Confucianisme – chronologie
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Table des matières
- De -Ve siècle au +XIe siècle : Le message de Confucius : une éthique socio-polique fondée sur le jen 仁
- Du XIe siècle au XIXe siècle : néo confucianisme, appelé en Chine « l’école du Tao » 道学 ou encore 理學, "école du principe"
De -Ve siècle au +XIe siècle : Le message de Confucius : une éthique socio-polique fondée sur le jen 仁
| Vers -1046 -256 av. JC | dynastie Zhou fondée par Wen Wang 周文王 Zhōu Wén Wáng, littéralement « roi Wen de Zhou ». La dynastie Zhou succédait à la dynastie Shang 商 (1570 – 1045), qui succédait elle-même à la dynaste Xia 夏 (2070-1570) fondée par le roi légendaire Yu 禹.
Confucius fait référence aussi à deux grandes figures encore plus loin dans le temps, les rois Yáo (堯/尧) (-2357/-2255) et Shùn (舜) (-2255/-2205) |
| 541 - 479 | Confucius naît près de Qufu 曲阜 dans le Shandong 山東, pendant la période de - 722-481 dite printemps et automnes 春秋时代. Son nom de courtoisie est Zhongni 仲尼 ; nom réel : Kông Qiu 孔丘 . Fuzi 夫子 honorifique |
| -450 -221 av. JC | période dite des « royaumes combattants ». Deux grands disciples apparaissent à cette époque, qui s’opposent : Mencius 孟子(-372 -289) face à Xunzi 荀子(-312-230 avant notre ère). |
| -221 à -206 | dynastie Qin (秦 ) avec la décision du premier empereur, Qin Shi Huangdi 秦始皇帝 d’éliminer les écoles de lettrés, dont celle fondée par Confucius : « brûler les livres, enterrer [vivants] les lettrés » 焚書坑儒 fenshu kengru, mot d’ordre qui sera repris plus tard par Mao Zedong 毛澤東 |
| -206 +221 | dynastie des Han 漢, qui promeuvent l’école des lettrés de Confucius aux dépens des autres écoles, en particulier sous le septième empereur Han Wudi 武帝 (règne de -140 à -87 avant J.C.), avec le conseil du lettré Dong Zhongshu (env. 195-115). |
| 58 ap. J.C. | Un culte impérial est dédié à Confucius. Les cinq écrits ayant survécu au brûlement de -213 av. J.C. deviennent canoniques et sont désormais appelés les « Cinq Classiques » (五經 wǔ jīng) [1]. L’examen impérial 科舉 de recrutement des hauts fonctionnaires porte sur ces cinq classiques ; il est mis en place à partir du deuxième siècle de l’ère chrétienne (ou en 605 sous les Sui ?) |
| 604 | Au Japon, le prince régent Shôtoku (573-621) fait proclamer une Constitution en 17 articles, inspiré entre autres du confucianisme |
| 819 | le lettré confucéen Han Yu 韓愈 (768-824), écrira une pétition demandant à l’empereur de ne pas accueillir une relique du Bouddha Sakyamuni, au motif que le bouddhisme est une « voie de barbare » [2] |
| 918-943 | En Corée, règne du premier roi Wang Kôn de la dynastie Koryô (918-1392). Dans les "10 injonctions", il demande à ses descendants de gouverner à l’aide du bouddhisme pour le spirituel, de la géomancie pour la divination, et du confucianisme pour le gouvernement social et politique |
| 1017-1073 | Sous les Song (960-1279) 宋朝, Zhou Dunyi 周敦頤 (1017–1073) donne une place centrale au taiji 太極, le "faîte suprême". Selon Zhu Xi (1130-1200), il est à l’origine de la refondation du confucianisme dans l’"école des Song" (le "néo-confucianisme") ; il est le premier des cinq maîtres de cette école, toujours selon Zhu Xi |
| 1056 | Zhang Zai 張載 (1020-1077) écrit sa théorie des changements 易说. Un des 5 maîtres du néo-confucianisme. |
XIe siècle au XIXe siècle : néo confucianisme, appelé en Chine « l’école du Tao » 道学 ou encore 理學, "école du principe"
[3]
Métaphysique fondée sur le ri 理, la raison des choses
| 1033-1108 | Cheng Yi 程颐 [4] privilégie le Mencius et la Grande Étude pour développer la doctrine de l’intégration des choses et l’ajustement de l’esprit. Il écrit : "Le Ciel est le li" 天者理也. Avec son frère Cheng Hào 程顥 (1032-1085) , il fait partie des 5 maîtres du néo-confucianisme. |
| 1162 | Mémoire de Zhu Xi 朱熹 (1130-1200) [5] adressé à l’empereur : privilégier l’intégration des choses. Zhu Xi est le cinquième maître du néo-confucianisme. |
| 1179 | après 20 ans d’absence, retour de Zhu Xi à la vie publique comme préfet 知事 de Nan kang 南康軍 ; il restaure l’Académie du cerf blanc 白鹿洞書院 |
| 1175 | Lu Jiuyuan 陸九淵 (1139-1192)1 s’oppose à Zhu Xi ; les deux adversaires débattent au Monastère du lac de l’oie dans la province du Kiangsi. [6] |
| 1190 | Zhu Xi publie la collection qu’il appelle les "quatre livres" (四書 Sìshū) [7] |
| 1241 | La tablette au nom de Zhu Xi est placée dans le temple de Confucius |
| 1313 | Les "Quatre livres" s’ajoutent aux "Cinq classiques" au programme de l’examen impérial à partir de 1313 jusqu’en 1912 (ou 1905 ?). L’interprétation des Quatre livres de Zhu Xi devient normative.
Son enseignement orthodoxe sera connu au Japon sous le nom de Shishigaku 朱子学, "école de Zhu Xi", et en Corée sous le nom de Jujahak (주자학) |
| 1279 | chute de la dynastie Song du Sud (1127-1279) au profit de la dynastie mongole Yûan 元朝 (1271-1368) |
| 1368-1644 | dynastie Ming 明朝 |
| 1518 | Wang Yangming (王陽明) 1472–1529 [8] publie "Questions sur la Grande Étude" 大學問 où il critique l’interprétation qu’en a fait Zhu Xi, en particulier sur son découpage. Il inspirera Liang Shumin 梁漱溟 au XXe siècle |
XXe siècle : du dénigrement à la réhabilitation : le nouveau confucianisme
| 1839–1842 | Première guerre de l’opium, où le Royaume Uni défait la Chine des Qing : celle-ci doit signer le Traité de Nankin, le premier des "traités inégaux" |
| 8/7/1853 | Le Commodore Matthew Perry arrive à Edo (Japon) avec quatre bateaux de guerre, les 黒船 kurofune, les « bateaux noirs ». Il vient « ouvrir » le Japon au commerce international : diplomatie dite « de la canonnière » |
| 31/3/1854 | Le Commodore Perry de retour au Japon fait signer un Traité de paix et d’amitié au quinzième et dernier Shôgun 将軍, Tokugawa Yoshinobu 徳川 慶喜 |
| 1856–1860 | Seconde guerre de l’opium, où le Royaume Uni et la France [9] défont la Chine des Qing : celle-ci doit signer la convention de Pékin, qui garantit entre autres, la liberté religieuse et la légalisation du commerce de l’opium (rapprochement malheureux - NDLR) |
| 1858 | le Japon doit signer des « traités inégaux » avec les États-Unis, la Grande Bretagne, la Russie, les Pays bas et la France : entre autres, le Japon doit ouvrir les ports de Edo (le futur Tôkyô), Kobe, Nagasaki, Niigata et Yokohama ; les résidents étrangers ne sont pas soumis aux lois du Japon ; les taxes d’import export échappent au contrôle du gouvernement japonais. |
| 1868-1912 | Ere Meiji 明治 de modernisation du Japon : social reengineering à l’échelle d’un pays |
| 1894-1895 | guerre sino-japonaise dont le Japon des Meiji sort victorieux |
| 1905 | abolition du système d’examens impériaux |
| 1911 | La dynastie Qing 清朝 (1644-1911) est renversée au profit de la république du docteur Sun Yat sen (1866-1925) |
| 1919 | Dans le Traité de Versailles, l’article 156 qui remet le Shandong, lieu de naissance de Confucius, au Japon |
| 4 mai 1919 | "mouvement du 4 mai" 五四運動 Wǔsì Yùndòng, protestation contre la "boutique de Confucius" et l’impérialisme, emmenée entre autres par Hu Shi 胡適 (1891-1962) : "renverser la boutique confucéenne" 打孔傢店 dǎ kǒng jiā diàn |
| 1921 | Liáng Shùmíng 梁漱溟 (1893-1988) publie « Les cultures orientales et occidentales et leurs philosophies » 《東西文化及其哲學》 |
| 1920 | Feng Youlan 馮友蘭 – simplifié : 冯友兰 (1895-1990) arrive à l’université de Columbia, après avoir étudié la philosophie à l’université de Pékin. Il a comme maître le philosophe pragmatiste John Dewey |
| 1923 | Feng obtient son PhD à Columbia |
| 1934 | Feng publie « L’histoire de la philosophie chinoise » 《中國哲學史》 en deux tomes |
| 1937 (ou 1939 ?) | Feng publie Xin Lixue 《新理學》 ("nouvelle école du Li") |
| 1942 (ou 1943 ?) | Feng publie « Le nouveau traité sur l’homme » 《新原人》 |
| 1966 – 1976 | grande révolution culturelle : 文化大革命 wénhuà dàgémìng |
| 1974 | Publication à Taipeh 臺北市 de conférences de Mou Zongsan 牟宗三 (1909-1995) sous le titre "Caractéristiques de la philosophie chinoise" 中國哲學的特質 |
| 1984 | Création à Qufu de l’ "Association - Fondation Confucius" 孔子基金會 Kǒngzǐ jījīnhuì |
| 1992 | Deng Xiaoping cite le Singapour de Lee Kwan Yew comme modèle |
© esperer-isshoni.fr, avril 2012
[1] Les cinq classiques :
- Le Canon des Poèmes (詩經 Shī Jīng).
- Le Canon de l’Histoire (書經 Shū Jīng). Histoire des rois depuis Yao et Shun jusqu’aux Zhou
- Le Livre des Mutations ou Yi King (易經 Yì Jīng)
- Le Livre des Rites (禮記 Lǐ Jì)
- Les Annales des Printemps et des Automnes (春秋 Chūn Qiū, alias 麟經 Lín Jīng) : chronique des 12 princes de Lu (-772 -481) : événements politiques militaires, naturels (éclipses, inondations, tremblements de terre).
Un sixième classique a été perdu : Le Canon de la Musique (樂經).
[2] dans son essai intitulé « le Tao originel » 原道 yuán dào , il revendiquera pour l’école des lettrés le titre de « voie », en le refusant au taoïsme et au bouddhisme
[3] ou école de la nature et du principe xingli xue 性理學
[4] nom de courtoisie Zhengshu (正叔)
[5] Shuki (jap), nom de courtoisie 元晦 Yuán Hui
[6] Pour Lu, « le cœur/mental est le principe » 心即是理. Il fonde l’école de l’esprit universel xin xue 心學, qui sera oubliée pendant presque trois siècles avant de renaître avec Wang Shouren, dit aussi Wang Yangming, d’où le nom de l’école dite « enseignement du cœur/mental par Lu et Wang » Lu Wang xin xue 陆王心学
[7] Les quatre livres :
- Les Entretiens / Analectes de Confucius (論語,论语, Lúnyǔ), compilation des paroles de Confucius rassemblées par ses disciples,
- le Mencius (孟子 Mèngzǐ), un livre d’entretiens entre Mencius et des rois de son époque,
- la Grande Étude (大學, 大学, Dàxué), correspondant au nom d’un chapitre du Livre des Rites
- et l’Invariable Milieu (中庸 Zhōngyōng), qu’on pourrait traduire aussi par la Voie médiane , le nom d’un autre chapitre du Livre des Rites.
Cf. Wikipedia
[8] Ôyômei (jap) surnom de Wang Shouren (Wáng Shǒurén 王守仁), nom de courtoisie Bo’an (伯安)
[9] La France se joint au Royaume Uni après qu’un missionnaire français des Missions Étrangères de Paris, Auguste Chapdelaine (Ma Lai 馬賴) (1814 - 1856) ait été exécuté en Chine : prétexte, diront des historiens
