Les Actes des Apôtres - considérations inspirées par les chapitres 8 à 12
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Voir aussi :
| Considérations inspirées par | les chapitres 1 à 2 | les chapitres 3 à 7 | les chapitres 8 à 12 | les chapitres 13 à 20 | les chapitres 21 à 27 |
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Table des matières
- Préambule
- 1. Des frontières qui se déplacent
- 2. Articuler structure hiérarchique et communion
- 3. La résistance à l’ouverture aux païens
- 4. L’action divine pour dépasser les résistances
- 5. Il n’y a plus de miracles aujourd’hui ?
Préambule
1§ Notre découpage des ACTES DES APÔTRES suit le déploiement géographique de l’annonce de l’Évangile : la Bonne Nouvelle du salut en Jésus Christ – le « kérygme » - commence à être prêchée dans la ville sainte de Jérusalem ; suite à l’évènement déclencheur de la lapidation du premier martyr, le diacre hellène au prénom grec Étienne, la Bonne Nouvelle rayonne à partir d’Antioche avant d’atteindre Rome, la capitale de l’Empire païen romain.
Le résumé des chapitres 8, 9, 10, 11 et 12
| Chap. 8 (40 v.) | Persécution de l’Église de Jérusalem avec dispersion en Judée et Samarie. « Actes de Philippe » en Samarie qui baptise une foule de Samaritains : affaire du magicien Simon baptisé qui veut acheter le don de l’Esprit saint ; affaire de l’eunuque éthiopien qui revient de pèlerinage de Jérusalem ; Philippe s’établit à Césarée. Pierre et Jean sont envoyés par les apôtres de Jérusalem pour que les Samaritains reçoivent l’Esprit saint. |
| Chap. 9 (43 v.) | Conversion de Saul sur le chemin de Damas. Il recouvre la vue grâce à Ananias et est baptisé à Damas. Annonce de la future « passion de Saul » à Ananias. Prédication de Saul dans les synagogues, qui confond les juifs de Damas. Menacé de mort, il est exfiltré. Saul arrive à Jérusalem où Barnabé l’introduit dans l’֤Église Saul parle au nom de Jésus avec assurance. Là encore, il est menacé par les « hellénistes » et doit fuir à Tarse en passant par Césarée. Pierre, itinérant, guérit Enée à Lydda et ressuscite Tabitha à Joppé après avoir été appelé par deux hommes. Il reste à Joppé. |
| Chap. 10 (48 v.) | Visions croisées de Corneille le centurion à Césarée et de Pierre à Joppé. Pierre reçoit la vision de la nappe attachée aux quatre coins et comprend qu’il peut entrer en contact avec un non-juif, les catégories de l’impur en matière de nourriture étant dépassées. À Césarée, il expose les évènements à Corneille quand survient une « Pentecôte des païens » dans la maison, à la stupeur des juifs chrétiens – « croyants circoncis » étonnés de voir se répandre le don de l’Esprit saint aussi sur les nations païennes. Rien n’empêche Pierre de baptiser ensuite dans l’eau Corneille et sa maison. |
| Chap. 11 (30 v.) | Pierre raconte sa vision à Joppé et son voyage à Césarée de retour à Jérusalem, pour se justifier devant les juifs chrétiens d’avoir fréquenté des païens et d’avoir mangé à leur table. À Antioche, des chrétiens issus de la dispersion suite à la mort d’Etienne évangélisent les « Grecs » [1]. Réaction de l’Église de Jérusalem à nouveau [2] qui envoie Barnabé. Celui-ci va chercher Saul à Tarse pour l’aider à Antioche. Le nom de « chrétiens » est donné pour la première fois à Antioche. Barnabas et Saul montent à Jérusalem avec des dons pour les « frères de Judée » confrontés à une famine « mondiale ». |
| Chap. 12 (25 v.) | Hérode Agrippa I, neveu d’Hérode Antipas, fait exécuter Jacques, le frère de Jean. Pierre arrêté, est libéré miraculeusement. Il part « pour une autre destination ». Hérode meurt. Barnabas et Saul reviennent à Antioche à la fin de leur diaconie. Jean, appelé Marc, les accompagne. |
1. Des frontières qui se déplacent
2§ Je conseille de lire les Actes avec une carte sous les yeux. Les chapitres 8 à 12 consacrent la montée en puissance des juifs de la diaspora, les « hellénistes’ », devenus chrétiens. La persécution des juifs chrétiens à Jérusalem – exceptés les apôtres -, provoque la dispersion d’une partie d’entre eux qui porteront la Bonne Nouvelle en Samarie (Lidda , Joppée, Césarée ) et aussi en terre païenne (Antioche).
3§ La géographie est importante : les Actes nous montrent des frontières qui se déplacent, géographiquement et socialement.
Géographiquement, le message évangélique se répand de la Judée (avec Jérusalem comme centre) à la Samarie (avec Césarée comme centre), puis dans le monde païen autour d’Antioche .
4§ Socialement, les Actes déplacent le centre d’intérêt de Jérusalem à Antioche, avec Barnabé et Paul, deux juifs chrétiens « hellénistes » Barnabé vient de Chypre, et Saul de Tarse, deux villes voisines d’Antioche appartenant au monde païen - occupant désormais le devant de la scène.
5§ L’ « apôtre historique », Pierre, après avoir été mis en valeur pendant l’évangélisation des Samaritains et surtout lors de la « Pentecôte des païens » avec le centurion Corneille, s’éclipse « pour une destination indéterminée » nous disent les Actes de manière étonnamment imprécise [3].
L’annonce en Samarie
6§ L’annonce de l’Évangile en Samarie semble le fait de l’un des sept diacres lui aussi porteur d’un prénom grec, Philippe, qui s’établit à Césarée. Il aura baptisé entre temps un eunuque éthiopien revenant de pèlerinage à Jérusalem ; à Césarée, Phillpe convertit une foule de Samaritains qui reçoivent le baptême d’eau.
7§ Pour mémoire, les Samaritains reçoivent le Pentateuque comme seul texte sacré. Ils sont considérés par les juifs de l’époque comme des proches cousins, bien qu’ « abâtardis » par la promiscuité avec les païens depuis la destruction du Royaume du Nord (le Royaume d’Israël, par opposition au Royaume de Juda au sud) par l’Assyrie en 720.
L’annonce à Antioche
8§ L’Évangile est donc annoncé en Samarie à une population apparentée aux juifs. Il n’en va pas de même à Antioche où l’Évangile est annoncé à des « Grecs » [4]. Les Actes rapportent que les disciples du Christ sont désignés pour la première fois comme des « chrétiens » - des « onctionnistes » si l’on voulait traduire le grec littéralement- à Antioche.
9§ Le geste des missionnaires anonymes d’Antioche fait sortir le message chrétien du cercle du judaïsme. L’Église de Jérusalem, alertée, dépêche Barnabé qui reconnaît le travail effectué par les missionnaires et s’adjoint Saul – pas encore appelé Paul à ce stade – pour consolider la première Église constituée de juifs mais aussi de non-juifs en dehors du territoire de Judée et de Samarie.
2. Articuler structure hiérarchique et communion
10§ Les Actes présentent l’Église de Jérusalem comme l’autorité de référence du mouvement chrétien.
11§ C’est elle qui avalise l’activité missionnaire en Samarie : le diacre Philippe baptise dans l’eau à Césarée, mais les Samaritains ne recevront l’Esprit Saint qu’à l’arrivée des émissaires de l’Église de Jérusalem avec Pierre à leur tête.
C’est encore elle qui dépêchera Barnabé à Antioche : celui-ci avalisera l’activité des évangélisateurs anonymes d’Antioche et il la continuera avec l’aide de Saul appelé de Tarse.
12§ L’Église de Jérusalem exerce apparemment une activité de contrôle sur le mouvement chrétien et sur les initiatives missionnaires à l’extérieur de la Judée en particulier : Pierre lui-même devra répondre devant elle du baptême du centurion Corneille à Césarée.
13§ On notera que l’Église de Jérusalem réagit a posteriori à des évènements dont elle n’est pas à l’origine : Philippe a évangélisé la Samarie motu proprio, de son propre chef ; il en va de même des évangélisateurs à Antioche. Pierre a pris l’initiative de baptiser Corneille suite à sa vision et à la « Pentecôte » survenue dans la maison de ce dernier, mettant l’Église devant le fait accompli : il aura à se justifier devant elle.
14§ On notera aussi que si l’Église de Jérusalem est surprise par les évènements, elle sait y reconnaître l’action de l’Esprit saint et elle l’accompagne et la prolonge ensuite : Pierre impose les mains aux Samaritains de Césarée, Barnabé, détaché à l’Église d’Antioche, continue l’activité missionnaire à Antioche, en s’adjoignant l’aide de Saul.
15§ Le mouvement chrétien comporte trois pôles liés à trois villes, Jérusalem en Judée, Césarée en Samarie et Antioche. Jérusalem joue le rôle de pôle central avec Césarée et Antioche sous sa juridiction. La solidarité entre les trois pôles s’exprime aussi dans le domaine économique, comme le montre la collecte organisée au profit de l’Église de Jérusalem.
3. La résistance à l’ouverture aux païens
16§ L’annonce aux Samaritains d’abord, aux « Grecs » ensuite était audacieuse, et elle a rencontré des résistances de la part des premiers juifs chrétiens. Ces résistances ont été surmontées par l’action divine qui amène les juifs chrétiens de Judée à revoir leur conception du salut.
17§ Cette résistance se fait entendre indirectement dans le propos de l’eunuque éthopien : « Voici de l’eau. Qu’est-ce qui empêche que je reçoive le baptême ? » [5] ou de Pierre : « « Quelqu’un pourrait-il empêcher de baptiser par l’eau ces gens qui, tout comme nous, ont reçu l’Esprit Saint ? » [6].
18§ Cette résistance se manifeste ouvertement quand Pierre revient à Jérusalem après avoir baptisé le centurion Corneille.
Les apôtres et les frères établis en Judée avaient entendu dire que les nations païennes, à leur tour, venaient de recevoir la parole de Dieu.
Lorsque Pierre remonta à Jérusalem, les circoncis eurent des discussions avec lui : « Tu es entré, disaient-ils, chez des incirconcis notoires et tu as mangé avec eux ! » [7]
19§ Pierre racontera sa vision de la nappe descendue du ciel pour se justifier, en concluant :
« Si Dieu a fait à ces gens le même don gracieux qu’à nous autres pour avoir cru au Seigneur Jésus Christ, étais-je quelqu’un, moi, qui pouvait empêcher Dieu d’agir ? » [8]
20§ Les juifs chrétiens de Judée n’avaient pas prévu cette extension de la portée de la Bonne Nouvelle, comme le montre leur surprise après la « pentecôte des païens » chez Corneille :
Ce fut de la stupeur parmi les croyants circoncis qui avaient accompagné Pierre : ainsi, jusque sur les nations païennes, le don de l’Esprit Saint était maintenant répandu ! [9]
Ou encore, après que Pierre se soit justifié :
Voilà que Dieu a donné aussi aux nations païennes la conversion qui mène à la vie ! » [10]
21§ D’où vient cette surprise ? sans doute de la remise en question d’une élection entendue dans un sens ethnocentré. La Bible affirme l’élection divine du peuple d’Israël :
- Dieu a élu le peuple d’Israël pour être un peuple qui lui soit consacré, un peuple à part des autres peuples ; le peuple juif a reçu l’élection à travers ses patriarches Abraham, Isaac et Jacob appelé aussi Israël, il a reçu le contrat d’alliance avec Dieu au mont Sinaï avec la Torah et ses lois de séparation entre pur et impur, et il habite la Terre promise par Dieu ;
- les autres nations ignorent la Loi divine, elles ne connaissent pas le seul vrai Dieu, elles se rendent impures et donc incapables de lui plaire en mangeant des aliments impurs et en ayant des comportements sexuels dénoncés par la Loi.
22§ Le problème réside dans l’interprétation de cette élection :
- s’agit-il d’une élection de la nation juive inclusive : le peuple juif reçoit la révélation du Dieu unique pour amener les autres nations à se convertir à la révélation monothéiste et entrer dans le Royaume de Dieu elles aussi ?
- Ou bien s’agit-il d’une élection exclusive : seule la nation juive est appelée à avoir part au Royaume céleste et entre temps, elle doit se préserver des nations païennes ?
23§ L’élection inclusive semble avoir été le cadre d’interprétation du salut apporté par le Christ dans la primitive Église, mais celle-ci s’est retrouvée devant deux options :
- les autres nations changent pour devenir des nations juives, et l’on reste dans l’ordre du judaïsme ;
- la nation juive change elle aussi, pour former ensemble avec les autres nations autre chose qui n’est ni le judaïsme ni le polythéisme.
Ce dilemme explique les tensions à l’intérieur de l’Église primitive.
4. L’action divine pour dépasser les résistances
24§ Qui pourra lever les prescriptions de la Torah, qui pourra abolir la distinction entre pur et impur dans la Loi reçue par Moïse ?
Qui sinon celui-là même qui a donné la Torah, le Législateur, Dieu. Seule l’autorité divine pouvait justifier la remise en question des lois de l’impureté et leur conséquence, le caractère « infréquentable » des nations avec lesquelles on ne pouvait ni manger ni se marier.
25§ Seul Dieu pouvait surmonter les résistances des juifs chrétiens de l’Église primitive, à commencer par Pierre. La voix qui accompagne la descente de la nappe devra s’y reprendre à trois fois pour convaincre de Pierre de manger des animaux impurs, autrement dit de dépasser les prescriptions de pureté alimentaire de la Torah [11].
5. Il n’y a plus de miracles aujourd’hui ?
26§ On peut s’étonner du contraste entre l’effervescence de l’Église primitive et l’atonie de l’Église actuelle en Europe : où est la ferveur des débuts, où sont les conversions en foule ? où sont les miracles des missionnaires actuels ?
Voilà les questions qu’un chrétien catholique européen peut se poser en gémissant tel le poète Alfred de Musset (1810-1857) :
Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux [12]
27§ Sans doute la foi chrétienne s’est-elle globalement attiédie dans une Europe dont la première évangélisation a presque deux mille ans. L’homme européen pense avoir fait le tour de la question, il croit connaître Jésus et savoir ce qu’est la religion chrétienne. Il ressemble beaucoup aux habitants de Nazareth du temps de Jésus :
Jésus partit de là. Il vient dans sa patrie et ses disciples le suivent. 2 Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue.
Frappés d’étonnement, de nombreux auditeurs disaient : « D’où cela lui vient-il ? Et quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, si bien que même des miracles se font par ses mains ? 3 N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie et le frère de Jacques, de Josès, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici, chez nous ? » Et il était pour eux une occasion de chute.
4 Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents et dans sa maison. »
5 Et il ne pouvait faire là aucun miracle ; pourtant il guérit quelques malades en leur imposant les mains. [13]
28§ L’usure du temps est passée par là, et sans doute aussi le désenchantement du monde provoqué par la critique de la modernité : les phénomènes du monde s’expliquent par eux-mêmes, sans qu’il soit besoin de faire appel à des esprits immatériels ou des forces d’un autre monde dont on peut finalement se passer.
29§ Le croyant chrétien européen pourra regretter un passé idéalisé qui de toute façon ne reviendra pas. Autant en faire le deuil et répondre à la critique moderne qui habite aussi le croyant, qu’il le veuille ou non.
n30§ Oui, on peut expliquer les évènements merveilleux de la Bible par l’histoire, la sociologie, la psychologie, mais non, rien n’interdit qu’une réalité relevant d’un autre plan s’exprime dans, à travers et sous les récits bibliques.
31§ Le psychologue rendra compte de traits de personnalité d’un saint par des phénomènes psychologiques : névrose pour Thérèse de Lisieux, anorexie pour Catherine de Sienne, épilepsie de Paul. Le psychologue s’arrêtera à son explication, laissant au croyant le soin de voir dans, à travers et sous [14] l’existence du saint l’action d’un Autre : ce pas supplémentaire n’est pas disqualifié par la science qui, par construction, n’est pas habilitée à se prononcer sur ce point, sauf à sortir de son périmètre et tomber dans le scientisme.
32§ Voilà une des façons de répondre à la critique moderne. Elle empêche l’homme moderne de sombrer dans l’immanentisme d’un monde purement horizontal qui veut se clore sur lui-même en oubliant sa dépendance radicale à un Autre.
© fr. Franck Guyen op, octobre 2020
[1] « hellénistes » - le contexte indique qu’ils ne sont pas juifs
[2] Elle réagit quand Philippe le diacre baptise à Césarée et quand Pierre baptise le centurion Corneille, prosélyte, et sa famille
[3] Pierre réapparaîtra une dernière fois lors du « concile de Jérusalem » pour appuyer les novateurs hellénistes. Lui-même avait été obligé en son temps de se justifier d’avoir « fréquenté » le païen Corneille et les siens
[4] dans la traduction de la TOB (le grec utilise le mot « hellénistes » pour désigner ici des non-juifs de culture grecque
[5] Actes 8,36
[6] Actes 10, 47
[7] Actes 11,1-3
[8] Actes 11,17
[9] Actes 10,45
[10] Actes 11,18
[11] Citons le passage :
Pierre était monté sur la terrasse de la maison pour prier ; il était à peu près midi. 10 Mais la faim le prit, et il voulut manger. On lui préparait un repas quand une extase le surprit.
11 Il contemple le ciel ouvert : il en descendait un objet indéfinissable, une sorte de toile immense, qui, par quatre points, venait se poser sur la terre. 12 Et, à l’intérieur, il y avait tous les animaux quadrupèdes, et ceux qui rampent sur la terre, et ceux qui volent dans le ciel. 13 Une voix s’adressa à lui : « Allez, Pierre ! Tue et mange. » 14 - « Jamais, Seigneur, répondit Pierre. Car de ma vie je n’ai rien mangé d’immonde ni d’impur. »
15 Et de nouveau une voix s’adressa à lui, pour la seconde fois : « Ce que Dieu a rendu pur, tu ne vas pas, toi, le déclarer immonde ! »
16 Cela se produisit trois fois, et l’objet fut aussitôt enlevé dans le ciel.
Actes 10,9-16
[12] Citons plus largement :
Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux.
D’un siècle sans espoir naît un siècle sans crainte ;
Les comètes du nôtre ont dépeuplé les cieux.
Maintenant le hasard promène au sein des ombres
De leurs illusions les mondes réveillés ;Eh bien, qu’il soit permis d’en baiser la poussière
Au moins crédule enfant de ce siècle sans foi,
Et de pleurer, ô Christ ! sur cette froide terre
Qui vivait de ta mort, et qui mourra sans toi !
Oh ! maintenant, mon Dieu, qui lui rendra la vie ?
Du plus pur de ton sang tu l’avais rajeunie ;
Jésus, ce que tu fis, qui jamais le fera ?
Nous, vieillards nés d’hier, qui nous rajeunira ?
[../..]
[13] Marc 6,1-5
[14] Je reconnais ici ma dette envers Walter Kasper qui m’a fait découvrir ce « dans, à travers et sous » alors que j’étais en route vers le baptême

