Quand Augustin explique sa conception de la prédication

mercredi 15 mars 2023
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Table des matières


Augustin était un prédicateur chrétien réputé. Nous proposons ici des extraits du livre IV de son " De doctrina christiana " (de la doctrine chrétienne) où il expose sa conception de l’art de prêcher.

Rappelons qu’avant sa conversion, Augustin était un rhéteur accompli, expert dans les panégyriques pour les grands de l’Empire. Sa capacité comme orateur (alliée à ses relations dans le "réseau" manichéen) lui avait valu un poste à Milan.

  • pour notre part, nous faisons nôtre la visée d’Augustin quand il prêche : émouvoir pour inciter à l’action de conversion [1] (voir le passage où Augustin dit qu’il s’agit plus de faire pleurer que de se faire applaudir) ;
  • nous faisons nôtre la description "technique" (comment faire pour prêcher) de l’acte de prédication proposée par Augustin à la suite de Cicéron. Nous retenons l’analyse en trois styles.
  • Nous acquiesçons lorsqu’Augustin rappelle qu’il s’agit pour le prédicateur de mettre sa parole au service de la Parole, et non l’inverse. L’art oratoire reste ce qu’il est dans cette optique : un moyen qu’on utilise en fonction de sa fin, et que l’on abandonne s’il le faut. "La vraie éloquence se moque de l’éloquence". Formule à entendre au sens où l’amoureux ne fait pas l’éloquent, il est éloquent (nous nous inspirons ici de Lacordaire).

Le passage suivant provient de l’ouvrage :
DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE IN OEUVRES COMPLÈTES DE SAINT AUGUSTIN, traduites pour la première fois en français sous la direction de M. Raulx, Tome IV, p. 1-87. BAR-LE-DUC,1866

Le lecteur intéressé se reportera utilement au travail de numérisation réalisé par l’abbaye en Suisse : ABBAYE SAINT BENOÎT DE PORT-VALAIS -rte de l’Eglise 38, CH-1897 Le Bouveret (VS) –

Les indications et les termes latins en notes de bas de page proviennent de l’édition critique :

  • Œuvres de saint Augustin, 11/2 ; La doctrine chrétienne, De doctrina christiana, texte critique du CCL, revu et corrigé, Introduction et traduction de Madeleine Moreau, Annotation et notes complémentaires d’Isabelle Bochet et Goulven Madec, Institut d’Etudes Augustiniennes, Paris, 1997, 626 p.

CHAP. XVII. TROIS GENRES D’ÉLOQUENCE.

31 [XVII,34]. L’orateur qui s’attache à persuader la vérité, et dans ce but, à instruire, à plaire et à toucher, doit donc unir à la prière tous ses efforts pour arriver à parler, ainsi que nous l’avons dit, d’une manière claire, attrayante et persuasive [2]. Toutes les fois qu’il y réussit, il est véritablement éloquent, lors même que l’auditeur résisterait encore.

C’est en vue de ce triple devoir de l’orateur, instruire, plaire et toucher [ut doceat, ut delectet, ut flectat]], que le maître de l’éloquence romaine exige de lui les trois qualités suivantes :

  • « être éloquent, c’est savoir parler des petites choses dans un style simple ;
  • des choses médiocres, dans un style tempéré,
  • et des grandes choses avec un style sublime [3],

comme si dans une seule et même phrase il eût uni la fin aux moyens, en disant : la véritable éloquence consiste à traiter

  • les petites choses dans un style simple [4], pour instruire ;
  • les sujets médiocres dans un style tempèré [5], pour plaire ;
  • et les grands sujets dans un style sublime [6], pour toucher.


CHAP. XIX. IL FAUT CEPENDANT VARIER LE STYLE.

38 [XIX,38]. Cependant, bien que l’orateur chrétien n’ait que des sujets relevés à traiter, il ne doit pas toujours employer un style de cette nature.
Qu’il prenne le style simple, pour enseigner ; le style tempéré, pour louer ou blâmer ; et quand il lui faut déterminer à agir un auditeur qui jusques là résiste, qu’il fasse alors jouer les grands ressorts de l’éloquence, et les plus propres à toucher les cœurs.
Quelquefois, dans un même sujet relevé, il emploiera le style simple, pour instruire ; le style tempéré, pour louer, et le style sublime pour ramener à la vérité un esprit qui en était éloigné.

  • Qu’y a-t-il, par exemple, de plus grand que Dieu ? Et cependant n’apprenons-nous pas à le connaître ? Pour enseigner l’unité des trois personnes divines, ne doit-on pas se servir d’un style simple, afin que l’intelligence humaine saisisse, autant qu’elle en est capable, un mystère aussi profond ? Ne sont-ce pas des preuves, et non des ornements qu’il faut ici ? Il ne s’agit pas de toucher l’auditeur, mais de l’instruire et de l’éclairer.
  • D’un autre côté, pour louer Dieu en lui-même ou dans ses ouvrages, quelles peintures brillantes, quels tableaux magnifiques, s’offrent à l’homme qui consacre toutes ses facultés à bénir Celui qui est au-dessus de toute louange, et que tout être loue néanmoins à sa manière !
  • Et enfin si l’orateur voit que Dieu n’est pas honoré, ou qu’on adore avec lui, ou à sa place, des idoles, des démons ou d’autres créatures, alors qu’il s’élève au style sublime, pour faire ressortir l’énormité d’un tel désordre, et en détourner les hommes.


CHAP. XXII. ON DOIT VARIER LE DISCOURS PAR LES DIFFÉRENTS GENRES DE STYLE.

51[XXII,51]. Loin d’être contraire aux règles, le mélange de ces divers genres de style, quand le goût y préside, ne fait qu’introduire dans le discours une agréable variété.
L’emploi trop prolongé d’un style uniforme soutient moins l’attention de l’auditeur. Mais le discours, si long qu’il soit, marche avec plus de grâce, si on passe d’un genre à un autre ; outre que chaque style revêt, dans la bouche d’un homme éloquent, une variété propre qui stimule sans cesse l’oreille de l’auditeur.
Cependant, pour s’en tenir à un seul genre, le style simple se supporte plus longtemps que le style sublime.

Plus il est nécessaire d’émouvoir l’auditeur pour l’entraîner, moins on doit le retenir dans cette émotion, quand elle est suffisamment produite. En voulant le surexciter davantage, il est à craindre qu’on ne détruise ce que l’éloquence avait déjà opéré. En descendant, par intervalles, au style simple, on remonte avec plus d’effet au sublime, en sorte que le discours se déroule comme la mer, dont les flots s’élèvent et s’abaissent tour à tour.

Aussi quand on doit parler assez longtemps dans le genre sublime, il ne faut pas l’employer seul, mais le varier par le mélange des deux autres ; et le discours prendra le nom du genre qui y dominera.


CHAP. XXIV. EFFETS DU SUBLIME.

53[XXIV,53]. Les plus chaleureux et les plus nombreux applaudissements prodigués à l’orateur ne sont pas assurément une preuve du sublime de son discours ; la vive clarté du style simple [7] et les ornements du style tempéré peuvent produire le même enthousiasme. Ordinairement le poids du sublime étouffe la voix et fait couler les larmes.

J’entrepris un jour d’abolir, à Césarée en Mauritanie, une sorte de combat qu’on appelait attroupement [8] ; lutte barbare où non-seulement les citoyens, mais les parents, les frères, les pères et les enfants, divisés en deux partis, se battaient solennellement à coups de pierres durant plusieurs jours de suite, à une certaine épode l’année, et s’entretuaient sans distinction.
J’employai tout ce que je pus trouver de plus fort pour leur faire abandonner et détester une coutume si cruelle et si invétérée, et pour la détruire entièrement. Cependant je ne crus pas avoir réussi, quand j’entendis leurs acclamations ; mais lorsque je vis couler leurs larmes.
Leurs applaudissements témoignaient qu’ils me comprenaient et m’écoutaient avec plaisir ; mais leurs larmes me prouvèrent qu’ils étaient touchés.
Dès lors, avant même que la suite l’eût démontré, je regardai comme abolie cette coutume funeste et sanglante, dont ils avaient hérité de leurs ancêtres depuis plusieurs siècles, et qui exerçait sur eux l’empire le plus tyrannique. Mon discours fini, j’invitai tous les cœurs et toutes les bouches à rendre grâces à Dieu.
Déjà huit ans et plus se sont, écoulés, sans que depuis, par la miséricorde de Jésus-Christ, aucune scène de ce genre se soit reproduite parmi eux.

Et combien d’autres petits faits nous apprennent que c’est moins par les applaudissements, que par les gémissements, les larmes et principalement le changement de vie [9], que s’est révélée la puissance exercée sur les hommes par une parole à la fois sublime et sage !


CHAP. XXV. BUT QUE SE PROPOSE LE STYLE TEMPÉRÉ.

55 [XXV,55]. Ces deux derniers genres de style, eu égard à la fin qu’on s’y propose, sont donc extrêmement nécessaires à qui veut parler en même temps avec sagesse et avec éloquence [10]. Quant au style tempéré qui a pour but de plaire, on ne doit pas s’en servir pour lui-même.
Lorsqu’un sujet, d’ailleurs utile et digne, rencontre un auditeur déjà éclairé et favorablement disposé, qui n’a besoin d’être ni instruit ni touché, ce genre de style, par le charme de l’élocution, peut concourir à déterminer plus promptement son assentiment, ou à le rendre plus énergique et plus inébranlable.

En effet l’éloquence, de quelque genre qu’elle soit, a toujours pour objet de parler d’une manière propre à produire la persuasion, et pour fin, de persuader ce que l’on a spécialement en vue dans le discours. Dans chacun des trois genres, l’orateur trouve sans doute ce qui est propre à persuader ; mais s’il ne persuade réellement, il manque la fin de l’éloquence.

  • Dans le genre simple il persuade la vérité de ce qu’il expose ;
  • dans le sublime, il persuade de faire ce qu’on savait déjà être un devoir, tout en refusant de l’accomplir ;
  • dans le genre tempéré, il persuade la beauté et les ornements de son langage.

Et que nous sert de nous proposer une fin semblable ? Laissons-la à l’ambition de ceux qui ne cherchent que la gloire dans le talent de la parole, et se vantent eux-mêmes dans les panégyriques et autres discours de ce genre, où il ne s’agit ni d’instruire, ni de toucher l’auditeur, mais uniquement de lui plaire.

Pour nous, rapportons cette fin à une fin plus relevée ; proposons-nous, dans ce genre de style, le même but que dans le sublime, c’est-à-dire, de faire aimer aux hommes la vertu et fuir le désordre, s’ils n’en sont pas trop éloignés, pour qu’il soit nécessaire de faire jouer les grands ressorts de l’éloquence ; ou s’ils sont, déjà dans cette disposition, de les y affermir et d’assurer leur persévérance.
C’est ainsi que nous saurons employer le genre orné, non par ostentation, mais par prudence, non dans l’unique dessein de plaire, mais pour porter plus efficacement l’auditeur au bien que nous voulons lui persuader.


CHAP. XXVI. DANS CHAQUE GENRE, L’ORATEUR DOIT SE FAIRE ENTENDRE AVEC CLARTÉ, AVEC PLAISIR ET AVEC DOCILITÉ.

56. L’orateur, avons-nous dit, qui veut a la sagesse joindre l’éloquence, doit se faire entendre d’une manière intelligible, agréable et persuasive. Cependant on ne doit pas attribuer chacune de ces trois qualités à l’un des trois genres de style, comme si le langage de l’orateur devait être exclusivement clair dans le style simple, attrayant dans le style tempéré, et persuasif dans le sublime.
Ces diverses qualités doivent, autant que possible, se trouver réunies dans chacun des trois genres. Ainsi, quand nous parlons simplement, nous ne prétendons pas produire le dégoût et l’ennui ; nous désirons donc, non seulement qu’on nous comprenne, mais qu’on nous écoute avec plaisir.
Que cherchons-nous en enseignant les divins préceptes, sinon qu’on nous entende avec docilité, c’est-à-dire, qu’on ajoute foi à ces préceptes, par la grâce de Celui dont il est dit : « Vos témoignages sont très-dignes de confiance [11] ? »
Que veut aussi celui qui expose un fait dans le style le plus simple, sinon qu’on croie à sa parole ? Et qui voudra l’entendre, s’il ne donne à son langage un charme qui captive l’attention de l’auditeur ? Et s’il ne se fait comprendre, comment l’écouter avec plaisir et avec docilité ?

Qu’un discours simple s’attache à résoudre des questions très difficiles, et en donne une démonstration éclatante et inattendue ; qu’il tire des sources les plus obscures et les plus inconnues les raisons les plus frappantes ; qu’il renverse l’erreur d’un adversaire et prouve la fausseté d’une assertion réputée inattaquable ; qu’en outre il revête certains charmes naturels et nullement étudiés, et donne à la chute de ses périodes une cadence qui n’ait rien d’affecté mais qui semble naître nécessairement du sujet même, alors il soulève de si vifs applaudissements, qu’à peine s’aperçoit-on de la simplicité du style.
Cette éloquence, pour paraître sans ornements, et marcher comme nue et désarmée, n’en terrasse pas moins l’adversaire par sa vigueur et sa force ; de ses puissantes étreintes elle renverse et détruit le mensonge qui lui résiste. Et pourquoi excite-t-elle de si nombreux et si chaleureux applaudissements, sinon parce que l’auditeur prend plaisir à voir ainsi démontrer, défendre et faire triompher la vérité ?
Dans ce genre simple, le docteur et l’orateur doivent donc s’appliquer à se faire entendre, non seulement avec clarté, mais encore avec plaisir et avec docilité.

57. D’un autre côté, l’éloquence tempérée, sur les lèvres de l’orateur chrétien, ne rejette pas les ornements, et sait s’en revêtir avec dignité ; non contente de plaire, comme l’ambitionne uniquement l’orateur profane, elle cherche aussi à gagner l’assentiment de l’auditeur, à lui inspirer le désir ou un attachement plus fort pour ce qu’elle loue, l’éloignement et l’horreur pour ce qu’elle blâme.
Mais si la clarté lui manque, peut-elle se faire écouter avec plaisir ? Même dans ce genre de style qui consiste principalement à plaire, l’orateur doit donc réunir ces trois conditions : être clair, agréable et persuasif.

58. Enfin dans le cas où il s’agit d’émouvoir et de toucher un auditeur qui, tout en reconnaissant la vérité et la beauté du langage de l’orateur, persiste néanmoins à n’en rien faire, nul doute qu’il ne faille recourir à l’éloquence sublime. Mais comment le toucher, s’il ne comprend ce qu’on lui dit ? Comment fixer son attention, si on ne le captive par un certain charme ?
Le genre sublime lui-même, appelé par son caractère à fléchir les cœurs endurcis et à vaincre leurs résistances ; ne peut donc produire la persuasion, qu’à la condition de se présenter en même temps sous une forme claire et attrayante.


CHAP. XXVIII. L’ORATEUR DOIT PLUS S’ATTACHER A LA VÉRITÉ QU’A LA FORME.

64[XXVIII,61]. Un docteur de ce caractère puise dans une conduire exemplaire [12] le droit, non seulement de prendre le genre simple et tempéré, mais encore de s’élever au sublime pour triompher de l’auditeur.
En menant une vie réglée [13], il s’attache aussi à s’assurer une réputation irréprochable, et à faire le bien, autant que possible, non seulement devant Dieu, mais encore devant les hommes [14], en craignant l’un et en rendant service aux autres.

Qu’il préfère aussi dans ses discours plaire plutôt par la pensée que par la forme ; et qu’il se persuade qu’il ne parle jamais mieux que quand il exprime plus fidèlement la vérité. Ce n’est pas à l’orateur à être l’esclave de l’expression, mais à l’expression [15] à servir l’orateur [16].

C’est la pensée de l’Apôtre, quand il dit : « Je n’emploie pas la sagesse de la parole pour ne pas anéantir la croix de Jésus-Christ [17]. » Il confirme la même chose dans son épître à Timothée : « Ne t’arrête point à des disputes de paroles, qui ne sont propres qu’à pervertir ceux qui les écoutent [18]. »

Assurément l’Apôtre était loin de nous défendre de soutenir par la parole la vérité attaquée par ses ennemis ; autrement à quoi servirait ce qu’il dit lui-même, en retraçant ces qualités d’un évêque « Qu’il soit capable d’exhorter selon la saine doctrine, et de réfuter ceux qui la combattent [19] ? »
S’arrêter à des disputes de paroles, c’est s’appliquer, non à faire triompher la vérité de l’erreur, mais à faire préférer son langage à celui d’un autre. Or, l’orateur étranger à ces luttes frivoles, qu’il parle d’une manière simple, tempérée ou sublime, n’a en vue dans ses discours, que de rendre la vérité claire, agréable et touchante [20] ;
86 car la charité elle-même, qui est la fin des commandements et la plénitude de la loi (1), n’est plus selon la règle [21], quand elle n’a pas pour objet la vérité, mais le mensonge.
Celui qui à la beauté du corps joint la difformité de l’âme, est plus à plaindre que si à cette difformité il joignait encore celle du corps ; ainsi en est-il de ceux qui revêtent le mensonge d’une forme éloquente ; ils sont plus dignes de pitié que s’ils l’exposaient sans agrément et sans art.

Qu’est-ce donc que parler avec éloquence et avec sagesse, sinon employer

  • dans le style simple des termes clairs [22] ;
  • dans le style tempéré des expressions brillantes [23] ;
  • et dans le sublime des paroles vives et entraînantes [24], mais toujours pour exprimer la vérité qu’on doit faire entendre ?

L’orateur qui ne peut réunir ces deux conditions, doit dire avec sagesse ce qu’il ne sait dire avec éloquence, plutôt que de mettre de l’éloquence là où il ne peut parler avec sagesse.

[XXIX] Et si même parler avec sagesse est au dessus de ses forces, qu’il vive de manière, non seulement à s’assurer pour lui-même la récompense, mais encore à servir de modèle aux autres, et à faire de sa conduite [25] une sorte de prédication continuelle.


Fr. Franck Guyen op, 3 août 2008

© Fr. Franck Guyen op, novembre 2024


[1rappelons que la conversion chez Augustin est à double détente : conversion de l’intelligence et conversion de la volonté : voir quoi faire (intelligence) et ensuite vouloir/désirer le faire (volonté/affectivité)

[2intellegenter, libenter, oboedienter

[3Cicér. de l’Orateur.

[4submisse

[5temperate

[6granditer

[7acumina submissi generis

[8caterua

[9uitae mutatione

[10sapienter et eloquenter

[11Ps. CXII, 5.

[12non contemptibiliter uiuit

[13bonam uitam

[14II Cor. VIII, 21.

[15uerba

[16doctor

[17I Cor, I, 17.

[18II Tim. II, 14.

[19Tit. I, 9.

[20ut ueritas pateat, ueritas placeat, ueritas moveat

[21esse .. recta

[22sufficientia

[23splendentia

[24uehementia

[25forma uiuendi


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