Espérer isshoni
Accueil du site > Quand le chrétien parle l’homme > Pour une théologie des religions > Inter-religieux (1) La déclaration inaugurale du concile Vatican (...)

Inter-religieux (1) La déclaration inaugurale du concile Vatican II

mardi 3 juillet 2012, par Furanku


L’espace inter-religieux et ses enjeux dans la pensée catholique

> Le positionnement de Vatican II : le Magistère catholique<
Revenir avant Vatican II : les conservateurs
Dépasser Vatican II : les progressistes

Déclaration Nostra Aetate en japonais, anglais et français
Voir aussi : Une cartographie du dialogue interreligieux centrée sur l’Église


Introduction : malaise dans la foi

2§ A qui entre dans le dialogue inter-religieux honnêtement, en acceptant de s’exposer et d’exposer sa foi, il arrive qu’il éprouve un malaise, que la conscience claire qu’il avait de lui-même et des autres se trouble, que ce qu’il croyait bien délimité dans sa foi entre en résonance, que sa foi vibre. De fait, le dialogue inter-religieux entraîne des changements, des reconfigurations de la propre foi des interlocuteurs.

4§ Supposons que vous éprouviez ce trouble. Vous vous dites : « c’est curieux, il y a des choses assez belles, des choses nobles, séduisantes, dans les autres religions. Que devient ma foi là-dedans ? Dois je aller emprunter à d’autres religions pour trouver chez elles ce qui manquerait chez moi ? Et puis, je pensais que ma religion à moi est la seule vraie, et je le pense toujours, mais en même temps, je vois qu’il y a de la vérité, de la beauté, de la bonté dans les autres religions. Ma certitude naïve, comme quoi ma religion est la seule vraie, commence à vibrer, à entrer en résonance.

5§ Après vous être exposé aux autres religions, vous avez peut-être perdu vos évidences naïves. Osons une comparaison : votre situation serait analogue, toutes proportions gardées, avec celle de cet enfant qui est persuadé qu’il n’y a qu’une seule façon de parler, de dire le monde, celle de sa langue maternelle. Son évidence naïve est remise en question quand il découvre que le monde peut être dit dans d’autres langues que la sienne, avec une richesse d’expression pas moins grande et pourtant différente.

6§ Je voudrais qu’après avoir lu cet article, vous disposiez d’outils conceptuels pour vous aider à penser qu’il y a du vrai, du saint dans les autres religions, qu’il y a quelque chose chez eux qui vient de Dieu et que, d’une manière ou d’une autre, Dieu travaille à l’intérieur de la religion juive, de la religion musulmane, de la religion bouddhiste.

7§ Pour ce faire, je partirai de la position du Magistère catholique.

I. Préambule de Nostra Aetate : l’unité du genre humain

8§ Prenons la déclaration du concile Vatican II Nostra Aetate (N.A. en abrégé) : "sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes", promulguée en 1965. Ce document constitue la feuille de route qui va lancer le chantier du dialogue inter-religieux dans l’Église catholique à partir de 1965.

9§ Avant 1965, un discours apologétique traditionnel entendait démontrer que le christianisme était la seule vraie religion et que les autres religions n’étaient que des simulacres de la seule vraie religion. Les autres religions étaient présentées de manière biaisée, afin de montrer que la vérité se trouvait dans le christianisme seulement, et dans sa variante catholique – il existait aussi une apologétique contre les autres confessions.

10§ A partir de 1965, l’Église accepte d’envisager qu’il puisse se trouver du vrai, du bon, du saint dans les autres religions. Et ce mouvement part de la déclaration Nostra Aetate, une simple feuille recto-verso.

11§ Qu’est ce qui a fait que le Concile s’est penché sur les relations de l’Église avec les autres religions ? L’histoire a débuté petitement : le pape Jean XXIII demande au cardinal jésuite Béa de faire rédiger par le Concile un document portant sur les relations de l’Église avec le judaïsme ; puis, au cours des sessions successives de Vatican II, la portée du document va être élargie suite à l’intervention des évêques orientaux d’abord. Ils sont soucieux d’une interprétation inévitablement politique de ce document qui ne se veut pourtant que de portée religieuse ; par ailleurs, les évêques du Moyen Orient soulignent que les arabes chrétiens rencontrent surtout des musulmans et non des juifs : au Moyen Orient, l’Église doit surtout se pencher sur ses relations avec l’islam.

12§ Dans le même sens, l’archevêque Doï de Tokyo souligne que les relations de l’Église concernent surtout le bouddhisme ou le shintô au Japon. Suite à ces interventions, les pères de Vatican II vont élargir le document à toutes les religions. Nous pouvons comprendre maintenant pourquoi le cardinal Béa a comparé la déclaration Nostra Aetate à la graine de sénevé de la parabole évangélique.

13§ Étudions cette déclaration Nostra Aetate qui ouvre le chantier du dialogue inter-religieux – le mot « chantier » s’entendant aussi dans son acception péjorative ici.

14§ Le document commence par une affirmation de l’unité du genre humain, fondée non sur une vision anthropologique mais sur une vision théologique : dans un regard de foi, les pères conciliaires redisent la foi biblique comme quoi l’homme a été crée par Dieu et pour Dieu (la fin de l’homme c’est la communion de la vie partagée avec Dieu). L’humanité est une parce qu’elle a un même créateur et un même sauveur.

15§ Ensuite, toujours dans ce préambule, les pères conciliaires définissent la religion comme ce qui répond à des questions existentielles : l’homme, en tant qu’homme, se pose la question de son origine et de sa fin – question du sens – question qui habite le cœur de l’homme et qui l’angoisse :

Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, agitent profondément le cœur humain : Qu’est-ce que l’homme ? Quel est le sens et le but de la vie ? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché ? Quels sont l’origine et le but de la souffrance ? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur ? Qu’est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ? Qu’est-ce enfin que le mystère dernier et ineffable qui embrasse notre existence, d’où nous tirons notre origine et vers lequel nous tendons ? (N.A. n°1)

16§ Les pères conciliaires avaient apporté au préalable la réponse de la religion chrétienne à ces questions existentielles sinon transcendantales : notre origine est le Dieu créateur, notre fin le Dieu sauveur. Christ est l’alpha et l’omega de toutes choses. Dans la déclaration, la condition humaine est considérée dans une perspective théologique, elle est relue dans un regard de foi. Nous ne pouvions pas attendre autre chose des pères conciliaires.

II. La déclaration Nostra Aetate : une cartographie de l’espace religieux

17§ Le document propose ensuite une représentation spatiale que nous allons décliner ensemble.

Depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui, on trouve dans les différents peuples une certaine perception de cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou même d’un Père. Cette perception et cette reconnaissance pénètrent leur vie d’un profond sens religieux. (N.A. n°2)

18§ Depuis les temps les plus reculés, depuis l’origine de l’humanité, d’après la déclaration, il y aurait une religion rendant compte d’une intuition vague. Plutôt que de religion naturelle, il faudrait parler ici de religion traditionnelle, d’animisme. Quand l’homme est apparu sur la terre, il aurait eu l’idée d’une force cachée, d’un au-delà du monde visible, ce qui expliquerait les premières sépultures.

Quant aux religions liées au progrès de la culture, elles s’efforcent de répondre aux mêmes questions par des notions plus affinées et par un langage plus élaboré. Ainsi, dans l’hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l’expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance. Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l’insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront acquérir l’état de libération parfaite, soit atteindre l’illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d’en haut. (N.A. n°2)

19§ Les pères conciliaires partagent la vision d’une histoire progressive de l’humanité. Pour eux, les religions traditionnelles animistes témoignent de cultures moins avancées : on peut reconnaître dans cette attitude un cliché privilégiant un type de société fondé sur la centralisation politique et administrative, l’écriture, l’agriculture, le sédentarisme, par opposition à des sociétés de tradition orale, pratiquant le nomadisme et l’activité pastorale.
Depuis, l’ethnologie a montré que les sociétés dites « primitives » ont élaboré des systèmes symboliques sophistiqués et rigoureux qui n’ont rien de « primitif ».
Cela dit, on ne peut reprocher aux pères conciliaires de ne pas avoir connu Levi-Strauss, sauf à verser dans l’anachronisme.

20§ Les pères conciliaires choisissent de décrire l’hindouisme et le bouddhisme comme religions de cultures « plus avancées ». On reconnaîtra deux des voies de libération dans l’hindouisme, la bhakti marga (la voie de la « dévotion ») et la jnana marga (voie de la « connaissance »). Pour le bouddhisme, on peut reconnaître les voies de libération fondées sur son propre effort ou sur l’effort d’un autre (自力jiriki et 他力tariki en japonais) – notons ici que les pères conciliaires connaissent la bhakti bouddhiste, à la différence de la vulgate occidentale qui s’aveugle sur ce point, elle qui veut à toute force réduire le bouddhisme à une « philosophie ». Il est possible que les pères conciliaires aient bénéficié de l’expertise du père de Lubac sur ce point.

21§ Fait nouveau dans l’histoire des documents magistériels, ces deux religions sont décrites sans biais négatif, de manière neutre, au point qu’un bouddhiste ou un hindou pourrait souscrire à la présentation de leur religion dans la déclaration.

L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes. (N.A. n°2)

22§ Ce passage est souvent cité dans le cadre du dialogue inter-religieux en le sortant de son contexte – les RTA, les religions comme le bouddhisme et l’hindouisme – pour le généraliser à toutes les religions non-chrétiennes, ce que ne fait pas Nostra Aetate explicitement. Ce passage dit quelque chose de rarement entendu jusque là dans l’Église catholique [1] : on peut trouver de la vérité et de la sainteté dans le bouddhisme, dans l’hindouisme, dans les RTA. Or cette affirmation est lourde de conséquences si l’on se rappelle que pour un chrétien, la sainteté ne peut provenir que de Dieu. Cela veut dire que les autres religions bénéficient de la lumière divine, certes de manière partielle et incomplète – « de la sainteté », dit la phrase, elle ne dit pas « la sainteté » - mais cette lumière est quand même présente.

23§ Si les pères conciliaires témoignent d’une ouverture d’esprit généreuse envers les religions abordées jusqu’ici, ils n’en émettent pas moins un certain nombre de réserves :

  • l’adverbe « souvent » s’oppose à « toujours », autrement dit les autres religions ne disent pas toujours le vrai et le saint – mais inversement, « souvent » s’oppose aussi à « rarement » et à « jamais » [2] : attention à ne pas verser dans un excès ou l’autre, Nostra Aetate doit être lu dans un souci d’équilibre, sinon le lecteur risque de verser dans un esprit partisan qui lui fera voir dans le verre à moitié plein un verre soit vide soit plein, en tout cas autre chose que ce qu’il est réellement.
  • « un rayon de la lumière » et non pas « tous les rayons », et non pas « la lumière » : les pères conciliaires disent par là le caractère incomplet, partiel de ce qui rayonne dans les religions non chrétiennes.

24§ De fait, les pères conciliaires identifient dans leur foi chrétienne la vérité au Christ : « la vérité qui illumine tous les hommes » renvoie au prologue de l’évangile de Jean [3]. Dans la foi chrétienne, les autres religions rayonnent d’une lumière dont elles ignorent la source, à savoir le Christ : il est la lumière complète entièrement révélée dans le Verbe fait chair glorifié dans le prologue johannique.

25§ En prolongeant Nostra Aetate à partir de ce renvoi implicite à l’Évangile de Jean, nous faisons donc dire à Nostra Aetate que la totalité des rayons se trouve donc dans la personne du Christ, qui continue d’être présent dans son corps mystique qui est l’Église [4].

26§ Selon notre lecture, nous distinguons cette attitude en équilibre des pères conciliaires, à la fois d’accueil (chez vous, il y a du vrai et du saint), et de réserve (sachez que la totalité la plénitude de la vérité se trouve dans le Christ. Nostra Aatete dit bien : « dans le Christ », attention à ne pas lire « dans le christianisme ». en disant cela, nous voulons distinguer entre :

  • la personne du Christ toujours vivante toujours présente, qui continue d’actualiser ses effets salvifiques, et
  • le christianisme, dans lequel l’Église dit son expérience de la présence « christique » active dans les rites, dans les sacrements, les dogmes, à travers lesquelles l’Église exprime sa rencontre avec son époux.

27§ En disant son expérience christique dans ce que nous appelons le « christianisme » et qu’on peut tout aussi bien appeler la « tradition chrétienne », l’Église entend provoquer à nouveau l’expérience de Jésus Christ, personnellement et collectivement. Et quelle est cette expérience de Jésus-Christ ? sans doute, l’expérience qu’a fait Jésus durant toute sa vie, l’expérience de la communion à celui qu’il appelle son Père, et qui est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et dans laquelle il nous appelle à entrer lorsqu’il fait de nous ses frères.

Toutefois, elle [l’Église] annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes chose

28§ Jn 14, 6. Les pères conciliaires citent explicitement cette fois un autre passage de Jean, à savoir la première partie du verset 14, 6 : « Moi je suis le chemin, la vérité et la vie... ». Citons le en entier :

Jean 14,6 Jésus lui dit : « Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi.

29§ Une fois de plus, nous prolongeons Nostra Aetate en explicitant une référence biblique, et plus précisément évangélique. En conséquence, le musulman, l’hindou, le bouddhiste, l’animiste qui veulent aller au Père, devront passer, à un moment ou à un autre, par le Christ : cette affirmation est cohérente avec ce que nous avons dit, c’est-à-dire que la complétude de la vérité se trouve dans le Christ, ce qui signifie qu’ils doivent passer d’une manière ou d’une autre par le Christ, in fine.

30§ Cela ne signifie pas qu’ils doivent être inscrits dans les registres de baptême catholiques, cela signifie que l’absolu que nous appelons Dieu le Père se donne en Jésus Christ et uniquement en lui. Le rôle du chrétien c’est de dire :
« Ô mon frère bouddhiste, il y a du vrai, du saint dans ta religion. C’est à la lumière de ma foi au Christ sauveur que je reconnais ces éléments partiels de vie, et c’est encore dans ma foi, que je te disc’est en Jésus Christ que tu vas trouver la plénitude de ce que tu as commencé à découvrir »

Elle exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec les adeptes d’autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux. (note 2)

31§ Voilà donc une prise en charge possible du malaise de foi que j’évoquais dans l’introduction. Que dit Nostra Aetate au chrétien ? « Ne soyez pas troublé de trouver du vrai et du saint dans les autres religions, sachez que ces éléments viennent de notre Dieu et que leur sens ne sera entièrement révélé et développé dans toutes ses potentialités que lorsque les adeptes des autres religions feront l’expérience d’être rejoint(e) par le Christ ».
Au chrétien de travail pour reconnaître, développer les valeurs dans les autres religions. A la limite, en allant plus loin que la déclaration, on pourrait dire que le chrétien aide les autres religions à avancer sur le chemin de la vérité.

L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété.De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne (N.A. n°3)

32§ En abordant ensuite l’islam, les pères conciliaires passent à un autre type de religion, qui n’est plus lié au « progrès » des cultures mais à la foi en un « Dieu unique » : par rapport aux religions précédentes, l’islam relève du monothéisme qu’il partage avec le judaïsme et au christianisme. Les pères conciliaires relève les points communs de l’islam avec les deux autres monothéismes :

  • le Dieu unique « a parlé aux hommes », autrement dit, les hommes le connaissent par une révélation qui s’inscrit dans l’histoire (« a parlé » renvoie à un temps historique) ;
  • ce Dieu unique est le créateur du monde.
  • Les pères conciliaires renvoient aussi au patriarche Abraham, qui, d’après les musulmans, est le père des musulmans arabes – rappelons que tous les Arabes ne sont pas musulmans, contre un intégrisme intolérant. Les pères conciliaires ne le mentionnent pas, mais cette filiation passe par Ismaël, qui, d’après le Coran, a été le vrai fils de la promesse, le vrai fils offert en sacrifice à Dieu, à l’encontre de la Bible, qui, selon les musulmans, aurait été falsifiée sur ce point. En ne précisant pas ce point qui est fâcheux pour les hommes de la Bible, les pères conciliaires montrent qu’ils veulent d’abord mettre en lumière ce qui rassemble et non ce qui divise.

Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. (N.A. n°3)

33§ Les pères conciliaires pointent aussi des points qui peuvent rapprocher les chrétiens et les musulmans, à savoir l’estime des musulmans pour Jésus et pour Marie. Ici, les pères rappellent cependant que, pour les musulmans, même s’il a été conçu par Marie sans l’intervention d’un homme, Jésus ressort de l’ordre créé, il n’est pas Dieu : il y a là un donné de la foi musulmane qui n’est pas compatible avec la foi chrétienne.

De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne. (N.A. n°3)

34§ Nous retrouvons ici une autre caractéristique des trois monothéismes : le Dieu unique, créateur, est aussi le Dieu rétributeur qui jugera les hommes après les avoir ressuscités. Enfin, les pères conciliaires rappellent trois des « piliers » traditionnels de l’islam, à savoir la prière, l’aumône et le jeûne. A nouveau, Nostra Aetate nous semble proposer une présentation objective de l’islam, qu’un musulman pourrait accepter, de même qu’un hindou ou un bouddhiste avait pu accepter la présentation de sa religion.

Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté.

35§ Les pères conciliaires renvoient ici au passé belliqueux commun aux chrétiens et aux musulmans : croisades d’un côté, conquêtes du Maghreb et siège de Vienne de l’autre, violences légitimées à chaque fois par la référence à « Dieu » ou « Allah ». Actuellement, on éviterait d’écrire « oublier le passé », dans la mesure où il est communément admis qu’il faut d’abord faire mémoire du passé avant d’essayer de cicatriser les blessures : n’oublions pas que Nostra Aetate a été écrit dans les années 1960 et ne projetons pas notre façon de penser de manière anachronique.

36§ Plutôt que d’ « oublier le passé », j’aurais tendance à dire : « tournons la page ». Cela suppose d’acter qu’une page sans gloire, lourde de sang et de larmes a été écrite, dont on peut mutuellement se rejeter la faute, tels des enfants dans la cour de récréation ; cela suppose aussi la volonté de vivre malgré cela, de vouloir vivre et vivre ensemble sur cette terre. Il y a une décision à prendre chacun de son côté et ensemble : que voulons-nous ? Continuer comme avant dans la violence, le mépris - ou partir sur une base de respect mutuel pour construire un vivre-ensemble ? Pour les pères conciliaires, la première alternative est inacceptable car elle s’inscrit contre le projet de Dieu qui veut une humanité réconciliée, car dans le dessin divin, l’humanité est une et tous les hommes ont le même Père – tous les hommes sont donc frères.

Aparté sur le modèle à quatre niveaux du dialogue inter-religieux

37§ Les pères conciliaires proposent donc de pratiquer avec les musulmans ce que l’on appellera plus tard le niveau 2 du dialogue inter-religieux. J’ouvre ici un aparté sur les quatre niveaux de dialogue. Le Secrétariat pour les non-chrétiens, devenu en 1988 le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, a proposé en 1984 une modélisation du dialogue en quatre niveaux [5].

38§ Quand on parle de dialogue inter-religieux, on pense le plus souvent à une activité d’échange verbal sur nos croyances respectives, où le côté intellectuel, le niveau cognitif est privilégié : on argumente, on rend compte en raison de sa foi. Il s’agit ici du troisième niveau du modèle.

39§ Pour illustrer un autre niveau, je vous donnerai en exemple deux mères de famille, l’une musulmane et l’autre chrétienne, qui attendent leur enfant à la sortie de la crèche. A la porte de l’école maternelle se trouve affiché un panneau sur lequel il est écrit : « cas de coqueluche, prière de garder votre enfant à la maison ». Chacune des deux mères va lire et interpréter ce panneau à la lumière de sa foi propre. Mais toutes les deux éprouvent de l’inquiétude, toutes les deux se posent les mêmes questions. Elles vont en discuter ensemble : certes, elles partent de positions différentes, de perceptions informées par une foi différente, mais elles s’expriment sur les mêmes ressources, le même espace. Il s’agit là du premier niveau du dialogue, le « dialogue de la vie », la vie tout simplement.

40§ Les hommes peuvent aussi se rencontrer dans le refus de situations injustes, de traitements inacceptables infligés à telle ou telle catégorie d’êtres humains. Il s’agit ici du combat pour la justice et paix, pour ce qui fait grandir l’homme et contre ce qui le diminue. L’un est musulman, l’autre est chrétien, mais tous deux sont d’accord pour travailler sur quelque chose qui ressort du vivre ensemble, pour l’humain et contre l’inhumain. C’est là le deuxième niveau du dialogue : la rencontre inter-religieuse d’Assise se situait à ce niveau puisqu’il s’agissait alors de prier pour la paix. Rappelons que cette aspiration à la justice et à la paix repose sur un article de foi, sur une anthropologie théologique : l’humanité est une, dit la Bible, les hommes sont faits pour vivre en frères sur cette terre qui leur est confiée collectivement par celui que la Bible appelle Dieu.

41§ Il reste un quatrième et dernier niveau, celui de la vie spirituelle On trouve ce niveau par exemple lors des rencontres du Dialogue Inter-Monastiques (DIM), entre autres lorsques des moines bouddhistes et chrétiens s’invitent mutuellement. Ils échangent à partir de leur expérience de relation avec l’absolu. A ce niveau, la conceptualisation, la verbalisation viennent en second, c’est seulement ensuite que chacun qualifiera son expérience de prière ou de méditation.

42§ En parlant de « promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté » (N.A. n°3), les pères conciliaires se situent au deuxième niveau du dialogue. Notons ici que le dialogue de niveau 3 patine assez vite, les interlocuteurs se trouvant rapidement devant des impasses dues à des incompatibilités au niveau des postulats fondamentaux de chacun des systèmes religieux. Ainsi, pour un musulman, Dieu ne peut pas se donner dans un homme, et il n’est pas possible ni permis de dire que Jésus ressort de l’incréé.

43§ Comme c’est le cas dans les propositions de modèles, il convient de ne pas dresser des cloisons étanches entre les quatre niveaux de dialogue. Dans une rencontre inter-religieuse, on rencontrera toujours une combinaison de plusieurs niveaux, avec l’un d’entre eux qui peut prédominer. Ainsi, à Assise, les acteurs de la rencontre ont aussi vécu ensemble le jeûne, ils ont été ensemble pour « prier », ils ont eu froid ensemble, ils ont peut-être pleuré ensemble : le premier niveau, celui du dialogue de la vie, se trouvait donc conjoint avec le deuxième niveau, le dialogue pour la justice et la paix, pour l’humanisant et contre le déshumanisant.

III. Les relations avec le judaïsme

Scrutant le mystère de l’Église, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham. (N.A. n°4)

44§ Les pères conciliaires examinent maintenant les relations de l’Église avec la religion juive. ’Si l’on comprend bien l’expression « scrutant le mystère de l’Église », on s’aperçoit qu’ils opèrent à nouveau une rupture, qui est radicale. Il ne s’agit plus de passer à des religions dans des cultures plus avancées, il ne s’agit plus de passer à un régime monothéiste, il s’agit de « scruter le mystère de l’Église » : le regard ici change complètement, il n’est plus projeté vers l’extérieur, vers les religions traditionnelles animistes, ou plus proches encore, l’hindouisme et le bouddhisme, ou plus proches encore, la religion musulmane. Il s’agit d’un regard tourné vers soi, à l’intérieur de soi, et non plus à l’extérieur de soi : la rupture est énorme.

45§ Pour le dire autrement, quand l’Église se regarde elle-même, elle trouve en elle la Synagogue. Quand l’Église veut voir la synagogue, elle se regarde elle-même.

46§ On peut comprendre le malaise des juifs face à ce positionnement catholique. Ils peuvent y voir une « annexion », un « phagocytage » irrespectueux de leur identité propre.
Cela dit, les effets positifs de Nostra Aetate l’emportent sans doute sur cet aspect fort irritant au demeurant. Il faut se rappeler l’histoire de la diaspora juive dans la chrétienté médiévale, et quelle a été la qualité des relations entre les chrétiens et les juifs d’un même pays. Il convent d’écouter les juifs qui racontent l’histoire de leurs ancêtres en Europe, et ce qu’ils ont dû subir de vexations et d’injustices au Moyen-Âge, par exemple lorsque les prédicateurs du Vendredi saint tonnaient contre les juifs, décrits comme un peuple perfide et déicide, maudit de Dieu, etc... et les violences anti-juives qui s’ensuivaient à la sortie du prêche.

En outre, l’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs. (N.A. n°4)

47§ [Nous ne développons pas ici le passage décrivant les relations de l’Église avec la religion juive, et nous passons directement à la fin du n°4 de Nostra Aetate]. Comme pour les relations avec la religion musulmane (N.A. n°3), on retrouve ici une déploration d’un passé douloureux. Ici, il s’agit non plus des guerres dites « saintes », mais plutôt d’une Europe qui a pu nourrir la discrimination contre les juifs, l’ « antisémitisme ».

IV. Nostra Aetate - Contre la discrimination, pour l’unité

48§ Rappelons l’origine de la déclaration Nostra Aetate : le pape Jean XXIII avait commandé au cardinal Augustin Béa un document conciliaire rendant impossible toute justification du racisme antisémite à partir des Évangiles. Le propos en a été élargi au fil des sessions du concile Vatican II : nous avions vu que la déclaration finale Nostra Aetate va porter sur les relations de l’Église avec toutes les religions et non pas seulement la religion juive. Nous voyons maintenant qu’elle porte non seulement sur le refus de l’antisémitisme, mais aussi de toute discrimination de quelque ordre qu’elle soit, comme l’énonce clairement le passage suivant :

L’Église réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation dont sont victimes des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition ou de leur religion [6]. (N.A. n°5).

49§ Rappelons qu’en 1965, ces propos conciliaires ne sont pas anodins : en Afrique du Sud, l’Apartheid existait toujours, et les États-Unis pratiquaient la ségrégation. Nostra Aetate apparaît ici comme subordonnée à une réflexion sur la dignité humaine : parce que tous les hommes, en tout lieu et en tout temps, sont créés par Dieu et sauvés par lui, il n’est pas permis d’en discriminer une partie parmi eux.

« Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu. (…) Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent. (N.A. n°5) »

Conclusion

50§ La déclaration Nostra Aetate s’achève sur le refus de toute discrimination et sur le rappel de la fraternité humaine universelle, universalité fondée sur des arguments théologiques (Dieu créateur) et christologiques (Dieu sauveur). Considérant maintenant la dynamique d’ensemble du document, nous soutiendrons que la déclaration conciliaire Nostra Aetate, « sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes », est subordonnée à la seconde déclaration du même concile Vatican II, à savoir Dignitatis humanae promulguée le 7 décembre 1965 et intitulée en français « déclaration sur la liberté religieuse » [7].

51§ Nous nous appuyons sur deux arguments :

  • d’un point de vue historique, l’origine même de la déclaration se trouve dans le refus de l’antisémitisme, qui va à l’encontre du respect de la dignité humaine
  • d’un point de vue littéraire, le thème majeur de l’unité du genre humain encadre le développement sur les religions non-chrétiennes, puisqu’on le trouve dans l’introduction (N.A. n°1) et dans la conclusion (N.A. n°5).

52§ Si l’on veut bien situer le concile Vatican II dans l’histoire mondiale, notons qu’en 1948, l’Organisation des Nations Unies (ONU) avait fait signer la Déclaration des droits de l’homme (DDH). En 1965, 17 ans plus tard, l’Église catholique, a promulgué la déclaration Dignitatis Humanae en suivant ses motivations propres, qui sont christologiques et théologiques. Ce faisant, elle rejoint par ses voies propres, la DDH de l’ONU.

53§ Arrivés au terme de la déclaration Nostra Aetate du concile Vatican II, nous disposons maintenant de la cartographie complète de l’espace religieux définie par le magistère romain universel :

  • dans cette cartographie, les religions figurent dans le même plan que l’Église ;
  • l’Église est située au centre,
  • les autres religions y figurent de manière ordonnée à ce centre, au Christ et à son Église.

54§ Nostra Aetate ne peut donc pas être accusée de relativisme ni d’indifférentisme : l’espace religieux est structuré, cet espace a un centre de gravité autour duquel les autres religions s’ordonnent. Il s’agit bien d’un document magistériel animé par une foi christocentrée, ecclésiocentrée. En citant en partie le verset johannique 14,6 (cf. supra), les pères conciliaires ont rappelé que le Christ est « LE chemin, LA vérité et LA vie [nous soulignons] ».

55§ On peut ne pas être d’accord avec eux, on peut ne pas recevoir ce postulat de foi, mais on ne peut pas leur reprocher de partir de ce qu’ils croient. Nostra Aetate constitue de fait un acte de foi en Jésus-Christ et en sa puissance de salut, à la fois unique et universelle.

56§ Et l’on doit reconnaître le courage des pères conciliaires qui ont dit quelque chose de neuf : avant Vatican II, la cartographie de l’espace religieux était verticale : en haut se trouvait la seule vraie religion, la religion catholique – et non la religion chrétienne - ; en dessous, se trouvait un tohu-bohu, un magma indifférencié constitué par les « fausses religions », les simulacres de religion [8].

57§ Après Vatican II, l’Église catholique fait figurer les autres religions sur le même plan qu’elle, autrement dit dans le même espace de salut voulu par Dieu. Cela dit, les pères conciliaires ordonnent les autres religions à l’Église (avec les frères séparés des autres confessions chrétiennes et au centre du centre, l’Église catholique) et au Christ, car, selon les pères conciliaires, la fin des aspirations religieuses humaines se trouve en Christ dans son Église, la fin s’entendant ici comme accomplissement temporel et spatial.

58§ Certains critiqueront la déclaration conciliaire en considérant qu’elle va trop loin, qu’elle sort de la tradition de foi : ils voudront revenir au modèle cartographique vertical dont nous parlions précédemment. D’autres, au contraire, voudront aller plus loin : ils considéreront que le modèle cartographique horizontal ecclésio- et christo-centré ne constituait qu’une étape qu’il faut dépasser car ce modèle subordonne plus qu’il n’ordonne les autres religions au christianisme, d’après eux en tout cas.
Selon notre analyse, les papes successifs, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI vont, eux, s’efforcer de mettre en œuvre la feuille programmatique de Nostra Aetate, en restant fidèles à l’esprit de Vatican II et en évitant les deux extrêmes pré-cités ("trop loin", "pas assez loin" pour faire formule).


© esperer-isshoni, juillet 2012

Notes

[1] nous ne nous prononçons pas pour les autres confessions, par manque de connaissance

[2] Noter le ton plus pessimiste de la constitution dogmatique «  Lumen gentium », promulguée le 21 novembre 1964, un avant Nostra Aetate.

En effet, tout ce que l’on trouve chez eux de bon et de vrai, l’Église le considère comme un terrain propice [praeparatio evangelica en latin] à l’Évangile et un don de Celui qui éclaire tout homme, pour qu’il obtienne finalement la vie.

Mais bien souvent les hommes, trompés par le Malin, se sont abandonnés à la vanité de leurs pensées et ont échangé la vérité divine pour le mensonge, en servant la créature à la place du Créateur (cf. Rom. 1, 21 et 25).

[3] Jean 1,9-13 dans la traduction œcuménique de la Bible (TOB) :

9 Le Verbe était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme. 10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. 11 Il est venu dans son propre bien, et les siens ne l’ont pas accueilli. 12 Mais à ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. 13 Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.

[4] nous avons dit « le Christ », nous n’avons pas dit « le christianisme », nous avons dit « l’Église », nous n’avons pas dit « l’institution ecclésiastique romaine » : non pas qu’il faille dissocier ces réalités, il faut les conjoindre ; inversement, il ne faut pas non plus identifier simplement ces réalités – il faut les distinguer pour les unir. Là encore, nous retrouvons cet exercice de balance d’équilibre délicat

[5] pour les dates, voir http://www.esperer-isshoni.fr/spip.....

Les quatre niveaux de dialogue apparaissent pour la première fois dans le document L’attitude de l’Eglise devant les croyants des autres religions - réflexions et orientations concernant le dialogue et la mission du Secrétariat pour les non-chrétiens, lors de son 20° anniversaire en 1984. Voir la note de bas de page n°7 dans l’article « Le Magistère et le dialogue inter-religieux : quel chemin depuis le Concile ?"

[6] Les pères conciliaires ne mentionnaient pas encore la discrimination sexiste, dont on a plus pris conscience entretemps

[7] Rappelons que le cardinal Béa a été le promoteur des deux déclarations

[8] position qu’on peut retrouver au XXe siècle par exemple chez Karl Barth me semble-t-il


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette