Les Actes des Apôtres - considérations inspirées par les chapitres 13 à 20
popularité : 31%
Voir aussi :
| Considérations inspirées par | les chapitres 1 à 2 | les chapitres 3 à 7 | les chapitres 8 à 12 | les chapitres 13 à 20 | les chapitres 21 à 27 |
|---|
Table des matières
- Préambule
- 1. Trois voyages avec Antioche de Syrie comme base
- 2. L’opposition des Juifs à la prédication
- 3. L’opposition des « Grecs » à la prédication
- 4. Un équilibre précaire
Préambule
1§ Notre découpage des ACTES DES APÔTRES suit le déploiement géographique de l’annonce de l’Évangile : la Bonne Nouvelle du salut en Jésus Christ – le « kérygme » - commence à être prêchée dans la ville sainte de Jérusalem ; suite à l’évènement déclencheur de la lapidation du premier martyr, le diacre hellène au prénom grec Étienne, la Bonne Nouvelle rayonne à partir d’Antioche avant d’atteindre Rome, la capitale de l’Empire païen romain.
Le résumé des chapitres 13 à 20
| Chap. 13 (52 v.) | Premier voyage missionnaire L’Esprit Saint demande l’envoi de Barnabé et Saul en mission à l’Église à Antioche de Syrie. Tous deux partent avec l’auxiliaire Jean en mission : Séleucie, puis bateau jusqu’à Chypre (2) puis retour en bateau à Pergé (Pamphylie) (3) d’où Jean part pour Jérusalem ; Barnabas et Paul partent pour Antioche de Pisidie (4), Iconium (5). – À Paphos sur l’île de Chypre, (2) défaite du magicien prophète, Bar Jésus dit Elymas aveuglé face à Saul « ou plutôt Paul » et conversion du proconsul Sergius Paulus. – À Antioche de Pisidie, longue prédication de Paul reprenant l’histoire sainte du peuple hébreu depuis la sortie d’Égypte jusqu’à Jésus et l’accomplissement de la promesse : pardon des péchés et « cette justification que vous n’avez pu trouver dans la loi de Moïse ». Conversion de juifs et de prosélytes. Lors du sabbat suivant, les Juifs s’opposent à la prise de parole de Paul qui prévient qu’ils vont se tourner vers les païens. Agitation des Juifs auprès de notables et de femmes prosélytes de haut rang. Paul et Barnabé sont expulsés de la ville. |
| Chap. 14 (23 v.) | Déplacements à Iconium - en Lycaonie, Lystre, Derbé et alentour (5) – et retour à Lystre, Iconium et Antioche de Pisidie (6) – en Pamphylie, Pergé (7) puis Attalia – embarquement pour Antioche, (8) « leur point de départ »
– À Iconium (5), conversion de Juifs et de « Grecs », provoquant la division de la population, pour « les apôtres » ou pour les « Juifs ». Les païens et les Juifs veulent faire lapider les apôtres qui se réfugient en Lycaonie. – À Lystre (5), Paul fait marcher miraculeusement un infirme. La foule prend Paul pour Hermès et Barnabas pour Zeus. Les apôtres leur prêchent succinctement le Dieu créateur et la Bonne Nouvelle du salut adressée maintenant aux nations. Des Juifs venus d’Antioche [de Pisidie] et d’Iconium provoquent la lapidation de Paul qui est traîné hors de la ville et laissé pour mort. Retour sur Antioche de Syrie (8) après avoir consolidé les Églises en nommant des « anciens » (« presbytres »). |
| Chap. 15 (41 v.) | Aller-retour d’Antioche à Jérusalem Suite à l’agitation provoquée par des gens venus de Judée, Paul et Barnabas montent à Jérusalem en passant par la Phénicie et la Samarie où ils racontent le succès de leur mission auprès des païens. À Jérusalem, débat devant les apôtres et les anciens. Les fidèles issus du pharisaïsme veulent faire circoncire les païens devenus chrétiens et leur imposer la Loi de Moïse. Pierre soutient que païens comme juifs sont sauvés par la foi seule et non par la Loi que les juifs eux-mêmes n’ont pu respecter. Barnabas et Paul racontent les signes et prodiges accomplis auprès des païens. Jacques conclut le débat et fait envoyer une lettre avec Judas et Silas comme délégués. La lettre demande aux « frères d’origine païenne qui se trouvent à Antioche, en Syrie et en Cilicie », de s’abstenir « des viandes de sacrifices païens, du sang, des animaux étouffés et de l’immoralité ». La lettre désavoue les opposants de Barnabas et Paul et confirme le mandat de ces derniers. Deuxième voyage missionnaire « Après un certain temps », Paul propose à Barnabas de visiter les nouvelles communautés qu’ils ont fondées. Paul refuse de partir avec Marc / Jean qui les avait quittés lors du premier voyage missionnaire, Paul se sépare de Barnabas et parcourt la Syrie et la Cilicie avec Silas tandis que Barnabas et Marc embarquent pour Chypre. |
| Chap. 16 (39 v.) | A Lystre (2), Paul s’adjoint Timothée, métis d’une juive chrétienne et d’un païen grec, qu’il fait circoncire à cause de son père « grec ». Paul et Silas transmettent les décisions du « concile de Jérusalem ». Ils parcourent Phrygie et Galatie, mais sans passer en Asie car l’Esprit saint les en avait empêché. Aux limites de la Mysie, « l’Esprit de Jésus » les empêche de gagner la Bithynie, aussi descendent-ils à Troas. A Troas (3), Paul reçoit la vision d’un Macédonien l’appelant au secours. Le narrateur passe au « nous ». Le groupe embarque à Troas, il atteint la « colonie romaine » de Philippes (4) après Samothrace et Néapolis. Ils prêchent à des femmes le long d’une rivière ; Lydie, une marchande de pourpre originaire de Thyatire, déjà prosélyte, reçoit le baptême et les force à accepter son invitation À Philippes, affaire de la servante à l’esprit python (devineresse) exorcisée par Paul. Paul et Silas sont accusés de semer le trouble comme juifs qui proposent des mœurs (éthos en grec) incompatibles avec celles des Romains. Ils sont lynchés par la foule avant d’être jetés en prison. Affaire de la prison ébranlée et des prisonniers libérés. Le géôlier qui allait se suicider est baptisé ainsi que sa maison après avoir entendu la prédication de Paul. Les « stratèges » font libérer Paul et Silas ; apprenant que Paul et Silas étaient citoyens romains, ils présentent leurs excuses. Paul et Silas rassurent Lydie et les frères, puis partent. |
| Chapitre 17 (34 v.) | Paul prêche dans une synagogue de Thessalonique (5) : il partait des Écritures pour montrer que Jésus était le Messie, lui qui avait souffert sa Passion, était mort et ressuscité. Des juifs ainsi que beaucoup de Grecs prosélytes et de femmes de la haute société se laissent convaincre, mais d’autres juifs ameutent la foule contre Jason et des frères à défaut des apôtres qui ne sont plus là. Accusés d’accueillir des fauteurs de trouble qui encouragent la désobéissance à César, Jason et les frères comparaissent devant les « politarques » qui les libèrent sous caution. Paul et Silas partent de nuit pour Bérée (5), où ils prêchent dans la synagogue. Même schéma de la conversion de Juifs, des femmes grecques « de haut rang » et de nombreux hommes. Des Juifs de Thessalonique viennent troubler les foules. Paul part pour Athènes (6) par la mer ; là, il ordonne à Silas et Timothée restés à Bérée de le rejoindre. Paul, énervé par la ville d’Athènes remplie d’idoles, prêche dans la synagogue mais aussi sur l’agora. Il est interrogé à l’Aréopage au sujet de Jésus et d’Anastasie (« Résurrection » en grec) confondus avec des divinités étrangères. Comprenant qu’il s’agit de la résurrection des morts, son auditoire l’abandonne. Quelques-uns cependant, dont Denys l’Aréopagite et une femme nommée Damaris, « deviennent croyants ». |
| Chapitre 18 (28 v.) | Paul part pour Corinthe (6) où il est rejoint par Silas et Timothée. Il y reste un an et demi. Logé d’abord chez le juif Aquilas et sa femme Priscille obligés de quitter Rome à la suite d’une loi antijuive de l’Empereur Clause, il décide de prêcher aux païens puisque la synagogue rejette son témoignage que Jésus est le Messie attendu. Il loge ensuite chez le prosélyte Titus Justus. Le chef de la synagogue voisine, Crispus, croit au Seigneur et beaucoup de Corinthiens avec lui, qui reçoivent le baptême. Paul a une vision du Seigneur qui lui confirme qu’il ne sera pas maltraité car il y aura beaucoup de nouveaux croyants à Corinthe. Les Juifs devenus tous hostiles à Paul le défèrent devant le proconsul Gallion en Achaïe. Ils accusent Paul de promouvoir un culte de Dieu illégal. Gallion refuse de se prononcer sur une affaire religieuse qui ne concerne que les Juifs et renvoie tout le monde. Ceux-ci frappent alors un chef de synagogue nommé Sosthène. Paul, accompagné de Priscille et Aquilas, rejoint Éphèse (7) par bateau, après avoir s’être fait tondre à Cenchrée suite à un vœu. D’Éphèse il s’embarque pour Césarée (8), monte à Jérusalem puis repart pour Antioche. Troisième voyage missionnaire De là, après « quelque temps », Paul sillonne la Galatie et la Phrygie. Pendant ce temps, à Éphèse, Priscille et Aquilas corrigent un prédicateur fervent de Jésus nommé Apollos qui venait d’arriver. Cet Alexandrin ne connaissait en effet que le baptême de Jean. Apollos part ensuite pour l’Achaïe où son érudition lui permet de prouver par les Écritures que Jésus est le Messie. |
| Chapitre 19 (40 v.) | Paul arrivé à Éphèse (2) baptise au nom du Seigneur Jésus environ douze disciples qui avaient reçu le baptême de Jean ; ils reçoivent l’Esprit Saint quand ¨Paul leur impose les mains et se mettre à parler en langues et à prophétiser. Paul enseigne d’abord trois mois dans une synagogue puis, rompant avec un auditoire insultant « la Voie », dans l’ « école de Tyrannos ». Il reste à Éphèse pendant deux ans. Ses miracles incitent des fidèles à brûler leurs livres de magie, pour une valeur de « 50 000 pièces d’argent ». Affaire des sept exorcistes juifs fils d’un grand prêtre juif Scéva. Inspiré par l’Esprit, Paul décide de se rendre à Jérusalem en passant par la Macédoine et l’Achaïe. Il envoie Timothée et Eraste en avant de lui. Il annonce qu’il devra se rendre à Rome ensuite. [Affaire de Demétrius à Éphèse. Cet orfèvre soulève les Éphésiens contre Paul car son discours contre les idoles menace l’économie de la ville fondée sur le pèlerinage au temple d’Artémis. La foule se rassemble au théâtre en entraînant deux compagnons macédoniens de Paul, Gaïus et Aristarque. Le juif Alexandre n’arrive pas à s’expliquer devant la foule. Le « secrétaire » calme la foule en soulignant qu’il n’y a eu ni sacrilège ni blasphème de commis par les accusés envers la statue d’Artémis, tombée du ciel « comme chacun sait ». Il met en garde l’assemblée qui risque d’être accusée de sédition.] |
| Chapitre 20 (38 v.) | Paul passe en Macédoine (4) puis en Grèce (5) où il reste trois mois. Renonçant à la voie de mer par crainte d’un complot des Juifs, il revient en Macédoine (6) d’où il embarque au port de Philippes (7)pour Troas (8). Un groupe constitué de « Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Derbé, et Timothée, ainsi que Tychique et Trophime, de la province d’Asie » les a précédés. – Réapparition du « nous » que le narrateur avait utilisé pour la première fois à Troas avant la traversée vers Phjlippe (Ac 16,10) À Troas, affaire d’Eutyque tombé du troisième étage et ressuscité par Paul. Voyage par bateau jusqu’à Milet (9). Paul y convoque les « Anciens » - « presbytres » - de l’Église d’Éphèse et leur adresse un discours d’adieu avant d’embarquer pour Jérusalem : il sait que les persécutions l’attendent, mais il continuera jusqu’au bout son service reçu du « Seigneur Jésus » de rendre témoignage « à l’Évangile de la grâce de Dieu ». |
1. Trois voyages avec Antioche de Syrie comme base
1§. Les Actes rapportent trois voyages missionnaires de Paul à partir d’Antioche de Syrie.
- Le premier se passe en Asie mineure ;
- lors du second, les missionnaires franchissent la Mer Égée pour évangéliser la Macédoine et la Grèce – le narrateur des Actes s’exprime alors en « nous » pour la première fois ;
- au troisième voyage, Paul revient sur le sol européen avant d’entamer sa « Passion ».
2§. Le pôle de Césarée s’efface devant celui d’Antioche de Syrie (à distinguer d’Antioche de Pisidie à l’intérieur des terres) d’où partent les trois missions. Le pôle de Jérusalem continue de jouer : de retour du premier voyage, Paul et Barnabas montent à Jérusalem pour se justifier face aux chrétiens juifs qui veulent imposer la Torah aux chrétiens issus du paganisme ; lors du second voyage, Paul revient à Antioche de Syrie en passant par Jérusalem ; enfin lors du troisième voyage, il décide de se rendre à Jérusalem – la suite montrera qu’il sera arrêté puis transféré à Rome : le troisième voyage ne bouclera pas sur Antioche mais sur Rome.
3§. On notera l’importance du pourtour de la Mer Égée dans le deuxième et le troisième voyage de Paul : la traversée vers l’Europe relègue au second plan les territoires d’Asie Mineure autour d’Antioche de Syrie.
4§. En regardant la carte géographique de plus haut, le lecteur s’aperçoit que les Actes des apôres montrent une Bonne Nouvelle se propageant toujours plus loin : Jérusalem, Césarée, Antioche de Syrie, Philippes, Corinthe, puis Rome.
5§. Le déplacement géographique de Jérusalem à Rome peut être lu rétrospectivement comme le déplacement du centre de gravité de Jérusalem, capitale spirituelle du judaïsme, à Rome, capitale temporelle du paganisme en même temps que l’Église initialement constituée de chrétiens d’origine juive (les judéo-chrétiens) bascule vers une Église de pagano-chrétiens.
2. L’opposition des Juifs à la prédication
6§. Le réseau synagogal se ferme progressivement à Paul : des émissaires juifs envoyés par les synagogues déjà visitées par Paul avertissent celles où Paul arrive, interrompant sa prédication comme on le voit à Lystre ou à Bérée. Le divorce entre le mouvement chrétien juif représenté par Paul et les juifs se concrétise.
7§. Paul annonce dans la synagogue d’Antioche de Pisidie et dans celle de Corinthe qu’il va désormais prêcher aux païens puisque ses coreligionnaires refusent de reconnaître en Jésus le Messie – le Christ – de la fin des temps.
8§. À Corinthe, Paul loge chez le prosélyte Titus Justus ; à Éphèse, il quitte la synagogue qui se moque de la « Voie » pour loger dans l’école de Tyrannos. Son réseau semble maintenant celui des prosélytes, des sympathisants du monothéisme juif apparemment plus réceptifs à sa prédication – il faudrait voir pourquoi.
9§. Paul est aussi confronté à une contestation à l’intérieur de l’Église : des chrétiens juifs descendus de Jérusalem à Antioche de Syrie demandent que les chrétiens d’origine païenne observent la Torah, contre Paul et Barnabas qui soutiennent que la foi au Christ sauveur suffit. Suite à cette affaire, ce qu’on appelle le « concile de Jérusalem » tranchera par un compromis bancal intenable à long terme : Paul acceptera apparemment ce compromis qui comportait un interdit alimentaire de la Torah, comme il acceptera de circoncire son adjoint Timothée, né d’une mère juive et d’un père païen. On verra que cela ne suffira pas à calmer ses opposants.
3. L’opposition des « Grecs » à la prédication
10§. L’annonce aux « Grecs » n’est pas plus aisée que celle aux juifs : Paul rencontre les difficultés liées à la polémique entre le monothéisme juif et le polythéisme ambiant, dont le christianisme hérite.
11§. À Corinthe lors du deuxième voyage, Paul exorcise une servante possédée par un esprit « python » (elle est voyante), faisant ainsi perdre une source de revenu à ses maîtres ; ceux-ci l’accusent de troubler l’ordre public en proposant des mœurs incompatibles avec celles des Romains. Paul et Silas sont alors lynchés par la foule païenne avant d’être jetés en prison.
12§. À Éphèse, les miracles accomplis par Paul au nom du Christ amènent des convertis à brûler leurs livres de magie et à renoncer à la pratique de la magie, mettant sans doute au chômage des devins et des mages. Son discours contre les idoles fait craindre aux artisans d’Éphèse de perdre leurs moyens de subsistance fondés sur le pèlerinage vers la statue d’Artémis réputée être tombée miraculeusement du ciel à Éphèse. Ils provoquent une émeute mais Paul leur échappe.
13§. Le monde païen rejette la prédication évangélique pour des raisons économiques mais aussi philosophiques, comme on le voit à Athènes : les Grecs attendent de Paul qu’il leur parle de la divinité inconnue nommée Anastasia (« résurrection » en grec), mais dès le quiproquo levé, ils quittent l’aréopage : l’idée juive d’une résurrection des morts, pour ne pas parler d’une résurrection corporelle, n’entre pas dans les catégories mentales de l’Antiquité.
14§. À Thessalonique, les juifs et les païens s’unissent pour dénoncer Paul et Silas comme fauteurs de trouble. L’accusation est réitérée par les juifs à Corinthe lors du troisième voyage ; Paul est accusé plus précisément de promouvoir un culte de Dieu illicite ; le proconsul Gallion, sollicité, refuse de trancher sur une affaire religieuse interne aux juifs qu’il estime ne pas relever de sa juridiction.
4. Un équilibre précaire
15§. Comme on le voit, l’Église naissante se trouve entre le marteau grec et l’enclume juive, les émeutiers païens comme juifs n’hésitant pas à agresser physiquement Paul et ses compagnons.
16§. Pour l’instant, le pouvoir temporel païen ne prend pas parti. Il reste neutre dans la dispute qui oppose le mouvement chrétien paulinien aux juifs non chrétiens : l’accusation de trouble de l’ordre de public ne porte pas dans la mesure où les magistrats tels Gallion considèrent qu’il s’agit d’un problème privé interne à la communauté juive. Les magistrats se montrent d’autant plus prudents que Paul, comme citoyen romain, dispose de droits qui le protègent.
17§. Cela dit, les Actes s’arrêtent avant que le christianisme soit rejeté par le judaïsme : le nouveau mouvement religieux ne bénéficiera alors plus du parapluie de la religion autorisée qu’est le judaïsme et deviendra dès lors une religion illicite, une superstitio en latin. Le pouvoir temporel païen, quittant la neutralité représentée par Gallion, sévira alors contre un mouvement interdit, entraînant des persécutions tantôt ponctuelles, tantôt systématiques jusqu’à ce que l’édit de Milan de 313 promulgué par Constantin lui donne droit de cité.
© fr. Franck Guyen op, novembre 2020

