Les grandes traditions spirituelles d’Asie en 90 minutes

mardi 2 avril 2024
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Possibilité d’approfondir le volet sur le bouddhisme avec l’article Introduction aux spiritualités d’Asie : le bouddhisme.


Table des matières


Introduction

L’exposé synthétise en 90 minutes [1] un cours de 9 x 90 minutes. Vu sa taille réduite, l’exposé se bornera à dessiner les grands contours des traditions spirituelles asiatiques, à la manière d’une carte géographique à grande échelle.

Nous aborderons les religions du bouddhisme [2], de l’hindouisme et dutaoïsme, ainsi qu’une éthique de développement personnel et social, le confucianisme.

Nous distinguerons schématiquement deux aires dominées l’une par la culture indienne en Asie du Sud-est (Myanmar, Thaïlande, Laos, Cambodge, Sri Lanka, Indonésie, Malaisie), l’autre par la culture chinoise en Asie de l’Est (Corée, Japon, Vietnam).
4§ Notons que le bouddhisme, né en Inde s’est répandu dans les deux aires culturelles tandis qu’il est devenu marginal en Inde à partir du onzième siècle [3].

L’exposé, centré sur les aspects doctrinaux, n’aborde pas ou peu les aspects historiques et pratiques. La tonalité se veut académique, l’exposé évitant les prises de position confessantes, les jugements de valeur et les comparaisons.


Le bouddhisme – Extinction ou Éveil

Le Bouddha Sakaymuni [4]

S’il faut retenir une seule chose, c’est qu’un bouddha [5] est un être qui a fait l’expérience de l’Éveil - la bodhi . Le bouddhisme vise à sortir d’une réalité inférieure sans consistance, d’une illusion, d’un rêve, pour "entrer" dans la vraie réalité, la réalité absolue.

Siddhârta Gautama est né il y a 2 500 ans en Inde dans la caste des gouvernants À 29 ans. il a vécu une expérience religieuse qui a fait de lui le bouddha Sakyamuni.

Siddhârta a pensé son expérience à travers la problématique existentielle de son temps : notre monde phénoménal est soumis à un cycle de réincarnation, samsara "écoulement circulaire », dans lequel les êtres sensibles, animaux, humains et esprits, naissent et meurent dans une ronde sans fin.
Plus exactement, dans la pensée brahmanique, un principe immatériel, éternel, le Soi - Atman , « âme »- passe de corps en corps plus ou moins subtils, en fonction des actes de ses existences antérieures - karma -.

La problématique du brahmanisme est de libérer l’âme de ce cycle de réincarnation afin qu’elle retrouve son élément originel, l’Absolu.

Le bouddha Sakyamuni a apporté sa réponse personnelle à la question [6].

Jusqu’à sa mort à 80 ans, il a accompagné ses disciples entrés dans la vie « monastique », mais aussi les disciples laïcs qui soutenaient son mouvement par des dons.

10§ Le bouddhisme s’est divisé plus tard en la « Voie des anciens » (Theravada) implantée dans l’aire culturelle indienne et le « Grand véhicule » (Mahayana) dans l’aire culturelle chinoise ; plus tard encore, le « Véhicule tantrique » (Tantrayana) s’est enraciné au Tibet et en Mongolie,.

La Voie des anciens (Theravada)
11§ Le Theravada se présente comme le bouddhisme originel enseigné par le bouddha Sakyamuni. Il vise la sortie du Samsara par l’extinction des passions (Nirvana).

12§ Le raisonnement est le suivant : les passions égocentriques donnent aux actes la capacité de fructifier dans les vies suivantes en conditions d’existence agréables ou douloureuses. Par conséquent, si l’on déracine les passions, les actes n’étant plus fécondés cessent d’alimenter le capital de renaissances et le cycle des vies et des morts s’arrête, ce qui est le but recherché.

13§ Une autre argumentation part du triple poison à éliminer [7].
14§ Le premier poison, la cupidité, la convoitise, l’avidité de jouir amène à des actes négatifs : voler, tuer mentir, pratiquer une sexualité irresponsable, se droguer.
Le second poison, la colère, la peur, la haine, la haine, pousse à commettre ces mêmes actes négatifs.
Ainsi colorés par les passions d’attraction ou de répulsion, les actes fructifieront dès que les circonstances le permettront, que ce soit dans une semaine, un mois, des années ou dans les vies suivantes.

15§ Le bouddhisme énonce un troisième poison, d’ordre intellectuel celui-là : la croyance erronée en l’existence d’un Moi ou d’un Soi qui tourne dans le cycle de vie et de mort.
Pour le bouddhisme, le Moi résulte d’une suite d’agrégations et de désagrégations d’éléments hétérogènes - sensations, affects, pensées, intentions – mais la suite défile si rapidement qu’elle donne l’impression d’une continuité dans le temps.

16§ Le Theravada se propose de déraciner le triple poison par un travail sur trois plans [8].

  1. 17§ Mener une existence juste qui ne provoque pas de souffrances autour de soi, sources tôt ou tard de souffrances pour soi : paroles justes, actes justes, métier juste.
  2. 18§ Discipliner son mental en permanence dans le passé ou l’avenir, mais jamais dans le présent. Le mental ressemble à un singe se balançant sans cesse de branche en branche. Il s’agit de le faire s’asseoir, par exemple en se concentrant sur la respiration.
  3. 19§ La stabilisation de l’existence et du mental permet de comprendre toujours plus la vérité de la doctrine bouddhiste [9], et en particulier de percevoir comme une évidence que le Moi est un flux provisoire sans consistance propre.

20§ Au fur et à mesure que le pratiquant travaille ces trois plans, il diminue son stock karmique, jusqu’à ne plus renaître qu’une fois : il est devenu un arhat, celui qui a mérité de sortir du cycle de vies et de morts et d’entrer dans l’Extinction, le Nirvana

Le Grand véhicule (Mahayana)]
21§ Vers le début de l’ère chrétienne, le bouddhisme mute à nouveau en donnant naissance au Mahayana [10].

22§ Le Mahayana considère qu’il a reçu l’enseignement le plus abouti du Bouddha Sakyamuni :

  • la visée ultime n’est plus d’éteindre les passions mais de devenir un bouddha : pour le Mahayana, les êtres sensibles sont en effet dotés de la nature de Bouddha, une sorte de germe caché à l’intérieur de soi ;
  • la méthode proposée suppose la sagesse, ce mouvement de déliaison du monde phénoménal, mais accompagnér par la compassion pour les êtres sensibles englués dans le cycle des vies et des morts :
  • l’être en route vers l’Éveil, le bodhisattva, animé par la sagesse et la compassion, réalise des « moyens habiles » afin d’aider les êtres à sortir des voiles de l’illusion et réaliser l’état de Bouddha.

23§ L’Occident connaît surtout l’école zen qui a recours à la méditation assise et aussi à des paradoxes pour désarçonner le mental, les koans en japonais.

24§ Le maître zen cherche à provoquer par ces paradoxes une brèche dans les routines mentales du disciple pour qu’il accède à sa nature de Bouddha au-delà des noms et des formes [11].

25§ Pour le dire en image, tout se passe comme si le maître dresse une palissade sans ouverture autour du disciple ; celui-ci s’épuise à chercher une issue, accumulant une masse de questions et de doutes qui l’amène à une tension mentale extrême.
26§ Le disciple est libéré lorsqu’un événement brusque et imprévu – une cloche qui sonne, le bambou frappé par le caillou projeté en l’air par le disciple – déclenche une illumination soudaine : il n’y a pas de palissade.

27§ Une autre école, dite de la Terre pure, peu connue en Occident, s’appuie non plus sur l’effort personnel, mais sur la dévotion au bouddha Amitâyus ou Amitâbha , Amida en japonais.

28§ Dans cette école, l’adepte fait confiance au moyen habile mis en place il y a de cela un temps immémorial par le bouddha Amida, alors qu’il était encore un être en marche vers l’Éveil, un bodhisattva : ce moyen habile est la formule « Namo Amida Butsu  », « Hommage au bouddha Amida » en japonais.

29§ Prononcée avec foi au moment de la mort, la formule fait descendre le bouddha Amida qui vient emmener le défunt dans sa Terre pure, ce royaume qu’il a édifié en dehors du cycle des vies et des morts. Là, « re-né » d’un lotus, le défunt devient sans retour possible un bouddha.

Le Véhicule tantrique (Tantrayana)
30§Vers le huitième siècle, le bouddhisme mute une nouvelle fois en intégrant des gènes du tantrisme indien.
Connu en Occident sous le nom de bouddhisme tibétain, il est implanté au Tibet et en Mongolie. Pour mémoire, le titre de dalaï lama se compose d’un mot mongol, « dalaï », « océan », et d’un mot tibétain, « lama », « sage ».

31§ Ce bouddhisme ésotérique repose sur une sorte d’alchimie spirituelle qui transmute l’initié en un bouddha :

  • le disciple enchaîne des gestes codifiés mudra avec manipulation d’objets rituels, cloche et « sceptre de diamant » vajra ;
  • il prononce des formules énergétiques mantra telles : «  oṃ maṇi padme hūṃ » , et des « syllabe- gemmes », c’est-à-dire des manifestations sous forme sonore d’entités transcendantes ;
  • il visualise des « cosmogrammes sacrés » mandala représentant des royaumes de bouddha : le disciple visualise un parcours partant des cours extérieures pour se rapprocher de la cour centrale où siège le bouddha originel, Vairocana. Au fur et à mesure de sa progression mentale, le disciple est purgé de ses tendances négatives et fortifie ses vertus, avant de fusionner avec le bouddha Vairocana au centre du mandala.

32§ Par cette technique, le disciple a mobilisé son corps par les mudra, sa parole par les mantras et son mental en particulier par les mandalas, se transmuant ainsi en une entité transcendante bouddhiste.

****

33§ En résumé, le bouddhisme est né en Inde. Après avoir connu une période florissante, il a périclité en Inde jusqu’à pratiquement disparaître au onzième siècle, supplanté définitivement par l’hindouisme.
34§ Il s’est par contre installé durablement en Asie du Sud-Est et en Asie de l’Est où il s’est si bien inculturé qu’il a donné naissance à l’école du chan (zen en japonais).
Actuellement, le bouddhisme est en train de s’intégrer dans la culture occidentale, au prix de malentendus, voire de contresens – comme lors de son arrivée dans l’univers culturel chinois il y a 2000 ans.


L’hindouisme – La libération du cycle des réincarnations

35§ L’hindouisme répond à la problématique existentielle brahmanique - comment se libérer du cycle des réincarnations Samsara - en restant dans le cadre de la pensée religieuse traditionnelle indienne :

  • il conserve l’analyse brahmanique d’une âme atman émanée de la réalité absolue Brahman [12] et égarée dans le Samsara et il maintient la voie de libération par la connaissance ;
  • il garde la sacralité des écrits védiques et l’efficacité des rites d’offrandes aux divinités ; il maintient la possibilité d’une libération par les actes rituels et ascétiques.

36§ L’hindouisme innove cependant en ajoutant la voie de libération par la dévotion [13] :

  • le dévot loue et chante les qualités de sa divinité d’élection,
  • il adore ses manifestations sous forme sensible (statues, syllabes manifestant vocalement la divinité, images),
  • il lui offre des fleurs, des fruits, des parfums, la lumière de lampes à huile.

La divinité de son côté protège son dévot de son vivant et, à sa mort, elle l’emmène dans son royaume céleste.

37§ Cette troisième voie apparaît dans le livre sacré du « Chant du Bienheureux » Bhagavad Gita. Krishna, le huitième avatar du dieu Vishnou [14] la révèle au chef de guerre Arjuna en soulignant son excellence.

38§ L’hindouisme a développé en parallèle de ses textes narratifs une activité spéculative, en particulier dans la doctrine de la non-dualité advaita. Le mystique du 19e siècle Râmakrishna (1836-1886) incarne au mieux, nous semble-t-il, cette doctrine [15].

39§ Dévot de la divinité féminine Kali, il a connu une expérience mystique pendant laquelle Kali s’est manifestée graduellement à lui après avoir émergé d’un océan argenté.
L’interprétation de cette expérience peut être la suivante : Kali désigne un Absolu avec attributs – elle a un nom et une forme – tandis que l’océan sans forme et sans nom représente l’Absolu sans attributs [16].

40§ Pour Râmakrishna, les religions proposent chacune un Absolu avec attributs particulier, que ce soit le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob, Jésus Christ, Allah, Vishnou ou Kali ; mais ces divers absolus émanent d’un même et unique Absolu sans attributs.

41§ Pour le dire en image, Râmakrishna voyait les religions comme des icebergs, tous différents mais tous provenant de la même mer et tous y retournant.


Le confucianisme – L’engagement dans la société

42§ Les Chinois désigne par « l’École des lettrés » ce que l’Occident appelle le confucianisme.

43§ Confucius (567-479 avant Jésus Christ) était effectivement un lettré réputé pour avoir compilé les écrits des Anciens dans les Cinq classiques [17] qui ont constitué le programme du concours de recrutement des mandarins jusqu’à la chute de la dynastie mandchoue au vingtième siècle.

44§ Confucius recommande à ses disciples d’étudier les Cinq classiques pour leur capacité à informer les bonnes mœurs de l’homme de qualité.

D’après Confucius, l’être humain s’accomplit dans la société en cultivant les vertus à partir de ses qualités morales innées : vertu d’humanité, de justice, de discernement, de respect d’autrui.

45§ Muni de ces vertus, il excelle dans les cinq relations sociales : père – fils, prince – sujet, frère aîné – frère cadet, époux – épouse, ami – ami [18].
46§ Par son exemple, il incite son entourage à devenir lui-même vertueux, la vertu étant contagieuse d’après le confucianisme.

47§ Comme nous le mentionnions au début, le confucianisme n’est pas une religion. Le confucéen vise l’excellence morale dans le monde présent, sans se soucier de ce qui se passe après la mort. Il n’invoque pas d’entités invisibles pour l’assister dans sa culture de soi, comptant seulement sur son étude intensive des modèles du passé, et l’on chercherait en vain des considérations métaphysiques ou religieuses dans le recueil des Entretiens, le recueil des paroles de maître Kong rédigé après sa mort, [19].

On y verra au contraire Confucius refuser de se laisser entraîner dans ce genre de considération comme le montre l’entretien suivant :

(Le disciple) : - que convient-il de faire avec les esprits ?
(Le maître) : si tu n’es pas capable de t’occuper des affaires des hommes, comment serais-tu capable des affaires des esprits.

(Le disciple revenant à la charge) : puis-je vous interroger sur la mort ?
(Le maître) : gère déjà ce que tu as maintenant, au lieu de t’occuper de l’après-vie, de la mort.

48§ Confucius ne dit qu’il n’y a pas d’esprits ni de vie après la mort. Lui-même recommande de pratiquer le culte envers les ancêtres : pour lui, les rites suffisent à gérer les relations avec un éventuel monde invisible, inutile de chercher plus loin.


Le taoïsme – Le retrait de la société

49§ Le taoïsme se réfère à Lao Zi, un personnage non attesté historiquement qui aurait été contemporain de Confucius.
Lao Zi aurait laissé pour prix de sa sortie de Chine un recueil d’aphorismes intitulé « La Voie et sa vertu » [20], qu’on traduirait aussi bien par « La Voie et son efficacité ».

50§ La métaphysique taoïste considère qu’il existe un principe à l’origine de tout ce qui est et qui est lui-même sans origine. Par un phénomène de générations successives, ce principe un se divise en deux, - la polarité yin et la polarité yang -, en trois puis en la multitude des êtres.

51§ Confronté à cette descente de l’un vers le multiple, le taoïsme entend remonter à l’Unité originelle : son idéal est le nouveau-né, spontanément accordé à la Voie, laissant la source de la vie jaillir sans obstacle, et, pour l’atteindre, le taoïste cherche à se défaire des conditionnements artificiels de la société [21].

52§ Le taoîsme prône le retrait de la société aliénante. Son modèle est l’homme caché, vivant sobrement sans chercher à briller par ses vertus, préoccupé uniquement de s’unifier dans la Voie, dans un mouvement d’involution.

53§ Le taoïsme théorique souligne la liberté du sage uni à la Voie, y compris par rapport à la mort : faisant un avec la Voie, le sage ne peut subir aucun dommage de la part des éléments et des êtres vivants. Cette immortalité, qui était un effet secondaire dans le taoïsme spéculatif, devient le but du taoïsme populaire plus pratique [22].

54§ Aux exercices de méditation et de concentration, le taoïsme pratique ajoute des gymnastiques inspirées des animaux, réputés plus accordés à la Voie que les hommes dénaturés par la société, l’idée étant de faire circuler le souffle harmonieusement dans le corps, en éliminant les blocages [23].

55§ Une autre technique, l’alchimie, cherche à renforcer la vitalité par des absorptions de pilules « d’immortalité » contenant du mercure extrait du cinabre : le rouge du mercure renvoie en effet au sang, à la vie, au yang dans le réseau de correspondances analogiques chinois.

56§ Comme ce régime avait empoisonné un certain nombre d’empereurs, l’alchimie externe a été abandonnée pour l’ alchimie interne : le corps est assimilé à un alambic à trois étages, l’essence vitale du bas ventre, raffinée, remontant au niveau du thorax (poumons et cœur) sous forme de souffle, lequel, raffiné, remonte au niveau de la tête sous une forme subtile. Le pratiquant forme à partir de cette substance totalement spirituelle un enfançon immortel qu’il visualise au dessus de lui.


Conclusion – Synthèse sous forme de tableau

La valeur ultime

La visée

La méthode

Bouddhisme

Nirvana - Nature de Bouddha - Libération du samsara - L’arhat – le bodhisattva Octuple chemin -méditation (Chan / Zen) - La carrière du Bodhisattva - Transmutation spirituelle

Hindouisme

L’absolu Brahman avec ou sans attribut - L’ordre socio-cosmique Dharma Libération du samsara - L’union / fusion avec l’absolu les trois voies de la connaissance, des actes, de l’adoration

Confucianisme

La vertu qui illumine L’homme vertueux Culture de soi

Taoïsme

La Voie Le saint accordé au Tao - Le saint immortel Non faire - Diététique, gymnastique, alchimie interne

[En conclusion de la conférence à l’origine de cet article, nous nous sommes exprimés à partir de notre position confessante. Nous ne reprenons pas ces propos qui sont hors sujet ici]

Merci de votre attention


© fr. Franck Guyen op, juillet 2021


[1reprise d’une conférence de 90 minutes donnée le 2 juin 2021 à l’Institut Saint Jean Douai

[2contre la vulgate occidentale qui assimile le bouddhisme à une philosophie, nous maintenons que le bouddhisme fait partie des religions pour deux raisons :

  • le bouddhisme fonctionne comme une religion pour les populations asiatiques ;
  • le phénomène religieux, mondial, ne se réduit pas au monothéiste occidental, juif, chrétien ou musulman.

Par religion, nous entendons un réseau de choses à croire et à faire porté par une communauté qui se les transmet de génération en génération.

  • La religion propose de se relier – du latin religere - à un ailleurs, un au-delà, un monde invisible distinct de notre monde matériel sensible, qui lui est contigu ou qui relève d’un autre niveau de réalité, ou même qui constitue la seule réalité ;
  • la communication est possible entre ces deux mondes, par l’intermédiaires de techniques, de rites impliquant des postures corporelles, des gestes avec éventuellement manipulation d’objets spécifiques, des paroles en langue vernaculaire ou non, des offrandes matérielles ;
  • ces techniques sont mobilisées par les adeptes ou par un corps d’officiants spécialisés reconnu par la communauté (les « virtuoses » et les « professionnels » du religieux)

Nous ne développons pas plus

[3les dates dans cet article s’entendent dans le calendrier standard chrétien

[4Cette peinture sur soie japonaise du treizième figurait sur l’autel des ancêtres de ma famille.

[5Nous mettons une minuscule au mot « bouddha » quand il fonctionne comme un nom commun

[6sa réponse sort de l’orthodoxie brahmanique dans la mesure où, pour lui, l’âme n’existe pas – doctrine de l’anâtman .
Par ailleurs, le bouddhisme ne reçoit pas les écrits sacrés védiques et pour lui, les divinités hindoues sont elles aussi prisonnières du cycle de vies et de morts.
Enfin, il critique les pratiques corporelles mortifiantes des ascètes hindous ainsi que leur inhalation de cannabis ou de haschich dans le chilum

[7Nous privilégions la doctrine du Triple poison à la doctrine des Quatre nobles vérités

[8Nous décrivons ici l’Octuple sentier, la Quatrième noble vérité

[9nous ne pratiquons pas la distinction bouddhiste – bouddhique, sans réelle valeur ajoutée

[10Le Grand véhicule qualifie péjorativement le Therava de « Petit véhicule » Hinayana, lui reprochant son étroitesse d’esprit : le « Petit véhicule » serait destiné à un petit nombre de moines soucieux seulement de leur salut individuel tandis que le Grand véhicule serait plus spacieux, permettant aux « laïcs » et pas seulement aux moines de réaliser la perfection bouddhiste.

[11Le moine zen japonais Hakuin au 17e siècle est réputé entre autres pour avoir créé le paradoxe suivant : « Tout le monde sait le bruit que font deux mains qui claquent ensemble. Que fait le bruit d’une main ? »

[12à ne pas confondre avec la caste des brahmanes ni avec la divinité Brahma

[14Avatar signifie « descendre ».
Vishnou « descend périodiquement sur terre sous des formes différentes afin de rétablir l’ordre cosmique dharma compromis par les démons.

[16en sanskrit :
Saguna Brahman : absolu avec attributs ; Nirguna Brahman : Absolu sans attributs - nâma rûpa : nom et forme

[17Les Cinq classiques :

  • Le Canon des poèmes (詩經 Shī Jīng).
  • Le Canon de l’histoire (書經 Shū Jīng). Histoire des rois depuis Yao et Shun jusqu’aux Zhou
  • Le Livre des mutations ou Yi King (易經 Yì Jīng)
  • Le Livre des rites (禮記 Lǐ Jì)
  • Les Annales des printemps et des Automnes (春秋 Chūn Qiū, alias 麟經 Lín Jīng) : chronique des 12 princes de Lu (-772 -481) : événements politiques militaires, naturels (éclipses, inondations, tremblements de terre).

Le classique du Canon de la musique 樂經 a été perdu.

[18Notons que seule la dernière relation relie des égaux, les quatre autres impliquent une hiérarchie entre les deux personnes

[20道德經 Dàodéjīng connu aussi comme le Tao tô king en France


Voir aussi la chaîne YouTube associée "The Big Picture - La grande image"