent‑ils d’être comptés pour quelque chose ? | 4. Tsze-kung finally inquired, ’Of what sort are those of the present day, who engage in government ?’ The Master said ’Pooh ! they are so many pecks and hampers, not worth being taken into account.’ |
| 【廿一章】子曰、不得中行而與之、必也狂狷乎、狂者進取、狷者有所不為也。 | XIII.21. Le Maître dit : — Comme je ne trouve pas de disciples capables de se tenir constamment dans le juste milieu, je cherche des hommes qui aient de hautes aspirations, bien qu’ils soient incapables d’arriver si haut, ou des hommes qui, sans être très intelligents, ont l’amour du devoir. Les premiers avancent dans la vertu, et suivent les exemples et les enseignements des sages. Les seconds s’abstiennent de mal faire. | CHAP. XXI. The Master said, ’Since I cannot get men pursuing the due medium, to whom I might communicate my instructions, I must find the ardent and the cautiously-decided. The ardent will advance and lay hold of truth ; the cautiously-decided will keep themselves from what is wrong.’ |
| 【廿二章】【一節】子曰、南人有言曰、人而無恆、不可以作巫醫、善夫。 | XIII.22. Le Maître dit : — Les habitants du midi disent communément qu’un homme inconstant ne peut pas même devenir habile devin ou bon médecin. | CHAP. XXII. 1. The Master said, ’The people of the south have a saying— "A man without constancy cannot be either a wizard or a doctor." Good ! |
| 【二節】不恆其德、或承之羞。 | Cet adage est très vrai. On lit dans le I king : Celui qui manque de constance sera la risée des autres. | 2. ’Inconstant in his virtue, he will be visited with disgrace.’ |
| 【三節】子曰、不占而已矣。 | Le Maître dit : On ne réfléchit pas sur ces paroles, et de là vient tout le mal. | 3. The Master said, ’This arises simply from not attending to the prognostication.’ |
| 【廿三章】子曰、君子和而不同、小人同而不和。 | XIII.23. Le Maître dit : — Le sage est accommodant avec tout le monde, mais il n’a pas de complaisance coupable. L’homme vulgaire est complaisant pour le mal, et n’est pas accommodant avec tous. | CHAP. XXIII. The Master said, ’The superior man is affable, but not adulatory ; the mean man is adulatory, but not affable.’ |
| 【廿四章】子貢問曰、鄉人皆好之、何如。子曰、未可也。鄉人皆惡之、何如。子曰、未可也。不如鄉人之善者好之、其不善者惡之。 | XIII.24. Tzeu koung demanda ce qu’il fallait penser d’un homme qui est aimé de tous les habitants de son pays. Le Maître répondit : — Cela ne prouve pas suffisamment sa vertu. Tzeu koung reprit : — Que faut‑il penser d’un homme en butte à la haine de tous les habitants de son pays ? Le Maître répondit : — Ce n’est pas une preuve certaine de sa vertu. On pourrait à plus juste titre estimer vertueux celui qui dans son pays est aimé de tous les hommes de bien et haï de tous les hommes vicieux. | CHAP. XXIV. Tsze-kung asked, saying, ’What do you say of a man who is loved by all the people of his neighborhood ?’ The Master replied, ’We may not for that accord our approval of him.’ ’And what do you say of him who is hated by all the people of his neighborhood ?’ The Master said, ’We may not for that conclude that he is bad. It is better than either of these cases that the good in the neighborhood love him, and the bad hate him.’ |
| 【廿五章】子曰、君子易事而難說也、說之不以道、不說也、及其使人也、器之。小人難事而易說也、說之雖不以道、說也、及其使人也、求備焉。 | XIII.25. Le Maître dit : — Il est aisé de servir l’homme sage, mais difficile de lui plaire. Si l’on cherche à gagner ses bonnes grâces par une voie peu louable, on n’y réussira pas. Pour ce qui est du service qu’il demande, il considère les aptitudes. Il est difficile de servir l’homme vulgaire, et facile de lui plaire. Si l’on cherche à lui plaire même par des voies peu louables, on lui plaira. Mais, dans ceux qui sont à son service, il exige la perfection. | CHAP. XXV. The Master said, ’The superior man is easy to serve and difficult to please. If you try to please him in any way which is not accordant with right, he will not be pleased. But in his employment of men, he uses them according to their capacity. The mean man is difficult to serve, and easy to please. If you try to please him, though it be in a way which is not accordant with right, he may be pleased. But in his employment of men, he wishes them to be equal to everything.’ |
| 【廿六章】子曰、君子泰而不驕、小人驕而不泰。 | XIII.26. Le Maître dit : — Le sage est calme, et n’est pas orgueilleux. L’homme vulgaire est orgueilleux, et n’est pas calme. | CHAP. XXVI. The Master said, ’The superior man has a dignified ease without pride. The mean man has pride without a dignified ease.’ |
| 【廿七章】子曰、剛、毅、木、訥、近仁。 | XIII.27. Le Maître dit : — Un homme courageux, ou constant, ou simple dans ses manières, ou réservé dans ses paroles, arrivera aisément à la perfection. | CHAP. XXVII. The Master said, ’The firm, the enduring, the simple, and the modest are near to virtue.’ |
| 廿八章】子路問曰、何如斯可謂之士矣。子曰、切切、偲偲、怡怡如也、可謂士矣、朋友切切偲偲、兄弟怡怡。 | XIII.28. ■ Tzeu lou pria Confucius de lui dire ce que doit être un disciple de la sagesse. Le Maître répondit : — Celui qui est dévoué, zélé pour exciter les autres à cultiver la vertu, affable et prévenant dans ses manières, mérite le nom de disciple de la sagesse. Il est dévoué à ses amis et les excite à la pratique de la vertu ; il est affable envers ses frères. | CHAP. XXVIII. Tsze-lu asked, saying, ’What qualities must a man possess to entitle him to be called a scholar ?’ The Master said, ’He must be thus,— earnest, urgent, and bland :— among his friends, earnest and urgent ; among his brethren, bland.’ |
| 【廿九章】子曰、善人教民七年、亦可以即戎矣。 | XIII.29. Le Maître dit : — Si un homme vertueux formait le peuple à la vertu pendant sept ans, on pourrait ensuite en tirer des soldats pour la guerre. | CHAP. XXIX. The Master said, ’Let a good man teach the people seven years, and they may then likewise be employed in war.’ |
| 【三十章】子曰、以不教民戰、是謂棄之。 | XIII.30. Confucius dit : | CHAP. XXX. The Master said, ’To lead an uninstructed people to war, is to throw them away.’ |
| 憲問第十四 | CHAPITRE XIV | BOOK XIV. HSIEN WAN. |
| 【第一章】憲問恥。子曰、邦有道穀、邦無道穀、恥也。 | XIV.1. Iuen Seu pria Confucius de lui dire de quoi l’on devait avoir honte. Le Maître répondit : — On doit avoir honte de recevoir un traitement d’officier sous un bon gouvernement si l’on ne rend aucun service, ou de remplir une charge sous un mauvais gouvernement. | CHAP. I. Hsien asked what was shameful. The Master said, ’When good government prevails in a state, to be thinking only of salary ; and, when bad government prevails, to be thinking, in the same way, only of salary ;— this is shameful.’ |
| 【第二章】【一節】克、伐、怨、欲、不行焉、可以為仁矣。 | XIV.2. Iuen Seu dit : — Un homme qui réprime ses désirs de prévaloir ou de se vanter, ses sentiments d’aversion, sa cupidité, doit‑il être considéré comme parfait ? | CHAP. II. 1. ’When the love of superiority, boasting, resentments, and covetousness are repressed, this may be deemed perfect virtue.’ |
| 【二節】子曰、 可以為難矣、仁則吾不知也。 | Le Maître répondit : — La répression des passions doit être considérée comme une chose difficile ; mais, à mon avis, ce n’est pas la perfection. | 2. The Master said, ’This may be regarded as the achievement of what is difficult. But I do not know that it is to be deemed perfect virtue.’ |
| 【第三章】子曰、士而懷居、不足以為士矣。 | XIV.3. Le Maître dit : — Un disciple de la sagesse qui recherche le bien‑être n’est pas un véritable disciple de la sagesse. | CHAP. III. The Master said, ’The scholar who cherishes the love of comfort is not fit to be deemed a scholar.’ |
| 【第四章】子曰、邦有道、危言危行、邦無道、危行言孫。 | XIV.4. Le Maître dit : — Sous un gouvernement bien réglé, parlez franchement et agissez ouvertement [219] ; sous un gouvernement mal réglé, agissez ouvertement, mais modérez votre langage. | CHAP. IV. The Master said, ’When good government prevails in a state, language may be lofty and bold, and actions the same. When bad government prevails, the actions may be lofty and bold, but the language may be with some reserve.’ |
| 【第五章】子曰、有德者、必有言、有言者、不必有德、仁者、必有勇、勇者、不必有仁。 | XIV.5. Le Maître dit : — Un homme vertueux a certainement de bonnes paroles sur les lèvres ; un homme qui a de bonnes paroles sur les lèvres peut n’être pas vertueux. Un homme parfait est certainement courageux ; un homme courageux peut n’être pas parfait. | CHAP. V. The Master said, ’The virtuous will be sure to speak correctly, but those whose speech is good may not always be virtuous. Men of principle are sure to be bold, but those who are bold may not always be men of principle.’ |
| 【第六章】南宮适問於孔子曰、羿善射、奡盪舟、俱不得其死然、禹稷躬稼、 而有天下夫子不答。南宮适出。子曰、君子哉若人、尚德哉若人。 | XIV.6. Nan Koung kouo dit à Confucius : — I était un archer très habile ; Ngao poussait lui seul un navire sur la terre ferme. Tous deux [220] ont péri de mort violente. Iu et Heou Tsi ont cultivé la terre de leurs propres mains ; cependant [221], ils ont obtenu l’empire. Le Maître ne répondit pas ; mais, lorsque Nan Koung kouo se fut retiré, il dit de lui : — Cet homme est un sage ; cet homme met la vertu au‑dessus de tout. [222] | CHAP. VI. Nan-kung Kwo, submitting an inquiry to Confucius, said, ’I was skillful at archery, and Ao could move a boat along upon the land, but neither of them died a natural death. Yu and Chi personally wrought at the toils of husbandry, and they became possessors of the kingdom.’ The Master made no reply ; but when Nan-kung Kwo went out, he said, ’A superior man indeed is this ! An esteemer of virtue indeed is this !’ |
| 【第七章】子曰、君子而不仁者有矣夫、未有小人而仁者也。 | XIV.7. Le Maître dit : — On trouve des disciples de la sagesse qui ne sont pas parfaits ; on n’a jamais vu un homme sans principes qui fût parfait. | CHAP. VII. The Master said, ’Superior men, and yet not always virtuous, there have been, alas ! But there never has been a mean man, and, at the same time, virtuous.’ |
| XIV.8. Le Maître dit : — Un père qui aime son fils peut‑il ne pas lui imposer des exercices pénibles ? Un ministre fidèle peut‑il ne pas avertir son prince ? | ||
| 【第九章】子曰、為命、裨諶草創之、世叔討論之、行人子羽修飾之、東里子產潤色之。 | XIV.9. Le Maître dit : — Quand il fallait écrire une lettre au nom du prince, Pi Chenn en composait le brouillon ; Cheu chou en examinait avec soin le contenu ; Tzeu iu, qui présidait à la réception des hôtes, corrigeait et polissait le style ; Tzeu tch’an, de Toung li lui donnait une tournure élégante. [223] | CHAP. IX. The Master said, ’In preparing the governmental notifications, P’i Shan first made the rough draught ; Shi-shu examined and discussed its contents ; Tsze-yu, the manager of Foreign intercourse, then polished the style ; and, finally, Tsze-ch’an of Tung-li gave it the proper elegance and finish.’ |
| 【第十章】【一節】或問子產。子曰、惠人也。 | XIV.10. Quelqu’un ayant demandé à Confucius ce qu’il pensait de Tzeu tch’an, le Maître répondit : — C’est un homme bienfaisant. | CHAP. X. 1. Some one asked about Tsze-ch’an. The Master said, ’He was a kind man.’ |
| 【二節】問子西。曰、彼哉 彼哉。 | Le même lui ayant demandé ce qu’il pensait de Tzeu si, il dit : — Oh ! celui-là ! celui-là [224] ! | 2. He asked about Tsze-hsi. The Master said, ’That man ! That man !’ |
| 【三節】問管仲。曰、人也、奪伯氏駢邑三百、飯疏食、沒齒、無怨言。 | Le même lui ayant demandé ce qu’il pensait de Kouan tchoung, il répondit : — C’était un homme si vertueux que, le prince de Ts’i lui ayant donné la ville de P’ien qui comptait trois cents familles, le chef de la famille Pe, dépouillé de ce domaine et réduit à se contenter d’une nourriture grossière, n’eut jamais un mot d’indignation contre lui. [225] | 3. He asked about Kwan Chung. ’For him,’ said the Master, ’the city of Pien, with three hundred families, was taken from the chief of the Po family, who did not utter a murmuring word, though, to the end of his life, he had only coarse rice to eat.’ |
| 【十一章】子曰、貧而無怨、難、富而無驕、易。 | XIV.11. Le Maître dit : — Il est plus difficile de se défendre du chagrin dans la pauvreté que de l’orgueil dans l’opulence. | CHAP. XI. The Master said, ’To be poor without murmuring is difficult. To be rich without being proud is easy.’ |
| 【十二章】子曰、孟公綽、為趙魏老則優、不可以為滕薛大夫。 | XIV.12. Le Maître dit : — Meng koung Tch’o [226] excellerait dans la charge d’intendant de la maison de Tchao ou de Wei ; il ne serait pas capable de remplir la charge de tai fou dans la principauté de T’eng ou de Sie. | CHAP. XII. The Master said, ’Mang Kung-ch’o is more than fit to be chief officer in the families of Chao and Wei, but he is not fit to be great officer to either of the States Tang or Hsieh.’ |
| 【十三章】【一節】子路問成人。子曰、若臧武仲之知、公綽之不欲、卞莊子之勇、冉求之藝、文之以禮樂、亦可以為成人矣。 | XIV.13. Tzeu lou pria Confucius de lui dire ce que c’est qu’un homme parfait. Le Maître répondit : — Celui qui aurait la prudence de Tsang Ou tchoung, l’intégrité de Koung tch’o, le courage de Tchouang tzeu, préfet de Pien, l’habileté de Jen K’iou, et qui de plus cultiverait les cérémonies et la musique, pourrait être regardé comme un homme parfait. | CHAP. XIII. 1. Tsze-lu asked what constituted a COMPLETE man. The Master said, ’Suppose a man with the knowledge of Tsang Wu-chung, the freedom from covetousness of Kung-ch’o, the bravery of Chwang of Pien, and the varied talents of Zan Ch’iu ; add to these the accomplishments of the rules of propriety and music :— such a one might be reckoned a COMPLETE man.’ |
| 【二節】曰、今之成人 者、何必然、見利思義、見危授命、久要不忘平生之言、亦可以為成人矣。 | Confucius ajouta : — A présent, pour être un homme parfait, est‑il nécessaire de réunir toutes ces qualités ? Celui qui, en présence d’un profit à retirer, craint de violer la justice, qui, en face du danger, s’offre lui-même à la mort, qui, même après de longues années, n’oublie pas les engagements qu’il a pris dans le cours de sa vie ; celui-là peut aussi être considéré comme un homme parfait. | 2. He then added, ’But what is the necessity for a complete man of the present day to have all these things ? The man, who in the view of gain, thinks of righteousness ; who in the view of danger is prepared to give up his life ; and who does not forget an old agreement however far back it extends :— such a man may be reckoned a COMPLETE man.’ |
| 【十四章】【一節】子問公叔文子於公明賈曰、信乎、夫子不言不笑、不取乎。 | XIV.14. Le Maître, parlant de Koung chou Wenn tzeu [227] à Koung ming Kia [228], lui dit : — Est‑il vrai que votre maître ne parle pas, ne rit pas et n’accepte rien ? | CHAP. XIV. 1. The Master asked Kung-ming Chia about Kung-shu Wan, saying, ’Is it true that your master speaks not, laughs not, and takes not ?’ |
| 【二節】公明賈對曰、以告者過也。夫子時然後言、人不厭其言、樂然 後笑、人不厭其笑、義然後取、人不厭其取。子曰、其然、豈其然乎。 | Koung ming Kia répondit :
— Ceux qui lui ont fait cette réputation ont exagéré. Mon maître parle, quand il est temps de parler, et ses paroles ne fatiguent personne. Il rit, quand il est temps de se réjouir, et son rire ne déplaît à personne. Il accepte, quand la justice le permet, et personne n’y trouve à redire. Le Maître reprit : — Est‑ce vrai ? Cela peut‑il être vrai [229] ? | 2. Kung-ming Chia replied, ’This has arisen from the reporters going beyond the truth.— My master speaks when it is the time to speak, and so men do not get tired of his speaking. He laughs when there is occasion to be joyful, and so men do not get tired of his laughing. He takes when it is consistent with righteousness to do so, and so men do not get tired of his taking.’ The Master said, ’So ! But is it so with him ?’ |
| 【十五章】子曰、臧武仲、以防求為後於魯、雖曰不要君、吾不信也。 | XIV.15. Le Maître dit : — Tsang Ou tchoung, maître du pays de Fang, a demandé au prince de Lou de lui constituer un héritier et un successeur de sa propre famille. Il a beau dire qu’il n’a pas fait violence à son prince, je n’ajoute pas foi à son affirmation. [230] | CHAP. XV. The Master said, ’Tsang Wu-chung, keeping possession of Fang, asked of the duke of Lu to appoint a successor to him in his family. Although it may be said that he was not using force with his sovereign, I believe he was.’ |
| 【十六章】子曰、晉文公譎而不正、齊桓公正而不譎。 | XIV.16. Le Maître dit : — Wenn, prince de Tsin, était fourbe et manquait de droiture ; Houan, prince de Ts’i, était plein de droiture et sans duplicité. | CHAP. XVI. The Master said, ’The duke Wan of Tsin was crafty and not upright. The duke Hwan of Ch’i was upright and not crafty.’ |
| 【十七章】【一節】子路曰、桓公殺公子糾、召忽死之、管仲不死、曰、未仁乎。 | XIV.17. Tzeu lou dit : — Houan, prince de Ts’i, tua le prince Kiou [231]. Chao Hou ne voulut pas survivre au prince Kiou [232]. Kouan Tchoung ne se donna pas la mort. Il me semble que sa vertu n’a pas été parfaite. | CHAP. XVII. 1. Tsze-lu said, ’The Duke Hwan caused his brother Chiu to be killed, when Shao Hu died with his master, but Kwan Chung did not die. May not I say that he was wanting in virtue ?’ |
| 【二節】子曰、桓公九合諸侯、不以兵車、管仲之力也、如其仁、如其仁。 | Le Maître répondit : — Le prince Houan réunit sous son autorité tous les princes feudataires, sans employer ni armes ni chariots de guerre ; ce fut l’œuvre de Kouan Tchoung. Quel autre fut aussi parfait que lui [233] ? | 2. The Master said, ’The Duke Hwan assembled all the princes together, and that not with weapons of war and chariots :— it was all through the influence of Kwan Chung. Whose beneficence was like his ? Whose beneficence was like his ?’ |
| 【十八章】【一節】子貢曰、管仲非仁者與、桓公殺公子糾、不能死、又相 之。 | XIV.18. Tzeu koung dit : — Kouan Tchoung n’a pas été parfait, ce semble. Le prince Houan ayant tué le prince Kiou, Kouan Tchoung n’a pas eu le courage de se donner la mort ; de plus, il a servi le prince Houan. | CHAP. XVIII. 1. Tsze-kung said, ’Kwan Chung, I apprehend, was wanting in virtue. When the Duke Hwan caused his brother Chiu to be killed, Kwan Chung was not able to die with him. Moreover, he became prime minister to Hwan.’ |
| 【二節】子曰、管仲相桓公、霸諸侯、一匡天下、民到于今、受其賜、微管仲、吾其被髮左衽矣。 | Le Maître répondit : — Kouan Tchoung aida le prince Houan à établir son autorité sur tous les princes. Il a réformé le gouvernement de tout l’empire, et jusqu’à présent le peuple jouit de ses bienfaits. Sans Kouan Tchoung, nous aurions les cheveux épars et le bord de la tunique fixé au côté gauche [234] | 2. The Master said, ’Kwan Chung acted as prime minister to the Duke Hwan, made him leader of all the princes, and united and rectified the whole kingdom. Down to the present day, the people enjoy the gifts which he conferred. But for Kwan Chung, we should now be wearing our hair unbound, and the lappets of our coats buttoning on the left side. |
| 【三節】豈若匹夫匹婦之為諒也、自經於溝瀆、而莫之知也。 | Devait‑il montrer sa fidélité comme un homme vulgaire, s’étrangler lui-même dans un fossé ou un canal et se dérober à la connaissance de la postérité ? | 3. ’Will you require from him the small fidelity of common men and common women, who would commit suicide in a stream or ditch, no one knowing anything about them ?’ |
| 【十九章】【一節】公叔文子之臣、大夫僎、與文子同升諸公。 | XIV.19. L’intendant de la maison du tai fou Koung chou qui fut lui-même plus tard tai fou, montait au palais du prince avec son maître [235]. | CHAP. XIX. 1. The great officer, Hsien, who had been family-minister to Kung-shu Wan, ascended to the prince’s court in company with Wan. |
| 【二節】子聞之曰、可以為矣。 | Le Maître l’ayant appris, dit : — Koung chou est vraiment un homme d’un esprit cultivé. | 2. The Master, having heard of it, said, ’He deserved to be considered WAN (the accomplished).’ |
| 【二十章】【一節】子言衛靈公之無道也、康子曰、夫如是、奚而不喪。 | XIV.20. Le Maître ayant dit que Ling, prince de Wei, ne s’appliquait pas à faire régner la vertu, Ki K’ang tzeu demanda comment il n’avait pas encore perdu ses États. | CHAP. XX. 1. The Master was speaking about the unprincipled course of the duke Ling of Wei, when Ch’i K’ang said, ’Since he is of such a character, how is it he does not lose his State ?’ |
| 【二節】孔子曰、仲叔圉治賓客、祝鮀治宗廟、王孫賈治軍旅、夫如是、奚其喪。 | Confucius répondit : — Tchoung chou Iu est chargé de recevoir les hôtes et les étrangers ; T’ouo dirige les cérémonies et prend la parole dans le temple des ancêtres ; Wang suenn Kia s’occupe de l’armée. Comment perdrait‑il ses États ? | 2. Confucius said, ’The Chung-shu Yu has the superintendence of his guests and of strangers ; the litanist, T’o, has the management of his ancestral temple ; and Wang-sun Chia has the direction of the army and forces :— with such officers as these, how should he lose his State ?’ |
| 【廿一章】子曰、其言之不怍、則為之也難。 | XIV.21. Le maître dit : — Celui qui ne craint pas de promettre de grandes choses a de la peine à les exécuter. | CHAP. XXI. The Master said, ’He who speaks without modesty will find it difficult to make his words good.’ |
| 【廿二章】【一節】陳成子弒簡公。 | XIV.22. ■ Tchenn Tch’eng tzeu avait mis à mort le prince Kien. | CHAP. XXII. 1. Chan Ch’ang murdered the Duke Chien of Ch’i. |
| 【二節】孔子沐浴而朝、告於哀公曰、 陳恆弒其君、請討之。 | Confucius, après s’être lavé la tête et le corps, alla au palais informer Ngai, prince de Lou. — Tch’enn Heng, dit‑il, a tué son prince ; je vous prie de le faire châtier. | 2. Confucius bathed, went to court, and informed the duke Ai, saying, ’Chan Hang has slain his sovereign. I beg that you will undertake to punish him.’ |
| 【三節】公曰、告夫三子。 | Le prince répondit : — Adressez‑vous à ces trois grands seigneurs. | 3. The duke said, ’Inform the chiefs of the three families of it.’ |
| 【四節】孔子曰:「以吾從大夫之後,不敢不告也。君曰『告夫三子』者。」 | Confucius se dit en lui-même : — Parce que j’ai encore rang parmi les tai fou, je n’aurais pas osé me dispenser d’avertir. Le prince me répond de m’adresser à ces trois seigneurs ! | 4. Confucius retired, and said, ’Following in the rear of the great officers, I did not dare not to represent such a matter, and my prince says, "Inform the chiefs of the three families of it."’ |
| 之三子告,不可。孔子曰:「以吾從大夫之後,不敢不告也。」 | Confucius alla faire son rapport aux trois grands seigneurs, qui rejetèrent sa demande. Il leur dit : — Parce que j’ai encore rang parmi les tai fou, je n’aurais pas osé ne pas avertir. [236] | 5. He went to the chiefs, and informed them, but they would not act. Confucius then said, ’Following in the rear of the great officers, I did not dare not to represent such a matter.’ |
| 【廿三章】子路問事君。子曰、勿欺也、而犯之。 | XIV.23. Tzeu lou demanda comment un sujet devait servir son prince. Le Maître répondit : — Il doit éviter de le tromper et ne pas craindre de lui résister [237]. | CHAP. XXIII. Tsze-lu asked how a ruler should be served. The Master said, ’Do not impose on him, and, moreover, withstand him to his face.’ |
| 【廿四章】子曰、君子上達、小人下達。 | XIV.24. Le Maître dit : — Le sage tend toujours en haut ; un homme sans principes tend toujours en bas. | CHAP. XXIV. The Master said, ’The progress of the superior man is upwards ; the progress of the mean man is downwards.’ |
| 【廿五章】子曰、古之學者為己、今之學者為人。 | XIV.25. Le Maître dit : — Anciennement, on s’appliquait à l’étude de la sagesse pour devenir vertueux ; à présent, on s’y livre pour acquérir l’estime des hommes. | CHAP. XXV. The Master said, ’In ancient times, men learned with a view to their own improvement. Now-a-days, men learn with a view to the approbation of others.’ |
| 【廿六章】【一節】蘧伯玉使人於孔子。 | XIV.26. K’iu Pe iu envoya saluer Confucius. | CHAP. XXVI. 1. Chu Po-yu sent a messenger with friendly inquiries to Confucius. |
| 【二節】孔子與之坐、而問焉、曰、夫子何為。對曰、夫子欲寡其過、而未能也、使者出、子曰、使乎、使乎。 | Le philosophe invita le messager à s’asseoir [238] et lui demanda à quoi son maître s’appliquait. — Mon maître, répondit-il, désire diminuer le nombre de ses fautes, et il n’y parvient pas. Quand l’envoyé se fut retiré, le Maître dit : — O le sage messager ! O le sage messager ! [239] | 2. Confucius sat with him, and questioned him. ’What,’ said he, ’is your master engaged in ?’ The messenger replied, ’My master is anxious to make his faults few, but he has not yet succeeded.’ He then went out, and the Master said, ’A messenger indeed ! A messenger indeed !’ |
| 【廿七章】子曰、不在其位、不謀其政。 | XIV.27. Le Maître dit : — Ne vous mêlez pas des affaires publiques dont vous n’avez pas la charge. | CHAP. XXVII. The Master said, ’He who is not in any particular office, has nothing to do with plans for the administration of its duties.’ |
| 【廿八章】曾子曰、君子思不出其位。 | XIV.28. Tseng tzeu dit : — On lit dans le I king : Les pensées, les projets du sage restent toujours dans les limites de son devoir, de sa condition. | CHAP. XXVIII. The philosopher Tsang said, ’The superior man, in his thoughts, does not go out of his place.’ |
| 【廿九章】子曰、君子恥其言而過其行。 | XIV.29. Le Maître dit : — Le sage est modeste dans ses paroles, et il fait plus qu’il ne dit, c’est‑à‑dire sa conduite est toujours au‑dessus de ses préceptes. | CHAP. XXIX. The Master said, ’The superior man is modest in his speech, but exceeds in his actions.’ |
| 【三十章】【一節】子曰、君子道者三、我無能焉、仁者不憂、知者不惑、勇者不懼。 | XIV.30. Le Maître dit : — Le sage pratique trois vertus, qui me font défaut : parfait, il ne s’afflige de rien ; prudent, il ne tombe pas dans l’erreur ; courageux, il n’a point de crainte. | CHAP. XXX. 1. The Master said, ’The way of the superior man is threefold, but I am not equal to it. Virtuous, he is free from anxieties ; wise, he is free from perplexities ; bold, he is free from fear. |
| 【二節】子貢曰、夫子自道也。 | Tzeu koung dit : — Maître, c’est vous qui le dites. | 2. Tsze-kung said, ’Master, that is what you yourself say.’ |
| 【卅一章】子貢方人、子曰、賜也賢乎哉、夫我則不暇。 | XIV.31. Tzeu koung s’occupait à juger les autres. Le Maître dit : — Seu [240] est donc déjà un grand sage ! Moi, je n’ai pas le temps [241]. | CHAP. XXXI. Tsze-kung was in the habit of comparing men together. The Master said, ’Tsze must have reached a high pitch of excellence ! Now, I have not leisure for this.’ |
| 【卅二章】子曰、不患人之不己知、患其不能也。 | XIV.32. Le Maître dit : — Le sage ne s’afflige pas de n’être pas connu des hommes, mais de n’être pas capable de pratiquer parfaitement la vertu. | CHAP. XXXII. The Master said, ’I will not be concerned at men’s not knowing me ; I will be concerned at my own want of ability.’ |
| 【卅三章】子曰、不逆詐、不億不信、抑亦先覺者、是賢乎。 | XIV.33. Le Maître dit : — Celui-là n’est‑il pas vraiment sage, qui ne présume pas d’avance que les hommes ou chercheront à le tromper ou seront en défiance contre lui ; mais qui cependant découvre les ruses et les défiances des autres, aussitôt qu’elles existent ? | CHAP. XXXIII. The Master said, ’He who does not anticipate attempts to deceive him, nor think beforehand of his not being believed, and yet apprehends these things readily (when they occur) ;— is he not a man of superior worth ?’ |
| 【卅四章】【一節】微生畝謂孔子曰、丘何為是栖栖者與、無乃為佞乎。 | XIV.34. Wei cheng Meou dit à Confucius : — K’iou, pourquoi enseignez‑vous avec tant d’assiduité ? Et, pour captiver vos auditeurs, n’avez‑vous pas recours aux artifices du langage ? | CHAP. XXXIV. 1. Wei-shang Mau said to Confucius, ’Ch’iu, how is it that you keep roosting about ? Is it not that you are an insinuating talker ?’ |
| 【二節】孔子曰、非敢為佞也、疾固也。 | Confucius répondit : — Je ne me permettrais pas de faire le beau parleur ; mais je hais l’opiniâtreté [242]. | 2. Confucius said, ’I do not dare to play the part of such a talker, but I hate obstinacy.’ |
| 【卅五章】子曰、驥、不稱其力、稱其德也。 | XIV.35. Le Maître dit : — Dans un excellent cheval, ce qu’on estime, ce n’est pas tant la force que la douceur. | CHAP. XXXV. The Master said, ’A horse is called a ch’i, not because of its strength, but because of its other good qualities.’ |
| 【卅六章】【一節】或曰、以德報怨、何如。 | XIV.36. Quelqu’un dit : — Que faut‑il penser de celui qui rend le bien pour le mal ? | CHAP. XXXVI. 1. Some one said, ’What do you say concerning the principle that injury should be recompensed with kindness ?’ |
| 【二節】子曰、何以報德。 | Le Maître répondit : — Que rendrez‑vous pour le bien ? | 2. The Master said, ’With what then will you recompense kindness ? |
| 【三節】以直報怨、以德報德。 | Il suffit de répondre à l’injustice par la justice et de rendre le bien pour le bien. | 3. ’Recompense injury with justice, and recompense kindness with kindness.’ |
| 【卅七章】【一節】子曰、莫我知也夫。 | XIV.37. Le Maître dit : — Personne ne me connaît. | CHAP. XXXVII. 1. The Master said, ’Alas ! there is no one that knows me.’ |
| 【二節】子貢曰、何為其莫知子也。子曰、不怨天、不尤人、下學而上達、知我者其天乎。 | Tzeu koung dit : — Maître, pourquoi dites‑vous que personne ne vous connaît ? Le Maître reprit : — Je ne me plains pas du Ciel et n’accuse pas les hommes. je m’applique à l’étude de la sagesse, commençant par les principes fondamentaux, et avançant par degrés. Celui qui me connaît, n’est‑ce pas le Ciel [243] ? | 2. Tsze-kung said, ’What do you mean by thus saying— that no one knows you ?’ The Master replied, ’I do not murmur against Heaven. I do not grumble against men. My studies lie low, and my penetration rises high. But there is Heaven ;— that knows me !’ |
| 【卅八章】【一節】公伯寮愬子路於李孫、子服景伯以告、曰、夫子固有惑志於公伯寮、吾力猶能肆諸市朝。 | XIV.38. Koung pe Leao avait parlé mal de Tzeu lou à Ki suenn. Tzeu fou King pe en informa Confucius et lui dit : — Ki suenn a conçu des soupçons contre Tzeu lou par suite des accusations de Koung pe Leao. Je suis assez puissant pour obtenir que cet accusateur soit exposé [244] sur la place publique ou à la cour du palais. | CHAP. XXXVIII. 1. The Kung-po Liao, having slandered Tsze-lu to Chi-sun, Tsze-fu Ching-po informed Confucius of it, saying, ’Our master is certainly being led astray by the Kung-po Liao, but I have still power enough left to cut Liao off, and expose his corpse in the market and in the court.’ |
| 【二節】子曰、道之將行也與、命也、道之將廢也與、命也、公伯寮其如命何。 | Le Maître répondit : — Si ma doctrine doit suivre sa voie, c’est que le Ciel l’a décidé. Si elle doit être arrêtée dans sa marche, c’est que le Ciel le veut. Que peut faire Koung pe Leao contre les décrets du Ciel ? | 2. The Master said, ’If my principles are to advance, it is so ordered. If they are to fall to the ground, it is so ordered. What can the Kung-po Liao do where such ordering is concerned ?’ |
| 【卅九章】【一節】子曰、賢者辟世。 | XIV.39. Le Maître dit : — Parmi les sages, plusieurs vivent retirés du monde, les uns à cause de la corruption des mœurs ; | CHAP. XXXIX. 1. The Master said, ’Some men of worth retire from the world. |
| 【二節】其次辟地。 | ; les autres, d’une vertu moins parfaite, à cause des troubles de leur pays ; | 2. Some retire from particular states. |
| 【三節】其次辟色。 | ; d’autres, encore moins parfaits, à cause du manque d’urbanité ; | 3. Some retire because of disrespectful looks. |
| 【四節】其次辟言。 | d’autres, d’une vertu encore inférieure, à cause du désaccord dans les opinions. | 4. Some retire because of contradictory language.’ |
| 【四十章】子曰、作者七人矣。 | XIV.40. Le Maître dit : — De nos jours, sept sages se sont retirés dans la vie privée [245] | CHAP. XL. The Master said, ’Those who have done this are seven men.’ |
| 【四一章】子路宿於石門、晨門曰、奚自。子路曰、自孔氏。曰、是知其不可而為之者與。 | XIV.41. Tzeu lou passa une nuit à Chenn mena. Le gardien de la porte lui dit : — D’où venez‑vous ? — De l’école de Confucius », répondit Tzeu lou. — C’est, reprit le gardien, un homme qui s’applique à faire une chose qu’il sait être impossible [246]. | CHAP. XLI. Tsze-lu happening to pass the night in Shih- man, the gatekeeper said to him, ’Whom do you come from ?’ Tsze-lu said, ’From Mr. K’ung.’ ’It is he,— is it not ?’— said the other, ’who knows the impracticable nature of the times and yet will be doing in them.’ |
| 【四二章】【一節】子擊磬於衛、有荷蕢、而過孔氏之門者、曰、有心哉、擊磬乎。 | XIV.42. Le Maître, dans la principauté de Wei, jouait d’un instrument de musique composé de pierres sonores [247]. Un lettré venant à passer devant la porte du philosophe, avec une corbeille sur les épaules, dit : — Les sons de son instrument font connaître qu’il aime beaucoup les hommes. | CHAP. XLII. 1. The Master was playing, one day, on a musical stone in Wei, when a man, carrying a straw basket, passed the door of the house where Confucius was, and said, ’His heart is full who so beats the musical stone.’ |
| 【二節】既、而曰、鄙哉、硜硜乎、莫己知也、斯已而已矣、深則厲、淺則揭。 | Peu après il ajouta : — Quelle aveugle opiniâtreté [248] ! Personne ne le connaît. Qu’il cesse donc d’enseigner, et voilà tout. » Le Cheu king dit : Si le gué est profond, je le traverserai les jambes nues ; s’il ne l’est pas, je relèverai mes vêtements seulement jusqu’aux genoux [249] | 2. A little while after, he added, ’How contemptible is the one-ideaed obstinacy those sounds display ! When one is taken no notice of, he has simply at once to give over his wish for public employment. "Deep water must be crossed with the clothes on ; shallow water may be crossed with the clothes held up."’ |
| 【三節】子曰、果哉、末之難矣。 | Le Maître dit : — Qu’il est cruel [250] ! Son genre de vie n’a rien de difficile. | 3. The Master said, ’How determined is he in his purpose ! But this is not difficult !’ |
| 【四三章】【一節】子張曰、書云、高宗諒陰三年不言、何謂也。 | XIV.43. Tzeu tchang dit : — Les Annales rapportent que l’empereur Kao tsoung se retira dans une cabane [251] où il demeura sans parler durant trois ans. Que signifie cette cérémonie ? | CHAP. XLIII. 1. Tsze-chang said, ’What is meant when the Shu says that Kao-tsung, while observing the usual imperial mourning, was for three years without speaking ?’ |
| 【二節】子曰、何必高宗、古之人皆然、君薨、百官總己、以聽於冢宰、三年。 | Le Maître répondit : — Qu’est‑il besoin de citer Kao tsoung ? Tous les anciens faisaient la même chose. Quand un souverain mourait, les officiers remplissaient leurs fonctions sous la direction du premier ministre pendant trois ans. [252] | 2. The Master said, ’Why must Kao-tsung be referred to as an example of this ? The ancients all did so. When the sovereign died, the officers all attended to their several duties, taking instructions from the prime minister for three years.’ |
| 【四四章】子曰、上好禮、則民易使也。 | XIV.44. Le Maître dit : — Si le prince aime à garder l’ordre fixé par les lois et les usages, le peuple est facile à diriger. | CHAP. XLIV. The Master said, ’When rulers love to observe the rules of propriety, the people respond readily to the calls on them for service.’ |
| 【四五章】子路問君子、子曰、修己以敬。曰、如斯而已乎。曰、修己以安人、曰、如斯而已乎。曰、修己以安百姓。修己以安百姓、堯舜其猶病諸。 | XIV.45. Tzeu lou demanda ce que c’est qu’un vrai disciple de la sagesse. Le Maître répondit : — Un disciple de la sagesse se perfectionne en veillant attentivement sur lui-même. — Cela suffit‑il ? » reprit Tzeu lou. Confucius répondit : — Il se perfectionne lui-même, puis il travaille à la perfection et à la tranquillité des autres. — Est‑ce tout ? » demanda Tzeu lou. Confucius dit : — Il se perfectionne lui-même, ensuite il fait régner la vertu et la paix parmi le peuple. Se perfectionner soi-même, faire régner la vertu et la paix parmi le peuple, c’est ce que Iao et Chouenn eux‑mêmes trouvaient très difficile, et croyaient être au‑dessus de leurs forces. | CHAP. XLV. Tsze-lu asked what constituted the superior man. The Master said, ’The cultivation of himself in reverential carefulness.’ ’And is this all ?’ said Tsze-lu. ’He cultivates himself so as to give rest to others,’ was the reply. ’And is this all ?’ again asked Tsze-lu. The Master said, ’He cultivates himself so as to give rest to all the people. He cultivates himself so as to give rest to all the people :— even Yao and Shun were still solicitous about this.’ |
| 【四六章】原壤夷俟、子曰、幼而不孫弟、長而無述焉、老而不死、是為賊。以杖叩其脛。 | XIV.46. Iuen Jang attendait Confucius en se tenant accroupi. Le Maître lui dit : — Quand vous étiez jeune, vous ne respectiez pas ceux qui étaient plus âgés que vous. Devenu grand, vous n’avez rien fait de louable. Devenu vieux, vous ne mourez pas. Vos exemples sont très nuisibles. Confucius avec son bâton lui frappa légèrement les jambes. | CHAP. XLVI. Yuan Zang was squatting on his heels, and so waited the approach of the Master, who said to him, ’In youth not humble as befits a junior ; in manhood, doing nothing worthy of being handed down ; and living on to old age :— this is to be a pest.’ With this he hit him on the shank with his staff. |
| 【四七章】【一節】闕黨童子將命、或問之曰、益者與。 | XIV.47. Confucius employait au service des hôtes et des visiteurs un enfant du village de K’iue tang. Quelqu’un demanda s’il faisait des progrès [253]. | CHAP. XLVI. 1. A youth of the village of Ch’ueh was employed by Confucius to carry the messages between him and his visitors. Some one asked about him, saying, ’I suppose he has made great progress.’ |
| 【二節】子曰、吾見其居於位也、見其與先生並行也、非求益者也、欲速成者也。 | Le Maître répondit : — Je le vois prendre place parmi les hommes faits, et marcher côte à côte avec ceux qui sont plus âgés que lui. Il ne cherche pas à progresser peu à peu ; mais il voudrait être parfait tout de suite. | 2. The Master said, ’I observe that he is fond of occupying the seat of a full-grown man ; I observe that he walks shoulder to shoulder with his elders. He is not one who is seeking to make progress in learning. He wishes quickly to become a man.’ |
| 衛靈公第十五 | CHAPITRE XV | BOOK XV. WEI LING KUNG. |
| 【第一章】【一節】衛靈公問陳於孔子。孔子對曰、俎豆之事、則嘗聞之矣、軍旅之事、未之學也。明日遂行。 | XV.1. Ling, prince de Wei, interrogea Confucius sur l’art de ranger les armées en bataille. Confucius répondit : — On m’a enseigné la manière de ranger les supports et les vases de bois pour les sacrifices ; je n’ai pas appris à commander les armées. Confucius s’en alla dès le lendemain [254] | CHAP. I. 1. The Duke Ling of Wei asked Confucius about tactics. Confucius replied, ’I have heard all about sacrificial vessels, but I have not learned military matters.’ On this, he took his departure the next day. |
| 【二節】在陳絕糧、從者病、莫能興。 | Dans la principauté de Tch’enn, les vivres lui manquèrent [255]. Ses compagnons étaient affaiblis par la faim ; aucun d’eux n’avait plus la force de se lever. | 2. When he was in Chan, their provisions were exhausted, and his followers became so ill that they were unable to rise. |
| 【三節】子路慍見曰、君子亦有窮乎。子曰、君子固窮、小人窮斯濫矣。 | Tzeu lou indigné se présenta devant lui et dit : — Le sage est‑il aussi exposé à manquer de tout ? — Le sage, répondit le Maître, demeure constant et courageux dans la détresse. Un homme vulgaire, dans la détresse, ne connaît plus aucune loi. | 3. Tsze-lu, with evident dissatisfaction, said, ’Has the superior man likewise to endure in this way ?’ The Master said, ’The superior man may indeed have to endure want, but the mean man, when he is in want, gives way to unbridled license.’ |
| 【第二章】【一節】子曰、賜也、女以予為多學而識之者與。 | XV.2. ■ Le Maître dit : — Seu, me considérez‑vous comme un homme qui a beaucoup appris et beaucoup retenu ? | CHAP. II. 1. The Master said, ’Ts’ze, you think, I suppose, that I am one who learns many things and keeps them in memory ?’ |
| 【二節】對曰、然、非與。 | — Oui, répondit Tzeu koung. Suis‑je dans l’erreur ? | 2. Tsze-kung replied, ’Yes,— but perhaps it is not so ?’ |
| 【三節】曰、非也、予一以貫之。 | — Vous êtes dans l’erreur, reprit Confucius. Une seule chose me donne l’intelligence de tout [256]. | ’No,’ was the answer ; ’I seek a unity all-pervading.’ |
| 【第三章】子曰、由、知德者鮮矣。 | XV.3. Le Maître dit : — Iou, peu d’hommes connaissent la vertu. [257] | CHAP. III. The Master said, ’Yu, those who know virtue are few.’ |
| 【第四章】子曰、無為而治者、其舜也與、夫何為哉、恭己正南面而已矣。 | XV.4. ■ Le Maître dit : — Chouenn était un prince qui, presque sans avoir besoin de rien faire, maintenait l’empire dans un ordre parfait. Que faisait‑il ? Il veillait attentivement sur lui-même et se tenait gravement le visage tourné vers le midi. | CHAP. IV. The Master said, ’May not Shun be instanced as having governed efficiently without exertion ? What did he do ? He did nothing but gravely and reverently occupy his royal seat.’ |
| 【第五章】【一節】子張問行。 | XV.5. Tzeu tchang demanda quel était le moyen d’agir sur les autres hommes. | CHAP. V. 1. Tsze-chang asked how a man should conduct himself, so as to be everywhere appreciated. |
| 【二節】子曰、言忠信、行篤敬、雖蠻貊之邦、行矣、言不忠信、行不篤敬、雖州里、行乎哉。 | . Le Maître répondit : — Un homme sincère et véridique dans ses paroles, prudent et circonspect dans ses actions, aura de l’influence, même au milieu des barbares du midi ou du septentrion. Un homme qui n’est ni sincère ni véridique dans ses paroles, ni prudent ni circonspect dans ses actions, aura‑t‑il quelque influence, même dans une ville ou un village ? | 2. The Master said, ’Let his words be sincere and truthful, and his actions honourable and careful ;— such conduct may be practised among the rude tribes of the South or the North. If his words be not sincere and truthful and his actions not honourable and careful, will he, with such conduct, be appreciated, even in his neighborhood ? |
| 【三節】立、則見其參於前也、在輿、則見期倚於衡也、夫然後行。 | Quand vous êtes debout, voyez par la pensée ces quatre vertus [258] se tenant auprès de vous, devant vos yeux. Quand vous êtes en voiture, contemplez‑les assises sur le joug. Par ce moyen, vous acquerrez de l’influence. | 3. ’When he is standing, let him see those two things, as it were, fronting him. When he is in a carriage, let him see them attached to the yoke. Then may he subsequently carry them into practice.’ |
| 【四節】子張書諸紳。 | Tzeu tchang écrivit sur sa ceinture ces paroles du Maître. | 4. Tsze-chang wrote these counsels on the end of his sash. |
| 【第六章】【一節】子曰、直哉史魚、邦有道如矢、邦有道如矢。 | XV.6. Le Maître dit : — Combien la droiture de l’historiographe Iu est admirable ! Que le gouvernement soit bien ou mal réglé, il suit toujours le droit chemin, comme une flèche. | CHAP. VI. 1. The Master said, ’Truly straightforward was the historiographer Yu. When good government prevailed in his State, he was like an arrow. When bad government prevailed, he was like an arrow. |
| 【二節】君子哉、蘧伯玉、邦有道、則仕、邦無道、則可卷而懷之。 | Que K’iu Pe iu est sage ! Quand le gouvernement est bien réglé, il exerce une charge. Quand le gouvernement est mal réglé, il sait se retirer et tenir sa vertu cachée. [259] | 2. A superior man indeed is Chu Po-yu ! When good government prevails in his state, he is to be found in office. When bad government prevails, he can roll his principles up, and keep them in his breast.’ |
| 【第七章】子曰、可與言、而不與之言、失人、不可與言、而與之言、失言、知者不失人、亦不失言。 | XV.7. Le Maître dit : — Si vous refusez d’instruire un homme qui a les dispositions requises, vous perdez un homme, c’est‑à‑dire vous laissez dans l’ignorance un homme que vous pourriez rendre vertueux et sage. Si vous enseignez un homme qui n’a pas les dispositions nécessaires, vous perdez vos instructions. Un homme prudent ne perd ni les hommes ni ses enseignements. | CHAP. VII. The Master said, ’When a man may be spoken with, not to speak to him is to err in reference to the man. When a man may not be spoken with, to speak to him is to err in reference to our words. The wise err neither in regard to their man nor to their words.’ |
| 【第八章】子曰、志士、仁人、無求生以害仁、有殺身以成仁。 | XV.8. Le Maître dit : — Un homme qui est parfait ou résolu à le devenir ne cherche jamais à sauver sa vie au détriment de sa vertu. Il est des circonstances où il sacrifie sa vie, et met ainsi le comble à sa vertu. | CHAP. VIII. The Master said, ’The determined scholar and the man of virtue will not seek to live at the expense of injuring their virtue. They will even sacrifice their lives to preserve their virtue complete.’ |
| 【第九章】子貢問為仁。子曰、工欲善其事、必先利其器、居是邦也、事其大夫之賢者、友其士之仁者。 | XV.9. Tzeu koung demanda ce qu’il fallait faire pour devenir parfait. Le Maître répondit : — L’ouvrier qui veut bien faire son travail doit commencer par aiguiser ses instruments [260]. Dans la contrée où il demeure, qu’il se mette au service des tai fou les meilleurs ; qu’il contracte amitié avec les hommes les plus parfaits. | CHAP. IX. Tsze-kung asked about the practice of virtue. The Master said, ’The mechanic, who wishes to do his work well, must first sharpen his tools. When you are living in any state, take service with the most worthy among its great officers, and make friends of the most virtuous among its scholars.’ |
| 【第十章】【一節】顏淵問為邦。 | XV.10. Ien Iuen demanda à Confucius ce qu’il fallait faire pour bien gouverner un État | CHAP. X. 1. Yen Yuan asked how the government of a country should be administered. |
| 【二節】子曰、行夏之時。 | Le Maître répondit : — L’empereur doit suivre le calendrier des Hia [261] | 2. The Master said, ’Follow the seasons of Hsia. |
| 【三節】乘殷之輅。 | Il doit adopter la voiture des In [262] | 3. ’Ride in the state carriage of Yin. |
| 【四節】服周之冕。 | et porter dans les cérémonies le bonnet des Tcheou [263] | 4. ’Wear the ceremonial cap of Chau. |
| 【五節】樂則韶舞。 | Il doit faire exécuter les chants de Chouenn [264]. | 5. ’Let the music be the Shao with its pantomimes. |
| 【六節】 放鄭聲、遠佞人、鄭聲淫、佞人殆。 | Il doit bannir les chants de la principauté de Tcheng et écarter les beaux parleurs. Les chants de Tcheng sont obscènes ; les beaux parleurs sont dangereux. | 6. Banish the songs of Chang, and keep far from specious talkers. The songs of Chang are licentious ; specious talkers are dangerous.’ |
| 【十一章】子曰、人無遠慮、必有近憂。 | XV.11. Le Maître dit : — Celui dont la prévoyance ne s’étend pas loin sera bientôt dans l’embarras. | CHAP. XI. The Master said, ’If a man take no thought about what is distant, he will find sorrow near at hand.’ |
| 【十二章】子曰、已矣乎、吾未見好德如好色者也。 | XV.12. Le Maître dit : — Faut‑il donc désespérer ? Je n’ai pas encore vu un homme qui aimât la vertu autant qu’on aime une belle apparence. | CHAP. XII. The Master said, ’It is all over ! I have not seen one who loves virtue as he loves beauty.’ |
| 【十三章】子曰、臧文仲、其竊位者與、知柳下惠之賢、而不與立也。 | XV.13. Le Maître dit : — Tsang Wenn tchoung [265] n’usa‑t‑il pas de sa dignité comme un voleur [266] ? Il connut la sagesse de Houei de Liou hia et ne le demanda pas pour collègue à la cour du prince. [267] | CHAP. XIII. The Master said, ’Was not Tsang Wan like one who had stolen his situation ? He knew the virtue and the talents of Hui of Liu-hsia, and yet did not procure that he should stand with him in court.’ |
| 【十四章】子曰、躬自厚、而薄責於人、則遠怨矣。 | XV.14. Le Maître dit : — Celui qui se reproche sévèrement ses fautes à lui-même et reprend les autres avec indulgence évite les mécontentements. | CHAP. XIV. The Master said, ’He who requires much from himself and little from others, will keep himself from being the object of resentment.’ |
| 【十五章】子曰、不曰如之何、如之何者、吾末如之何也已矣。 | XV.15. Le Maître dit : — Je n’ai rien à faire pour celui qui ne demande pas : Comment ferai-je ceci ? comment ferai-je cela [268] ? | CHAP. XV. The Master said, ’When a man is not in the habit of saying— "What shall I think of this ? What shall I think of this ?" I can indeed do nothing with him !’ |
| 【十六章】子曰、群居終日、言不及義、好行小慧、難矣哉。 | XV.16. Confucius dit : — Ceux qui se réunissent en troupe et demeurent ensemble toute la journée, qui ne disent rien de bon et veulent suivre les lumières trompeuses de leur propre prudence, quelle difficulté n’auront‑ils pas ! [269] | CHAP. XVI. The Master said, ’When a number of people are together, for a whole day, without their conversation turning on righteousness, and when they are fond of carrying out the suggestions of a small shrewdness ;— theirs is indeed a hard case.’ |
| 【十七章】子曰、君子義以為質、禮以行之、孫以出之、信以成之、君子哉。 | XV.17. Le Maître dit : — Le sage prend la justice pour base ; il la pratique d’après les règles établies par les anciens ; il la fait paraître modestement ; il la garde toujours sincèrement. Un tel homme mérite le nom de sage. | CHAP. XVII. The Master said, ’The superior man in everything considers righteousness to be essential. He performs it according to the rules of propriety. He brings it forth in humility. He completes it with sincerity. This is indeed a superior man.’ |
| 【十八章】子曰、君子病無能焉、不病人之不己知也。 | XV.18. Le Maître dit : — Le sage s’afflige de ne pouvoir pratiquer la vertu parfaitement. ; il ne s’afflige pas de n’être pas connu des hommes. | CHAP. XVIII. The Master said, ’The superior man is distressed by his want of ability. He is not distressed by men’s not knowing him.’ |
| 【十九章】子曰、君子疾沒世、而名不稱焉。 | XV.19. Le Maître dit : — Le sage ne veut pas mourir qu’il ne se soit rendu digne d’éloge. | CHAP. XIX. The Master said, ’The superior man dislikes the thought of his name not being mentioned after his death.’ |
| 【二十章】子曰、君子求諸己、小人求諸人。 | XV.20. Le Maître dit : — Le sage attend tout de ses propres efforts ; l’homme vulgaire attend tout de la faveur des autres. | CHAP. XX. The Master said, ’What the superior man seeks, is in himself. What the mean man seeks, is in others.’ |
| 【廿一章】子曰、君子矜而不爭、群而不黨。 | XV.21. Le Maître dit : — Le sage est maître de lui-même et n’a de contestation avec personne ; il est sociable, mais n’est pas homme de parti. | CHAP. XXI. The Master said, ’The superior man is dignified, but does not wrangle. He is sociable, but not a partizan.’ |
| 【廿二章】子曰、君子不以言舉人、不以人廢言。 | XV.22. Le Maître dit : — Le sage n’élève pas un homme aux charges uniquement parce qu’il l’a entendu bien parler ; et il ne rejette pas une bonne parole parce qu’elle a été dite par un méchant homme. | CHAP. XXII. The Master said, ’The superior man does not promote a man simply on account of his words, nor does he put aside good words because of the man.’ |
| 【廿三章】子貢問曰、有一言、而可以終身行之者乎。子曰、其恕乎、己所不欲、勿施於人。 | XV.23. Tzeu koung demanda s’il existait un précepte qui renfermât tous les autres, et qu’on dût observer toute la vie. Le Maître répondit : — N’est‑ce pas le précepte d’aimer tous les hommes comme soi-même ? Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse à vous‑même. | CHAP. XXIII. Tsze-kung asked, saying, ’Is there one word which may serve as a rule of practice for all one’s life ?’ The Master said, ’Is not RECIPROCITY such a word ? What you do not want done to yourself, do not do to others.’ |
| 【廿四章】【一節】子曰、吾之於人也誰毀、誰譽、如有所譽者、其有所試矣。 | XV.24. Le Maître dit : — Quel est celui que j’ai blâmé ou loué avec excès ? Si je loue trop quelqu’un, c’est que j’ai reconnu qu’il se rendra digne des éloges que je lui donne. | CHAP. XXIV. 1. The Master said, ’In my dealings with men, whose evil do I blame, whose goodness do I praise, beyond what is proper ? If I do sometimes exceed in praise, there must be ground for it in my examination of the individual. |
| 【二節】斯民也、三代之所以直道而行也。 | Notre peuple est encore celui que les empereurs des trois dynasties ont traité avec la plus grande justice [270] | 2. ’This people supplied the ground why the three dynasties pursued the path of straightforwardness.’ |
| 【廿五章】子曰、吾猶及史之闕文也、有馬者、借人乘之、今亡矣夫。 | XV.25. Le Maître dit : — Dans mon enfance, j’ai encore pu voir un historiographe qui n’écrivait rien dont il ne fût certain, un homme riche qui prêtait à d’autres ses chevaux. A présent on n’en voit plus [271] | CHAP. XXV. The Master said, ’Even in my early days, a historiographer would leave a blank in his text, and he who had a horse would lend him to another to ride. Now, alas ! there are no such things.’ |
| 【廿六章】子曰、巧言亂德、小不忍、則亂大謀。 | XV.26. Le Maître dit : — Les beaux discours font prendre le vice pour la vertu. Une légère impatience ruine un grand projet. | CHAP. XXVI. The Master said, ’Specious words confound virtue. Want of forbearance in small matters confounds great plans.’ |
| 【廿七章】子曰、眾惡之、必察焉、眾好之、必察焉。 | XV.27. Le Maître dit : — Quand la haine ou la faveur de la multitude s’attache à un homme, il faut examiner sa conduite, avant de juger s’il est digne d’affection ou de haine | CHAP. XXVII. The Master said, ’When the multitude hate a man, it is necessary to examine into the case. When the multitude like a man, it is necessary to examine into the case.’ |
| 【廿八章】子曰、人能弘道、非道弘人。 | XV.28. Le Maître dit : L’homme peut développer et perfectionner ses vertus naturelles ; les vertus naturelles ne rendent pas l’homme parfait [272] | CHAP. XXVIII. The Master said, ’A man can enlarge the principles which he follows ; those principles do not enlarge the man.’ |
| 【廿九章】子曰、過而不改、是謂過矣。 | XV.29. Le Maître dit : — Ne pas se corriger après une faute involontaire, c’est commettre une faute véritable. | CHAP. XXIX. The Master said, ’To have faults and not to reform them,— this, indeed, should be pronounced having faults.’ |
| 【三十章】子曰、吾嘗終日不食、終夜不寢、以思、無益、不如學也。 | XV.30. Le Maître dit : — Autrefois je passais des jours entiers sans manger et des nuits entières sans dormir, afin de me livrer à la méditation. J’en ai retiré peu de fruit. Il vaut mieux étudier à l’école d’autrui. | CHAP. XXX. The Master said, ’I have been the whole day without eating, and the whole night without sleeping :— occupied with thinking. It was of no use. The better plan is to learn.’ |
| 【卅一章】子曰、君子謀道不謀食、耕也、餒在其中矣、學也、祿在其中矣、君子憂道、不憂貧。 | XV.31. Le Maître dit : Le disciple de la sagesse tourne toutes ses pensées vers la vertu, et non vers la nourriture. Le laboureur cultive la terre pour en tirer sa nourriture ; mais quand la récolte vient à manquer dans son travail il rencontre la disette et la faim. Au contraire, le disciple de la sagesse, en ne travaillant que pour acquérir la vertu, s’attire des honneurs et des richesses. Il donne tous ses soins à la vertu et n’a aucun souci de la pauvreté. | CHAP. XXXI. The Master said, ’The object of the superior man is truth. Food is not his object. There is plowing ;— even in that there is sometimes want. So with learning ;— emolument may be found in it. The superior man is anxious lest he should not get truth ; he is not anxious lest poverty should come upon him.’ |
| 卅二章】【一節】子曰、知及之、仁不能守之、雖得之、必失之。 | XV.32. Le Maître dit : — Si quelqu’un connaissait la doctrine des sages et qu’il n’eût pas assez de vertu pour la mettre en pratique, sa science ne lui servirait de rien. | CHAP. XXXII. 1. The Master said, ’When a man’s knowledge is sufficient to attain, and his virtue is not sufficient to enable him to hold, whatever he may have gained, he will lose again. |
| 【二節】知及之、仁能守之、不莊以蒞之、則民不敬。 | Si quelqu’un connaissait la doctrine des sages et pouvait la mettre en pratique, mais manquait de gravité en public, le peuple ne le respecterait pas. | 2. ’When his knowledge is sufficient to attain, and he has virtue enough to hold fast, if he cannot govern with dignity, the people will not respect him. |
| 【三節】知及之、仁能守之、莊以蒞之、動之不以禮、未善也。 | Si quelqu’un connaissait la doctrine des sages, était capable de la mettre en pratique, paraissait en public avec gravité, mais ne dirigeait pas le peuple d’après les règles établies, ce ne serait pas encore la perfection. | 3. ’When his knowledge is sufficient to attain, and he has virtue enough to hold fast ; when he governs also with dignity, yet if he try to move the people contrary to the rules of propriety :— full excellence is not reached.’ |
| 【卅三章】子曰、君子不可小知、而可大受也、小人不可大受、而可小知也。 | XV.33. Le Maître dit : — On ne peut apprécier le sage dans une petite chose [273], mais on peut lui en confier de grandes. On ne peut confier de grandes choses à l’homme vulgaire ; mais on peut l’apprécier dans les petites [274] | CHAP. XXXIII. The Master said, ’The superior man cannot be known in little matters ; but he may be intrusted with great concerns. The small man may not be intrusted with great concerns, but he may be known in little matters.’ |
| 【卅四章】子曰、民之於仁也、甚於水火、水火吾見蹈而死者矣、未見蹈仁而死者也。 | XV.34. Le Maître dit : — La vertu est plus nécessaire au peuple que l’eau et le feu [275]. J’ai vu des hommes périr en marchant dans l’eau ou dans le feu ; je n’ai jamais vu personne périr en marchant dans la voie de la vertu. | CHAP. XXXIV. The Master said, ’Virtue is more to man than either water or fire. I have seen men die from treading on water and fire, but I have never seen a man die from treading the course of virtue.’ |
| 【卅五章】子曰、當仁、不讓於師。 | XV.35. Le Maître dit : — Celui qui s’applique principalement à pratiquer la vertu peut rivaliser avec un maître, c’est‑à‑dire se diriger lui-même et les autres. | CHAP. XXXV. The Master said, ’Let every man consider virtue as what devolves on himself. He may not yield the performance of it even to his teacher.’ |
| 【卅六章】子曰、君子貞、而不諒。 | XV.36. Le Maître dit : — Le sage s’attache fortement à la vérité et au devoir ; il ne s’attache pas opiniâtrement à ses idées. | CHAP. XXXVI. The Master said, ’The superior man is correctly firm, and not firm merely.’ |
| 【卅七章】子曰、事君敬其事、而後其食。 | XV.37. Le Maître dit : — Celui qui est au service de son prince doit remplir sa charge avec grand soin, et ne penser à son salaire qu’en dernier lieu. | CHAP. XXXVII. The Master said, ’A minister, in serving his prince, reverently discharges his duties, and makes his emolument a secondary consideration.’ |
| 【卅八章】子曰、有教、無類。 | XV.38. Le Maître dit : — Le sage admet à son école tous les hommes, sans distinction. [276] | CHAP. XXXVIII. The Master said, ’In teaching there should be no distinction of classes.’ |
| 【卅九章】子曰、道不同、不相為謀。 | XV.39. Le Maître dit : — Deux hommes qui suivent des voies différentes ne peuvent pas s’entraider par leurs conseils. | CHAP. XXXIX. The Master said, ’Those whose courses are different cannot lay plans for one another.’ |
| 【四十章】子曰、辭、達而已矣。 | XV.40. Le Maître dit : — Le langage doit exprimer clairement la pensée, cela suffit. | CHAP. XL. The Master said, ’In language it is simply required that it convey the meaning.’ |
| 【四一章】【一節】師冕見、及階、子曰、階也。及席、子曰、席也。皆坐、子告之曰、某在斯、某在斯。 | XV.41. Le préfet de la musique Mien [277] étant allé faire visite à Confucius, lorsqu’il fut arrivé aux degrés de la salle, le Maître lui dit : Voici les degrés Lorsqu’il fut arrivé auprès de la natte, le philosophe lui dit : — Voici la natte. Quand tout le monde fut assis, le Maître dit au préfet de la musique : — Un tel est ici ; un tel est là. | CHAP. XLI. 1. The Music-master, Mien, having called upon him, when they came to the steps, the Master said, ’Here are the steps.’ When they came to the mat for the guest to sit upon, he said, ’Here is the mat.’ When all were seated, the Master informed him, saying, ’So and so is here ; so and so is here.’ |
| 【二節】師冕出、子張問曰、與師言之道與。 | Lorsque le préfet Mien se fut retiré, Tzeu tchang demanda si c’était un devoir d’avertir ainsi le préfet de la musique. | 2. The Music-master, Mien, having gone out, Tsze-chang asked, saying. ’Is it the rule to tell those things to the Music-master ?’ |
| 【三節】子曰、然、固相師之道也。 | — Certainement, répondit le Maître, c’est un devoir d’aider ainsi les directeurs de la musique [278]. | 3. The Master said, ’Yes. This is certainly the rule for those who lead the blind.’ |
| 李氏第十六 | CHAPITRE XVI | BOOK XVI. KE SHE. |
| 【第一章】【一節】李氏將伐顓臾。 | XVI.1. Le chef de la famille Ki se préparait à envahir Tchouen iu [279]. | CHAP. I. 1. The head of the Chi family was going to attack Chwan-yu. |
| 【二節】冉有李路見於孔子曰、李氏將有事於顓臾。 | Jen Iou et Tzeu lou [280] allèrent voir Confucius et lui dirent : — Ki prépare une expédition contre Tchouen iu. | 2. Zan Yu and Chi-lu had an interview with Confucius, and said, ’Our chief, Chi, is going to commence operations against Chwan-yu.’ |
| 【三節】孔子曰、求、無乃爾是過與。 | — K’iou [281], répondit Confucius, n’avez‑vous pas quelque part à ce crime ? | 3. Confucius said, ’Ch’iu, is it not you who are in fault here ? |
| 【四節】夫顓臾、昔者、先王以為東蒙主、且在邦域之中矣、是社稷之臣也、何以伐為。 | Tchouen iu a été choisi par les anciens empereurs [282] pour être le lieu ordinaire des sacrifices, au pied du mont Moung oriental. De plus, il fait partie de la principauté de Lou et relève de l’autorité de notre prince. De quel droit Ki irait‑il l’attaquer ? | 4. ’Now, in regard to Chwan-yu, long ago, a former king appointed its ruler to preside over the sacrifices to the eastern Mang ; moreover, it is in the midst of the territory of our State ; and its ruler is a minister in direct connexion with the sovereign :— What has your chief to do with attacking it ?’ |
| 【五節】冉有曰、夫子欲之、吾二臣者、皆不欲也。 | — Notre maître le veut, répondit Jen Iou ; nous, ses ministres, nous ne le voulons ni l’un ni l’autre. | 5. Zan Yu said, ’Our master wishes the thing ; neither of us two ministers wishes it.’ |
| 【六節】孔子曰、求、周任有言曰、陳力就列、不能者止、危而不持、顛而不扶、則將焉用彼相矣。 | Confucius dit : — K’iou, Tcheou jenn [283] répétait souvent : « Que celui qui peut se dépenser pour le bien du peuple entre dans les rangs de la magistrature ; que celui qui ne peut rendre un vrai service n’accepte pas de charge. A quoi servira ce conducteur d’aveugles, qui ne saura ni affermir celui qui est ébranlé, ni soutenir celui qui tombe [284] ? » | 6. Confucius said, ’Ch’iu, there are the words of Chau Zan,— "When he can put forth his ability, he takes his place in the ranks of office ; when he finds himself unable to do so, he retires from it. How can he be used as a guide to a blind man, who does not support him when tottering, nor raise him up when fallen ?" |
| 【七節】且爾言過矣、虎兕出於柙、龜玉毀於櫝中、是誰之過與。 | » De plus, votre réponse est blâmable. Si un tigre ou un bœuf sauvage s’échappe de sa cage ou de son enclos, si une écaille de tortue ou une pierre précieuse est endommagée dans le coffre, à qui en est la faute [285] ? | 7. ’And further, you speak wrongly. When a tiger or rhinoceros escapes from his cage ; when a tortoise or piece of jade is injured in its repository :— whose is the fault ?’ |
| 【八節】冉有曰、今夫顓臾、固而近於費、今不取、後世必為子孫憂。 | Jen Iou répliqua : — Tchouen iu est bien fortifié et proche de la ville de Pi [286]. Si Ki ne s’empare pas à présent de Tchouen iu, dans les temps à venir ses descendants seront dans l’embarras. | 8. Zan Yu said, ’But at present, Chwan-yu is strong and near to Pi ; if our chief do not now take it, it will hereafter be a sorrow to his descendants.’ |
| 【九節】孔子曰、求、君子疾夫舍曰欲之、而必為之辭。 | — Kiou, répondit Confucius, le sage déteste ces hommes qui ne veulent pas avouer leur cupidité et inventent des prétextes pour l’excuser. | 9. Confucius said. ’Ch’iu, the superior man hates that declining to say— "I want such and such a thing," and framing explanations for the conduct. |
| 【十節】丘也、聞有國有家者、不患寡、而患不均、不患貧、而患不安、蓋均無貧、和無寡、安無傾。 | J’ai entendu dire que ce qui doit faire le souci des tchou heou et des tai fou, ce n’est pas le petit nombre de leurs sujets, mais le défaut de justice ; ce n’est pas le manque de ressources, mais le manque d’union et de concorde. La pauvreté n’est pas à craindre, où la justice est observée ; ni le défaut de sujets, où règne la concorde ; ni le bouleversement de l’État, où règne la tranquillité. | 10. ’I have heard that rulers of States and chiefs of families are not troubled lest their people should be few, but are troubled lest they should not keep their several places ; that they are not troubled with fears of poverty, but are troubled with fears of a want of contented repose among the people in their several places. For when the people keep their several places, there will be no poverty ; when harmony prevails, there will be no scarcity of people ; and when there is such a contented repose, there will be no rebellious upsettings. |
| 【十一節】夫如是、故遠人不服、則修文德以來之、既來之、則安之。 | . Si les habitants des contrées éloignées ne reconnaissent pas l’autorité du prince, qu’il fasse fleurir les vertus civiles [287], afin de les attirer ; après les avoir attirés, qu’il les fasse jouir de la tranquillité. | 11. ’So it is.— Therefore, if remoter people are not submissive, all the influences of civil culture and virtue are to be cultivated to attract them to be so ; and when they have been so attracted, they must be made contented and tranquil. |
| 【十二節】今由與求也、相夫子、遠人不服、而不能來也、邦分崩離析、而不能守也。 | Vous, Iou et Kiou, vous êtes les ministres de Ki. Les habitants des contrées éloignées ne se soumettent pas, et vous ne savez pas les attirer. La principauté de Lou penche vers sa ruine et se divise en plusieurs parties. Vous ne savez pas lui conserver son intégrité ; | 12. ’Now, here are you, Yu and Ch’iu, assisting your chief. Remoter people are not submissive, and, with your help, he cannot attract them to him. In his own territory there are divisions and downfalls, leavings and separations, and, with your help, he cannot preserve it. |
| 【十三節】而謀動干戈於邦內、吾恐李孫之憂、不在顓臾、而在蕭牆之內也。 | et vous pensez à exciter une levée de boucliers dans son sein. Je crains bien que la famille de Ki ne rencontre de grands embarras, non pas à Tchouen iu, mais dans l’intérieur même de sa maison [288]. [289] | 13. ’And yet he is planning these hostile movements within the State.— I am afraid that the sorrow of the Chi-sun family will not be on account of Chwan-yu, but will be found within the screen of their own court.’ |
| 【第二章】【一節】孔子曰、天下有道、則禮樂征伐、自天子出、天下無道、則禮樂征伐、自諸侯出、自諸侯出、蓋十世希不失矣、自大夫出、五世希不失矣、陪臣執國命、三世希不失矣。 | XVI.2. Le Maître dit : — Quand l’empire est bien gouverné, l’empereur règle lui-même les cérémonies, la musique, les expéditions militaires pour soumettre les feudataires désobéissants. Quand l’empire n’est pas bien gouverné, les tchou heou règlent les cérémonies, la musique, les expéditions militaires. Alors [290] les familles des tchou heou conservent rarement leur autorité au delà de dix générations [291]. Lorsque les tai fou s’emparent du pouvoir, ils le conservent rarement plus de cinq générations. Les intendants des princes ou des grands préfets, devenus à leur tour maîtres du pouvoir, le conservent rarement plus de trois générations. | CHAP. II. 1. Confucius said, ’When good government prevails in the empire, ceremonies, music, and punitive military expeditions proceed from the son of Heaven. When bad government prevails in the empire, ceremonies, music, and punitive military expeditions proceed from the princes. When these things proceed from the princes, as a rule, the cases will be few in which they do not lose their power in ten generations. When they proceed from the Great officers of the princes, as a rule, the cases will be few in which they do not lose their power in five generations. When the subsidiary ministers of the great officers hold in their grasp the orders of the state, as a rule, the cases will be few in which they do not lose their power in three generations. |
| 【二節】天下有道、則政不在大夫。 | Quand l’empire est bien réglé, la haute administration n’est pas entre les mains des tai fou ; . | 2. ’When right principles prevail in the kingdom, government will not be in the hands of the Great officers. |
| 【三節】天下有道、則庶人不議。 | les particuliers ne sont pas admis à délibérer sur les affaires d’État [292] | 3. ’When right principles prevail in the kingdom, there will be no discussions among the common people.’ |
| 【第三章】孔子曰、祿之去公室、五世矣、政逮於大夫、四世矣、故夫三桓之子孫微矣。 | XVI.3. Confucius dit : — Les revenus publics ont passé de la maison du prince de Lou aux maisons des trois puissants tai fou Meng Suenn, Chou suenn et Ki Suenn, qui descendent de Houan, prince de Lou, cela depuis cinq générations. La haute administration est entre les mains des tai fou depuis quatre générations. Aussi, la puissance de ces trois grands seigneurs touche à son terme [293] | CHAP. III. Confucius said, ’The revenue of the state has left the ducal House now for five generations. The government has been in the hands of the Great officers for four generations. On this account, the descendants of the three Hwan are much reduced.’ |
| 【第四章】孔子曰、益者三友、損者三友、友直、友諒、友多聞、益矣、友便辟、友善柔、友便佞、損矣。 | XVI.4. Confucius dit : — Trois sortes d’amitié sont avantageuses, et trois sortes d’amitié sont nuisibles. L’amitié avec un homme qui parle sans détours, l’amitié avec un homme sincère, l’amitié avec un homme de grand savoir, ces trois sortes d’amitié sont utiles. L’amitié avec un homme habitué à tromper par une fausse apparence d’honnêteté, l’amitié avec un homme habile à flatter, l’amitié avec un homme qui est grand parleur, ces trois sortes d’amitié sont nuisibles. | CHAP. IV. Confucius said, ’There are three friendships which are advantageous, and three which are injurious. Friendship with the upright ; friendship with the sincere ; and friendship with the man of much observation :— these are advantageous. Friendship with the man of specious airs ; friendship with the insinuatingly soft ; and friendship with the glib-tongued :— these are injurious.’ |
| 【第五章】孔子曰、益者三樂、損者三樂、樂節禮樂、樂道人之善、樂多賢友、益矣。樂驕樂、樂佚遊、樂宴樂、損矣。 | XVI.5. Confucius dit : — Il y a trois choses qu’il est utile d’aimer, et trois choses qu’il est nuisible d’aimer. Aimer à étudier les cérémonies et la musique, aimer à dire le bien qu’on a observé dans les autres, aimer à se lier d’amitié avec beaucoup d’hommes sages et vertueux, ces trois choses sont utiles. Aimer à donner libre cours à ses convoitises, aimer à perdre son temps et à courir çà et là, aimer les festins et les plaisirs déshonnêtes, ces trois passions sont nuisibles. | CHAP. V. Confucius said, ’There are three things men find enjoyment in which are advantageous, and three things they find enjoyment in which are injurious. To find enjoyment in the discriminating study of ceremonies and music ; to find enjoyment in speaking of the goodness of others ; to find enjoyment in having many worthy friends :— these are advantageous. To find enjoyment in extravagant pleasures ; to find enjoyment in idleness and sauntering ; to find enjoyment in the pleasures of feasting :— these are injurious.’ |
| 【第六章】孔子曰、侍於君子有三愆、言未及之而言、謂之躁、言及之而不言、謂之隱、未見顏色而言、謂之瞽。 | XVI.6. Confucius dit : — Quand vous êtes en présence d’un homme distingué par son rang et sa vertu, vous avez trois défauts à éviter. Si vous lui adressez la parole avant qu’il vous interroge, c’est précipitation. Si, interrogé par lui, vous ne lui répondez pas, c’est dissimulation. Si vous lui parler avant d’avoir vu, à l’air de son visage, qu’il vous prête une oreille attentive, c’est aveuglement. | CHAP. VI. Confucius said, ’There are three errors to which they who stand in the presence of a man of virtue and station are liable. They may speak when it does not come to them to speak ;— this is called rashness. They may not speak when it comes to them to speak ;— this is called concealment. They may speak without looking at the countenance of their superior ;— this is called blindness.’ |
| 【第七章】孔子曰、君子有三戒、少之時、血氣未定、戒之在色、及其壯也、血氣方剛、戒之在鬥、及其老也、血氣既衰、戒之在得。 | XVI.7. Confucius dit : — Celui qui s’applique à pratiquer la vertu se tient en garde contre trois choses. Dans la jeunesse, lorsque le sang et les esprits vitaux sont toujours en mouvement, il se tient en garde contre les plaisirs des sens. Dans l’âge mûr, lorsque le sang et les esprits vitaux sont dans toute leur vigueur, il évite les querelles. Dans la vieillesse, lorsque le sang et les esprits vitaux ont perdu leur énergie, il se tient en garde contre la passion d’acquérir. | CHAP. VII. Confucius said, ’There are three things which the superior man guards against. In youth, when the physical powers are not yet settled, he guards against lust. When he is strong and the physical powers are full of vigor, he guards against quarrelsomeness. When he is old, and the animal powers are decayed, he guards against covetousness.’ |
| 【第八章】【一節】孔子曰、君子有三畏、畏天命、畏大人、畏聖人之言。 | XVI.8. Confucius dit : — Le sage respecte trois choses. Il respecte la volonté du Ciel [294] ; il respecte les hommes éminents en vertu et en dignité ; il respecte les maximes des sages. | CHAP. VIII. 1. Confucius said, ’There are three things of which the superior man stands in awe. He stands in awe of the ordinances of Heaven. He stands in awe of great men. He stands in awe of the words of sages. |
| 【二節】小人不知天命、而不畏也、狎大人、侮聖人之言。 | L’homme vulgaire ne connaît pas la loi naturelle et ne la respecte pas ; il traite sans respect les hommes éminents ; il tourne en dérision les maximes des sages. | 2. ’The mean man does not know the ordinances of Heaven, and consequently does not stand in awe of them. He is disrespectful to great men. He makes sport of the words of sages.’ |
| 【第九章】孔子曰、生而知之者、上也、學而知之者、次也、困而學之、又其次也、困而不學、民斯為下矣。 | XVI.9. Confucius dit : — Ceux en qui la connaissance des principes de la sagesse est innée sont des hommes tout à fait supérieurs. Au second rang viennent ceux qui acquièrent cette connaissance par l’étude ; et, au troisième rang, ceux qui, malgré leur peu d’intelligence, travaillent à l’acquérir. Ceux qui n’ont ni intelligence ni volonté d’apprendre forment la dernière classe d’hommes. | CHAP. IX. Confucius said, ’Those who are born with the possession of knowledge are the highest class of men. Those who learn, and so, readily, get possession of knowledge, are the next. Those who are dull and stupid, and yet compass the learning, are another class next to these. As to those who are dull and stupid and yet do not learn ;— they are the lowest of the people.’ |
| 【第十章】孔子曰、君子有九思、視思明、聽思聰、色思溫、貌思恭、言思忠、事思敬、疑思問、忿思難、見得思義。 | XVI.10. Confucius dit : — Le sage donne une attention spéciale à neuf choses. Il s’applique à bien voir ce qu’il regarde, à bien entendre ce qu’il écoute ; il a soin d’avoir un air affable, d’avoir une tenue irréprochable, d’être sincère dans ses paroles, d’être diligent dans ses actions ; dans ses doutes, il a soin d’interroger ; lorsqu’il est mécontent, il pense aux suites fâcheuses de la colère ; en face d’un bien à obtenir, il consulte la justice. | CHAP. X. Confucius said, ’The superior man has nine things which are subjects with him of thoughtful consideration. In regard to the use of his eyes, he is anxious to see clearly. In regard to the use of his ears, he is anxious to hear distinctly. In regard to his countenance, he is anxious that it should be benign. In regard to his demeanor, he is anxious that it should be respectful. In regard to his speech, he is anxious that it should be sincere. In regard to his doing of business, he is anxious that it should be reverently careful. In regard to what he doubts about, he is anxious to question others. When he is angry, he thinks of the difficulties (his anger may involve him in). When he sees gain to be got, he thinks of righteousness.’ |
| 【十一章】【一節】孔子曰、見善如不及、見不善而探湯、吾見其人矣、吾聞其語矣。 | XVI.11. Confucius dit : — A la vue d’un bien à faire, déployer toute son énergie, comme si l’on craignait de ne pouvoir y parvenir ; à la vue d’un mal à éviter, se retirer comme si l’on avait mis la main dans l’eau bouillante ; c’est un principe que j’ai vu mettre en pratique, et que j’ai appris des anciens. | CHAP. XI. 1. Confucius said, ’Contemplating good, and pursuing it, as if they could not reach it ; contemplating evil, and shrinking from it, as they would from thrusting the hand into boiling water :— I have seen such men, as I have heard such words. |
| 【二節】隱居以求其志、行義以達其道、吾聞其語矣、未見其人也。 | Se préparer dans la retraite [295] à servir son prince et son pays, pratiquer la justice [296], afin d’étendre au loin l’influence de sa vertu, c’est un principe que j’ai appris des anciens, mais que je n’ai encore vu suivi par personne. | 2. ’Living in retirement to study their aims, and practising righteousness to carry out their principles :— I have heard these words, but I have not seen such men.’ |
| 【十二章】【一節】齊景公有馬千駟、死之日、民無德而稱焉、伯夷叔齊、餓于首陽之下、民到于今稱之。 | XVI.12. King, prince de Ts’i, avait mille attelages de quatre chevaux. A sa mort, le peuple ne trouva aucune vertu à louer en lui. Pe i et Chou ts’i moururent de faim au pied du mont Cheou iang [297]. Le peuple n’a pas encore cessé de célébrer leurs louanges, | CHAP. XII. 1. The duke Ching of Ch’i had a thousand teams, each of four horses, but on the day of his death, the people did not praise him for a single virtue. Po-i and Shu-ch’i died of hunger at the foot of the Shau-yang mountain, and the people, down to the present time, praise them. |
| 【二節】其斯之謂與。 | non à cause de leurs richesses,mais seulement à cause de leur rare vertu. Ces deux vers du Cheu king ne peuvent‑ils pas leur être appliqués justement ? | ’Is not that saying illustrated by this ?’ |
| 【十三章】【一節】陳亢問於伯魚曰、子亦有異聞乎。 | XVI.13. Tch’enn Kang demanda à Pe iu [298] si son père lui avait donné des enseignements particuliers qu’il ne communiquait pas à ses disciples. Pe iu répondit : | CHAP. XIII. 1. Ch’an K’ang asked Po-yu, saying, ’Have you heard any lessons from your father different from what we have all heard ?’ |
| 【二節】對曰、未也、嘗獨立、鯉趨而過庭、曰、學詩乎。對曰、未也。不學詩、無以言。鯉退而學詩。 | — Aucun jusqu’à présent. Un jour qu’il se trouvait seul, comme je traversais la salle d’un pas rapide, il me dit : Avez-vous étudié le Cheu king ? Pas encore, lui dis‑je. Si vous n’étudiez le Cheu king, me répondit‑il, vous n’aurez pas de sujets de conversation. « Je me retirai et me mis à étudier le Cheu king. | 2. Po-yu replied, ’No. He was standing alone once, when I passed below the hall with hasty steps, and said to me, "Have you learned the Odes ?" On my replying "Not yet," he added, "If you do not learn the Odes, you will not be fit to converse with." I retired and studied the Odes. |
| 【三節】他日、又獨立、鯉趨而過庭、曰、學禮乎。對曰、未也。不學禮、無以立。鯉退而學禮。 | Un autre jour qu’il était encore seul, comme je traversais la salle d’un pas rapide, il me dit : Avez‑vous étudié le Li ki ? Pas encore, lui répondis-je. Si vous n’étudiez pas le Li ki, dit‑il, votre vertu n’aura pas de fondement solide. « Je me retirai et me mis à étudier le Livre des Devoirs. | 3. ’Another day, he was in the same way standing alone, when I passed by below the hall with hasty steps, and said to me, ’Have you learned the rules of Propriety ?’ On my replying ’Not yet,’ he added, ’If you do not learn the rules of Propriety, your character cannot be established.’ I then retired, and learned the rules of Propriety. |
| 【四節】聞斯二者。 | Voilà les deux enseignements que j’ai reçus. | 4. ’I have heard only these two things from him.’ |
| 【五節】陳亢退而喜曰、問一得三、聞詩、聞禮、又聞君子遠其子也。 | Tch’enn Kang se retira satisfait et dit : — J’ai demandé une chose, et j’en ai appris trois ; dont l’une concerne le Cheu king, l’autre concerne le Livre des Devoirs ; et la troisième, c’est que le sage ne donne pas d’enseignements secrets et particuliers à son fils. | 5. Ch’ang K’ang retired, and, quite delighted, said, ’I asked one thing, and I have got three things. I have heard about the Odes. I have heard about the rules of Propriety. I have also heard that the superior man maintains a distant reserve towards his son.’ |
| 【十四章】邦君子之妻、君稱之曰夫人、夫人自稱小童、邦人稱之、曰君夫人、稱諸異邦、曰寡小君、異邦人稱之、亦曰君夫人。 | XVI.14. Un prince [299] appelle sa femme fou jenn, son aide. La femme d’un prince, en parlant d’elle‑même, s’appelle petite fille. Les habitants de la principauté la désignent sous le nom de Dame qui aide le prince. Quand ils parlent d’elle devant un étranger, ils l’appellent leur petite Dame. Les étrangers lui donnent le nom de Dame qui aide le prince. | CHAP. XIV. The wife of the prince of a state is called by him FU ZAN. She calls herself HSIAO T’UNG. The people of the State call her CHUN FU ZAN, and, to the people of other States, they call her K’WA HSIAO CHUN. The people of other states also call her CHUN FU ZAN. |
| 陽貨第十七 | CHAPITRE XVII | BOOK XVII. YANG HO. | |||
| 【第一章】【一節】陽貨欲見孔子、孔子不見、歸孔子豚、孔子時其亡也、而往拜之。遇諸塗。 | XVII.1. Iang Houo désirait recevoir la visite de Confucius. Confucius n’étant pas allé le voir, Iang Houo lui envoya un jeune cochon. Confucius choisit le moment où Iang Houo n’était pas chez lui et alla à sa maison pour le saluer ; il le rencontra en chemin. | CHAP. I. 1. Yang Ho wished to see Confucius, but Confucius would not go to see him. On this, he sent a present of a pig to Confucius, who, having chosen a time when Ho was not at home, went to pay his respects for the gift. He met him, however, on the way. | |||
| 【二節】謂孔子曰、來、予與爾言、曰、懷其寶而迷其邦、可謂仁乎。曰、不可。好從事而亟失時、可謂知乎。曰、不可。日月逝矣、歲不我與。孔子曰、諾、吾將仕矣。 | Iang Houo dit à Confucius : Venez, j’ai à vous parler Alors il lui dit : — Celui qui tient son trésor [300] caché dans son sein et laisse son pays dans le trouble, mérite‑t‑il d’être appelé bienfaisant ? — Non, répondit Confucius. Iang Houo reprit : — Celui qui aime à gérer les affaires publiques et laisse souvent passer les occasions de le faire mérite‑t‑il d’être appelé prudent ? — Non, répondit Confucius. Iang Houo continua : — Les jours et les mois passent ; les années ne nous attendent pas. — Bien, répondit Confucius ; j’exercerai un emploi [301]. [302] | 2. Ho said to Confucius, ’Come, let me speak with you.’ He then asked, ’Can he be called benevolent who keeps his jewel in his bosom, and leaves his country to confusion ?’ Confucius replied, ’No.’ ’Can he be called wise, who is anxious to be engaged in public employment, and yet is constantly losing the opportunity of being so ?’ Confucius again said, ’No.’ ’The days and months are passing away ; the years do not wait for us.’ Confucius said, ’Right ; I will go into office.’ | |||
| 【第二章】子曰、性相近也、習相遠也。 | XVII.2. Le Maître dit : — Les hommes sont tous semblables par leur nature ; ils différent par les habitudes qu’ils contractent. | CHAP. II. The Master said, ’By nature, men are nearly alike ; by practice, they get to be wide apart.’ | |||
| 【第三章】子曰、唯上知與下愚不移。 | XVII.3. Le Maître dit : — Il n’y a que deux classes d’hommes qui ne changent jamais de conduite : les plus sages et les plus insensés. | CHAP. III. The Master said, ’There are only the wise of the highest class, and the stupid of the lowest class, who cannot be changed.’ | |||
| 【第四章】【一節】子之武城、聞弦歌之聲。 | XVII.4. Le Maître, arrivant à Ou tcheng, entendit des chants et des sons d’instruments à cordes. | CHAP. IV. 1. The Master, having come to Wu-ch’ang, heard there the sound of stringed instruments and singing. | |||
| 【二節】夫子莞爾而笑曰、割雞焉用牛刀。 | Il sourit et dit : — Pour tuer une poule, emploie‑t‑on le couteau qui sert à dépecer les bœufs ? | 2. Well pleased and smiling, he said, ’Why use an ox knife to kill a fowl ?’ | |||
| 【三節】子游對曰、昔者偃也、聞諸夫子曰、君子學道則愛人、小人學道則易使也。 | Tzeu iou répondit : — Maître, autrefois je vous ai entendu dire que l’étude de la sagesse rend les officiers bienfaisants et les hommes du peuple faciles à gouverner | 3. Tsze-yu replied, ’Formerly, Master, I heard you say,— "When the man of high station is well instructed, he loves men ; when the man of low station is well instructed, he is easily ruled."’ | |||
| 【四節】子曰、二三子、偃之言是也、前言戲之耳。 | — Mes enfants, reprit le Maître, Ien a dit vrai. Ce que je viens de dire n’était qu’une plaisanterie. [303] | 4. The Master said, ’My disciples, Yen’s words are right. What I said was only in sport.’ | |||
| 【第五章】【一節】公山弗擾以費畔、召、子欲往。 | XVII.5. Koung chan Fou jao, maître de la ville de Pi, s’était révolté. Il manda Confucius. Le philosophe voulait aller le voir. | CHAP. V. Kung-shan Fu-zao, when he was holding Pi, and in an attitude of rebellion, invited the Master to visit him, who was rather inclined to go. | |||
| 【二節】子路不說、曰、末之也已、何必公山氏之之也。 | Tzeu lou indigné lui dit : — Il n’est pas d’endroit où il convienne d’aller [304]. Quelle nécessité y a‑t‑il d’aller trouver le chef de la famille Koung chan ? | 2. Tsze-lu was displeased, and said, ’Indeed, you cannot go ! Why must you think of going to see Kung-shan ?’ | |||
| 【三節】子曰、未召我者、而豈徒哉、如有用我者、吾其為東周乎。 | Le Maître répondit : — Celui qui m’a invité l’a‑t‑il fait sans une intention véritable [305] ? Si l’on me donnait la direction des affaires publiques, ne ferais‑je pas revivre en Orient les principes des fondateurs de la dynastie des Tcheou ? [306] | 3. The Master said, ’Can it be without some reason that he has invited ME ? If any one employ me, may I not make an eastern Chau ?’ | |||
| 【第六章】子張問仁於孔子、孔子曰、能行五者於天下為仁矣。請問之、曰、恭、寬、信、敏、惠、恭、則不侮、寬、則得眾、信、則人任焉、敏、則有功、惠、則足以使人。 | XVII.6. Tzeu tchang demanda à Confucius en quoi consiste la vertu parfaite. Confucius répondit : Celui-là est parfait qui est capable de pratiquer cinq choses partout et toujours. Tzeu tchang dit : — Permettez‑moi de vous demander quelles sont ces cinq choses ? — Ce sont, répondit Confucius, la gravité du maintien, la grandeur d’âme, la sincérité, la diligence et la bienfaisance. La gravité du maintien inspire le respect ; la grandeur d’âme gagne les cœurs ; la sincérité obtient la confiance ; la diligence exécute des œuvres utiles ; la bienfaisance rend facile la direction des hommes. | CHAP. VI. Tsze-chang asked Confucius about perfect virtue. Confucius said, ’To be able to practise five things everywhere under heaven constitutes perfect virtue.’ He begged to ask what they were, and was told, ’Gravity, generosity of soul, sincerity, earnestness, and kindness. If you are grave, you will not be treated with disrespect. If you are generous, you will win all. If you are sincere, people will repose trust in you. If you are earnest, you will accomplish much. If you are kind, this will enable you to employ the services of others. | |||
| 【第七章】【一節】佛肸召。子欲往。 | XVII.7. Pi Hi invita Confucius à aller le voir. Le Maître voulait s’y rendre | CHAP. VII. 1. Pi Hsi inviting him to visit him, the Master was inclined to go. | |||
| 【二節】子路曰、昔者由也、聞諸夫子曰、親於其身、為不善者、君子不入也、佛肸以中牟畔、子之往也、如之何。 | Tzeu lou dit : — Maître, autrefois je vous ai entendu dire que le sage ne faisait pas société avec un homme engagé dans une entreprise coupable. Pi Hi, maître de Tchoung meou, a levé l’étendard de la révolte. Convient‑il que vous alliez le voir ? | 2. Tsze-lu said, ’Master, formerly I have heard you say, "When a man in his own person is guilty of doing evil, a superior man will not associate with him." Pi Hsi is in rebellion, holding possession of Chung-mau ; if you go to him, what shall be said ?’ | |||
| 【三節】子曰、然、有是言也、不曰堅乎、磨而不磷、不曰白乎、涅而不緇。 | Le Maître répondit : — Il est vrai, j’ai dit ces paroles. Mais ne dit‑on pas aussi qu’un objet très dur n’est pas entamé par le frottement ? Ne dit‑on pas aussi qu’un objet essentiellement blanc ne devient pas noir par la teinture ? | 3. The Master said, ’Yes, I did use these words. But is it not said, that, if a thing be really hard, it may be ground without being made thin ? Is it not said, that, if a thing be really white, it may be steeped in a dark fluid without being made black ? | |||
| 【四節】吾豈匏瓜也哉、焉能繫而不食。 | Suis‑je donc une courge ventrue, qui peut être suspendue, et ne pas manger ou n’être pas mangée ? [307] | 4. ’Am I a bitter gourd ! How can I be hung up out of the way of being eaten ?’ | |||
| 【第八章】【一節】子曰、由也、女聞六言六蔽矣乎。對曰、未也。 | XVII.8. Le Maître dit : — Iou [308], connaissez‑vous les six paroles [309] et les six ombres [310] ? Tzeu lou se levant, répondit : — Pas encore. | CHAP. VIII. 1. The Master said, ’Yu, have you heard the six words to which are attached six becloudings ?’ Yu replied, ’I have not.’ | |||
| 【二節】居、吾語女。 | — Asseyez‑vous, reprit Confucius, je vous les dirai. | 2. ’Sit down, and I will tell them to you. | |||
| 【三節】好仁不好學、其蔽也愚、好智不好學、其蔽也蕩、好信不好學、其蔽也賊、好直不好學、其蔽也絞、好勇不好學、其蔽也亂、好剛不好學、其蔽也狂。 | Le défaut de celui qui aime à se montrer bienfaisant, et n’aime pas à apprendre, c’est le manque de discernement. Le défaut de celui qui aime la science, et n’aime pas l’étude, c’est de tomber dans l’erreur. Le défaut de celui qui aime à tenir ses promesses, et n’aime pas à apprendre, c’est de nuire aux autres [311]. Le défaut de celui qui aime la franchise, et n’aime pas à apprendre, c’est d’avertir et de reprendre trop librement sans aucun égard pour les personnes. Le défaut de celui qui aime à montrer du courage et n’aime pas à apprendre, c’est de troubler l’ordre. Le défaut de celui qui aime la fermeté d’âme, et n’aime pas à apprendre, c’est la témérité. | 3. ’There is the love of being benevolent without the love of learning ;— the beclouding here leads to a foolish simplicity. There is the love of knowing without the love of learning ;— the beclouding here leads to dissipation of mind. There is the love of being sincere without the love of learning ;— the beclouding here leads to an injurious disregard of consequences. There is the love of straightforwardness without the love of learning ;— the beclouding here leads to rudeness. There is the love of boldness without the love of learning ;— the beclouding here leads to insubordination. There is the love of firmness without the love of learning ;— the beclouding here leads to extravagant conduct.’ | |||
| 【第九章】【一節】子曰、小子、何莫學夫詩。 | XVII.9. Le Maître dit : — Mes enfants, pourquoi n’étudiez-vous pas le Cheu king ?. | CHAP. IX. 1. The Master said, ’My children, why do you not study the Book of Poetry ? | |||
| 【二節】詩可以興。 | Il nous sert à nous exciter à la pratique de la vertu, | 2. ’The Odes serve to stimulate the mind. | |||
| 【三節】可以觀。 | à nous examiner nous‑mêmes | ’They may be used for purposes of self-contemplation. | |||
| 【四節】可以群。 | Il nous apprend à traiter convenablement avec les hommes, | 4. ’They teach the art of sociability. | |||
| 【五節】可以怨。 | à nous indigner justement, | 5. ’They show how to regulate feelings of resentment. | |||
| 【六節】邇之事父、遠之事君。 | à remplir nos devoirs envers nos parents et envers notre prince. | 6. ’From them you learn the more immediate duty of serving one’s father, and the remoter one of serving one’s prince. | |||
| 【七節】多識於鳥獸草木之名。 | Il nous fait connaître beaucoup d’oiseaux, de quadrupèdes et de plantes. | 7. ’From them we become largely acquainted with the names of birds, beasts, and plants.’ | |||
| 【第十章】子謂伯魚曰、女為周南召南矣乎、人而不為周南召南、其猶正牆面而立也與。 | XVII.10. Le Maître dit à son fils Pe iu : — Etudiez‑vous le Tcheou nan et le Chao nan [312] ? Celui qui n’a pas étudié le Tcheou nan et le Chao nan n’est‑il pas comme un homme qui se tiendrait le visage tourné vers un mur ? | CHAP. X. The Master said to Po-yu, ’Do you give yourself to the Chau-nan and the Shao-nan. The man who has not studied the Chau-nan and the Shao-nan, is like one who stands with his face right against a wall. Is he not so ?’ | |||
| 【十一章】子曰、禮云禮云、玉帛云乎哉、樂云樂云、鍾鼓云乎哉。 | XVII.11. Le Maître dit : — Quand on parle d’urbanité, et qu’on vante l’urbanité, veut‑on parler seulement des pierres précieuses et des soieries [313] ? Quand on parle de musique, et qu’on vante la musique, veut‑on parler seulement des cloches et des tambours ? [314] | CHAP. XI. The Master said, ’"It is according to the rules of propriety," they say.— "It is according to the rules of propriety," they say. Are gems and silk all that is meant by propriety ? "It is music," they say.— "It is music," they say. Are bells and drums all that is meant by music ?’ | |||
| 【十二章】子曰、色厲而內荏、譬諸小人、其猶穿窬之盜也與。 | XVII.12. Le Maître dit : — Ceux qui en apparence sont rigides observateurs des préceptes de la sagesse et, au fond, n’ont aucune énergie, ne ressemblent‑ils pas à ces hommes de la lie du peuple qui [315] passent à travers ou par‑dessus les murs pour voler [316]] ? | CHAP. XII. The Master said, ’He who puts on an appearance of stern firmness, while inwardly he is weak, is like one of the small, mean people ;— yea, is he not like the thief who breaks through, or climbs over, a wall ?’ | |||
| 【十三章】子曰、鄉原、德之賊也。 | XVII.13. Le Maître dit : — Ceux qui passent pour hommes de bien aux yeux des villageois [317] ruinent la vertu. | CHAP. XIII. The Master said, ’Your good, careful people of the villages are the thieves of virtue.’ | |||
| 【十四章】子曰、道聽而塗說、德之棄也。 | XVII.14. Le Maître dit : — Répéter en chemin à tous les passants ce que l’on a appris de bon en chemin [318], c’est jeter la vertu au vent. | CHAP. XIV. The Master said, ’To tell, as we go along, what we have heard on the way, is to cast away our virtue.’ | |||
| 【十五章】【一節】子曰、鄙夫、可與事君也與哉。 | XVII.15. Le Maître dit : — Convient‑il de faire admettre à la cour des hommes abjects, et de servir le prince avec eux ?. | CHAP. XV. 1. The Master said, ’There are those mean creatures ! How impossible it is along with them to serve one’s prince ! | |||
| 【二節】其未得之也、患得之、既得之、患失之。 | Avant d’avoir obtenu les charges, ils sont en peine de les obtenir | 2. ’While they have not got their aims, their anxiety is how to get them. When they have got them, their anxiety is lest they should lose them. | |||
| 【三節】苟患失之、無所不至矣。 | Après les avoir obtenues, ils sont en peine de les conserver. Alors, ils ne reculent devant aucun crime pour ne pas les perdre. | 3. ’When they are anxious lest such things should be lost, there is nothing to which they will not proceed.’ | |||
| 【十六章】【一節】子曰、古者、民有三疾、今也或是之亡也。 | XVII.16. Le Maître dit : — Les anciens étaient sujets à trois défauts, qui n’existent peut‑être plus à présent [319]. | CHAP. XVI. 1. The Master said, ’Anciently, men had three failings, which now perhaps are not to be found. | |||
| 【二節】古之狂也肆、今之狂也蕩、古之矜也廉、今之矜也忿戾、古之愚也直、今之愚也詐而已矣。 | Anciennement, ceux qui avaient de grandes aspirations négligeaient les petites choses ; à présent, ils s’abandonnent à la licence. Anciennement, ceux qui étaient constants dans leurs résolutions se montraient peu accessibles ; à présent, ils sont colères et intraitables. Anciennement, les ignorants étaient simples et droits ; à présent, ils sont fourbes. | 2. ’The high-mindedness of antiquity showed itself in a disregard of small things ; the high-mindedness of the present day shows itself in wild license. The stern dignity of antiquity showed itself in grave reserve ; the stern dignity of the present day shows itself in quarrelsome perverseness. The stupidity of antiquity showed itself in straightforwardness ; the stupidity of the present day shows itself in sheer deceit.’ | |||
| 【十七章】子曰、攷言令色鮮矣仁。 | CHAP. XVII. The Master said, ’Fine words and an insinuating appearance are seldom associated with virtue.’ | ||||
| 【十八章】子曰、惡紫之奪朱也、惡鄭聲之亂雅樂也、惡利口之覆邦家者。 | XVII.17. Le Maître dit : — Je n’aime pas la couleur pourpre, parce qu’elle est plus foncée que le rouge [320]. Je déteste la musique de Tcheng, parce qu’elle est plus brillante que la bonne musique. Je hais les langues bavardes, parce qu’elles troublent les États et les familles. | CHAP. XVIII. The Master said, ’I hate the manner in which purple takes away the luster of vermilion. I hate the way in which the songs of Chang confound the music of the Ya. I hate those who with their sharp mouths overthrow kingdoms and families.’ | |||
| 【十九章】【一節】子曰、予欲無言。 | XVII.18. Le Maître dit : — Je voudrais ne plus parler. | CHAP. XIX. 1. The Master said, ’I would prefer not speaking.’ | |||
| 子貢曰、子如不言、則小子何述焉。 | — Maître, dit Tzeu koung, si vous ne parlez pas, quels enseignements vos disciples transmettront‑ils à la postérité ? | 2. Tsze-kung said, ’If you, Master, do not speak, what shall we, your disciples, have to record ?’ | |||
| 【三節】子曰、天何言哉、四時行焉、百物生焉、天何言哉。 | Le Maître répondit : — Est‑ce que le Ciel parle ? Les quatre saisons suivent leur cours ; tous les êtres reçoivent l’existence. Est‑ce que le Ciel parle jamais ? [321] | The Master said, ’Does Heaven speak ? The four seasons pursue their courses, and all things are continually being produced, but does Heaven say anything ?’ | |||
| 【二十章】孺悲欲見孔子、孔子辭以疾、將命者出戶、取瑟而歌、使之聞之。 | XVII.19. Jou Pei désirait voir Confucius. Confucius s’excusa sous prétexte de maladie. Lorsque celui qui porta cette réponse au visiteur eut passé la porte de la maison, Confucius, prenant son luth, se mit à jouer et à chanter, afin que jou Pei l’entendît [322]. | CHAP. XX. Zu Pei wished to see Confucius, but Confucius declined, on the ground of being sick, to see him. When the bearer of this message went out at the door, (the Master) took his lute and sang to it, in order that Pei might hear him. | |||
| 【廿一章】【一節】宰我問、三年之喪期已久矣。 | XVII.20. Tsai Ngo interrogeant Confucius sur le deuil de trois ans, dit : — Une année est déjà un temps assez long. | CHAP. XXI. 1. Tsai Wo asked about the three years’ mourning for parents, saying that one year was long enough. | |||
| 【二節】君子三年不為禮、禮必壞、三年不為樂、樂必崩。 | Si le sage s’abstient de remplir les devoirs de convenance durant trois années, ces devoirs tomberont en désuétude ; s’il abandonne la musique pendant trois années, la musique sera en décadence. | 2. ’If the superior man,’ said he, ’abstains for three years from the observances of propriety, those observances will be quite lost. If for three years he abstains from music, music will be ruined. | |||
| 【三節】舊穀既沒、新穀既升、鑽燧改火、期可已矣。 | Dans le courant d’une année, les grains anciens sont consumés, les nouveaux sont recueillis ; les différentes sortes de bois ont tour à tour donné du feu nouveau. Il convient que le deuil ne dure pas plus d’un an. | 3. ’Within a year the old grain is exhausted, and the new grain has sprung up, and, in procuring fire by friction, we go through all the changes of wood for that purpose. After a complete year, the mourning may stop.’ | |||
| 【四節】子曰、食夫稻、衣夫錦、於女安乎。曰、安。 | Le Maître répondit : — Au bout d’un an de deuil, pourriez‑vous bien vous résoudre à manger du riz et à porter des vêtements de soie ? — Je le pourrais, dit Tsai Ngo. | 4. The Master said, ’If you were, after a year, to eat good rice, and wear embroidered clothes, would you feel at ease ?’ ’I should,’ replied Wo. | |||
| 【五節】女安、則為之、夫君子之居喪、食旨不甘、聞樂不樂、居處不安、故不為也、今女安、則為之。 | — Si vous le pouvez, reprit Confucius, faites‑le. Le sage, en temps de deuil, ne trouve aucune saveur aux mets les plus exquis, n’aime pas à entendre la musique, et ne goûte aucun repos dans ses appartements ordinaires [323]. Aussi ne le ferait‑il pas. Pour vous, si vous pouvez vous résoudre à le faire, faites‑le. | 5. The Master said, ’If you can feel at ease, do it. But a superior man, during the whole period of mourning, does not enjoy pleasant food which he may eat, nor derive pleasure from music which he may hear. He also does not feel at ease, if he is comfortably lodged. Therefore he does not do what you propose. But now you feel at ease and may do it.’ | |||
| 【六節】宰我出。子曰、予之不仁也、子生三年、然後免於父母之懷、夫三年之喪、天下之通喪也、予也、有三年之愛於其父母乎。 | Tsai Ngo se retirant, le Maître dit : — Iu a mauvais cœur. Les parents portent leur enfant sur leur sein durant trois années ; c’est pour reconnaître ce bienfait que le deuil de trois ans a été adopté partout. Iu n’a‑t‑il pas été l’objet de la tendresse de ses parents durant trois années ? [324] | 6. Tsai Wo then went out, and the Master said, ’This shows Yu’s want of virtue. It is not till a child is three years old that it is allowed to leave the arms of its parents. And the three years’ mourning is universally observed throughout the empire. Did Yu enjoy the three years’ love of his parents ?’ | |||
| 【廿二章】子曰、飽食終日、無所用心、難矣哉、不有博弈者乎、為之猶賢乎已。 | XVII.21. Le Maître dit : — Quand on ne fait que boire et manger toute la journée, sans appliquer son esprit à aucune occupation, qu’il est difficile de devenir vertueux ! N’a‑t‑on pas des tablettes et des échecs ? Mieux vaudrait se livrer à ces jeux que de rester à ne rien faire. | CHAP. XXII. The Master said, ’Hard is it to deal with him, who will stuff himself with food the whole day, without applying his mind to anything good ! Are there not gamesters and chess players ? To be one of these would still be better than doing nothing at all.’ | |||
| 【廿三章】子路曰、君子尚勇乎。子曰、君子義以為上、君子有勇而無義、為亂、小人有勇而無義、為盜。 | XVII.22. Tzeu lou dit : Le sage n’a‑t‑il pas en grande estime la bravoure ? Le Maître répondit : — Le sage met la justice au‑dessus de tout. Un homme élevé en dignité qui a de la bravoure et ne respecte pas la justice trouble le bon ordre. Un homme privé qui a de la bravoure et manque de justice devient brigand. | CHAP. XXIII. Tsze-lu said, ’Does the superior man esteem valour ?’ The Master said, ’The superior man holds righteousness to be of highest importance. A man in a superior situation, having valour without righteousness, will be guilty of insubordination ; one of the lower people having valour without righteousness, will commit robbery.’ | |||
| 【廿四章】【一節】子貢曰、君子亦有惡乎。子曰、有惡、惡稱人之惡者、惡居下流而訕上者、惡勇而無禮者、惡果敢而窒者。 | XVII.23. Tzeu koung dit : — Est‑il des hommes qui soient odieux au sage ? Le Maître répondit : — Oui. Le sage hait ceux qui publient les défauts ou les fautes d’autrui ; il hait les hommes de basse condition qui dénigrent ceux qui sont d’une condition plus élevée ; il hait les hommes entreprenants qui violent les lois ; il hait les hommes audacieux qui ont l’intelligence étroite. | CHAP. XXIV. 1. Tsze-kung said, ’Has the superior man his hatreds also ?’ The Master said, ’He has his hatreds. He hates those who proclaim the evil of others. He hates the man who,being in a low station, slanders his superiors. He hates those who have valour merely, and are unobservant of propriety. He hates those who are forward and determined, and, at the same time, of contracted understanding.’ | |||
| 【二節】曰、賜也亦有惡乎。惡徼以為知者、惡不孫以為勇者、惡訐以為直者。 | Le Maître ajouta : — Et vous, Seu, avez‑vous aussi de l’aversion pour certains hommes ? — Je hais, répondit Tzeu koung, ceux qui observent la conduite des autres, croyant que c’est prudence ; je hais ceux qui ne veulent jamais céder, s’imaginant que c’est courage ; je hais ceux qui reprochent aux autres des fautes secrètes, pensant que c’est franchise. | 2. The Master then inquired, ’Ts’ze, have you also your hatreds ?’ Tsze-kung replied, ’I hate those who pry out matters, and ascribe the knowledge to their wisdom. I hate those who are only not modest, and think that they are valourous. I hate those who make known secrets, and think that they are straightforward.’ | |||
| 【廿五章】子曰、唯女子與小人、為難養也、近之則不孫、遠之則怨。 | XVII.24. Le Maître dit : — Les femmes de second rang et les hommes de service sont les personnes les moins maniables. Si vous les traitez familièrement, ils vous manqueront de respect ; si vous les tenez à distance, ils seront mécontents. | CHAP. XXV. The Master said, ’Of all people, girls and servants are the most difficult to behave to. If you are familiar with them, they lose their humility. If you maintain a reserve towards them, they are discontented.’ | |||
| 【廿六章】子曰、年四十而見惡焉、其終也已。 | XVII.25. Le Maître dit : — Celui qui, à quarante ans, conserve encore des défauts qui le rendent odieux, ne se corrigera jamais. | CHAP. XXVI. The Master said, ’When a man at forty is the object of dislike, he will always continue what he is.’ |
| 微子第十八 | CHAPITRE XVIII | BOOK XVIII. WEI TSZE. |
| 【第一章】【一節】微子去之、箕子為之奴、比干諫而死。 | XVIII.1. Le prince de Wei quitta la cour ; le prince de Ki fut réduit en esclavage ; Pi kan, pour avoir adressé des remontrances, fut mis à mort. | CHAP. I. 1. The Viscount of Wei withdrew from the court. The Viscount of Chi became a slave to Chau. Pi-kan remonstrated with him and died. |
| 【二節】孔子曰、殷有三仁焉。 | Confucius dit : « Sous la dynastie des In, il y eut trois hommes d’une vertu parfaite. » [325] | 2. Confucius said, ’The Yin dynasty possessed these three men of virtue.’ |
| 【第二章】柳下惠為士師、三黜、人曰、子未可以去乎。曰、直道而事人、焉往而不三黜、枉道而事人、何必去父母之邦。 | XVIII.2. Houei de Liou hia était préposé à la justice [326] ; il fut plusieurs fois destitué de sa charge. Quelqu’un lui dit : — Le moment n’est‑il pas encore venu de quitter ce pays [327] ? — Si je veux servir le public en observant toutes les règles de l’honnêteté, répondit‑il, où irai-je pour n’être pas destitué plusieurs fois ? Si je veux servir le public en faisant fléchir les lois de la probité, qu’ai-je besoin de quitter ma patrie ? | CHAP. II. Hui of Liu-hsia being chief criminal judge, was thrice dismissed from his office. Some one said to him, ’Is it not yet time for you, sir, to leave this ?’ He replied, ’Serving men in an upright way, where shall I go to, and not experience such a thrice-repeated dismissal ? If I choose to serve men in a crooked way, what necessity is there for me to leave the country of my parents ?’ |
| 【第三章】齊景公待孔子、曰、若李氏、則吾不能、以李孟之閒待之。曰、吾老矣、不能用也。孔子行。 | XVIII.3. King, prince de Ts’i, se préparant à recevoir Confucius, dit à ses ministres : — Je ne puis le traiter avec autant d’honneur que le prince de Lou traite le chef de la famille Ki. je le traiterai moins honorablement que le prince de Lou ne traite le chef de la famille Ki, mais plus honorablement qu’il ne traite le chef de la famille Meng. Puis il ajouta : — Je suis vieux ; je ne pourrai mettre en pratique ses enseignements. Confucius [328] quitta la principauté de Ts’i [329]. | CHAP. III. The duke Ching of Ch’i, with reference to the manner in which he should treat Confucius, said, ’I cannot treat him as I would the chief of the Chi family. I will treat him in a manner between that accorded to the chief of the Chi, and that given to the chief of the Mang family.’ He also said, ’I am old ; I cannot use his doctrines.’ Confucius took his departure. |
| 【第四章】齊人歸女樂。李桓子受之、三日不朝、孔子行。 | XVIII.4. Le prince de Ts i et ses ministres envoyèrent au prince de Lou une bande de musiciennes. Ki Houan les reçut ; au palais, durant trois jours, le soin des affaires fut abandonné. Confucius s’en alla. [330] | CHAP. IV. The people of Ch’i sent to Lu a present of female musicians, which Chi Hwan received, and for three days no court was held. Confucius took his departure. |
| 【第五章】【一節】楚狂接輿歌而過孔子、曰、鳳兮鳳兮、何德之衰、往者不可諫、來者猶可追。已而已而、今之從政者殆而。 | XVIII.5. ■ Un sage de la principauté de Tch’ou, qui contrefaisait l’insensé, nommé Tsie iu, passa devant la voiture de Confucius, en chantant : — O phénix ! ô phénix ! Que ta vertu est diminuée ! Il n’est plus temps d’empêcher par des avis tes égarements passés ; mais tes fautes futures peuvent encore être prévenues. Cesse donc de te produire et d’enseigner. Ceux qui maintenant sont à la tête des affaires sont en grand danger. | CHAP. V. 1. The madman of Ch’u, Chieh-yu, passed by Confucius, singing and saying, ’O FANG ! O FANG ! How is your virtue degenerated ! As to the past, reproof is useless ; but the future may still be provided against. Give up your vain pursuit. Give up your vain pursuit. Peril awaits those who now engage in affairs of government.’ |
| 【二節】孔子下、欲與之言。趨而辟之、不得與之言。 | Confucius descendit de voiture pour lui parler. Mais Tsie iu s’en alla d’un pas rapide. Confucius ne put converser avec lui. [331] | 2. Confucius alighted and wished to converse with him, but Chieh-yu hastened away, so that he could not talk with him. |
| 【第六章】【一節】長沮桀溺耦而耕。孔子過之、使子路問津焉。 | XVIII.6. ■ Tch’ang Ts’iu et Kie Gni s’étaient associés pour cultiver la terre. Confucius, passant en voiture auprès d’eux, envoya Tzeu lou leur demander où était le gué [332] | CHAP. VI. 1. Ch’ang-tsu and Chieh-ni were at work in the field together, when Confucius passed by them, and sent Tsze-lu to inquire for the ford. |
| 【二節】長沮曰、夫執輿者為誰。子路曰、為孔丘。曰、是魯孔丘與。曰、是也。曰、是知津矣。 | Tch’ang Ts’iu dit : — Quel est celui qui est dans la voiture et tient les rênes ? — C’est Confucius, répondit Tzeu lou. — Est‑ce Confucius de la principauté de Lou ? reprit Tch’ang Ts’iu. — C’est lui, dit Tzeu lou. — Puisqu’il a parcouru plusieurs fois tout le pays, dit Tch’ang Ts’iu, lui-même connaît le gué. | 2. Ch’ang-tsu said, ’Who is he that holds the reins in the carriage there ?’ Tsze-lu told him, ’It is K’ung Ch’iu.’ ’Is it not K’ung Ch’iu of Lu ?’ asked he. ’Yes,’ was the reply, to which the other rejoined, ’He knows the ford.’ |
| 【三節】問於桀溺。桀溺曰。子為誰。曰、為仲由。曰、是魯孔丘之徒與。對曰、然。曰、滔滔者、天下皆是也、而誰以易之、且而與其從辟人之士也、豈若從辟世之士哉。耰而不輟。 | Tzeu lou interrogea Kie Gni. — Qui êtes‑vous ? dit Kie Gni. — Je suis Tchoung Iou, répondit Tzeu lou. — N’êtes‑vous pas l’un des disciples de Confucius de Lou ? — Oui, répondit Tzeu lou. — Tout l’empire, dit Kie Gni, est comme un torrent qui se précipite. Qui vous aidera à le réformer ? Au lieu de suivre un philosophe qui fuit les hommes [333], ne feriez-vous pas mieux d’imiter les sages qui fuient le monde et vivent dans la retraite ? Kie Gni continua à recouvrir avec sa herse la semence qu’il avait déposée dans la terre. | 3. Tsze-lu then inquired of Chieh-ni, who said to him, ’Who are you, sir ?’ He answered, ’I am Chung Yu.’ ’Are you not the disciple of K’ung Ch’iu of Lu ?’ asked the other. ’I am,’ replied he, and then Chieh-ni said to him, ’Disorder, like a swelling flood, spreads over the whole empire, and who is he that will change its state for you ? Than follow one who merely withdraws from this one and that one, had you not better follow those who have withdrawn from the world altogether ?’ With this he fell to covering up the seed, and proceeded with his work, without stopping. |
| 【四節】子路行以告、夫子憮然曰、鳥獸不可與同群、吾非斯人之徒與而誰與、天下有道、丘不與易也。 | Tzeu lou alla porter à Confucius les réponses de ces deux hommes. Le Maître dit avec un accent de douleur : — Nous ne pouvons pas faire société avec les animaux. Si je fuis la société de ces hommes [334], avec qui ferai-je société ? Si le bon ordre régnait dans l’empire, je n’aurais pas lieu de travailler à le réformer. [335] | 4. Tsze-lu went and reported their remarks, when the Master observed with a sigh, ’It is impossible to associate with birds and beasts, as if they were the same with us. If I associate not with these people,— with mankind,— with whom shall I associate ? If right principles prevailed through the empire, there would be no use for me to change its state.’ |
| 【第七章】【一節】子路從而後、遇丈人、以杖荷蓧。子路問曰、子見夫子乎。丈人曰、四禮不勤、五穀不分、孰為夫子。植其杖而芸。 | XVIII.7. Tzeu lou, voyageant avec Confucius, resta en arrière et le perdit de vue. Il rencontra un vieillard qui à l’aide d’un bâton portait sur son épaule une corbeille pour recueillir de l’herbe. Il lui demanda s’il avait vu son maître. Le vieillard lui dit : — Vous ne remuez ni pieds ni mains [336] ; vous ne savez pas même distinguer les cinq espèces de grains [337]. Quel est votre maître ? Puis, ayant enfoncé en terre son bâton, il arracha de l’herbe. | CHAP. VII. 1. Tsze-lu, following the Master, happened to fall behind, when he met an old man, carrying across his shoulder on a staff a basket for weeds. Tsze-lu said to him, ’Have you seen my master, sir !’ The old man replied, ’Your four limbs are unaccustomed to toil ; you cannot distinguish the five kinds of grain :— who is your master ?’ With this, he planted his staff in the ground, and proceeded to weed. |
| 【二節】子路拱而立。 | Tzeu lou joignit les mains [338] et attendit. | 2. Tsze-lu joined his hands across his breast, and stood before him. |
| 【三節】止子路宿、殺雞為黍而食之、見其二子焉。 | Le vieillard l’invita à passer la nuit dans sa maison. Il tua un poulet, prépara du millet, et servit à manger à son hôte. Il lui présenta aussi ses deux fils. | 3. The old man kept Tsze-lu to pass the night in his house, killed a fowl, prepared millet, and feasted him. He also introduced to him his two sons. |
| 【四節】明日、子路行以告。子曰、隱者也、使子路反見之、至、則行矣。 | Le lendemain, Tzeu lou s’en alla et raconta ce fait à Confucius. Le Maître dit : — C’est un sage qui vit caché. Il ordonna à Tzeu lou d’aller le voir de nouveau. Quand Tzeu lou arriva, le vieillard était déjà parti. | 4. Next day, Tsze-lu went on his way, and reported his adventure. The Master said, ’He is a recluse,’ and sent Tsze-lu back to see him again, but when he got to the place, the old man was gone. |
| 【五節】子路曰、不仕無義。長幼之節、不可廢也、君臣之義、如之何其廢之、欲潔其身、而亂大倫、君子之仕也、行其義也、道之不行、已知之矣。 | Tzeu lou dit à ses deux fils : — Refuser les charges, c’est manquer à un devoir. S’il n’est pas permis de négliger les égards dus à ceux qui sont plus âgés que nous, quelqu’un a‑t‑il le droit de ne pas remplir les importants devoirs d’un sujet envers son prince ? En voulant se conserver sans tache, il violerait les grandes lois des relations sociales. Le sage accepte les charges, pour remplir le devoir qu’il a de servir son prince. Le bon ordre ne règne pas ; c’est ce que nous savons depuis longtemps. [339] | 5. Tsze-lu then said to the family, ’Not to take office is not righteous. If the relations between old and young may not be neglected, how is it that he sets aside the duties that should be observed between sovereign and minister ? Wishing to maintain his personal purity, he allows that great relation to come to confusion. A superior man takes office, and performs the righteous duties belonging to it. As to the failure of right principles to make progress, he is aware of that.’ |
| 【第八章】【一節】逸民、伯夷、叔齊、虞仲、夷逸、朱張、柳下惠、少連。 | XVIII.8. ■ Pe i, Chou ts’i, Iu tchoung, I i, Tchou Tchang, Houei de Liou hia et Chao lien ont vécu en simples particuliers. | CHAP. VIII. 1. The men who have retired to privacy from the world have been Po-i, Shu-ch’i, Yu-chung, I-yi, Chu-chang, Hui of Liu-hsia, and Shao-lien. |
| 【二節】子曰、不降其志、不辱其身、伯夷叔齊與。 | Le Maître dit : — Pe i et Chou ts’i n’ont‑ils pas tenu invariablement leur résolution [340] de peur de se souiller ? | 2. The Master said, ’Refusing to surrender their wills, or to submit to any taint in their persons ;— such, I think, were Po-i and Shu-ch’i. |
| 【三節】謂柳下惠少連、降志辱身矣、言中倫、行中慮、其斯而已矣。 | Confucius dit que Houei de Liou hia et Chao lien faisaient fléchir leur résolution et s’abaissaient eux‑mêmes ; que leur langage avait été conforme à la droite raison, et leur conduite, d’accord avec le sentiment commun des hommes ; qu’ils avaient eu cela de bon, et rien de plus. | 3. ’It may be said of Hui of Liu-hsia, and of Shao-lien, that they surrendered their wills, and submitted to taint in their persons,but their words corresponded with reason, and their actions were such as men are anxious to see. This is all that is to be remarked in them. |
| 【四節】謂虞仲夷逸、隱居放言、身中清、廢中權。 | Il dit que I tchoung et I i avaient vécu dans la retraite, donné des avis avec une liberté excessive ; mais qu’ils avaient pratiqué la vertu la plus pure, et que le sacrifice des dignités leur était permis à cause des circonstances. | 4. ’It may be said of Yu-chung and I-yi, that, while they hid themselves in their seclusion, they gave a license to their words ; but, in their persons, they succeeded in preserving their purity, and, in their retirement, they acted according to the exigency of the times. |
| 【五節】我則異於是、無可無不可。 | « Pour moi, ajouta‑t‑il, je ne suis pas du sentiment de ces sages, je ne veux ni ne rejette rien absolument [341]. » | 5. ’I am different from all these. I have no course for which I am predetermined, and no course against which I am predetermined.’ |
| 【第九章】【一節】大師摯適齊。 | XVIII.9. Tcheu, chef de tous les musiciens du prince de Lou, s’en alla dans la principauté de Ts’i. | CHAP. IX. 1. The grand music master, Chih, went to Ch’i. |
| 【二節】亞飯干適楚。三飯繚適蔡。四飯缺適秦。 | Kan, chef des musiciens qui jouaient pendant le deuxième repas, s’en alla dans la principauté de Tch’ou. Leao, chef de ceux qui jouaient au troisième repas, s’en alla dans la principauté de Ts’ai. K’iue, chef de ceux qui jouaient au quatrième repas, s’en alla dans la principauté de Ts’in. | 2. Kan, the master of the band at the second meal, went to Ch’u. Liao, the band master at the third meal, went to Ts’ai. Chueh, the band master at the fourth meal, went to Ch’in. |
| 【三節】鼓方叔入於河, | . Fang chou, qui battait le tambour, se retira au bord du Fleuve jaune. [342] | 3. Fang-shu, the drum master, withdrew to the north of the river. |
| 播鼗武入於漢, | Ou, qui agitait le petit tambour à manche, se retira au bord de la Han. | 4. Wu, the master of the hand drum, withdrew to the Han. |
| 少師陽、擊磬襄,入於海。 | Iang, aide du directeur en chef, et Siang, qui frappait le k’ing, se retirèrent au bord de la mer [343]. | 5. Yang, the assistant music master, and Hsiang, master of the musical stone, withdrew to an island in the sea. |
| 【第十章】周公謂魯公曰、君子不施其親、不使大臣怨乎不以、故舊無大故、則不棄也、無求備於一人。 | XVIII.10. Tcheou koung [344], instruisant le prince de Lou [345], lui dit : — Un prince sage ne néglige pas ceux qui lui sont unis par le sang. Il a soin que les grands officiers ne puissent pas se plaindre de n’être pas employés [346]. A moins d’une raison grave, il ne rejette pas les membres des anciennes familles qui ont servi l’État de génération en génération. Il n’exige pas qu’un officier possède à lui seul tous les talents et toutes les qualités. | CHAP. X. The duke of Chau addressed his son, the duke of Lu, saying, ’The virtuous prince does not neglect his relations. He does not cause the great ministers to repine at his not employing them. Without some great cause, he does not dismiss from their offices the members of old families. He does not seek in one man talents for every employment.’ |
| 【十一章】周有八士、伯達、伯适、仲突、仲忽、叔夜、叔夏、李隨、李騧。 | XVIII.11. La dynastie des Tcheou eut huit hommes remarquables : Pe ta, Pe kouo, Tchoung tou, Tchoung hou, Chou ie, Chou hia, Ki souei, Ki koua. [347] | CHAP. XI. To Chau belonged the eight officers, Po-ta, Po-kwo, Chung-tu, Chung-hwu, Shu-ya, Shu-hsia, Chi-sui, and Chi-kwa. |
| 子張第十九 | CHAPITRE XIX | BOOK XIX. TSZE-CHANG. |
| 【第一章】子張曰、士、見危致命、見得思義、祭思敬、喪思哀、其可已矣。 | XIX.1. Tzeu tchang dit : — Celui-là est un vrai disciple de la sagesse, qui, en face du péril, expose sa vie, en face d’un avantage à recueillir, consulte la justice, dans les cérémonies en l’honneur des esprits, a soin d’être respectueux et, dans le deuil, ne pense qu’à sa douleur. | CHAP. I. Tsze-chang said, ’The scholar, trained for public duty, seeing threatening danger, is prepared to sacrifice his life. When the opportunity of gain is presented to him, he thinks of righteousness. In sacrificing, his thoughts are reverential. In mourning, his thoughts are about the grief which he should feel. Such a man commands our approbation indeed.’ |
| 【第二章】子張曰、執德不弘、信道不篤、焉能為有、焉能為亡。 | XIX.2. Tzeu tchang dit : — Celui qui entreprend de pratiquer la vertu, mais dans des limites étroites, qui croit aux principes de la sagesse, mais avec hésitation, doit‑il être compté pour quelque chose ? doit‑il être compté pour rien ? | CHAP. II. Tsze-chang said, ’When a man holds fast to virtue, but without seeking to enlarge it, and believes right principles, but without firm sincerity, what account can be made of his existence or non-existence ?’ |
| 【第三章】子夏之門人問交於子張。子張曰、子夏云何。對曰、子夏曰、可者與之、其不可者拒之。子張曰、異乎吾所聞、君子尊賢而容眾、嘉善而矜 不能、我之大賢與、於人何所不容、我之不賢與、人將拒我、如之何其拒人 也。 | XIX.3. Les disciples de Tzeu hia ayant interrogé Tzeu tchang sur l’amitié, Tzeu tchang leur demanda ce qu’en disait Tzeu hia. — Il dit, répondirent‑ils, qu’on doit faire société avec les hommes dont l’amitié peut être utile, et qu’il faut repousser les autres. Tzeu tchang répliqua : — Ce principe ne s’accorde pas avec les enseignements que j’ai reçus. Le sage honore les hommes vertueux, et ne rejette personne ; il encourage par des éloges ceux qui sont avancés dans la vertu et a compassion de ceux qui sont encore faibles. Suis‑je un grand sage ? Quel est l’homme que je devrai repousser ? Suis‑je dépourvu de sagesse ? Les hommes sages me repousseront ! Convient‑il de repousser quelqu’un ? [348] | CHAP. III. The disciples of Tsze-hsia asked Tsze-chang about the principles that should characterize mutual intercourse. Tsze-chang asked, ’What does Tsze-hsia say on the subject ?’ They replied, ’Tsze-hsia says :— "Associate with those who can advantage you. Put away from you those who cannot do so."’ Tsze-chang observed, ’This is different from what I have learned. The superior man honours the talented and virtuous, and bears with all. He praises the good, and pities the incompetent. Am I possessed of great talents and virtue ?— who is there among men whom I will not bear with ? Am I devoid of talents and virtue ?— men will put me away from them. What have we to do with the putting away of others ?’ |
| 【第四章】子夏曰、雖小道、必有可觀者焉、致遠恐泥、是以君子不為也。 | XIX.4. Tzeu hia dit : — Les métiers, les arts, même les plus humbles [349], ne sont nullement à mépriser. Mais si quelqu’un les exerçait en vue de plus grandes choses [350], cette occupation lui serait peut‑être un obstacle [351]. Pour cette raison le sage n’exerce pas ces métiers. | CHAP. IV. Tsze-hsia said, ’Even in inferior studies and employments there is something worth being looked at ; but if it be attempted to carry them out to what is remote, there is a danger of their proving inapplicable. Therefore, the superior man does not practise them.’ |
| 【第五章】子夏曰、日知其所亡、月無忘其所能、可謂好學也已矣。 | XIX.5. Tzeu hia dit : — Celui qui chaque jour examine, étudie ce qu’il n’a pas encore pu comprendre ou pratiquer parfaitement, et qui chaque mois examine s’il n’a rien oublié ou négligé de ce qu’il a appris, celui-là désire vraiment apprendre. | CHAP. V. Tsze-hsia said, ’He, who from day to day recognises what he has not yet, and from month to month does not forget what he has attained to, may be said indeed to love to learn.’ |
| 【第六章】子夏曰、博學而篤志、切問而近思、仁在其中矣。 | XIX.6. Tzeu hia dit : — Etendez vos connaissances et ayez une volonté ferme ; interrogez sur les choses pratiques [352] ; pensez aux choses qui vous touchent de près [353]. Là se trouve la vertu parfaite. | CHAP. VI. Tsze-hsia said, ’There are learning extensively, and having a firm and sincere aim ; inquiring with earnestness, and reflecting with self-application :— virtue is in such a course.’ |
| 【第七章】子夏曰、百工居肆、以成其事、君子學以致其道。 | XIX.7. Tzeu hia dit : — Les artisans demeurent constamment dans leurs ateliers sur la place publique, afin de faire des ouvrages parfaits [354]. De même, le disciple de la sagesse apprend et s’exerce assidûment, afin de rendre sa vertu parfaite. | CHAP. VII. Tsze-hsia said, ’Mechanics have their shops to dwell in, in order to accomplish their works. The superior man learns, in order to reach to the utmost of his principles.’ |
| 第八章】子夏曰、小人之過也、必文。 | XIX.8. Tzeu hia dit : — L’homme vulgaire colore toujours d’une belle apparence les fautes qu’il a commises | CHAP. VIII. Tsze-hsia said, ’The mean man is sure to gloss his faults.’ |
| 【第九章】子夏曰、君子有三變、望之儼然、即之也溫、聽其言也厲。 | XIX.9. Tzeu hia dit : — L’apparence du sage est sujette à trois changements. Vu de loin, il paraît grave et sérieux ; vu de près, il paraît affable ; quand il parle, il paraît inflexible dans ses principes. | CHAP. IX. Tsze-hsia said, ’The superior man undergoes three changes. Looked at from a distance, he appears stern ; when approached, he is mild ; when he is heard to speak, his language is firm and decided.’ |
| 【第十章】子夏曰、君子信而後勞其民、未信、則以為厲己也、信而後諫、未信、則以為謗己也。 | XIX.10. Tzeu hia dit : — Il faut qu’un officier gagne la confiance de ceux qui sont soumis à son autorité, avant de leur imposer des charges. Sinon, ils croiront qu’il veut les vexer. Il faut qu’il se concilie la confiance de son prince, avant de lui adresser des remontrances. Sinon, le prince le considérera comme un homme qui l’accuse faussement. | CHAP. X. Tsze-hsia said, ’The superior man, having obtained their confidence, may then impose labours on his people. If he have not gained their confidence, they will think that he is oppressing them. Having obtained the confidence of his prince, one may then remonstrate with him. If he have not gained his confidence, the prince will think that he is vilifying him.’ |
| 【十一章】子夏曰、大德不踰閑、小德出入可也。 | XIX.11. Tzeu hia dit : — Celui qui dans les grandes choses ne dépasse pas les limites peut dans les petites choses aller au delà ou rester en deçà, sans grand dommage pour sa vertu. | CHAP. XI. Tsze-hsia said, ’When a person does not transgress the boundary line in the great virtues, he may pass and repass it in the small virtues.’ |
| 【十二章】【一節】子游曰、子夏之門人小子、當洒掃、應對、進退、則可矣、抑末也、本之則無、如之何。 | XIX.12. Tzeu iou dit : — Les disciples de Tzeu hia savent très bien arroser et balayer la terre, répondre à ceux qui les appellent ou les interrogent, avancer ou se retirer. Mais ce sont des choses accessoires. Ils ignorent les plus importantes. Peut‑on les considérer comme de vrais disciples de la sagesse ? | CHAP. XII. 1. Tsze-yu said, ’The disciples and followers of Tsze-hsia, in sprinkling and sweeping the ground, in answering and replying, in advancing and receding, are sufficiently accomplished. But these are only the branches of learning, and they are left ignorant of what is essential.— How can they be acknowledged as sufficiently taught ?’ |
| 【二節】子夏聞之曰、噫、言游過矣、君子之道、孰先傳焉、孰後倦焉、譬諸草木、區以別矣、君子之道、焉可誣也、有始有卒者、其惟聖人乎。 | Ces paroles ayant été rapportées à Tzeu hia, il dit : — Ah ! Ien Iou [355] est dans l’erreur. Qu’est‑ce que le sage met au premier rang et enseigne à ses disciples ? Qu’est‑ce qu’il met au dernier rang et néglige ? Les disciples sont comme les plantes, dont chaque espèce exige une culture particulière. Est‑ce que le sage se permettrait de tromper ses disciples [356] ? Le sage par excellence, n’est‑ce pas celui qui embrasse toutes choses, non pas à la fois, mais par ordre ? | 2. Tsze-hsia heard of the remark and said, ’Alas ! Yen Yu is wrong. According to the way of the superior man in teaching, what departments are there which he considers of prime importance, and delivers ? what are there which he considers of secondary importance, and allows himself to be idle about ? But as in the case of plants, which are assorted according to their classes, so he deals with his disciples. How can the way of a superior man be such as to make fools of any of them ? Is it not the sage alone, who can unite in one the beginning and the consummation of learning ?’ |
| 【十三章】子夏曰、仕而優則學、學而優則仕。 | XIX.13. Tzeu hia dit : — Que celui qui est en charge remplisse d’abord les devoirs de sa charge ; puis, s’il a du temps et des forces de reste, qu’il étudie. Que celui qui étudie apprenne d’abord parfaitement ; puis, si ses forces le lui permettent, qu’il exerce une charge. [357] | CHAP. XIII. Tsze-hsia said, ’The officer, having discharged all his duties, should devote his leisure to learning. The student, having completed his learning, should apply himself to be an officer.’ |
| 【十四章】子游曰、喪致乎哀而止。 | XIX.14. Tzeu iou dit : — Le deuil est parfait, si le cœur éprouve une affliction parfaite ; tout le reste est secondaire | CHAP. XIV. Tsze-hsia said, ’Mourning, having been carried to the utmost degree of grief, should stop with that.’ |
| 【十五章】子游曰、吾友張也、為難能也、然而未仁。 | XIX.15. Tzeu iou dit : — Mon compagnon Tchang fait des choses qu’un autre ferait difficilement. Cependant, sa vertu n’est pas encore parfaite. | CHAP. XV. Tsze-hsia said, ’My friend Chang can do things which are hard to be done, but yet he is not perfectly virtuous.’ |
| 【十六章】曾子曰、堂堂乎張也、難與並為仁矣。 | XIX.16. Tseng tzeu dit : — Que Tchang est admirable dans les choses extérieures ! Mais il est difficile dé pratiquer avec lui la vertu parfaite. [358] | CHAP. XVI. The philosopher Tsang said, ’How imposing is the manner of Chang ! It is difficult along with him to practise virtue.’ |
| 【十七章】曾子曰、吾聞諸夫子、人未有自致者也、必也親喪乎。 | XIX.17. Tseng tzeu disait : — J’ai entendu dire à notre maître que, quand même les hommes ne feraient pas tout leur possible dans les autres circonstances, ils devraient le faire à la mort de leurs parents. | CHAP. XVII. The philosopher Tsang said, ’I heard this from our Master :— "Men may not have shown what is in them to the full extent, and yet they will be found to do so, on occasion of mourning for their parents."’ |
| 【十八章】曾子曰、吾聞諸夫子、孟莊子之孝也、其他可能也、其不改父之臣、與父之政、是難能也。 | XIX.18. Tseng tzeu dit : — Au sujet de la piété filiale de Meng Tchouang tzeu, j’ai entendu dire à notre maître qu’on pouvait aisément imiter tous les exemples de ce grand préfet, hormis celui qu’il a donné en ne changeant ni les serviteurs ni l’administration de son père | CHAP. XVIII. The philosopher Tsang said, ’I have heard this from our Master :— "The filial piety of Mang Chwang, in other matters, was what other men are competent to, but, as seen in his not changing the ministers of his father, nor his father’s mode of government, it is difficult to be attained to."’ |
| 【十九章】孟氏使陽膚為士師、問於曾子。曾子曰、上失其道、民散、久矣、如得其情、則哀矜而勿喜。Et la discorde amène beaucoup de crimes. | XIX.19. Iang Fou, ayant été nommé directeur des tribunaux par le chef de la famille Meng, demanda des conseils à son maître Tseng tzeu. Tseng tzeu lui dit : — Ceux qui dirigent la société s’écartant du droit chemin, depuis longtemps le peuple se divise [359]. Si vous reconnaissez la vérité des accusations portées devant les tribunaux, ayez compassion des coupables, et ne vous réjouissez pas [360]. | CHAP. XIX. The chief of the Mang family having appointed Yang Fu to be chief criminal judge, the latter consulted the philosopher Tsang. Tsang said, ’The rulers have failed in their duties, and the people consequently have been disorganised, for a long time. When you have found out the truth of any accusation, be grieved for and pity them, and do not feel joy at your own ability.’ |
| 【二十章】子貢曰、紂之不善、不如是之甚也、是以君子惡居下流、天下之惡皆歸焉。 | XIX.20. Tzeu koung dit : — La scélératesse de l’empereur Tcheou n’a pas été si extrême qu’on le dit. Le sage craint beaucoup de descendre le courant et de s’arrêter dans l’endroit où toutes les eaux de l’empire se déversent, c’est‑à‑dire de tomber enfin si bas qu’on lui impute tous les crimes de l’univers, comme il est arrivé au tyran Tcheou. | CHAP. XX. Tsze-kung said, ’Chau’s wickedness was not so great as that name implies. Therefore, the superior man hates to dwell in a low-lying situation, where all the evil of the world will flow in upon him.’ |
| 【廿一章】子貢曰、君子之過也、如日月之食焉、過也、人皆見之、更也、 人皆仰之。 | XIX.21. Tzeu koung dit : — Les fautes involontaires d’un prince sage sont comme les éclipses du soleil et de la lune. Quand il s’égare, tous les yeux le voient. Quand il se corrige, tous les regards le contemplent. | CHAP. XXI. Tsze-kung said, ’The faults of the superior man are like the eclipses of the sun and moon. He has his faults, and all men see them ; he changes again, and all men look up to him.’ |
| 【廿二章】【一節】衛公孫朝問於子貢曰、仲尼焉學。 | XIX.22. Koung suenn Tch’ao [361] de Wei demanda à Tzeu koung de quel maître Confucius tenait ses connaissances. | CHAP. XXII. 1. Kung-sun Ch’ao of Wei asked Tsze-kung, saying, ’From whom did Chung-ni get his learning ?’ |
| 【二節】子貢曰、文武之道、未墜於地、在人、賢者識其大者、不賢者識其小者、莫不有文武之道焉、夫子焉不學、而亦何常師之有、 | Tzeu koung répondit : — Les institutions de Wenn wang et de Ou wang ne sont pas encore tombées dans l’oubli ; elles vivent toujours dans la mémoire des hommes. Les hommes de talent et de vertu en ont appris les grands principes. Les hommes ordinaires en ont appris quelques principes particuliers. Les enseignements de Wenn wang et de Ou wang subsistent encore partout. De quelle source mon maître n’a‑t‑il pas tiré quelque connaissance ? Et quel besoin avait‑il de s’attacher à un maître déterminé ? | 2. Tsze-kung replied, ’The doctrines of Wan and Wu have not yet fallen to the ground. They are to be found among men. Men of talents and virtue remember the greater principles of them, and others, not possessing such talents and virtue, remember the smaller. Thus, all possess the doctrines of Wan and Wu. Where could our Master go that he should not have an opportunity of learning them ? And yet what necessity was there for his having a regular master ?’ |
| 【廿三章】【一節】叔孫武叔語大夫於朝曰、子貢賢於仲尼。 | XIX.23. Chou suenn Ou chou [362] dit aux grands préfets réunis dans le palais du prince : — Tzeu koung est plus sage que Confucius. | CHAP. XXIII. 1. Shu-sun Wu-shu observed to the great officers in the court, saying, ’Tsze-kung is superior to Chung-ni.’ |
| 【二節】子服景伯以告子貢。子貢曰、譬之宮牆、賜之牆也、及肩、窺見室家之好。 | Tzeu fou King pe [363] rapporta cette parole à Tzeu koung. Tzeu koung répondit : — Permettez‑moi d’employer une comparaison tirée d’une maison et de son mur d’enceinte. Mon mur d’enceinte ne s’élève qu’à la hauteur des épaules d’un homme. Chacun peut regarder et voir du dehors tout ce que la maison a de beau. | 2. Tsze-fu Ching-po reported the observation to Tsze-kung, who said, ’Let me use the comparison of a house and its encompassing wall. My wall only reaches to the shoulders. One may peep over it, and see whatever is valuable in the apartments. |
| 【三節】夫子之牆、數仞、不得其門而入、不見宗廟之美、百官之富。 | Le mur du Maître est plusieurs fois plus haut que la taille d’un homme. A moins de trouver la porte du palais et d’y entrer, on ne voit pas la magnificence du temple des ancêtres ni l’appareil pompeux des officiers. | 3. ’The wall of my Master is several fathoms high. If one do not find the door and enter by it, he cannot see the ancestral temple with its beauties, nor all the officers in their rich array. |
| 【四節】得其門者或寡矣、夫子之云、不亦宜乎。 | Peu savent en trouver la porte. L’assertion de Chou suenn Ou chou n’est‑elle pas contraire à la vérité ? | 4. ’But I may assume that they are few who find the door. Was not the observation of the chief only what might have been expected ?’ |
| 【廿四章】叔孫武叔毀仲尼。子貢曰、無以為也、仲尼不可毀也、他人之賢者、丘陵也、猶可踰也、仲尼、日月也、無得而踰焉、人雖欲自絕、其何傷 於日月乎、多見其不知量也。 | XIX.24. Chou suenn On chou dépréciait Confucius. Tzeu koung dit : — Toutes ses paroles n’auront aucun effet. La détraction ne saurait diminuer la réputation de Tchoung gui. La sagesse des autres hommes est comme une colline ou un monticule qu’il est possible de gravir. Tchoung gni est comme le soleil et la lune ; personne ne peut s’élever au‑dessus de lui. Quand même on se séparerait de lui en rejetant sa doctrine, quel tort ferait‑on à celui qui brille comme le soleil et la lune ? On montrerait seulement qu’on ne se connaît pas soi-même. | CHAP. XXIV. Shu-sun Wu-shu having spoken revilingly of Chung-ni, Tsze-kung said, ’It is of no use doing so. Chung-ni cannot be reviled. The talents and virtue of other men are hillocks and mounds which may be stepped over. Chung-ni is the sun or moon, which it is not possible to step over. Although a man may wish to cut himself off from the sage, what harm can he do to the sun or moon ? He only shows that he does not know his own capacity. |
| 【廿五章】【一節】陳子禽謂子貢曰、子為恭也、仲尼豈賢於子乎。 | XIX.25. Tch’enn Tzeu k’in dit à Tzeu koung : — C’est par modestie que vous mettez Tchoung gni au‑dessus de vous. Est‑ce qu’il est plus sage que vous ? | CHAP. XXV. 1. Ch’an Tsze-ch’in, addressing Tsze-kung, said, ’You are too modest. How can Chung-ni be said to be superior to you ?’ |
| 【二節】子貢曰、君子一言以為知、一言以為不知、言不可不慎也。 | Tzeu koung répondit : — Une parole d’un disciple de la sagesse suffit pour faire juger qu’il est prudent ; une parole dite inconsidérément suffit pour faire juger qu’il manque de prudence. Il faut faire attention à ses paroles [364]. | 2. Tsze-kung said to him, ’For one word a man is often deemed to be wise, and for one word he is often deemed to be foolish. We ought to be careful indeed in what we say. |
| 【三節】夫子之不可及也、猶天之不可階而升也。 | Personne ne peut égaler notre maître, de même que personne ne peut s’élever jusqu’au ciel avec des échelles. | 3. ’Our Master cannot be attained to, just in the same way as the heavens cannot be gone up to by the steps of a stair. |
| 【四節】夫子之得邦家者、所謂立之斯立、道之期行、綏之期來、動之斯和、其生也榮、其死也哀、如之何其可及也。 | Si notre maître avait eu un État à gouverner, il aurait, comme on dit, pourvu à la nourriture du peuple, et le peuple aurait trouvé la nourriture ; il aurait dirigé le peuple, et le peuple aurait marché en avant ; il aurait procuré la tranquillité au peuple, et le peuple l’aurait aimé et respecté ; il aurait excité le peuple à la vertu, et le peuple aurait vécu en bonne intelligence ; il aurait été honoré pendant sa vie, et pleuré après sa mort. Qui peut l’égaler ? | 4. ’Were our Master in the position of the ruler of a State or the chief of a Family, we should find verified the description which has been given of a sage’s rule :— he would plant the people, and forthwith they would be established ; he would lead them on, and forthwith they would follow him ; he would make them happy, and forthwith multitudes would resort to his dominions ; he would stimulate them, and forthwith they would be harmonious. While he lived, he would be glorious. When he died, he would be bitterly lamented. How is it possible for him to be attained to ?’ |
| 堯曰第二十 | CHAPITRE XX | BOOK XX. YAO YUEH. |
| 【第一章】【一節】堯曰、咨、爾舜、天之曆數在爾躬、允執其中、四海困窮、天祿永終。 | XX.1. L’empereur Iao dit : Eh bien, Chouenn, voici le temps fixé par le Ciel pour votre avènement à l’empire. Appliquez‑vous à garder en toutes choses le juste milieu. Si par votre négligence le peuple manquait de ressources, le Ciel vous retirerait pour jamais le pouvoir et les trésors royaux. | CHAP. I. 1. Yao said, ’Oh ! you, Shun, the Heaven-determined order of succession now rests in your person. Sincerely hold fast the due Mean. If there shall be distress and want within the four seas, the Heavenly revenue will come to a perpetual end.’ |
| 【二節】舜亦以命禹。 | Chouenn donna les mêmes avis à Iu, son successeur. | 2. Shun also used the same language in giving charge to Yu. |
| 【三節】曰、予小子履、敢用玄牡、敢昭告于皇皇后帝、有罪不敢赦、帝臣不蔽、簡在帝心、朕躬有罪、無以萬方、萬方有罪、罪在朕躬。 | Tch’eng T’ang, fondateur de la dynastie des Chang, après avoir chassé Kie, le dernier empereur de la dynastie des Hia, dit : — Moi Li, qui suis comme un faible enfant, j’ai osé immoler un taureau noir [365]. J’ai osé déclarer solennellement, en face de l’auguste Souverain et Seigneur du Ciel, que je ne me permettrais pas d’épargner le coupable [366] et que je ne laisserais pas ensevelis dans la vie privée les serviteurs du Souverain Roi [367], parce que les cruautés du tyran et les vertus des sages étaient inscrites dans le cœur du Maître suprême. Si je commets une faute, le peuple n’en sera pas responsable. Si le peuple commet une faute, j’en serai responsable [368]. [369]. | 3. T’ang said, ’I the child Li, presume to use a dark-coloured victim, and presume to announce to Thee, O most great and sovereign God, that the sinner I dare not pardon, and thy ministers, O God, I do not keep in obscurity. The examination of them is by thy mind, O God. If, in my person, I commit offences, they are not to be attributed to you, the people of the myriad regions. If you in the myriad regions commit offences, these offences must rest on my person.’ |
| 【四節】周有大賚、善人是富。 | Ou Wang, fondateur de la dynastie des Tcheou, répandit ses bienfaits dans tout l’empire. Il n’enrichit que les hommes vertueux. | 4. Chau conferred great gifts, and the good were enriched. |
| 【五節】雖有周親、不如仁人、百姓有過、在予一人。 | Bien que le tyran Tcheou ait beaucoup de proches parents, dit‑il, ils ne valent pas mes hommes, qui sont très vertueux. Si je ne le renverse pas, toutes les plaintes du peuple se tourneront contre moi seul. | 5. ’Although he has his near relatives, they are not equal to my virtuous men. The people are throwing blame upon me, the One man.’ |
| 【六節】謹權量、審法度、修廢官、四方之政行焉。 | Il régla les poids et les mesures, révisa les lois et les ordonnances, rétablit les charges qui avaient été établies par Tcheou ; et, dans tout l’empire, l’administration reprit son cours régulier. | 6. He carefully attended to the weights and measures, examined the body of the laws, restored the discarded officers, and the good government of the kingdom took its course. |
| 【七節】興滅國、繼絕世、舉逸民、天下之民歸心焉。 | Il reconstitua les principautés supprimées, donna une postérité adoptive aux chefs des grandes familles morts sans enfant mâle ; éleva aux charges les hommes capables qui avaient été laissés dans la vie privée ; et tous les cœurs furent à lui. | 7. He revived States that had been extinguished, restored families whose line of succession had been broken, and called to office those who had retired into obscurity, so that throughout the kingdom the hearts of the people turned towards him. |
| 【八節】所重民、食、喪、祭。 | . Il attachait une grande importance à la subsistance du peuple, aux funérailles et aux sacrifices. | 8. What he attached chief importance to, were the food of the people, the duties of mourning, and sacrifices. |
| 【九節】寬則得眾、信、則民任焉、敏、則有功、公則說。 | Si un prince fait du bien à tous ses sujets, il se conciliera tous les cœurs ; s’il est diligent, il mènera toutes ses œuvres à bonne fin ; s’il est juste, il fera la joie du peuple. | 9. By his generosity, he won all. By his sincerity, he made the people repose trust in him. By his earnest activity, his achievements were great. By his justice, all were delighted. |
| 【第二章】【一節】子張問於孔子曰、何如、斯可以從政矣。子曰、尊五美、屏四惡、斯可以從政矣。子張曰、何謂五美。子曰、君子惠、而不費、勞、 而不怨、欲、而不貪、泰、而不驕、威、而不猛。 | XX.2. Tzeu tchang demanda à Confucius ce qu’il fallait faire pour bien gouverner. Le Maître répondit : — Il faut avoir en estime cinq qualités, et éviter quatre défauts ; cela suffit. — Quelles sont ces cinq qualités ? dit Tzeu tchang. Le Maître répondit : — Un prince sage exerce la bienfaisance, sans rien dépenser ; il impose des charges au peuple, sans le mécontenter ; il a des désirs, sans être cupide ; il est heureux et calme, sans orgueil ni négligence ; il a de la dignité, sans avoir rien de dur. | CHAP. II. 1. Tsze-chang asked Confucius, saying, ’In what way should a person in authority act in order that he may conduct government properly ?’ The Master replied, ’Let him honour the five excellent, and banish away the four bad, things ;— then may he conduct government properly.’ Tsze-chang said, ’What are meant by the five excellent things ?’ The Master said, ’When the person in authority is beneficent without great expenditure ; when he lays tasks on the people without their repining ; when he pursues what he desires without being covetous ; when he maintains a dignified ease without being proud ; when he is majestic without being fierce.’ |
| 【二節】子張曰、何謂惠而不費。子曰、因民之所利而利之、斯不亦惠而不費乎、擇可勞而勞之、又誰怨、欲仁而得仁、又焉貪、君子無眾寡、無小大、無敢慢、斯不亦泰而不驕乎、君子正其衣冠、尊其瞻視、儼 然人望而畏之、斯不亦威而不猛乎。 | Tzeu tchang dit : — Comment exerce‑t‑il la bienfaisance sans rien dépenser ? Le Maître répondit : — Il favorise tout ce qui procure des ressources au peuple ; par ce moyen, n’exerce‑t‑il pas la bienfaisance sans rien dépenser ? Il n’impose ni travaux ni autres charges qu’aux époques convenables et pour les choses nécessaires ; dès lors, qui serait mécontent ? Il désire que son administration soit bienfaisante, et il l’obtient ; comment serait‑il cupide ? Un prince sage, sans considérer si les personnes sont peu ou beaucoup, ni si les affaires sont importantes ou non, ne se permet jamais la moindre négligence. N’est‑il pas tranquille, sans orgueil ni manque de soin ? Un prince sage prend garde que ses vêtements et son bonnet soient bien ajustés, que ses regards aient de la dignité. Sa gravité inspire le respect. N’est‑il pas majestueux, sans être dur ? | 2. Tsze-chang said, ’What is meant by being beneficent without great expenditure ?’ The Master replied, ’When the person in authority makes more beneficial to the people the things from which they naturally derive benefit ;— is not this being beneficent without great expenditure ? When he chooses the labours which are proper, and makes them labour on them, who will repine ? When his desires are set on benevolent government, and he secures it, who will accuse him of covetousness ? Whether he has to do with many people or few, or with things great or small, he does not dare to indicate any disrespect ;— is not this to maintain a dignified ease without any pride ? He adjusts his clothes and cap, and throws a dignity into his looks, so that, thus dignified, he is looked at with awe ;— is not this to be majestic without being fierce ?’ |
| 【三節】子張曰、何謂四惡。子曰、不教而殺、謂之虐、不戒視成、謂之暴、慢令致期、謂之賊、猶之與人也、出納之吝、謂之有司。 | Tzeu tchang demanda ensuite quels étaient les quatre défauts à éviter. Le Maître répondit : — Ne pas instruire ses sujets, et les punir de mort, quand ils enfreignent les lois, c’est de la cruauté. Sans avoir averti d’avance, exiger que le travail imposé soit terminé tout de suite, c’est de la précipitation et de la violence. Donner des ordres peu pressants [370] et hâter ensuite l’exécution, c’est assassiner le peuple. Quand il est absolument nécessaire de donner quelque chose tôt ou tard, calculer avec parcimonie ce que l’on reçoit et ce que l’on donne, c’est agir comme un intendant [371]. | 3. Tsze-chang then asked, ’What are meant by the four bad things ?’ The Master said, ’To put the people to death without having instructed them ;— this is called cruelty. To require from them, suddenly, the full tale of work, without having given them warning ;— this is called oppression. To issue orders as if without urgency, at first, and, when the time comes, to insist on them with severity ;— this is called injury. And, generally, in the giving pay or rewards to men, to do it in a stingy way ;— this is called acting the part of a mere official.’ |
| 【第三章】【一節】子曰、不知命、無以為君子也。 | XX.3. Le Maître dit : — Celui qui ne connaît pas la volonté du Ciel [372] ne sera jamais un sage. | CHAP III. 1. The Master said, ’Without recognising the ordinances of Heaven, it is impossible to be a superior man. |
| 【二節】不知禮、無以立也。 | Celui qui ne connaît pas les règles et les usages ne sera pas constant dans sa conduite. | 2. ’Without an acquaintance with the rules of Propriety, it is impossible for the character to be established. |
| 【三節】不知言、無以知人也。 | Celui qui ne sait pas discerner le vrai du faux dans les discours des hommes ne peut connaître les hommes. | 3. ’Without knowing the force of words, it is impossible to know men.’ |
esperer-isshoni, mars 2012
[1] Disciple de Confucius.
[2] Afin de ne pas nuire aux travaux des champs.
[3] Qui ne cultivent pas comme lui la sagesse.
[4] Ne signifient-elles pas que le sage ne doit pas se contenter de n’être ni flatteur dans la pauvreté, ni orgueilleux dans l’opulence, mais travailler à conserver toujours la joie de l’âme et la modération ?
[5] Tzeu koung.
[6] La piété filiale requiert en outre une affection cordiale.
[7] Qui n’a qu’un usage ; il est apte à tout.
[8] Aux enseignements des anciens sages.
[9] Tzeu lou.
[10] Qui n’avait fait qu’interpréter la loi naturelle.
[11] Sur des points accessoires.
[12] Elles feront observer la loi naturelle.
[13] Le chef de la famille Ki ou Ki suenn était grand préfet dans la principauté de Lou. L’empereur avait huit chœurs de pantomimes ; les tchou heou, six, les tai fou, quatre et les officiers inférieurs, deux. Le nombre des hommes dans chaque chœur était égal au nombre des chœurs. Quelques auteurs disent que chaque chœur se composait de huit hommes. On ne sait laquelle de ces deux opinions est la vraie. Le chef de la famille Ki était seulement tai fou ; il usurpait les cérémonies et les chants réservés à l’empereur.
[14] Ces trois familles étaient les familles Meng suenn (ou Tchoung suenn), Chou suenn et Ki suenn, dont les chefs étaient grands préfets dans la principauté de Lou.
Parmi les fils de Houan, prince de Lou, le prince Tchouang, né de la femme légitime, devint le chef de la principauté ; K’ing fou, Chou ia et Ki iou, nés d’une femme de second rang, formèrent trois familles : K’ing fou, la famille Tchoung suenn, Chou ia, la famille Chou suenn, et Ki iou, la famille Ki suenn. K’ing fou changea le nom de Tchoung (second fils) et prit celui de Meng (fils aîné), parce qu’il était le fils aîné d’une femme de second rang, et qu’il n’osait pas se dire le frère cadet du prince Tchouang.
Ioung est le nom d’une ode qui se trouve dans le Cheu king parmi les Eloges des Tcheou. Ou wang la faisait chanter, quand il présentait des offrandes à Wenn wang. Les Tcheou la faisaient chanter dans le temple des ancêtres à la fin des offrandes, pour annoncer que la cérémonie était terminée. Les chefs des trois familles, qui n’avaient que le rang de tai fou, se permettaient l’usage d’une cérémonie et d’un chant réservés à l’empereur.
[15] Quand un homme perd avec les vertus du cour les qualités propres à l’homme, son cour n’a plus le respect, qui est la partie essentielle des cérémonies ; il n’a plus l’harmonie des passions, qui est le fondement de la musique.
[16] T’ai chan, montagne située dans la principauté de Lou. D’après les rites, chaque prince feudataire sacrifiait aux Esprits des montagnes et des cours d’eau qui étaient dans son domaine. Le chef de la famille Ki, en sacrifiant aux Esprits du T’ai chan, s’arrogeait un droit qu’il n’avait pas (il n’était que tai fou). Jen Iou, nommé K’iou, disciple de Confucius, était alors intendant de Ki suenn. Le philosophe lui dit : « Ki suenn ne doit pas sacrifier aux Esprits du Tai chan. Vous êtes son intendant. Le faire changer de détermination serait‑ce la seule chose qui vous fût impossible ? » Jen Iou répondit : « Je ne le puis. » Le philosophe reprit en gémissant : « Hé ! s’imaginera‑t‑on que les Esprits du T’ai chan agréent des sacrifices qui sont contraires aux rites, et qu’ils comprennent moins bien que Lin Fang, moins bien qu’un citoyen de Lou, ce qui est essentiel dans les cérémonies ? Je suis certain qu’ils n’agréent pas les sacrifices de Ki suenn. »
[17] D’après les règles du tir solennel, le président divisait les archers en trois groupes de trois hommes chacun. Le moment arrivé, les trois compagnons partaient et s’avançaient ensemble, se saluaient trois fois, témoignaient trois fois leur respect mutuel, et montaient à l’endroit préparé pour le tir. Après le tir, ils se saluaient une fois, descendaient, puis, se tenant debout, ils attendaient que les autres groupes eussent fini de tirer. Les vainqueurs, se plaçant en face des vaincus, les saluaient trois fois. Ceux‑ci montaient de nouveau au lieu du tir, prenaient les coupes et, se tenant debout, buvaient la liqueur qu’ils devaient accepter à titre de châtiment. Ordinairement, quand on offrait à boire, on présentait les coupes. Mais, après le tir à l’arc, on obligeait les vaincus à prendre eux-mêmes les coupes, sans leur faire aucune invitation polie, afin de montrer que c’était une peine. Ainsi les anciens sages, même quand ils se disputaient la victoire, étaient conciliants et patients, se saluaient et se témoignaient mutuellement leur respect. De cette manière, au milieu même de la lutte, ils montraient toujours une égale sagesse. Vraiment le sage n’a jamais de contestation.
[18] Un homme dont la bouche est élégante et les yeux brillants peut recevoir divers ornements, de même qu’un fond blanc peut recevoir une peinture variée. Les anciens empereurs ont institué les cérémonies afin qu’elles fussent l’élégante expression et comme l’ornement des sentiments du cœur. Les cérémonies présupposent comme fondement la sincérité des sentiments, de même qu’une peinture exige d’abord un fond blanc.
[19] Confucius blâme l’autorisation accordée aux princes de Lou de faire une cérémonie qui aurait dû être réservée à l’empereur. Anciennement, l’empereur, après avoir fait des offrandes au fondateur de la dynastie régnante, en faisait au père du fondateur de la dynastie, et, en même temps, au fondateur lui-même. Cette cérémonie avait lieu tous les cinq ans, et s’appelait Ti.
Comme Tcheou koung s’était signalé par d’éclatants services et avait été créé prince de Lou par son frère Ou wang, Tch’eng wang, successeur de Ou wang, permit au prince de Lou de faire cette importante cérémonie. Le prince de Lou offrait donc le sacrifice Ti, dans le temple de Tcheou koung, à Wenn wang, comme au père du fondateur de la dynastie, et il associait à cet honneur Tcheou koung. Cette cérémonie était contraire aux anciens rites.
Les libations consistaient à répandre à terre, dès le commencement du sacrifice, une liqueur aromatisée, pour inviter les mânes à descendre. Au moment de ces libations, l’attention du prince de Lou et de ses ministres n’était pas encore distraite ; la vue de cette cérémonie était encore supportable. Mais, ensuite, ils s’abandonnaient peu à peu à l’insouciance et à la négligence ; ils offraient un spectacle pénible à voir.
[20] Les anciens empereurs ne montraient jamais mieux que dans le sacrifice Ti leur désir d’être reconnaissants envers leurs parents et d’honorer leurs ancêtres éloignés. C’est ce que ne pouvait comprendre cet homme qui avait interrogé sur la signification du sacrifice Ti. De plus, dans la principauté de Lou, où les princes accomplissaient cette cérémonie, il fallait éviter de rappeler la loi qui la défendait à tout autre qu’à l’empereur. Pour ces raisons, Confucius répondit : « Je ne le sais pas. » Sur cette question pouvait‑il y avoir quelque chose que le Sage par excellence ignorât réellement ?
[21] Wang suenn Kia était un grand préfet tout‑puissant dans la principauté de Wei. Confucius était alors dans cette principauté. Wang suenn Kia soupçonnait qu’il avait l’intention de solliciter une charge. Il désirait qu’il s’attachât à lui ; mais il n’osait le lui dire ouvertement. Il eut donc recours à une allégorie, et lui dit : « D’après un proverbe, on offre des sacrifices auprès du foyer et dans les endroits retirés de la maison. Le foyer est la demeure du dieu du foyer. Bien que ce dieu soit d’un rang peu élevé, on lui offre un sacrifice particulier. Les endroits retirés de la maison sont les appartements situés à l’angle sud‑ouest. Les esprits qui y demeurent sont d’un rang élevé ; néanmoins on ne leur offre pas de sacrifice particulier. Quand on veut sacrifier aux esprits pour obtenir une faveur, il vaut mieux faire la cour au dieu du foyer pour obtenir sa protection secrète, que de faire la cour aux esprits de la maison pour rendre hommage à leur inutile dignité. Cet adage populaire doit avoir un sens profond. Quelle est sa signification ? » En parlant ainsi, Wang suenn Kia se désignait lui-même sous la figure du dieu du foyer, et il désignait son prince sous la figure des esprits de la maison. Il voulait dire qu’il valait mieux s’attacher à lui que de rechercher la faveur du prince. Confucius devina sa pensée. Sans le reprendre ouvertement, il se contenta de lui répondre : « Je réprouve toute flatterie, soit à l’égard des esprits de la maison, soit à l’égard du dieu du foyer. Au‑dessus des esprits de la maison et du dieu du foyer, il y a le Ciel, qui est souverainement noble et n’a pas d’égal. Celui qui se conduit d’après les lumières de la droite raison est récompensé par le Ciel. Celui qui agit contrairement à la droite raison est puni par le Ciel. Si quelqu’un ne sait pas rester dans les limites de sa condition, ni suivre la droite raison, il offense le Ciel. Celui qui offense le Ciel, où trouvera‑t‑il un protecteur qui lui obtienne son pardon ?
[22] Hia et Chang.
[23] Dans la principauté de Lou, le temple du plus ancien des princes était celui de Tcheou koung. Tcheou est le nom d’une ville de la principauté de Lou. Chou leang Ho, père de Confucius, avait été préfet de cette ville. Confucius est appelé pour cette raison le fils du citoyen de Tcheou. Il naquit à Tcheou.
[24] Après avoir déployé la cible, on fixait en son milieu un morceau de cuir, qui formait le centre, et s’appelait Kou, petit oiseau. Les anciens avaient établi le tir à l’arc pour juger de l’habileté. L’essentiel était d’atteindre le centre de la cible, et non de la transpercer.
[25] Ministre du prince de Lou.
[26] A chaque nouvelle lune, les princes feudataires offraient à leurs ancêtres une brebis, et leur faisaient connaître leurs projets. Après les avoir invités, ils leur présentaient la victime encore vivante. A partir de Wenn koung, les princes de Lou avaient cessé de faire la cérémonie de la nouvelle lune ; cependant les officiers continuaient à fournir la brebis. Tzeu koung voulait abolir cette coutume, qui n’atteignait plus son but, et supprimer une dépense qu’il croyait inutile. Mais, bien que la cérémonie de la nouvelle lune eût été abandonnée, l’offrande de la brebis en rappelait le souvenir et pouvait en ramener l’usage. Si l’on avait supprimé l’obligation de fournir la brebis, la cérémonie elle‑même aurait été entièrement oubliée.
[27] Châtaignier, en chinois, signifie craindre.
[28] Tsai Ngo, nommé Iu, était disciple de Confucius. Les anciens plantaient auprès des autels érigés à la Terre les arbres qui convenaient le mieux au terrain. Tsai Ngo avait mal interprété leur intention et prêté aux princes actuellement régnants le désir de châtier et de mettre à mort leurs sujets. Confucius l’en reprit sévèrement, et lui marqua plusieurs choses dont il ne convenait pas de parler.
[29] Pour en dérober la vue aux passants.
[30] Kouan Tchoung, nommé I ou, grand préfet de Ts’i, aida Houan, prince de Ts’i, à établir son autorité sur tous les grands feudataires. Il avait l’esprit étroit, il ne connaissait pas les grands principes de conduite suivis et enseignés par les sages.
[31] Où Confucius s’était retiré après avoir été dépouillé de sa charge par le prince de Lou.
[32] Héraut : littéralement, clochette à battant de bois.
[33] Il y avait deux sortes de clochettes. L’une, à battant de métal, servait pour les affaires militaires. L’autre, à battant de bois, servait à l’officier chargé d’enseigner ou d’avertir le peuple.
[34] Les chants de Chouenn sont appelés les Chants du Successeur, parce qu’il succéda à l’empereur Iao, et comme lui, gouverna parfaitement. Les chants de Ou wang sont nommés les Chants du Guerrier, parce qu’ils célèbrent les exploits de Ou wang, qui délivra le peuple de la tyrannie de Tcheou. Les Chants du Successeur sont au nombre de neuf, parce qu’il y eut neuf péripéties ; les Chants du Guerrier sont au nombre de six, parce qu’il y eut six péripéties.
[35] Tout homme, s’il fait des efforts sérieux, peut atteindre la perfection
[36] L’homme vertueux excède toujours en libéralité, et l’homme vulgaire, en parcimonie ; l’homme vertueux, en bienfaisance, et l’homme vulgaire, en dureté de cœur. En voyant les défauts d’un homme, on peut connaître s’il est vertueux ou non.
[37] Il peut encore moins gouverner l’État.
[38] Afin qu’ils sachent où vous êtes.
[39] Nan Ioung, disciple de Confucius, habitait Nan koung.
Il s’appelait T’ao et Kouo. Son surnom était Tzeu ioung, et son nom posthume King chou. Il était le frère aîné de Meng I tzeu.
[40] Disciple de Confucius.
[41] Qui peut être employé, mais à un seul usage.
[42] Les vases que les Hia appelaient hou, ceux que les Chang appelaient lien, et ceux que let Tcheou appelaient fou et kouei, servaient à offrir le millet dans les temples des ancêtres ; ils étaient ornés de pierres précieuses. Bien que Tzeu koung ne fût encore qu’un vase, c’était un vase très noble. Ses talents lui permettaient de traiter les affaires publiques et d’exercer la charge de grand préfet, ce qui était honorable. Son langage avait une élégance remarquable, ce qui faisait comme l’ornement de sa personne.
[43] Disciple de Confucius.
[44] L’art de gouverner moi-même et les autres.
[45] Renonçant à enseigner inutilement les hommes, et fuyant le monde.
[46] Tzen Iou.
[47] S’il l’avait, il ne penserait pas que je voulusse fuir la société des hommes.
[48] Une principauté qui possède mille chariots de guerre est celle d’un grand prince. Une maison qui a cent chariots de guerre est celle d’un ministre d’État ou d’un grand préfet. Le titre de gouverneur désigne le préfet d’une ville et l’intendant de la maison d’un grand dignitaire. Le préfet d’une ville a la direction des personnes, et l’intendant d’une maison, celle des affaires.
[49] Disciple de Confucius.
[50] Ce grand sage procédait avec ordre et graduellement.
[51] Tzeu lou s’empressait moins d’apprendre du nouveau que de mettre en pratique ce qu’il savait déjà. Il désirait faire promptement ce qu’on lui avait enseigné et se préparer à recevoir plus tard de nouveaux enseignements. En voyant que, tant qu’il n’avait pas fait ce qu’on lui avait enseigné, il craignait d’apprendre du nouveau, on peut juger que, quand il l’avait fait, sa seule crainte était de ne pas recevoir de nouveaux enseignements.
[52] Grand préfet de la principauté de Wei.
[53] Grand préfet de Tcheng.
[54] Grand préfet de T’si.
[55] Tsang Wenn tchoung, nommé Tch’enn, chef de la famille Tsang suenn, était grand préfet dans la principauté de Lou. Ts’ai, grande tortue, ainsi nommée parce qu’elle provenait du pays de Ts’ai (aujourd’hui compris dans le Jou gning fou, province de Ho nan). Wenn tchoung croyait qu’une tortue entourée de tant d’honneurs ferait certainement descendre les faveurs célestes. Il ignorait que la tortue n’a d’usage que pour la divination, qu’elle peut seulement donner des présages heureux ou malheureux, mais ne peut pas dispenser les biens et les maux. Méritait‑il de passer pour un homme éclairé ?
[56] Parce qu’elle avait été souillée du sang de son prince.
[57] En fuyant les officiers vicieux.
[58] Ki Wenn tzeu, nommé Hing fou, était grand préfet dans la principauté de Lou. Avant de faire une chose, on doit réfléchir, mais pas trop. Après avoir réfléchi deux fois, on peut prendre une détermination. Un troisième examen fait naître des intentions peu louables, et obscurcit les idées, au lieu de les éclaircir. L’important est de prendre la justice pour règle de ses actions.
[59] Gning Ou tzeu, nommé Iu, était grand préfet dans la principauté de Wei. D’après les commentateurs du Tch’ouenn ts’iou, il exerça cette charge sous le prince Wenn et sous le prince Tch’eng. Le prince Wenn sut bien gouverner ; sous son règne, Ou tzeu ne s’attira aucune difficulté. En cela, il montra une prudence qui peut être égalée. Le prince Tch’eng gouverna si mal qu’il perdit le pouvoir souverain. Ou tzeu prit soin de réparer les fautes du prince, avec le plus entier dévouement, bravant les souffrances et les périls. Les affaires dans lesquelles il s’est engagé étaient toutes de celles que les officiers prudents et rusés (uniquement occupés de leurs propret intérêts) évitent soigneusement et ne consentent par à entreprendre. Cependant il a su jusqu’à la fin conserver sa personne et servir son prince. En cela son imprudence est au‑dessus de toute imitation.
[60] Confucius parcourait les différentes principautés, répandant partout ses enseignements. Lorsqu’il était dans la principauté de Tch’enn, voyant que sa doctrine n’était pas mise en pratique, il résolut de fonder une école, qui lui survécût et transmît ses préceptes aux âges futurs. Comme il ne trouvait pas de disciples capables de garder toujours le juste milieu, il pensa à ceux qu’il avait laissés dans la principauté de Lou, et qui étaient d’une capacité un peu moindre. Il jugea que des hommes aux aspirations élevées pourraient faire des progrès dans la voie de la vertu. Il craignait seulement qu’ils n’allassent au‑delà des justes limites, ne s’écartassent du droit chemin, et ne tombassent dans l’erreur. Pour cette raison, il voulait retourner dans son pays et modérer leur ardeur excessive.
[61] Tzeu lou répondit : « On doit partager avec tout l’univers l’usage des choses de tout l’univers. »
[62] Ou : ne donner aucune peine à personne.
[63] Confucius, pour exciter les hommes à cultiver la vertu, dit : « Il est facile de trouver des hommes doués d’excellentes dispositions naturelles ; mais on entend rarement citer un homme qui ait des vertus parfaites. Celui qui s’applique de toutes ses forces à cultiver la vertu peut devenir un très grand sage. Celui qui ne s’y applique pas ne sera jamais qu’un homme inculte, et comme un paysan grossier. »
[64] Tchoung koung.
[65] Exercer l’autorité souveraine.
[66] Si un officier prend la ferme résolution d’être diligent, il a une détermination, et se gouverne lui-même avec sévérité. Si de plus il exige peu du peuple, les charges imposées ne sont pas nombreuses, et le peuple n’est pas molesté. Mais s’il se propose avant tout de se contenter aisément, il n’a pas de détermination, et il est très indulgent envers lui-même. Si de plus, dans les affaires, il se contente de peu, n’est‑ce pas une négligence excessive et l’abandon de toutes les lois ? Dans les Traditions de famille sur Confucius, il est rapporté que Tzeu sang Pe tzeu ne portait à la maison ni tunique ni bonnet. Confucius l’a blâmé d’avoir voulu que les hommes vécussent comme les bœufs et les chevaux.
[67] Qui lui avait été confiée par Confucius, alors ministre de la justice dans la principauté de Lou.
[68] Ami de Tzeu houa.
[69] Un officier ne doit pas refuser le traitement ordinaire. S’il a du superflu, il fera bien de le distribuer aux pauvres et aux indigents.
[70] Sous la dynastie des Tcheou, les victimes de couleur rougeâtre étaient les plus estimées ; on immolait des bœufs roux. Sans doute une génisse ou un taureau qui n’est pas d’une seule couleur ne peut servir comme victime ; mais la génisse ou le taureau né d’une vache ou d’un taureau aux couleurs variées peut être immolé, si sa couleur est rougeâtre ou rousse. Le père de Tchoung koung était un homme méprisable et vicieux. Confucius se sert d’une comparaison tirée de la couleur des victimes, pour montrer que les vices du père ne détruisent pas les bonnes qualités du fils ; que si Tchoung koung a des vertus et des talents, on doit lui confier une charge dans l’intérêt du pays.
[71] En qualité de grand préfet.
[72] Tzen Iou.
[73] Tzeu koung.
[74] Jen Iou.
[75] Non plus dans la principauté de Lou, mais dans celle de Ts’i.
[76] Min Tzeu k’ien, nommé Suenn, disciple de Confucius. Wenn, rivière qui passait au sud de la principauté de Ts’i, au nord de celle de Lou. Le chef de la famille Ki était grand préfet ; il gouvernait la principauté de Lou avec un pouvoir absolu. La ville de Pi lui appartenait, et lui servait comme de citadelle pour résister à son prince. Lorsque Confucius était ministre de la justice, il voulait toujours la démolir. Un jour Ki fit inviter Min tzeu à exercer la charge de gouverneur dans cette ville. Il n’avait d’autre dessein que de se l’attacher. Mais Min tzeu était un disciple vertueux et sage du plus sage des philosophes. Comment aurait‑il consenti à suivre le parti d’un sujet qui avait usurpé tout le pouvoir ? Il répondit à l’envoyé : « Le grand préfet veut se servir de moi ; mais les honneurs et les riches appointements n’excitent pas mes désirs. Vous, parlez pour moi à votre maître doucement et adroitement. Dites‑lui mon désir de n’exercer aucune charge, et détournez‑le de me confier un emploi. Si l’on revient me faire une seconde invitation, certainement je quitterai la principauté de Lou, et me réfugierai au‑delà de la Wenn. »
[77] Pe gniou était l’un des disciples de Confucius. Son nom de famille était Jen, et son nom propre Keng. Les anciens lettrés ont pensé que sa maladie était la lèpre. La fenêtre dont il est ici parlé regardait le midi. D’après les usages, celui qui était malade se tenait auprès d’une fenêtre tournée au nord. S’il devait recevoir la visite d’un prince, il changeait de place et se tenait auprès d’une fenêtre tournée au midi, afin que le prince en le visitant eût le visage tourné vers le midi. Les personnes de la maison de Pe gniou voulurent faire le même honneur à Confucius ; mais le philosophe n’osa pas l’accepter. Il n’entra pas dans la maison, prit la main du malade par la fenêtre, et lui dit un éternel adieu.
[78] Que vous ne voulez pas dépasser ; ce n’est pas la force, mais la volonté qui vous manque.
[79] Ville de la principauté de Lou.
[80] Et non pour ses propres affaires.
[81] L’orateur T’ouo, grand préfet dans la principauté de Wei, était chargé de faire l’éloge des ancêtres du prince, de leur adresser des prières et de transmettre leurs réponses. Il était très habile à parler. Tchao, fils du prince de Soung, était remarquable par sa beauté. Ces deux hommes étaient en grand renom, à l’époque des événements racontés dans le Tch’ouenn Ts’iou. Confucius dit en gémissant : « A présent les hommes ne sont plus comme autrefois. Ils n’aiment pas la franchise, mais la flatterie ; ils n’aiment pas la vertu, mais la beauté. A moins d’avoir l’habileté de l’orateur T’ouo et la beauté de Tchao, fils du prince de Soung, il est impossible de plaire aux hommes de notre époque, et très difficile d’échapper à la haine et à l’envie. »
[82] Les hommes savent que, pour sortir, il faut passer par la porte, et ils ne savent pas que, pour bien agir, il faut passer par la voie de la vertu (suivre la loi naturelle).
[83] 1. C’est-à-dire n’aller pas sans cesse à eux, comme les courtisans à leur prince, pour obtenir des faveurs.
[84] Honorer les esprits, c’est s’appliquer de tout cœur à leur témoigner sa reconnaissance et à leur faire des offrandes. Les esprits, dont il est ici parlé, sont ceux auxquels on doit faire des offrandes. Se tenir à l’écart, c’est ne pas chercher à faire en quelque sorte la cour aux esprits pour en obtenir des faveurs. L’homme a des règles constantes à observer dans toutes ses actions chaque jour de sa vie. Si quelqu’un, guidé par son jugement, donne toute son application aux devoirs qu’il doit remplir et aux choses qu’il doit faire, s’il honore les esprits par des hommages sincères, sans leur faire la cour ni solliciter leurs faveurs, la prospérité et l’infortune ne sont plus capables de le toucher ; n’est-ce pas de l’intelligence ?
[85] Comme l’eau qui coule.
[86] Comme une montagne.
[87] L’homme intelligent a l’esprit exempt de tout préjugé et de toute passion, très perspicace et libre de toute entrave. Il a une ressemblance avec l’eau ; c’est pour cela qu’il aime l’eau. L’homme honorable est grave et ferme par caractère ; rien ne peut l’émouvoir ni l’agiter. Il a une ressemblance avec les montagnes, et il les aime. L’homme intelligent pénètre toutes choses par perspicacité ; son activité atteint presque le plus haut degré possible. L’homme honorable pratique tous les principes célestes spontanément ; son cœur n’est ni troublé ni tourmenté par les passions. Son repos est presque absolu. Un homme dont le cœur est attaché aux choses extérieures, comme par des liens, rencontre des obstacles à ses désirs et éprouve mille soucis. L’homme intelligent, dont la force d’âme est toujours pure et lucide, n’est arrêté par aucun obstacle. Comment ne serait-il pas heureux ? Un homme qui ne met pas de frein à ses passions ni à ses désirs se conduit mal et abrège sa vie. L’homme honorable jouit d’une santé forte et vigoureuse, qu’aucun excès ne vient altérer. Comment ne vivrait-il pas longtemps ?
[88] Confucius ne regrette pas tant l’évolution de la forme de ce calice rituel que la perte de sa fonction première. Ce calice était très répandu sous les dynasties Chang-In et Tcheou, sorte d’âge d’or pour Confucius de la civilisation et du raffinement de la culture (MBC).
[89] Confucius voyait que dans le monde beaucoup de choses avaient un nom qui ne correspondait plus à leur réalité. C’est pour cela qu’il exprima sa douleur à propos du vase à vin nommé kou. Pour qu’un fils mérite le nom de fils, il faut qu’il pratique la piété filiale. Pour qu’un sujet mérite le nom de sujet, il faut qu’il soit fidèle à son prince. Il en est de même de toute autre chose.
[90] Nan tzeu, femme de Ling, prince de Wei, avait une conduite déréglée. Confucius étant arrivé à la capitale de Wei, Nan tzeu l’invita à aller la voir. Confucius s’excuse d’abord ; puis, contraint par la nécessité, il alla visiter la princesse. Anciennement, celui qui exerçait une charge dans une principauté devait, d’après les usages, faire visite à la femme du prince. Tzeu lou, ne connaissant pas cette coutume, trouvait que c’était une honte de visiter cette femme perverse.
[91] Les enseignements des anciens.
[92] Le vieux P’eng, dont le nom de famille est Ts’ien et le nom propre K’eng, était petit‑fils de l’empereur Tchouen hiu. A la fin de la dynastie des In, il avait plus de sept cents ans, et n’était pas encore cassé de vieillesse. Il reçut en fief la vallée de Ta p’eng dans la principauté de Han et, pour cette raison, fut appelé le vieux P’eng
[93] Lorsque Confucius était dans la force de l’âge, il se proposait d’imiter Tcheou koung, et il le voyait en rêve. Quand il fut devenu vieux, et incapable d’imiter de si grands exemples, il n’eut plus les mêmes aspirations ni les mêmes songes.
[94] L’urbanité, la musique, le tir à l’arc, l’art de conduire un char, l’écriture et le calcul.
[95] Dix tranches de viande séchée formaient un paquet. Chez les anciens, lorsqu’on faisait une visite, l’usage exigeait qu’on offrît un présent. Un paquet de dix tranches de viande était le moindre de tous les présents. Confucius désirait que tous les hommes sans exception entrassent dans la voie de la vertu. Mais il n’était pas d’usage que le maître allât enseigner celui qui ne savait pas venir recevoir des leçons. Si quelqu’un venait en observant les usages, Confucius lui donnait toujours ses enseignements.
[96] La sagesse.
[97] Confucius était attentif à tout. Mais trois choses attiraient spécialement son attention : l’abstinence, parce qu’elle prépare à entrer en communication avec les intelligences spirituelles ; la guerre, parce que la vie ou la mort d’un grand nombre d’hommes, le salut ou la ruine de l’État en dépendent ; la maladie, parce que notre vie en dépend.
[98] Nommé Tche.
[99] Ling, prince de Wei, chassa de ses États son fils K’ouai kouei, qui devait hériter du titre de prince. Le prince Ling étant mort, ses sujets mirent à sa place Tche, fils de K’ouai kouei. Mais les habitants de la principauté de Tsin ramenèrent K’ouai kouei dans la principauté de Wei : et Tche entra en lutte avec son père. Confucius était alors dans la principauté de Wei. Les habitants croyaient que, K’ouai kouei ayant encouru la disgrâce de son père, Tche, petit‑fils légitime du prince Ling, devait lui succéder. Jen Iou eut des doutes et interrogea à ce sujet. Pe i et Chou ts’i étaient deux fils du prince de Kou tchou (pays actuellement compris dans le Tcheu li). Leur père en mourant légua son titre de prince à Chou ts’i (qui était son troisième fils). Quand il fut mort, Chou ts’i voulut céder le titre de prince à Pe i, son frère aîné. Pe i rappela la volonté de son père ; et prenant la fuite, se retira dans un autre pays. Chou ts’i n’accepta pas non plus l’héritage, et s’enfuit également. Les habitants établirent héritier le deuxième des fils du prince défunt. Plus tard, Ou wang (fondateur de la dynastie des Tcheou), ayant chassé Tcheou (dernier empereur de la dynastie des Chang), Pe i et Chou ts’i montèrent à cheval, et allèrent en toute hâte reprocher à Ou wang d’avoir éteint la dynastie des Chang. Considérant comme une honte de manger le grain récolté dans l’empire des Tcheou, ils se retirèrent sur le mont Cheou iang, où ils moururent de faim. Tzeu koung, quittant Confucius, dit à Jen Iou : « Puisque notre maître approuve la conduite des deux frères Pe i et Chou ts’i, qui se cédèrent l’un à l’autre la dignité de prince, certainement il désapprouve le prince de Wei qui dispute à son père cette même dignité. Evidemment il n’est pas pour le prince de Wei. »
[100] Après avoir acquis une vertu
[101] Absorbé qu’il est dans l’étude de la sagesse.
[102] Le prince de Che était Chenn Tchou leang, nommé Tzeu kao, préfet de Che bien. Il avait usurpé le titre de prince.
[103] En parlant ainsi, Confucius a voulu s’abaisser lui-même. Il a été un grand sage, parce que la sagesse était innée en lui. Quand il disait qu’il aimait l’étude, ce n’était pas uniquement pour engager les autres à étudier. Car, ce qu’un homme peut connaître naturellement et sans étude, ce sont les devoirs de justice et de convenance. Quant aux faits historiques, aux changements introduits dans les cérémonies, dans la musique, dans les insignes des dignités, nul ne peut les connaître avec certitude, s’il ne les a étudiés.
[104] Parler des choses extraordinaires, c’est exciter les hommes à ne pas suivre les règles ordinaires ; parler des actes d’audace et de violence, c’est affaiblir dans les hommes les sentiments de douceur ; parler de résistance aux lois ou à l’autorité, c’est porter les hommes à violer la justice ; parler des esprits, c’est brouiller les idées de ceux qui écoutent.
[105] Houan T’ouei était Hiang T’ouei, ministre de la guerre dans la principauté de Soung. Il descendait du prince Houan, et pour cette raison s’appelait le chef de la famille Houan. Confucius, étant dans la principauté de Soung, expliquait les devoirs de l’homme à ses disciples sous un grand arbre. T’ouei, qui haïssait le philosophe, fit abattre l’arbre. Les disciples furent frappés de crainte. Confucius, s’abandonnant avec confiance aux soins de la Providence, dit : « Puisque le Ciel, en me donnant l’existence, a mis en moi une telle sagesse, certainement il a des desseins sur moi. Quand même les hommes voudraient me nuire, ils ne pourraient résister à la puissance du Ciel. »
[106] Il s’agit ici de tirer sur les oiseaux avec une flèche retenue par un long fil de soie écrue. Confucius étant d’une famille pauvre et d’une humble condition, il était parfois obligé dans sa jeunesse de prendre des poissons à la ligne ou de chasser aux oiseaux, pour nourrir ses parents et faire des offrandes aux morts. Mais tuer et prendre tous les animaux était contraire à sa volonté, et il ne le faisait pas. En cela apparaît le cœur compatissant de cet homme si bon. En voyant de quelle manière il traitait les animaux, on peut juger comment il traitait les hommes ; en voyant la manière dont il agissait dans sa jeunesse, on peut juger comment il agissait dans l’âge mûr.
[107] La vertu parfaite est la bonté naturelle que chaque homme possède nécessairement. Mais les hommes, aveuglés par leurs passions, ne savent pas la chercher. Ils suivent la pente du vice et se persuadent que la vertu est loin d’eux.
[108] Dont la famille s’appelle Ki
[109] Ou ma K’i, nommé Cheu, disciple de Confucius. D’après les usages, un homme et une femme, dont les familles portent le même nom, ne se marient pas ensemble. Or les familles princières de Lou et de Ou s’appelaient toutes deux Ki. Le prince de Lou, pour cacher le nom de famille de sa femme, l’appela Ou meng Tzeu, comme si elle avait été fille du prince de Soung, dont le nom de famille était Tzeu. Confucius ne pouvait se permettre de dire que son prince avait mal agi ; d’un autre côté, il ne pouvait dire que celui qui avait épousé une femme de même nom que lui connût (et observât) les usages. Pour cette raison, il laissa croire que sa réponse était blâmable, et ne chercha pas à s’excuser. S’il avait censuré ouvertement la conduite de son prince, il aurait manqué au devoir d’un sujet fidèle. S’il n’avait pas dit qu’il avait mal répondu, il aurait paru méconnaître une loi concernant les mariages. On voit que le philosophe dans sa réponse a atteint la perfection au moyen d’un détour. En s’accusant lui-même, il dit : « Le plus grand malheur qui puisse arriver à un homme, c’est de n’être pas averti de ses fautes. Moi, j’ai un bonheur particulier ; si je commets une faute, elle ne manque pas d’être connue. Lorsqu’elle est connue des autres, j’en suis informé ; je puis changer de conduite, et me rendre irréprochable. N’est‑ce pas un très grand bonheur pour moi ? »
[110] « En effet, prier, ce n’est autre chose que pratiquer la vertu, se corriger de ses défauts, et solliciter ainsi le secours des esprits. Moi, tous les jours, si j’ai quelque défaut, je le corrige, s’il est une vertu à pratiquer, je la pratique. Ma prière est vraiment continuelle. Comment aurais‑je attendu jusqu’aujourd’hui pour prier ? »
[111] Anciennement, T’ai wang, prince de Tcheou, eut trois fils, dont l’aîné fut nommé T’ai pe, le second Tchoung ioung, et le troisième Ki li. Ki li eut pour fils Tchang, qui devint Wenn wang. T’ai wang, voyant que Wenn wang possédait toutes les vertus au plus haut degré, résolut de léguer la dignité de prince à Ki li, afin qu’elle passât à Wenn wang. T’ai pe ayant connu l’intention de son père, aussitôt, sous prétexte d’aller cueillir des plantes médecinales, s’en alla avec son frère cadet Tchoung ioung, et se retira au milieu des tribus barbares du midi. Alors T’ai wang transmit sa principauté à Ki li. Plus tard, Ou wang (fils de Wenn wang) gouverna tout l’empire. Si l’on considère la conduite de T’ai pe comme elle parut aux yeux de ses contemporains, il n’a cédé qu’une principauté (la principauté de Tcheou). Mais si on la considère avec les connaissances actuelles, on voit qu’il a réellement refusé l’empire et l’a cédé au fils de son frère. Après l’avoir cédé, il s’est caché, il a disparu, il n’est pas resté trace de lui. Pour cette raison, le peuple n’a pu célébrer ses louanges. T’ai pe a enseveli dans l’ombre sa personne et son nom ; il a fait en sorte d’oublier le monde et d’en être oublié. C’est le plus haut degré de la vertu.
[112] Et voyez que j’ai conservé tous mes membres dans leur intégrité.
[113] C’est ainsi que j’ai pris soin de mon corps.
[114] Un fils doit rendre entier à la terre ce que ses parents lui ont donné entier, et ne pas les déshonorer en laissant endommager son corps. Sans doute, la principale obligation d’un bon fils est de se bien conduire, de faire honneur à ses parents en rendant son nom illustre ; mais celui qui sait conserver ses membres intacts sait aussi mener une vie irréprochable. S’il n’est pas permis de laisser perdre l’intégrité de son corps, à plus forte raison est‑il blâmable de déshonorer ses parents par sa mauvaise conduite.
[115] Grand préfet de la principauté de Lou.
[116] De science et de vertu.
[117] Environ douze décimètres.
[118] Du Cheu king.
[119] Le philosophe Iang dit : « Tzeu tchang, malgré toute sa sagesse, fut convaincu de convoiter les revenus attachés aux charges ; à plus forte raison, ceux qui sont moins vertueux que lui.
[120] Il peut et doit accepter une charge, dans l’intérêt de l’empereur et du peuple.
[121] Cultivant la vertu dans la vie privée.
[122] [Car, alors, il peut et doit exercer une charge.
[123] Dans la principauté de Lou.
[124] Celui qui ne progresse pas chaque jour recule chaque jour.
[125] Fondateur de la dynastie des Tcheou.
[126] [Cf. Chou king]. Parmi eux il comptait sa femme, l’impératrice I kiang, qui gouvernait la ville impériale.
[127] Il est vrai, puisque Chouenn n’a trouvé que cinq ministres capables, et Ou wang, dix.
[128] Celle de la dynastie des Tcheou.
[129] Celui qui cherche sa propre utilité blesse la justice. La question de la Providence céleste est très subtile. La voie de la vertu parfaite est immense. Confucius parlait rarement de ces trois choses. Il parlait peu du gain, de peur de porter les hommes à ne désirer que des choses basses, à ne chercher que leurs propres intérêts. Il parlait peu de la Providence céleste et de la vertu parfaite, de peur d’exciter les hommes à vouloir faire des choses trop au‑dessus de leurs forces. Il parlait peu de gain, de peur que ces disciples ne fussent trop portés à chercher leur propre intérêt. Il parlait peu de la Providence céleste et de la vertu parfaite, parce que ses disciples n’auraient pas facilement comprit ces hautes questions.
[130] Parce qu’il n’exerce aucun des six arts libéraux.
[131] Un conducteur de voiture est le serviteur d’autrui. Son métier est encore plus vil que celui d’archer. Le philosophe, entendant faire son éloge, répondit en s’abaissant lui-même. Ce grand sage n’avait pas réellement l’intention de se faire conducteur de voiture.
[132] La connaissance des cérémonies, des devoirs, de la musique, des lois.
[133] En moi.
[134] Iang Hou avait exercé des cruautés dans le bourg de Kouang. Confucius extérieurement ressemblait à Iang Hou. Les habitants le cernèrent pour le prendre.
[135] Disciple de Confucius.
[136] Le phénix est un oiseau qui annonce les choses futures. Au temps de Chouenn, il a été apporté et offert en présent à ce prince. Au temps de Wenn wang, il a chanté sur le mont K’i. Le dessin sorti du fleuve est un dessin qui est sorti du Fleuve ]aune sur le dos d’un cheval‑dragon au temps de Fou hi. Le phénix et le dessin sorti du fleuve ont annoncé les règnes d’empereurs très sages. Confucius dit : « Il ne paraît aucun présage annonçant le règne d’un empereur très sage ; un tel empereur ne viendra donc pas. Quel empereur se servira de moi pour enseigner le peuple ? C’en est fait de ma doctrine ; elle ne sera pas mise en pratique. »
[137] Par commisération ou par honneur.
[138] Je n’arrive pas à la saisir.
[139] Comme si leur maître exerçait encore une charge importante, et à lui préparer de pompeuses funérailles, comme à un haut dignitaire.
[140] Tzeu koung adressa à Confucius cette double question, parce qu’il voyait un homme doué de tant de vertus n’exercer aucune charge. Confucius répondit qu’il fallait vendre la pierre précieuse ; mais qu’il ne convenait pas d’aller chercher les acheteurs. Le sage est toujours disposé à accepter et à exercer une charge ; mais il veut que les principes soient observés. Il attend une invitation régulière, comme la pierre précieuse attend les offres d’un acheteur.
[141] Le long des côtes de la Mer Jaune.
[142] Confucius, voyant que ses enseignements étaient infructueux, aurait désiré quitter l’empire chinois et se retirer dans une contrée étrangère. Il lui échappait, malgré lui, des gémissements par lesquels il manifestait comme le désir de vivre au milieu des neuf tribus des barbares orientaux. Il disait de même qu’il aurait désiré se confier à la mer sur un radeau (et se retirer dans une île déserte). Il n’avait pas réellement le dessein d’aller habiter au milieu des barbares dans l’espoir de les civiliser.
[143] Par mes soins
[144] Le philosophe, pour instruire les autres en s’abaissant lui-même, dit : « C’est au prix de grands efforts et à grand’peine que j’accomplis ces quatre choses. »
[145] Le sage imite ce mouvement continuel de l’eau et de toute la nature. Il ne cesse de se faire violence, jusqu’à ce qu’il arrive au sommet de la perfection.
[146] L’histoire raconte que, Confucius se trouvant dans la principauté de Wei, le prince Ling, porté sur une même voiture avec sa femme, fit monter Confucius sur une seconde voiture, et, pour frapper les regards, lui fit traverser la place publique. Le philosophe trouva ce procédé de très mauvais goût et dit à cette occasion les paroles qui viennent d’être citées.
[147] Si le disciple de la sagesse fait sans cesse des efforts, même en recueillant peu à la fois, il amassera beaucoup ; mais s’il s’arrête à moitié chemin, il perdra tout le fruit du travail qu’il a déjà accompli.
[148] Ainsi en est‑il des hommes qui s’adonnent à l’étude de la sagesse, s’ils ne sont pas persévérants.
[149] Nous efforcer de faire sans cesse de nouveaux progrès dans la vertu et ...
[150] Le froid de l’hiver est l’image d’une époque de trouble. La persistance du feuillage est l’image de la volonté ferme et constante du sage. Quand la tranquillité règne, l’homme vulgaire pourra ne pas se distinguer de l’homme sage. C’est seulement au milieu des avantages ou des désavantages apportés par une révolution, qu’on reconnaît la constance du sage.
[151] Comme s’il avait du sentiment.
[152] Vers les hôtes qui étaient à ses côtés.
[153] Qui attendait d la porte, où il avait lui-même reconduit l’hôte.
[154] Le prince peut rentrer dans ses appartements.
[155] Entre la porte et la cloison intérieure, bien que ce siège fût inoccupé, Confucius éprouvait un sentiment de respect si profond que ...
[156] Lorsque Confucius se présentait comme envoyé dans une cour étrangère.
[157] Parce que c’était le collet des jours d’abstinence.
[158] Parce que c’était le collet porté la deuxième et la troisième année du deuil de trois ans.
[159] Parce qu’elles ne sont pas rangées au nombre des cinq couleurs simples ou élémentaires, et qu’elles se rapprochent des couleurs des vêtements des femmes.
[160] Pour cacher parfaitement son corps.
[161] Afin que la main droite fût plus libre pour le travail.
[162] Parce que c’était le costume qu’on revêtait pour faire des offrandes.
[163] Pour se purifier avant de faire une offrande.
[164] Lorsque Confucius se préparait à faire une offrande, il gardait l’abstinence prescrite. Après avoir prit un bain, il revêtait (sur ses vêtements ordinaires) la tunique des jours de purification, afin de conserver son corps pur et net de toute souillure. Cette tunique était de toile. Il avait soin de purifier parfaitement, non seulement son cœur et ses intentions, mais aussi son corps. Au temps de l’abstinence, comme il n’est permis de prendre son repos ni déshabillé, ni revêtu de la tunique des jours de purification, il avait un vêtement spécial qu’il mettait la nuit sur ses vêtements ordinaires. Ce vêtement avait une fois et demie la longueur de son corps, afin qu’il servît à couvrir les pieds. Au temps de l’abstinence, il changeait l’ordinaire de sa table. Il ne buvait pas de boisson fermentée, ne mangeait pas de légumes à odeur forte, de crainte que l’odeur n’obscurcit la clarté de son intelligence.
[165] Le hachis se fait avec de la viande de bœuf ou de mouton, ou de la chair de poisson, que l’on hache très fin. Le riz bien pur nourrit l’homme, le hachis grossièrement préparé lui nuit. Pou ien, ces mots signifient que Confucius trouvait ces aliments très bons, mais non qu’il voulût absolument les avoir tels. Il ne mangeait rien de ce qui pouvait nuire à la santé. Il pensait que la viande devait être coupée d’une manière régulière. Quand elle ne l’était pas, il ne la mangeait pas ; il haïssait le manque de régularité.
[166] De peur qu’elles ne fussent pas propres.
[167] Les grains doivent faire la partie principale de la nourriture. Pour cette raison, Confucius ne mangeait pas plus de viande que d’autres aliments. Les liqueurs fermentées servent à exciter la joie dans les réunions. Confucius ne se prescrivait pas de règle fixe, seulement il évitait l’ivresse, et n’allait pas jusqu’à avoir la raison troublée. Le gingembre éclaircit l’intelligence, et dissipe toutes les impuretés. Confucius en avait toujours sur sa table.
[168] Mais il distribuait aussitôt.
[169] Dont le prince lui faisait présent.
[170] Lorsqu’il avait aidé à faire des offrandes aux morts dans le palais du prince de Lou, il recevait sa part des viandes. De retour à la maison, il les distribuait aussitôt, sans attendre au lendemain, par respect pour les faveurs des mânes, et par honneur pour les dons du prince. Quand il avait fait une offrande dans sa maison, bien qu’il lui fût permis d’attendre un peu, quand il n’avait pu distribuer la viande le jour même, il ne la conservait pas plus de trois jours. Car elle aurait été gâtée, et les hommes ne l’auraient pas mangée. C’eût été traiter sans respect les restes du repas des mânes.
[171] Ce grand sage, aux heures des repas, s’occupait de manger ; aux heures du repos, il se reposait. Ce n’était pas alors pour lui le temps de discourir ni de répondre aux questions sur la philosophie. Il ne s’occupait alors que d’une seule chose.
[172] Par respect pour leur âge.
[173] Comme s’il avait salué son ami.
[174] Tai fou de la principauté de Lou.
[175] Ni ses vertus, ni son emploi.
[176] Sans l’offrir aux défunts.
[177] Par un sentiment de modestie, comme s’il n’avait pas été le convive du prince, mais seulement un chef de cuisine.
[178] [2] Après avoir fait mettre son lit auprès de la fenêtre qui regardait le midi.
[179] Les interprètes expliquent diversement ce passage. Quelques-uns disent : « Tzeu lou prit, fit cuire et servir cette faisane. Confucius en respira trois fois l’odeur et se leva ; il n’en mangea pas. »
[180] Si un oiseau remarque si bien tous les indices, l’homme devrait‑il aller et venir sans examen ni délibération ?
[181] Confucius appelle anciens les hommes qui vivaient au temps de Wenn wang, de Ou wang, de Tch’eng wang et de K’ang wang ; et modernes, ceux qui vivaient dans les derniers temps de la dynastie des Tcheou. Chez les anciens, l’urbanité et la musique étaient parfaites et pour le fond et pour la forme. Au temps de Confucius, elles étaient considérées comme trop simples, et les anciens eux‑mêmes passaient pour des hommes grossiers. Plus tard, l’urbanité et la musique eurent plus d’apparence que de réalité. Néanmoins, au temps de Confucius, elles étaient considérées comme parfaites pour le fond et pour la forme, et les modernes passaient pour des sages.
[182] Les uns étaient dans leurs foyers, les autres, dans les charges ; les uns vivaient encore, les autres étaient morts.
[183] Il n’avait jamais ni doute ni difficulté et n’interrogeait pas son maître. Comment l’aurait‑il excité à discourir ?
[184] Tout le monde s’accorde pour le louer.
[185] Son père, qui était pauvre.
[186] Li, nommé aussi Pe iu, était le fils de Confucius. Il mourut avant son père. Confucius dit que Li, bien qu’inférieur à Ien Iuen en talents et en vertus, était cependant son fils, comme Ien Iuen était le fils de Ien Lou. A cette époque, Confucius n’exerçait plus aucune charge ; mais il avait encore rang parmi les grands préfets. Par modestie, il dit qu’il vient après eux.
[187] Ien Iuen.
[188] Le philosophe Tch’eng dit : « Celui qui sait ce que c’est que la vie, sait ce que c’est que la mort. Celui qui remplit parfaitement ses devoirs envers ses supérieurs, remplit parfaitement ses devoirs envers les esprits. »
[189] Tzeu lou périt en combattant sous les murs de Ts’i tch’eng. On y voit encore sa tombe.
[190] Tzeu lou.
[191] Tzeu lou était d’un caractère raide et impétueux. Les sons de sa guitare imitaient les cris que poussent les habitants des contrées septentrionales au milieu des combats et des massacres. Le philosophe l’en reprit, en disant : « Dans mon école, le juste milieu et l’harmonie forment la base de l’enseignement. La guitare de Iou manque tout à fait d’harmonie. Pourquoi se fait‑elle entendre dans mon école ? » Les disciples de Confucius ; ayant entendu ces paroles, ne témoignèrent plus aucune estime à Tzeu lou. Le Maître, pour les tirer d’erreur, leur dit : « Tzeu lou, dans la voie de la sagesse, a déjà atteint une région pure, spacieuse, élevée, lumineuse ; seulement, il n’a pas encore pénétré profondément dans les endroits les plus retirés et les plus secrets. Parce qu’il manque encore une chose à sa perfection, on ne doit pas le mépriser. »
[192] Jen Iou.
[193] Dénoncez hautement sa conduite.
[194] Sans en éprouver aucune peine.
[195] Mais ne s’appliquent par à l’étude ni à la pratique des maximes des sages.
[196] Vous devez les consulter avant de rien faire.
[197] En me jetant au milieu de la mêlée l Ne devais‑je pas prendre tous les moyens de sauver ma vie, afin de recevoir encore vos enseignements ?
[198] Bien qu’ils ne soient pas d’une vertu extraordinaire.
[199] Ki Tzeu jen était fils de Ki P’ing tzeu et frère puîné de Ki Houan tzeu. Il croyait que sa famille avait beaucoup gagné en attirant à son service Tzeu lou et Jen Iou. Ki Houan tzeu était le chef de la famille Ki. (Voir Ch. III, 1, 2 et 6.)
[200] Tzeu kao avait beaucoup de talent, mais il n’avait pas encore étudié.
[201] S’ils connaissaient mes talents, ils me confieraient une charge.
[202] Pourquoi sa réponse ne vous a-t‑elle pas fait sourire ?
[203] Sans doute, K’iou a parlé d’un État, mais pas avec la même suffisance que Tzeu lou.
[204] Tch’eu a donc parlé du gouvernement d’un État, mais il l’a fait avec modestie ; car ...
[205] Seu ma Gniou était de la principauté de Soung. Voyant son second frère Hiang T’ouei exciter une révolte contre le prince de Soung, et ses autres frères Tzeu ki et Tzeu kiu prendre part à ce crime, il éprouvait une grande affliction, et disait : « Les autres hommes ont tous des frères ; je suis le seul qui n’en aie pas. »
[206] Tai fou de la principauté de Wei.
[207] Mais cette fois vous êtes dans l’erreur.
[208] Et faire rentrer une parole qui a été dite sans avoir été assez pesée.
[209] Enlevez ce qui fait l’ornement extérieur de la personne ; l’homme sage ne se distinguera plus de l’homme vulgaire.
[210] Les impôts onéreux rendent la culture impossible, ruinent le peuple et l’État.
[211] Car c’est vouloir une chose qui ne dépend pas de vous, mais du Ciel, à savoir, la vie ou la mort de l’homme..
[212] Tzeu lou.
[213] Tzeu lou était juste, sincère, perspicace, résolu. Dès qu’il dirait un mot, on se soumettait à sa décision avec confiance.
[214] Afin de connaître ce qu’on approuve et ce qu’on désapprouve de lui.
[215] La renommée et la gloire semblent être la même chose, et ne le sont pas. Elles diffèrent entre elles comme le vrai du faux.
[216] K’ouai kouei, héritier présomptif de Ling, prince de Wei, honteux de la conduite déréglée et licencieuse de sa mère Nan tzeu, voulut la tuer. N’ayant pas réussi, il s’enfuit. Le prince Ling voulut nommer Ing son héritier. Ing refusa. A la mort du prince Ling, sa femme Nan tzeu nomma Ing héritier de la principauté. Ing refusa de nouveau. Elle donna la principauté à Tche, fils de K’ouai kouei, afin d’opposer le fils au père. Ainsi, Kouai kouei, en voulant tuer sa mère, avait encouru la disgrâce de son père ; et Tche, en prenant l’autorité princière, faisait opposition à son père K’ouai kouei. Tous deux étaient comme des hommes qui n’auraient pas eu de père. Evidemment, ils étaient indignes de régner. Si Confucius avait été chargé du gouvernement, il aurait commencé par corriger les appellations (celui-là seul aurait porté le nom de père ou de fils qui en aurait rempli les devoirs). Il aurait fait connaître au chef de l’empire l’origine et tous les détails de cette affaire ; il l’aurait prié d’ordonner à tous les seigneurs de la contrée de reconnaître Ing pour héritier de la principauté. Dès lors, la loi des relations entre le père et le fils aurait été remise en vigueur. Les noms auraient repris leur véritable signification, la loi naturelle aurait été observée, le langage aurait été exempt d’ambiguïté, et les choses auraient été exécutées.
[217] La principauté de Lou était gouvernée par les descendants de Tcheou koung, et celle de Wei par les descendants de Kang chou. Les deux dynasties descendaient donc de deux frères. Au temps de Confucius, elles étaient en décadence, et les deux pays étaient également troublés.
[218] Qui, simple tai fou, gouverne en maître la principauté de Lou.
[219] Même au risque de vous attirer des inimitiés.
[220] Malgré leur force et leur habileté.
[221] A cause de leur vertu.
[222] Chouenn légua l’empire à Iu. Les descendants de Heou tsi l’obtinrent à leur tour en la personne de Ou Wang, prince de Tcheou.
[223] Ces quatre hommes étaient grands préfets dans la principauté de Tcheng. Quand le prince de Tcheng avait des lettres à écrire, elles passaient toutes successivement par les mains de ces quatre sages, qui les méditaient et les examinaient avec le plus grand soin, chacun d’eux déployant son talent particulier. Aussi, dans les réponses envoyées aux princes, on trouvait rarement quelque chose à reprendre.
[224] Ne m’en parlez pas !
[225] Tzeu si, fils du prince de Tch’ou, s’appelait Chenn. Il refusa la dignité de prince de Tchou, la fit donner au prince Tchao, et réforma l’administration publique. Il fut un sage et habile tai fou. Mais il ne sut pas faire supprimer le titre de Wang, que le prince de Tch’ou s’était arrogé. Le prince Tchao voulut mettre en charge Confucius. Tzeu si l’en détourna et l’en empêcha.
[226] Tai fou de la principauté de Lou.
[227] Tai fou de la principauté de Wei.
[228] Qui était de la même principauté.
[229] Sa vertu est‑elle si parfaite ?
[230] Tsang Ou tchoung, nommé Ho, était grand préfet dans la principauté de Lou Fang, domaine ou fief qui avait été constitué par le prince de Lou et donné à Ou tchoung. Ou tchoung, ayant offensé le prince de Lou, se réfugia dans la principauté de Tchou. Mais, après, il revint de Tchou à Fang et députa au prince de Lou des envoyés pour lui présenter d’humbles excuses, le prier de lui constituer un successeur de sa propre famille et lui promettre de se retirer ensuite. En même temps il laissait voir que, s’il n’obtenait par sa demande, redevenu possesseur de son fief, il se mettrait en révolte. C’était faire violence à son prince.
[231] Son frère puîné, qui lui avait disputé la principauté. Parmi les partisans de Kiou étaient Chao Hou et Kouan Tchoung.
[232] Il s’étrangla.
[233] Quel autre rendit autant de services à son pays ?
[234] Comme les barbares, dont nous imiterions les mœurs et les usages.
[235] Comme s’ils avaient été de même rang, le maître le voulant ainsi, afin d’honorer la sagesse de son intendant.
[236] Trois ministres, chefs de trois grandes familles, s’étaient arrogé tout le pouvoir et gouvernaient en maîtres la principauté de Lou. Le prince n’était pat libre de décider par lui-même. Il répondit ù Confucius : « Vous pouvez vous adresser à ces trois grands seigneurs. » C’étaient les chefs des trois grandes familles Meng suenn, Chou suenn et Ki suenn.
[237] S’il agit mal.
[238] Par déférence pour K’in Pe iu.
[239] K’iu Pe ia, nommé Iuen, était grand préfet dans la principauté de Wei. Confucius avait reçu l’hospitalité dans sa maison. Lorsqu’il fut de retour dans le pays de Lou, Pe iu lui envoya un messager. Pe iu .n’examinait lui-même et travaillait à soumettre ses passions, comme s’il craignait sans cesse de ne pouvoir y parvenir. On peut dire que l’envoyé connaissait à fond le cœur de ce sage, et qu’il remplit bien ton mandat. Aussi Confucius dit deux fois : « O le sage messager ! » pour marquer son estime.
[240] Tzeu koung.
[241] De juger les autres ; je m’applique tout entier à me juger et à me corriger moi-même.
[242] De ceux qui n’ont pas à cœur de se rendre utiles aux autres.
[243] Les hommes n’estiment pas une vertu qui croît peu à peu et ne cherche pas à briller.
[244] Mis à mort et son cadavre exposé.
[245] On ne connaît pas leurs noms.
[246] Réformer les mœurs
[247] Exprimant par des sons plaintifs la douleur que lui causait l’état malheureux de la société.
[248] De vouloir réformer la société.
[249] Le sage demeure dans la retraite ou se montre en public selon les circonstances.
[250] Cet homme qui n’a pas compassion des autres.
[251] A la mort de son père.
[252] La cabane où l’empereur passait les trois années de deuil s’appelait leang ngan, parce qu’elle était tournée au nord et ne recevait pas les rayons du soleil.
[253] Dans l’étude de la sagesse
[254] Voyant que le prince était peu disposé à étudier la sagesse.
[255] Il fut assiégé durant sept jours, par ordre du prince.
[256] Je n’ai étudié qu’une seule chose, à savoir, la nature de mes facultés intellectuelles et morales.
[257] Celui qui ne la possède pas ne peut en connaître ni la nature ni les charmes.
[258] La sincérité, la véracité, la prudence et la circonspection.
[259] L’historiographe était un annaliste officiel. Iu était tai fou dans la principauté de Wei ; il s’appelait Ts’iou. Après sa mort, devenu cadavre, il donna encore des avis à son prince. Malade et sur le point de mourir, il dit à ton fils : « A la cour du prince, je n’ai pu obtenir que les charges fussent confiées aux hommes sages et refusées aux hommes vicieux. Après ma mort, il ne faudra pas faire les cérémonies funèbres. Il suffira de déposer mon corps dans la salle qui est au nord. » Le prince, étant allé faire les lamentations ordinaires, demanda la raison de cette singularité. Le fils du défunt répondit avec un accent de douleur profonde : « Mon père l’a ainsi ordonné. » « Je suis en faute », dit le prince. Aussitôt il ordonna de revêtir le corps du défunt dans l’endroit où l’on rendait cet honneur à ses hôtes. Puis, il mit en charge Kiu Pe iu et éloigna Mi tzeu hia (son indigne ministre).
[260] Ainsi, celui qui veut se rendre parfait doit d’abord chercher des secours auprès des autres.
[261] D’après lequel l’année commençait, comme sous les Ts’ing, au deuxième mois lunaire après le solstice d’hiver.
[262] Elle était simple.
[263] Il était très orné.
[264] Ils portent à la vertu.
[265] Ministre du prince de Lou.
[266] En cherchant son intérêt et non celui de l’État.
[267] Houei de Liou hia était Tchen Houe, nommé K’in, grand préfet de Lou. Il tirait ses appointements de la ville de Liou hia. Il reçut le nom posthume de Houei, qui signifie Bienfaisant.
[268] Car il n’a pas un vrai désir d’apprendre.
[269] Ils ne peuvent pas entrer dans la voie de la vertu ; ils auront des chagrins et des peines.
[270] Les empereurs ont récompensé et puni selon la justice ; à leur exemple, je donne à chacun l’éloge ou le blâme qu’il a mérité.
[271] Chaque prince avait des historiographes.
[272] S’il ne fait aucun effort.
[273] Parce qu’il ne peut exceller dans toutes les petites choses.
[274] Parce qu’il ne peut exceller que dans les petites choses.
[275] Et elle ne nuit jamais.
[276] Les vertus que la nature donne à chaque homme (avec l’existence) sont parfaites en elles‑mêmes. La différence des bons et des méchants est due à la différence des éléments dont leurs corps sont composés, et des habitudes qu’ils ont contractées. Lorsqu’un sage tient école, tour les hommes peuvent, sous sa direction, recouvrer la perfection primitive de leurs vertus naturelles, et mériter de n’être plus rangés dans la classe des méchants.
[277] Qui était aveugle.
[278] Qui sont ordinairement aveugles.
[279] Petite principauté qui dépendait de celle de Lou.
[280] qui étaient au service de Ki.
[281] Jen Iou.
[282] De la dynastie des Tcheou.
[283] Ancien historien.
[284] Si vous ne pouvez pas travailler pour le bien public, quittez votre charge.
[285] La faute en est à celui qui est chargé de garder ces bêtes féroces ou ces objets.
[286] Qui appartient à Ki.
[287] L’urbanité, l’harmonie, la pureté des mœurs.
[288] Parce que l’injustice trouble la paix des citoyens, et amène la discorde intestine.
[289] L’intérieur de la maison, c’est ici la cloison ou petit mur élevé devant la porte d’une habitation pour dérober aux passants la vue de la maison. Dans les visites entre un prince et son sujet, les témoignages de respect commencent auprès de cette cloison. C’est pourquoi elle s’appelle cloison du respect.
[290] La justice est violée, les lois ne sont plus observées, le trouble est dans l’État.
[291] Elle leur est enlevée par les tai fou.
[292] A la mort de Wenn, prince de Lou (609 avant notre ère), ses fils avaient mis a’ mort l’héritier présomptif Tch’eu, et lui avaient substitué le prince Siuen. Celui-ci n’eut qu’une ombre de pouvoir (l’autorité souveraine fut usurpée par Ki Ou, chef de la famille Ki suenn). Siuen, Tch’eng, Siang, Tchao, Ting, en tout cinq princes, s’étaient succédé. Le tai fou Ki Ou, qui avait usurpé le pouvoir, avait eu pour successeurs Tao, Ping et Houan. En tout, quatre tai fou s’étaient succédé l’un à l’autre, et l’autorité passa de leurs mains entre celles de Iang Hou, intendant de leur famille.
[293] Parce que les tai fou ne peuvent la conserver au‑delà de cinq générations.
[294] La loi naturelle.
[295] Par l’étude et la pratique de la vertu.
[296] Dans la vie publique.
[297] Voir chap. VII, 14.
[298] Fils de Confucius, aussi nommé Li.
[299] Tcheou heou.
[300] La sagesse.
[301] Quand le temps en sera venu.
[302] Iang Houo, appelé aussi Iang Hou, était intendant de la famille Ki. Il avait jeté dans les fers Ki Houan, le chef de cette famille, et gouvernait seul en maître la principauté de Lou. (Il avait ainsi rendu à son maître ce que Ki Ou, bisaïeul de celui-ci, avait fait au prince de Lou.) Il voulait déterminer Confucius à lui faire visite ; mais Confucius n’y alla pas. Lorsqu’un grand préfet envoyait un présent à un lettré, si le lettré n’était par chez lui pour le recevoir, il devait, d’après les usager, aller à la maison du grand préfet présenter ses remerciements. Iang Houo, profitant d’un moment où Confucius n’était par chez lui, lui envoya un jeune cochon en présent, afin de l’obliger à venir le saluer et lui faire visite. Confucius, choisissant aurai le moment où Iang Houo était absent, alla à sa maison pour le remercier. Il craignait de tomber dans le piège que ce méchant homme lui avait tendu et de sembler reconnaître son pouvoir absolu ; et il voulait tenir sa première résolution, qui était de ne pas le voir. Contre son attente, il rencontra Iang Houo en chemin. Iang Houo, en critiquant la conduite de Confucius, et en l’engageant à accepter une charge sans délai, n’avait d’autre intention que d’obtenir son appui pour mettre le trouble dans le gouvernement. Confucius était tout disposé à exercer un emploi, mais non à se mettre au service de lang Houo.
[303] Ou tch’eng dépendait de la principauté de Lou. Tzeu iou était alors préfet de Ou tcheng et enseignait au peuple les Devoirs et la Musique. Aussi tour les habitants savaient chanter et jouer des instruments à cordes. La joie de Confucius parut sur son visage. Il sourit et dit : « Pour tuer une poule, un petit animal, quelle raison y a‑t‑il d’employer le grand couteau qui sert à dépecer les bœufs ? » Il voulait dire que Tzeu iou employait les grands moyens administratifs pour gouverner une petite ville. Il ne le dirait pas sérieusement. Les pays à gouverner n’ont pas tous la même étendue ; mais ceux qui les gouvernent doivent toujours enseigner les devoirs et la musique, et tenir ainsi la même conduite.
[304] Puisque les vrais principes sont partout méconnus.
[305] De me confier une charge.
[306] Koung chan Fou jao était intendant du chef de la famille des Ki, qui était grand préfet dans la principauté de Lou. Koung chan était son nom de famille, Fou iao son nom propre, et Tzeu sie son surnom. Avec Iang Houo, il s’était emparé de la personne du tai fou Ki Houan et, maître de la ville de Pi, il soutenait sa révolte contre le grand préfet. Il fit inviter Confucius à se rendre auprès de lui. Confucius voulait y aller. C’est que Koung chan Fou jao était en révolte contre la famille des Ki, et non contre le prince de Lou. Confucius voulait y aller dans l’intérêt du prince de Lou, non dans l’intérêt de Koung chan Fou iao. Si Confucius était parvenu à exécuter son dessein, il aurait retiré l’autorité souveraine des mains des grands préfets pour la rendre au prince ; et, après l’avoir rendue au prince, il l’aurait fait retourner à l’empereur. Il voulait se rendre auprès de Koung chan Fou iao parce que tels étaient ses principes. Cependant, il n’y alla pas, parce qu’il lui serait impossible d’exécuter son dessein.
[307] Confucius dit : « Ma vertu est si ferme et si pure que je puis sans danger l’exposer au contact des hommes vicieux. Pourquoi ne répondrais‑je pas à l’invitation de Pi Hi, par crainte de me souiller moi-même ? Suis‑je donc une courge ? M’est‑il permis de me rendre inutile aux hommes, comme une courge qui reste suspendue toujours dans un même endroit, et ne peut rien faire, pas même boire ou manger ?
[308] Tzeu lou.
[309] Les six vertus.
[310] Les six défauts dans lesquels tombe celui qui veut pratiquer ces six vertus et ne cherche pas à les bien connaître.
[311] En leur promettant et en leur accordant des choses nuisibles.
[312] [[ Les deux premiers chapitres du Cheu king.
[313] Qu’on offre en présent.
[314] L’urbanité exige avant tout le respect, et la musique a pour objet principal l’harmonie (la concorde). Les pierres précieuses, les soieries, les cloches, les tambours ne sont que des accessoires.
[315] La nuit.
[316] Et le jour paraissent honnêtes.
[317] Et ne le sont pas.
[318] Sans se donner la peine de le méditer ni de le mettre en pratique.
[319] Mais qui ont fait place à d’autres beaucoup plus graves.
[320] Le rouge est une couleur naturelle.
[321] Dans la conduite du sage par excellence, tout, jusqu’aux moindres mouvements, est la claire manifestation de la plus haute raison ; de même que le cours des saisons, la production des différents êtres, tout dans la nature est un écoulement de la puissance céleste. Est‑ce que le Ciel a besoin de parler pour manifester sa vertu ?
[322] Qu’il comprît qu’il s’était attiré ce refus par quelque faute, et changeât de conduite.
[323] Il demeure retiré dans une cabane. Voir chap. XIV, 43.
[324] Les anciens tiraient le feu nouveau d’un instrument de bois, qu’ils faisaient tourner comme une tarière. Le bois employé était, au printemps, l’orme ou le saule ; au commencement de l’été, le jujubier ou l’abricotier ; vers la fin de l’été, le mûrier ordinaire ou le mûrier des teinturiers ; en automne, le chêne ou le iou ; en hiver, le sophora ou le t’an. Un fils, après la mort de son père ou de sa mère, durant trois ans, ne prenait qu’une nourriture grossière, portait des vêtements de chanvre, et couchait sur la paille, la tête appuyée sur une motte de terre.
[325] Le prince de Wei était le frère du tyran Tcheou, mais il était né d’une femme de second rang. Le prince de Ki et Pi kan étaient princes du sang, d’une génération antérieure à celle de Tcheou. Le prince de Wei, voyant la mauvaise conduite de Tcheou, quitta la cour.Le prince de Ki et Pi kan adressèrent tous deux des remontrances au tyran. Tcheou mit à mort Pi kan, jeta dans les fers le prince Ki et le réduisit en esclavage. Le prince de Ki contrefit l’insensé et fut accablé d’outrages.
[326] Dans la principauté de Lou.
[327] Et d’aller dans un autre, où vos services seraient mieux appréciés.
[328] A qui ces paroles furent rapportées.
[329] Voyant qu’il n’y rendrait aucun service.
[330] Ki Houan, nommé Seu, était grand préfet dans la principauté dé Lou. Sous le règne de Ting, prince de Lou, Confucius exerça la charge de ministre de la justice. En trois mois, il avait établi l’ordre le plus parfait dans le gouvernement. Le prince de Ts’i et ses ministres l’ayant appris, et craignant la puissance de Lou, envoyèrent en présent une bande de quatre‑vingts filles, qui, vêtues d’habits magnifiques, et montées sur des chevaux richement ornés, exécutèrent des chants avec pantomime, et se donnèrent en spectacle hors de la ville, près de la porte méridionale. Houan exerçait le pouvoir souverain. Le prince Ting ne conservait plus qu’un vain titre. Il finit par accepter la bande de musiciennes. Le prince de Lou et ses ministres tombèrent ainsi dans le piège tendu par ceux de Ts’i. Entièrement occupés à entendre des chants et à voir des spectacles lascifs, les oreilles et les yeux fascinés, ils négligèrent les affaires publiques, et n’eurent plus d’estime pour les hommes vertueux et capables. Confucius aurait voulu adresser des remontrances au prince ; mais il ne le pouvait pas (ou bien, il voyait qu’elles auraient été sans effet). Il quitta le pays. (Ce fut la quatorzième année du règne de Ting, en 496 av. J.‑C.).
[331] La dynastie des Tcheou étant sur son déclin, les hommes de mérite pratiquaient la vertu dans la retraite. Tsie iu dit : — Quand la société est bien réglée, le phénix apparaît ; quand elle est troublée, il demeure caché. Tant il aime la vertu ! Maintenant, en quels temps est‑il venu ? Comment ne va‑t‑il pas encore replier ses ailes et se cacher ?[[Tsie iu compare Confucius au phénix. Il le blâme de ce qu’il ne se décide pas à vivre dans la retraite, et prétend que sa vertu a beaucoup diminué. Tes fautes futures peuvent encore être prévenues, c’est-à‑dire il est encore temps de te retirer dans la vie privée.
[332] Pour passer la rivière.
[333] Qui cherche partout des princes et des ministres amis de la vertu, et qui, n’en trouvant pas, passe sans cesse d’une principauté dans une autre.
[334] Des princes et de leurs sujets.
[335] Autrefois, sur les confins des principautés de Tch’ou et de Ts’ai (dans le Ho nan actuel), deux lettrés qui menaient la vie privée s’étaient associés pour cultiver leurs champs. Leurs noms n’ont pas été transmis à la postérité. Les annalistes ont appelé l’un Ts’iu, Qui s’arrête et ne sort pas du repos, et l’autre, Gni, Qui reste au fond de l’eau et n’émerge jamais.
[336] Vous ne cultivez pas la terre.
[337] Les cinq espèces de grains sont deux sortes de millets à panicules, les haricots et les pois, le blé et l’orge, le riz. Les cinq relations sociales sont celles qui existent entre le prince et le sujet, entre le père et le fils, entre le frère aîné et le frère puîné, entre le mari et la femme, entre les amis.
[338] En signe de respect.
[339] Le vieillard dit à Tzeu lou : — A présent, c’est le moment de se livrer aux travaux des champs. Vous entreprenez des voyages lointains à la suite de votre maître. Quelle utilité en revient‑il aux hommes de notre siècle ? Qui connaît seulement votre maître ?
[340] De pratiquer la vertu la plus parfaite, et de ne jamais rien accorder aux hommes ni aux circonstances.
[341] Mais je consulte toujours les circonstances.
[342] Dans une île.
[343] L’empereur et tous les princes avaient des musiciens qui jouaient pendant leurs repas, pour les exciter à manger. Les morceaux de musique et les directeurs de musique étaient différents pour les différents repas. La dynastie des Tcheou venant à déchoir, la musique tomba en décadence. Confucius, en revenant de Wei dans sa patrie, restaura la musique. Dès lors, tous les musiciens, depuis les premiers jusqu’aux derniers, connurent parfaitement les règles de leur art. L’autorité du prince de Lou devint de plus en plus faible ; les trois fils de Houan s’emparèrent du pouvoir et l’exercèrent arbitrairement. Alors tous les musiciens, depuis le directeur en chef jusqu’aux derniers, furent assez sages pour se disperser dans toutes les directions. Ils traversèrent les fleuves et passèrent les mers, fuyant loin de leur patrie troublée.
[344] Tcheou koung, créé prince de Lou, envoya son fils gouverner la principauté à sa place.
[345] Son fils Pe k’in.
[346] Et de ne pas avoir sa confiance.
[347] Dans les temps prospères, au commencement de la dynastie des Tcheou, parurent huit hommes d’un grand talent et d’une rare vertu, qu’on appela les huit hommes remarquables. Ils étaient nés d’une même mère, deux à la fois d’une même couche.
[348] Le principe de Tzeu hia est trop étroit. Tzeu tchang a raison de le blâmer. Mais ce qu’il dit lui-même a le défaut d’être trop large. Sans doute le sage ne rejette personne ! mais il doit repousser toute amitié nuisible.
[349] Comme la culture des champs ou des jardins, la médecine, la divination.
[350] Pour se perfectionner lui-même et les autres.
[351] Au lieu d’être un secours.
[352] Et non sur celles qui sont purement curieuses et inutiles.
[353] Et non à celles qui vous sont étrangères.
[354] N’étant pas distraits dans leurs travaux.
[355] Tzeu iou.
[356] En négligeant de leur enseigner les choses les plus nécessaires.
[357] Celui qui se livre à une occupation doit d’abord faire parfaitement tout ce qui s’y rapporte, et il peut ensuite étendre ses soins à d’autres choses. Pour un officier, l’exercice de sa charge est la chose importante, et l’étude n’est pas absolument nécessaire ; il doit donc avant tout remplir les devoirs de sa charge. Pour un étudiant, l’étude est la chose principale, et l’exercice d’une charge n’est pas nécessaire ; il doit donc avant tout étudier parfaitement. Toutefois, un officier trouve dans l’étude un moyen d’établir ses ouvres plus solidement ; et un étudiant trouve dans l’exercice d’une charge un moyen de confirmer et d’étendre ses connaissances.
[358] Tzeu tchang donnait son principal soin aux choses extérieures. Hautain dans ses manières, il ne pouvait ni être aidé ni aider les autres dans la pratique de la vraie vertu.
[359] Et la discorde amène beaucoup de crimes.
[360] De votre habileté à les découvrir
[361] Grand préfet de la principauté.
[362] Grand préfet dans la principauté de Lou.
[363] L’un d’entre eux.
[364] Ce que vous venez de dire ne paraît pas assez réfléchi.
[365] Comme les empereurs de la dynastie des Hia.
[366] L’empereur Kie
[367] Les hommes sages.
[368] En qualité de chef de peuple
[369] Ces expressions, l’auguste Souverain et Seigneur du Ciel, sont des termes respectueux pour désigner le Souverain Maître. Tous les hommes sages sont les ministres du Souverain Maître. Avant de marcher contre Kie, Tch’eng t’ang dit : « Toutes les actions bonnet ou mauvaises sont inscrites et se lisent dans le cour du Souverain Seigneur. En attaquant Kie, je ne ferai qu’obéir aux ordres du Souverain Roi. »
[370] Avec préméditation.
[371] Qui n’ose rien accorder de son propre chef.
[372] La loi naturelle.