L’art de la prise de décision en régime chrétien

vendredi 4 mars 2022
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Table des matières


Introduction : devenir responsable de sa vie [1]

Être responsable, c’est faire des choix : un métier, des amis, une personne avec qui partager sa vie, élever des enfants ; c’est assumer les conséquences de ces décisions sans se défausser sur les autres.

Nous avons été préparés à devenir des êtres humains responsables par nos parents, par le système éducatif de notre société, par les amis, par nos expériences.
On peut avoir été moins favorisé par la nature, on peut être né dans ce qu’on appelle des familles « dysfonctionnelles », on peut avoir vécu des expériences négatives, fait de mauvaises rencontres, mais je crois que l’être humain dispose toujours d’une marge de manœuvre, même minime, qui lui permet d’affirmer : « au moins là, c’est moi qui l’ai décidé, c’est moi l’ai fait et j’en revendique la responsabilité ».

Je peux vous aider

Je peux vous aider à discerner grâce à mon expérience personnelle. Je peux aussi vous aider grâce à Ignace de Loyola (1491-1556), le fondateur des jésuites, qui a développé l’art de discerner la volonté de Dieu dans ses Exercices spirituels. .

Mon propos ici est celui d’un coach religieux : le discernement porte sur ce qui peut m’apporter le bonheur, mais je crois que je trouverai le vrai bonheur en faisant la volonté de Dieu. Le discernement porte dans cet article sur ce que Dieu veut que je fasse ici et maintenant.


1. Mes convictions fondamentales

Nous prenons nos décisions en fonction de convictions fondamentales forgées au cours du temps, le nôtre mais aussi celui des générations qui nous ont précédé.

Faire le choix de Dieu

Nous croyons que Dieu nous aime.
Je crois que je ne suis pas seul au monde, je crois que je suis aimé par Quelqu’un qui veut que je sois heureux en développant les capacités déposées en moi. Dieu est un peu comme un père, fier de voir son enfant grandir et prendre en main sa vie en empruntant des chemins que les parents n’avaient pas prévus ou pas souhaités, mais pour eux, seul importe que leur enfant soit heureux sur le chemin qu’il a pris.

Deuxième conviction fondamentale : le bien l’emporte sur le mal, la vie sur la mort, l’amour sur la haine. Les bonnes expériences, les bonnes rencontres vous aident à poser cette option fondamentale. Les actes d’amour, de pardon, de générosité, les vôtres et ceux des autres, contribuent à donner de la chaleur, de la vie à ce monde et d’après mon expérience ordinaire, s’il existe quelques personnes qui aiment faire le mal, dans des circonstances normales la plupart des gens cherchent à vivre honnêtement et préfèrent le bien au mal.

Dieu en premier

11§ Une fois ces bases posées, vous allez vous engager dans une profession, nouer des liens d’amitié, fonder une famille. Dieu vous rejoint dans ces engagements et à travers eux.

12§ Il faudra cependant veiller à ne pas faire de ces engagements des absolus, ce qui en régime monothéiste relève de l’idolâtrie : n’attendez pas d’une réalité créée le bonheur éternel, la vie éternelle, l’amour éternel. Cela, seul Dieu peut le donner.

14§ Prenons un exemple : vous commandez une console de jeux ou vous avez rendez-vous avec tel garçon qui vous plaît. Vous imaginez que vous allez connaître un grand bonheur grâce à eux et de fait c’est ce qui se passe.
Mais vous découvrirez aussi que votre désir de vie, de bonheur, ne trouve pas à s’exprimer totalement dans cette personne, dans ce jeu : dans une vision croyante, l’être humain est traversé par une soif d’absolu que seul Dieu peut combler, et c’est dans, à travers et sous les réalités de ce monde que ce désir d’absolu trouve à s’exprimer sans s’y réduire.

Unifier l’appareil psychique

16§ L’être humain prend des décisions qu’il aime à présenter comme entièrement rationnelles, mais qui, en réalité, comportent une part affective.
Je vous propose de prendre un modèle à trois étages pour rendre compte de la complexité de la psychologie humaine.

  • Le premier étage est celui du cerveau, le siège de l’intelligence, des pensées, du calcul, de la raison en un mot – lieu de la lumière, des choses claires aux contours bien nets, bien définis ;
  • le deuxième étage correspond au cœur, lieu de la volonté, du désir d’entreprendre, de bâtir, de surmonter les obstacles - le désir de bonheur ;
  • le troisième étage comprend les « tripes » en langage populaire – le lieu sombre, humide, grouillant et indistinct des pulsions, des passions.

17§ Le cœur prend la décision après avoir mobilisé le cerveau et les « tripes ».
Un exemple tiré de l’enfance : l’enfant voit la part de mousse au chocolat qui reste dans le frigidaire. Le cerveau sait qu’il ne doit pas manger la part de son frère, sous peine d’être puni, les tripes poussent l’enfant à la manger pour éprouver du plaisir maintenant, peu importe ce qui s’ensuivra.
Le cœur arbitrera peut-être en faveur des tripes en demandant au cerveau d’élaborer un stratagème pour échapper à la punition – « c’est le chien qui l’a mangée ».

18§ Je dirais que l’être humain grandit en intégrant ces trois étages, sans surdimensionner l’un d’eux :

  • un cerveau surdimensionné risque de faire oublier que l’être humain ne se réduit pas à une machine à calculer, que les émotions sont indispensables pour donner du goût à la vie et qu’il y a aussi une intelligence émotionnelle ;
  • une affectivité non régulée rend instable, une pulsion chassant l’autre dans une ronde insensée, et elle fait souffrir l’entourage : en privilégiant mon plaisir, je prive mon frère de sa part, je le fais souffrir et je souffre de le faire souffrir ;
  • une volonté trop forte risque d’épuiser les ressources affectives et intellectuelles de la personne par des objectifs exagérés ; elle risque aussi de ne voir dans le monde qu’un moyen pour atteindre son objectif, en méprisant la part de grâce, de beauté, de bonté qui donne à ce monde une dignité inaliénable et sacrée.

19§ Idéalement, le centre de décision (le cœur) analyse et prend sa décision après avoir consulté et son intelligence rationnelle (la tête) et son intelligence émotionnelle (les tripes). Et le croyant ensuite demandera la confirmation de l’Esprit saint comme nous le verrons plus bas. 


2. Tirer partie de ses erreurs. Deux discernements personnels

21§ Le discernement ressemble à notre réaction devant un plat de cuisine. Nous en prenons un morceau, nous le humons, nous regardons son aspect, nous le goûtons ; en même temps, nous recherchons des similitudes avec des expériences culinaires passées.

24§ De manière analogue, face à une opportunité, nous la considérons sous ses différents aspects puis nous imaginons des situations en tenant compte de cette opportunité et nous notons nos réactions émotionnelles - joie, crainte, espérance, agitation, réconfort, fascination, répulsion, étonnement, sidération – et intellectuelles – calculs, interrogations, confirmations, éclaircissements.

Discerner un cas d’échec professionnel

26§ Prenons l’exemple de mon premier emploi. Embauché dans une compagnie pétrolière, j’avais été affecté à la supervision d’une tour de distillation de pétrole dans une raffinerie.

27§ Ce qui se passait sur cette tour ne trouvait pas d’écho en moi, je n’éprouvai aucune satisfaction dans ce que je faisais et – heureusement dirai-je rétrospectivement - la raffinerie mit un terme à mon contrat à la fin de la période d’essai.

28§ J’ai reconnu mon échec, j’en ai assumé la responsabilité, sans chercher d’excuses à l’extérieur. Je suis alors retourné dans ma famille qui m’a laissé faire le point tranquillement, et pour cela je leur en suis reconnaissant.

29§ Pendant cette période de soul searching, j’ai réfléchi aux raisons de cet échec et j’ai trouvé : je devais sentir ce que disait la tour de raffinage à travers la multitude des mesures physiques de température, de débit, de viscosité, de volatilité et pour cela Il fallait un goût pour le concret qui me manquait : j’étais plus à l’aise avec les choses intellectuelles.

29§ Mais comment trouver un emploi correspondant à ce goût pour la théorie ?
Il se trouve qu’à cette époque, dans les années 80, les micro-ordinateurs commençaient à pénétrer les foyers. Mes parents m’offrirent donc à Noël un micro-ordinateur Oric Atmos sur lequel je me mis à écrire des programmes informatiques.
J’avais trouvé une activité qui correspondait à mon goût pour les mots, pour l’abstraction et pour les systèmes. Et c’est tout naturellement que j’ai trouvé un emploi dans l’industrie informatique.

31§ J’ai pu vivre de mon travail pendant quinze années. Il m’a procuré de réelles satisfactions et j’y ai noué des amitiés qui comptent – « j’avais trouvé à ma place ».

31§ Je tirerai plusieurs leçons de cette expérience :

  • assumer ses échecs, savoir reconnaître qu’on a pris une mauvaise décision et ne pas s’obstiner ;
  • ne pas accepter de rester à terre, chercher à comprendre ce qui s’est passé pour ne pas répéter la même erreur ; faire le point objectivement sur ce qui s’est passé, sans se voiler la face, sans se dédouaner de sa responsabilité personnelle ;
  • prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses, se rendre compte qu’on peut repousser ses limites seulement jusqu’à un certain point - personnellement, quels que soient mes efforts et ma motivation, je ne pourrai jamais sauter deux mètres en hauteur ;
  • s’appuyer humblement sur ses points forts avec leur limite, et renoncer à un idéal de perfection et de contrôle total ;
  • être attentif aux imprévus, accepter d’explorer de nouvelles pistes, de se laisser déplacer même si cela nous remet en question ;
  • fondamentalement, apprendre à avoir confiance en soi et en autrui, croire que l’avenir nous réserve de bonnes choses au détour du chemin.

32§ Repérez vos faiblesses et appuyez-vous sur vos forces pour trouver votre place dans la société : peu importe que cette place soit élevée ou non, l’important est qu’elle vous corresponde.
Ne vous comparez pas à autrui. À mon avis, jalouser l’assiette de votre voisin vous rendra inutilement insatisfait et malheureux, concentrez vous plutôt sur ce qui est déjà dans votre assiette et vous verrez que vous avez largement de quoi vous occuper.

33§ Complétons ce volet psychologique par un éclairage spirituel : pour le croyant, savoir que l’on est aimé de Dieu donne une force qui permet de nous accepter nous-mêmes ; cela permet d’espérer le meilleur pour nous-mêmes et pour le monde.

Discerner son engagement : prêtre diocésain ou laïc

34§ En 1985, j’avais traversé à 24 ans une expérience religieuse qui m’avait poussé à demander le baptême au curé de Puteaux.

J’avais découvert Dieu, je savais qu’il m’appelait au bonheur, mais je me demandais concrètement dans quelle voie. J’avais alors entrepris une année de discernement avec le diocèse.

34§ À la fin de l’année, mon cerveau avait coché un certain nombre de cases : oui, Dieu peut remplir ma vie, oui, j’aime lire l’Écriture, oui, je me vois bien en train de célébrer les sacrements, oui, je me soucie de mon prochain.

36§ J’avais alors demandé à entrer au séminaire tout en ressentant un malaise que je n’arrivais pas à formuler.

37§ J’avais aussi fait part de ma décision au curé qui m’avait baptisé. Il avait alors simplement commenté : « si c’est la volonté de Dieu, vas-y ! ».
Après une nuit où mon trouble n’avait cessé de croître, je revenais sur ma décision.

38§ Que s’était-il passé ? Je crois que mon intelligence émotionnelle (mes tripes) me faisait comprendre dans son langage corporel que cette voie ne me correspondait pas [2].

40§ Quelles leçons tirer de cette expérience ? j’en vois plusieurs :

  • entendre les messages non verbaux qui montent des tripes et ne pas se fier uniquement à la feuille de calcul établie par le cerveau avec ses colonnes de « + » et de « - » ;
  • savoir reconnaître simplement qu’on s’est trompé sans s’obstiner dans son erreur ;
  • s’ouvrir de son projet à des personnes de bon sens qui vous connaissent, et, si possible, qui soient expérimentées dans la vie spirituelle ;
  • face à une personne qui vous demande de l’accompagner dans son discernement, traitez-la en adulte responsable, renvoyez-la à sa liberté sans peser sur sa décision dans un sens ou dans l’autre : il lui revient à elle et à personne d’autre de prendre sa décision et d’en assumer les conséquences ;
  • le critère premier pour le croyant : chercher d’abord la volonté de Dieu.


3. Le discernement spirituel chez Ignace de Loyola

41§ J’ai développé ces exemples tirés de mon expérience personnelle afin d’en dégager des lois qui dépassent ma simple personne.
J’attire maintenant votre attention sur un grand saint de l’Église catholique, Ignace de Loyola né en 1491 et mort en 1556.

Ignace a fondé l’ordre des jésuites et il est aussi célèbre pour avoir rédigé le traité des Exercices spirituels. Je vous parlerai de deux expériences spirituelles d’Ignace.

Saint ou chevalier ?

42§ Ignace avait été blessé par un boulet de canon lors du siège de Pampelune par les Français. Pendant sa convalescence, il s’était mis à lire des romans de chevalerie ainsi que des vies de saints.

43§ Ignace s’imaginait volontiers en chevalier héroïque, accomplissant des exploits guerriers et conquérant le cœur d’une dame de haute naissance. Il s’identifiait tout aussi volontiers aux saints dont il lisait la vie, mendiant sur les routes en prédicateur de l’Évangile.

44§ Personnage volontaire et ambitieux, Ignace hésitait entre la voie du chevalier et celle du saint religieux. Comment discerner sa voie ?

45§ Ignace avait remarqué que la lecture des romans de chevalerie l’enthousiasmait sur le moment, mais qu’ensuite il éprouvait une lassitude et un dégoût inexpliquables ; à l’inverse, la lecture de la vie des saints lui procurait une joie sans arrière goût dans la bouche. Fort de ce critère, il décida d’embrasser la vie religieuse plutôt que la carrière militaire.

46§ La leçon pourrait être la suivante :

  • quand survient une pensée, une émotion, une image, adoptez une attitude neutre par rapport à elle : regardez comment elle évolue, ce qu’elle provoque en vous, sans la juger.
  • Goûter le fruit qu’elle produit : joie, paix, calme, tranquillité, bienveillance ou bien trouble, énervement, impatience, inquiétude, emportement, intolérance ;
  • et seulement après, prononcez votre jugement : « c’est un bon fruit », « c’est un fruit médiocre », « c’est un mauvais fruit ».

47§ Notez qu’il s’agit de goûter et non pas seulement de réfléchir : le discernement chez Ignace requiert l’être humain dans toutes ses dimensions : raison, mémoire, imagination, volonté, affectivité.

48§ Le croyant ajoute en plus la volonté de Dieu dans la balance : « à mon avis, voilà la bonne décision, mais toi, Dieu, qu’en penses-tu ? ».
49§ Cela suppose d’avoir suffisamment fréquenté Dieu, personnellement et communautairement. Familiarisez-vous dès maintenant avec sa manière de vous rejoindre, de vous dire si vous êtes dans la bonne voie.

50§ Il y a une habitude à prendre dès maintenant. Invoquez Dieu dans les petites décisions de tous les jours. Quand vous vous levez, tournez-vous vers Dieu et offrez-lui votre journée ; quand vous vous couchez, examinez avec lui ce qui s’est passé dans cette journée par rapport à votre prière du matin.

51§ Faites-le maintenant avant d’être confrontés aux grandes décisions : la vie est une chose sérieuse, alors dotez-vous dès maintenant de bonnes armes.

Des études scolaires terre-à-terre ou des élévations mystiques ?

52§ Ignace de Loyola a donc décidé de marcher sur la voie des saints à la suite de Jésus pauvre, chaste et obéissant.
Ignace comprend qu’il sera inquiété par l’Inquisition tant qu’il ne sera pas ordonné prêtre : au seizième siècle, les autorités ecclésiastiques se méfient des « illuminés » qui parlent de Dieu sans mandat.
Ignace part donc à Paris suivre des études en vue du sacerdoce.

54§ , Ignace y suit des cours de grammaire latine. Or, pendant ces cours, il reçoit de grandes lumières sur les réalités divines qui, certes, l’émerveillent, mais en même temps le distraient du cours.
Ignace doit-il les suivre ou bien doit-il continuer à écouter le professeur ?

55§ Sa raison -son cerveau – lui montre que les envolées mystiques sont certes plus plaisantes que les sèches leçons de grammaire latine, mais sans la maîtrise du latin, il ne pourra pas être admis à l’ordination sacerdotale, et cela le limitera dans sa mission au service du salut des âmes et de la plus grande gloire de Dieu.

56§ Pour Ignace, la volonté de Dieu prime sur tout, aussi congédie-t-il ces pensées grandioses pour revenir au cours de latin : rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa .
De fait, si ces grandes pensées viennent de Dieu, elles peuvent bien attendre la fin du cours.

57§ On peut généraliser l’expérience d’Ignace.
Vous êtes engagé dans vos études, et en parallèle vous vous sentez appelé au sacerdoce ou à la vie religieuse : faut-il arrêter vos études et entrer au séminaire ou au noviciat ?

58§ À mon avis, non. Restez fidèle à l’engagement envers vos parents et envers la société, terminez vos études et ensuite seulement, entrez au séminaire ou au noviciat : si c’est Dieu qui appelle, il saura attendre quelques années, et peut-être même son appel résonnera-t-il encore plus fortement et plus profondément en vous - mais c’est mon avis et c’est à vous de voir (cf. plus haut), personne ne peut et ne doit décider à votre place.


Conclusion : le plateau de balance

61§ Vous êtes amené à discerner. Vous mobilisez tout ce que vous êtes : cerveau, cœur et tripes. Vous gardez en mémoire votre objectif principal, ce à quoi Dieu vous appelle fondamentalement : être heureux.
Vous arrivez à une conclusion : « il me semble que c’est par là que se trouve le bonheur ».

62§ Je dirai qu’arrivé à ce stade, il faut passer à un autre régime, en empruntant l’image d’une balance à deux plateaux.

63§ Alors que la balance penche d’un côté, vous dites à Dieu : « Seigneur, à ton tour maintenant, fais pencher la balance du côté que tu veux ».

64§ Pour le dire autrement, alors que vous êtes au maximum de votre capacité à prendre en main votre vie, alors que vous avez mobilisé toutes vos forces, toute votre intelligence, tout votre désir et que vous êtes prêt à prendre votre décision, arrivé à ce point, vous vous dessaisissez de votre décision pour la remettre à Dieu. Et il la confirme – ou non. Et dans les deux cas, vous êtes heureux.

65§ Il n’y a à mon avis rien de plus fort qu’une décision confirmée par Dieu : une paix surnaturelle envahit l’âme tandis que la décision devient aussi évidente et indiscutable que le soleil qui se lève le matin.

66§ 66§ Un tel détachement demande un travail sur soi de longue haleine, voilà pourquoi je vous recommandais plus haut de commencer dès maintenant à vous familiariser avec la manière de Dieu : comme la balance sensible au milligramme prêt, votre sixième sens spirituel s’affinera toujours plus jusqu’à ressentir la moindre motion de l’Esprit saint en vous.

Puissiez-vous devenir comme Ignace de Loyola à la fin de sa vie : il était si bien accordé à la volonté de Dieu que ses décisions étaient confirmées par Dieu dans l’instant.

Merci de votre attention.


© fr. Franck Guyen op, juin 2021
© fr. Franck Guyen op, novembre 2024


[1d’après une intervention auprès de jeunes confirmands à Lille le mercredi 12 mai 2021

[2Mon curé m’a confié après coup l’inquiétude qu’avait suscitée en lui ma décision d’entrer au séminaire : tel qu’il me connaissait, il ne me voyait pas en prêtre diocésain.
Il ne m’en a rien dit sur le moment, me renvoyant simplement au critère de décision fondamental : faire la volonté de Dieu. Pour cela, je lui en suis reconnaissant : il m’a laissé libre de trouver par moi-même la bonne décision, faisant ainsi preuve de sa confiance en moi et en l’Esprit saint.


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