Hygiène mentale et spirituelle par rapport à la question du mal

samedi 19 juin 2021
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L’humanité se pose de manière lancinante la question du mal. Cette question peut même amener des croyants monothéistes à remettre en question leur foi.
Je voudrais partager ici mon point de vue de croyant chrétien catholique et proposer un geste d’hygiène spirituelle et aussi mentale.


Le geste d’hygiène mentale.
Je crois qu’il serait dangereux de sous-évaluer la puissance du mal, et son profond enracinement dans le cœur humain. Bâtir un projet de vie commune en ignorant le côté sombre de l’âme humaine, c’est mettre en danger les brebis face aux loups qui surgiront, les plus dangereux étant ceux déguisés en brebis.

Inversement, il ne s’agit pas non plus de surévaluer la puissance du mal, au risque de se laisser obnubiler par lui et ne plus percevoir les forces de bonté à l’œuvre dans le monde

D’un point de vue d’hygiène mental, je crois sain de se tenir en équilibre entre l’autruche qui enfouit sa tête dans le sable pour ne pas voir le mal et la poule qui, à force de regarder le serpent dans les yeux, se laisse hypnotiser par lui.


Le geste d’hygiène spirituelle.
Du point de vue d’hygiène spirituelle, à mon avis, le croyant de la Bible doit situer le mal sur un horizon où il n’est ni premier ni dernier. Ce qui se tient au début et à la fin de l’histoire, c’est le bien, c’est le projet d’une création bonne et même très bonne. C’est ce que Dieu a voulu à l’origine, et c’est ce qu’il est en train de réaliser par la puissance de résurrection du Crucifié.

Je ne crois pas qu’il soit demandé au croyant de plonger son regard dans l’abime du mal : seul Jésus pouvait regarder le mal dans les yeux jusqu’au bout sans en être anéanti. Que le croyant regarde comment le Royaume de Dieu se déploie à partir de la croix et comment le mal tente de l’arrêter, en vain.


Un développement : l’expérience décisive de la verticalité.
L’accès à l’horizon sur lequel se détache le mal se fait par la foi. La foi produit une brèche dans la vision d’un monde clos se suffisant à lui-même.

En termes pauliniens, celui qui fait l’expérience du passage à cette autre dimension passe de l’état d’homme « psychique » qui ne connaît que la largeur et la longueur d’un monde plan, horizontal à l’homme « spirituel », qui connaît en plus la profondeur et la hauteur d’un monde traversé par la verticalité.

D’après moi, une fois la brèche faite, il n’est plus possible de revenir en arrière. On pourra toujours tenter de colmater la brèche mais on ne pourra pas la refermer. Et ce qui entre par la brèche pour le chrétien, c’est l’eau et le sang du Crucifié, c’est l’Esprit qui assainit, qui vivifie, c’est l’amour tout-puissant et miséricordieux du Père.


© fr. Franck Guyen op, juin 2021
© Fr. Franck Guyen op, novembre 2024


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