Les Actes des Apôtres - considérations inspirées par les chapitres 21 à 28

dimanche 13 décembre 2020
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Considérations inspirées par les chapitres 1 à 2 les chapitres 3 à 7 les chapitres 8 à 12 les chapitres 13 à 20 les chapitres 21 à 27

Table des matières


Préambule

Notre découpage des ACTES DES APÔTRES suit le déploiement géographique de l’annonce de l’Évangile : la Bonne Nouvelle du salut en Jésus Christ – le « kérygme » - commence à être prêchée dans la ville sainte de Jérusalem ; suite à l’évènement déclencheur de la lapidation du premier martyr, le diacre hellène au prénom grec Étienne, la Bonne Nouvelle rayonne à partir d’Antioche avant d’atteindre Rome, la capitale de l’Empire païen romain.

Le résumé des chapitres 21 à 27

Chap. 21 – 40 v. « Nous » débarquons à Tyr après avoir dépassé Chypre par babord. Là, les disciples « poussés par l’Esprit Saint » veulent dissuader Paul de monter à Jérusalem. Après sept jours, ils partent après avoir prié à genoux sur la plage. Navigation jusqu’à Ptolémaïs où ils séjournent une journée chez les frères. Puis départ pour Césarée où ils logent chez « Philippe l’Évangéliste, un des Sept », qui a quatre filles vierges prophétesses. Le prophète Agabus prédit l’arrestation de Paul qui résiste aux supplications de ne pas aller à Jérusalem.
A Jérusalem, ils logent chez Mason de Chypre. Les frères font part du soupçon qui pèse sur lui, comme quoi « ton enseignement pousserait tous les Juifs qui vivent parmi les païens à abandonner Moïse ; tu leur dirais de ne plus circoncire leurs enfants et de ne plus suivre les règles. ». Comme l’Église de Jérusalem compte beaucoup de chrétiens d’origine juive « ardents [zélés] - partisans de la Loi – [comprendre ici la Loi de Moïse] », Paul accepte de montrer que ce soupçon est infondé en finançant la cérémonie au Temple de de quatre hommes.
Le septième jour, des « Juifs d’Asie » ameutent la foule contre lui au motif qu’il combat le peuple élu, la Torah et le Temple et aussi qu’il désacralise le Temple en y introduisant des « Grecs » (Trophyme d’Éphèse l’accompagnait en effet dans la ville). Il est traîné en dehors du Temple dont les portes sont fermées sur lui.
Paul est sauvé d’une mort certaine par l’intervention de l’armée romaine. Enchaîné, amené à la forteresse, il s’adresse en grec au tribun qui l’autorise à s’adresser à la foule du haut des marches.
Chap. 22 – 30 v. Paul raconte en « langue hébraïque » comment il est devenu chrétien sur le chemin de Damas après avoir persécuté à mort « la Voie » et en particulier participé à la lapidation d’Étienne. Il raconte aussi comment dans une vision le Seigneur lui a révélé que Jérusalem le rejetterait et qu’il aurait à devenir l’apôtre des nations païennes. Son discours rend furieux la foule.
Son statut de citoyen romain épargne à Paul la torture du fouet. Le tribun organise le lendemain une confrontation entre Paul et les autorités juives.
Chap. 23 – 35 v. Paul affirme devant le Sanhedrin qu’il est pharisien et qu’il est jugé pour sa foi ne la résurrection des morts, provoquant une dispute entre Pharisiens et Sadducéens. Le Seigneur révèle pendant la nuit à Paul qu’il devra témoigner à Jérusalem et aussi à Rome.
Averti d’un complot contre Paul par un neveu de ce dernier, le tribun, Claudius Lysias, fait partir de nuit Paul avec une escorte importante pour Césarée où se trouve le gouverneur Félix. Ce dernier explique dans une lettre au gouverneur que Paul est accusé de choses relatives à la loi juive et que ses accusateurs doivent s’adresser désormais à Félix.
Chap. 24 – 27 v. Le grand prêtre Ananie accompagné d’anciens descend à Césarée cinq jours plus tard. Leur avocat, Tertullus, accuse Paul de troubler l’ordre public : « Nous avons découvert que cet homme était une peste, qu’il provoquait des émeutes parmi tous les Juifs du monde et que c’était un chef de file de la secte des Nazôréens ». Paul se défend d’avoir provoqué une quelconque émeute et à nouveau oriente la discussion vers la « résurrection des morts ». Paul est maintenu en prison, sous un régime « libéral »
Quelques jours plus tard, Félix accompagné de son épouse juive Drusille, convoque Paul pour l’écouter mais l’interrompt quand il aborde « la justice, la maîtrise des instincts et le jugement à venir ». Des motivations financières le font rencontrer souvent Paul . Au bout de deux ans, Félix est remplacé par Porcius Festus. Paul est maintenu en prison pour faire plaisir aux Juifs.
Chap. 25 – 27 v. Trois jours plus tard, Festus monte à Jérusalem et revient au bout d’une huitaine de jours à Césarée, accompagné de juifs chargés d’accuser Paul qui se justifie : « Je n’ai commis de délit, disait-il, ni contre la loi des Juifs, ni contre le temple, ni contre l’empereur. ». Il en appelle au jugement de l’Empereur, plutôt que d’être jugé à Jérusalem comme le propose Festus qui veut plaire aux Juifs.
Festus expose le cas de Paul au roi Agrippa et son épouse Bérénice en visite à Césarée. Il s‘agit pour lui de « je ne sais quelles querelles relatives à la religion qui leur est propre et en particulier à un certain Jésus qui est mort, mais que Paul prétendait toujours en vie ».
Paul comparaît en audience devant le roi, la reine et le gouverneur.
Chap. 26 – 32 v. Paul raconte comment, d’ennemi du « nom de Jésus le Nazoréen », il l’annonce maintenant au Peuple comme aux Nations. Paul proclame la réalisation de la promesse divine faite au peuple juif : « les prophètes et Moïse ont prédit ce qui devait arriver, et je ne dis rien de plus : le Christ a souffert et lui, le premier à ressusciter d’entre les morts, il doit annoncer la lumière au Peuple et aux nations païennes. »
Festus interrompt Paul à ce moment de sa plaidoirie en le traitant de fou et les auditeurs quittent la salle d’audience. Agrippa confie que « cet homme aurait pu être relâché s’il n’en avait pas appelé à l’empereur. »
Chap. 27 – 44 v. Reprise du « nous » par le narrateur. Paul et d’autres prisonniers embarquent pour l’Italie sous la garde du centurion Julius de la Cohorte Augusta. Malgré l’hiver qui approche, et contre l’avis de Paul, arrivés en Crète, ils rembarquent et dérivent pendant des jours. Suite à une vision du Seigneur qui dit qu’il doit témoigner de Lui devant l’empereur, Paul rassure les passagers et les matelots, 276 personnes en tout. Le bateau s’échoue sur l’île de Malte, la cargaison est perdue mais tous sont sauvés.
Chap. 28 – 31 v. Paul survit à une morsure de serpent, ce qui fait dire aux Maltais que « c’est un dieu ! ». Paul guérit par sa prière et l’imposition des mains le père de Publius, le premier magistrat de l’île. Il guérit ensuite les autres malades de l’île. Après avoir repris la mer au bout de trois mois, arrivant finalement à Rome où ils sont accueillis par des « frères ».
Assigné à résidence sous la garde d’un soldat, Paul invite les notables juifs qui ont entendu parlé de sa « secte » qui « rencontre partout de l’opposition ». « Dans sa présentation, Paul rendait témoignage au Règne de Dieu et, du matin au soir, il s’efforça de les convaincre, en parlant de Jésus à partir de la loi de Moïse et des Prophètes ». Face à un auditoire divisé, Paul annonce que « c’est aux païens qu’a été envoyé ce salut de Dieu ; eux, ils écouteront. » puisque sa nation refuse d’écouter, comme l’avait prédit Isaïe.
« Paul vécut ainsi deux années entières à ses frais et il recevait tous ceux qui venaient le trouver, proclamant le Règne de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ, avec une entière assurance et sans entraves. »


1. Un récit qui s’achève

1§. Les ACTES DES APÔTRES s’achèvent sur l’arrivée de Paul à Rome et son installation en attendant le jugement. L’auteur des ACTES DES APÔTRES, qui est certainement aussi celui de l’Évangile de Luc, décrit comment la Bonne Nouvelle, concentrée au départ sur Jérusalem, lieu de la Pentecôte initiale, rayonne toujours plus loin : Judée avec le pôle de Jérusalem, Samarie avec le pôle de Césarée, Asie Mineure avec le pôle d’Antioche puis, suite à l’intervention de l’Esprit Saint, la traversée de la Mer Égée, le pôle grec avec la Macédoine (Philippes) et la Grèce (Corinthe et de l’autre côté de la mer Éphèse où Paul est resté deux ans).

2§. Avec l’arrivée de Paul à Rome, la Bonne Nouvelle atteint Rome, la capitale de l’Empire païen romain.
L’auteur Luc concentre son récit sur le personnage de Paul, mais d’autres missionnaires étaient aussi à l’œuvre, comme on le voit quand Paul en arrivant à Rome est accueilli par une communauté chrétienne : si le réseau de synagogues, et avec lui le « judaïsme », se ferme progressivement au missionnaire Paul, il peut compter sur le réseau des communautés chrétiennes en train de se constituer.

3§. Après sa tentative infructueuse auprès des juifs de Rome, Paul reprend les propos du premier martyr Étienne lapidé par les juifs à Jérusalem. Étienne citait le prophète Isaïe qui dénonçait son peuple, un peuple à la nuque raide qui refusait d’écouter son Dieu.
Paul va plus loin qu’Étienne en annonçant aux juifs de Rome qu’il renonce à leur proclamer la Bonne Nouvelle et qu’il se tourne désormais vers les « païens ».

4§. L’auteur Luc illustre à travers ces péripéties l’émancipation du nouveau mouvement religieux chrétien par rapport au « judaïsme », émancipation à la fois choisie mais aussi subie dans la mesure où le judaïsme rejette de son côté les partisans du Christ comme on peut le lire aussi dans l’évangile de Jean


2. La résurrection de Jésus, un argument problématique

5§. Revenons sur le contenu de la prédication de Paul.
Paul annonce que Jésus est le Messie prophétisé par la Bible. Paul doit expliquer le hiatus entre la figure du Messie attendue par les juifs : un personnage investi de la toute-puissance divine qui instaure le Règne de Dieu sur terre en balayant toutes les oppositions – et la figure d’un condamné à mort exécuté honteusement par crucifixion.

6§. Paul affirme que Dieu a ressuscité Jésus, preuve qu’il est bien ce qu’il prétendait être qui lui a valu d’être condamné à mort pour crime de lèse-majesté. Paul témoigne avec d’autres que Jésus est toujours vivant et qu’il continue d’agir.
7§. La résurrection de Jésus constitue l’argument central de la Bonne Nouvelle, mais elle pose problème à beaucoup de ceux qui l’entendent.

8§. Entendue dans son sens général, elle posait problème aux « païens » imprégnés de philosophe grecque pour qui l’être humain est un composé instable d’un corps périssable et d’une âme immortelle. La résurrection n’avait pas de sens pour eux, puisque l’âme ne pouvait pas mourir et que son lien avec le corps ne lui était pas constitutif : il n’était qu’un véhicule extérieur embarrassant.

9§. L’idée de résurrection posait aussi problème à l’intérieur du monde juif de l’époque : les Saducéens ne croyaient pas que les morts ressuscitaient, à la différence des Pharisiens. Paul s’est d’ailleurs appuyé sur cette divergence d’opinion pour diviser ses contradicteurs juifs entre eux.

10§. Les Pharisiens acceptaient quant à eux la croyance en la résurrection, mais ils n’acceptaient pas l’usage qu’en faisait Paul en l’appliquant à Jésus pour démontrer qu’il était le Messie venu accomplir les promesses contenues dans les Écritures.


3. Du judéo-christianisme au pagano-christianisme

11§. Les ACTES DES APÔTRES nous montrent une Église primitive en tension entre

  • les partisans d’un christianisme à l’intérieur du « judaïsme » – les « conservateurs » représentés par le pôle de Jérusalem - et
  • ceux qui estiment que le christianisme reprend en le dépassant le « judaïsme », les « révolutionnaires » représentés par le pôle d’Antioche de Syrie [1].

12§. Cette tension se manifeste en particulier lors du retour du chrétien juif (judéo-chrétien) Paul à Jérusalem, prélude à son arrestation.

13§. Les chrétiens juifs de Jérusalem l’accueillent de manière réservée : selon la rumeur, disent-ils, Paul enseignerait aux Juifs de la diaspora devenus chrétiens de ne plus pratiquer les règles de la Torah : circoncision des enfants mâles et nourriture casher [2].

14§. Le problème n’est donc pas que Paul agrège à la communauté chrétienne des Grecs, mais qu’il dissuaderait les Juifs passés à la foi chrétienne de pratiquer les rites juifs dont celui de la circoncision : entre autres conséquences de cette doctrine, les enfants mâles des juifs chrétiens ne seraient plus circoncis.

15§. On voit le danger pour l’identité juive qui disparaîtrait en une génération. Cela explique que Paul ait été accusé d’être l’ennemi du peuple juif, accusation portée, rappelons le, par des Juifs d’Asie qui ont été témoins de la prédication de Paul et de ce qui se vivait dans les communautés chrétiennes de la diaspora.

16§. La rumeur était-elle fondée ? Paul proclamait que le salut se trouvait dans la foi au Christ ressuscité et non dans la pratique des préceptes de la Torah.
Allait-il jusqu’à penser que les juifs devenus chrétiens devaient cesser de pratiquer les rites : aller au Temple, manger casher, circoncire les enfants mâles ? Et s’il le pensait, le proclamait-il ouvertement ? La lecture des ACTES DES APÔTRES ne permet pas de répondre à ces questions.

17§. En tout cas, dans les ACTES DES APÔTRES, lors de son dernier séjour à Jérusalem, Paul accepte de pratiquer les rites juifs au Temple et de financer les rites de quatre autres juifs chrétiens.
Ce compromis, s’il a rasséréné les juifs chrétiens de Jérusalem, a enflammé la fureur des Juifs d’Asie, sans doute non chrétiens, qui accusèrent Paul d’avoir introduit un Grec dans le Lieu Saint ; cette invention était forgée à partir du fait que Paul était arrivé à Jérusalem accompagné d’un païen chrétien appelé Trophyme. Invention certes mais bien propre à exciter la foule.

18§. L’histoire est écrite par les survivants : Luc, le pagano-chrétien, a retracé l’histoire de l’Église des pagano-chrétiens à travers son récit des ACTES DES APÔTRES, tandis que l’Église des judéo-chrétiens a disparu.


4. L’ampleur de la révolution mentale

19§. Les ACTES DES APÔTRES mettent en scène la révolution mentale opérée par les premiers juifs chrétiens emmenés par Paul, avec l’aval de Pierre si on en croit Luc : ils ont pensé ce qui était arrivé à Jésus, son message et sa vie, à travers le cadre de la religion juive de l’époque, voyant dans sa vie et ses paroles l’accomplissement des prophéties ; pour eux, il était le Messie, le mot hébreu traduit en grec par « Christ », venu établir le Royaume de Dieu sur terre, Royaume de justice et de paix.

20§. Pouvaient-ils prévoir que son message allait déborder ce cadre juif ? La vie même de Jésus ne permettait pas de le prévoir de manière claire.

21§. Ses contacts avec les païens étaient restés ponctuels ; Jésus avait loué la foi de la syro-phénicienne [3] et du centurion romain [4], mais il n’a pas proclamé la venue du Royaume à des non-juifs – l’annonce à la femme samaritaine au puits [5] est exceptionnelle, et les Samaritains étaient considérés par les juifs comme des mal-croyants mais pas des païens.

22§. Rappelons que dans l’évangile de Matthieu, Jésus lui-même avait dit qu’il n’avait été envoyé qu’au peuple d’Israël – même si, sur l’insistance de la syro-phénicienne, il acceptera de guérir sa fille.

23§. Cela étant dit, on trouve dans les évangiles des amorces de l’universalisation du salut divin.
Cette universalisation était déjà présente dans l’Ancien Testament. Elle passait cependant par l’agrégation des nations païennes à la nation juive, les païens devenant en quelque sorte juifs pour entrer dans l’élection accordée au peuple élu.

24§. La révolution mentale opérée par les judéo-chrétiens dans la mouvance de Paul n’a pas été tant d’annoncer le Christ ressuscité aux « Grecs » que d’affirmer que le salut passait désormais par la foi en Jésus Christ, plus précisément en la puissance qui se déploie à partir de sa résurrection : il n’était plus besoin de pratiquer les rites de la « Première Alliance » (pour ne pas dire l’ « Ancienne Alliance »), rites qui qui avaient permis au peuple juif de conserver leur identité.


5. Dieu comme acteur de l’histoire de l’Église primitive

25§. Les ACTES DES APÔTRES présentent ce basculement mental comme le résultat d’interventions divines.

26§. Simon /Pierre découvre que les païens peuvent intégrer la communauté chrétienne sans se soumettre aux préceptes de la Torah : :

  • la vision de la nappe à Simon / Pierre, qui le convainc que les interdits alimentaires, barrière entre les Juifs et les païens, sont levés par celui-là même qui les a édictés, à savoir Dieu
  • la « Pentecôte de Césarée » avec l’Esprit Saint qui tombe sur la maison du prosélyte romain Corneille et toute sa maison, avant même qu’ils soient baptisés, provoquant la stupeur de Pierre et de ses compagnons juifs chrétiens : comment, l’Esprit Saint est aussi donné aux païens !

27§. Paul fait lui aussi l’objet de l’action divine :

  • la vision du Ressuscité qui apparaît à Saul / Paul qui provoque un renversement à 180° chez lui : le persécuteur des disciples du Christ en devient le fervent zélateur
  • une autre vision le convainc de traverser la Mer Égée plutôt que de continuer à évangéliser l’Asie Mineure

28§. L’Esprit Saint est l’acteur de ces interventions qui changent radicalement l’histoire de l’Église naissante : pour le croyant Luc, il continue l’action du Christ de son vivant sur terre, il assure la présence du Christ ressuscité auprès des siens qui continue de les guider à travers ses témoins privilégiés, Pierre et Paul.


6.L’être humain comme une voile souple

29§. De fait, si Dieu est l’acteur principal, il passe par des êtres humains : ceux-ci avancent sur le chemin en acceptant de changer de direction quand l’Esprit le leur demande.
30§. Paul manifeste ainsi une sensibilité remarquable aux impulsions de l’Esprit Saint, sa nuque est souple et docile comme une voile qui s’oriente au vent et se laisse gonfler par lui.

31§. L’image de la navigation à voile s’impose : il s’agit de faire voile dans une direction en faisant le point régulièrement chaque nuit par rapport aux étoiles, en corrigeant la trajectoire si besoin. Le pilote donne un coup de barre tantôt à droite tantôt à gauche, en gardant en tête la destination finale.

32§. Paul est un modèle pour nous qui abritons peut-être beaucoup de certitudes : nous savons qui est Jésus, nous savons qui est Dieu, nous savons ce qu’Il veut, nous savons ce qu’est l’Église.
Toutes ces choses que nous savons, d’utiles pour avancer, deviennent dangereuses quand elles nous empêchent de voir que Dieu nous appelle à emprunter des routes nouvelles et imprévues.
33§. Et pourtant, c’est bien là, dans la surprise, dans l’imprévu, que surgit l’émerveillement.

« Tu étais là et je ne le savais pas » nous exclamerons-nous alors à la suite de Jacob / Israël [6]


© fr. Franck Guyen op, décembre 2020


[1à ne pas confondre avec Antioche de Pisidie à l’intérieur des terres

[2cf. Actes 21,21

ton enseignement pousserait tous les Juifs qui vivent parmi les païens à abandonner Moïse ; tu leur dirais de ne plus circoncire leurs enfants et de ne plus suivre les règles.

[3Matthieu 15,21-28 et Marc 7,24-30

[4Matthieu 8,5-13 et Luc 7,1-10

[5Jean 4,1-30

[6Gen 28,16


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