L’imitation du Christ de Thomas a Kempis : un florilège
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Les extraits proviennent de la traduction de l’abbé Félicité de Lamennais en 1824 sur le site http://yves.petrakian.free.fr/
Table des matières
Le propos
Imiter le Christ en cultivant les vertus plus que le savoir
Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, dit le Seigneur [1]. Ce sont les paroles de Jésus-Christ, par lesquelles il nous exhorte à imiter sa conduite et sa vie, si nous voulons être vraiment éclairés et délivrés de tout aveuglement du cœur. Que notre principale étude soit donc de méditer la vie de Jésus- Christ.
La doctrine de Jésus-Christ surpasse toute doctrine des Saints : et qui posséderait son esprit y trouverait la manne cachée [2]. Mais il arrive que plusieurs, à force d’entendre l’Evangile, n’en sont que peu touchés, parce qu’ils n’ont point l’esprit de Jésus-Christ.
Voulez-vous comprendre parfaitement et goûter les paroles de Jésus-Christ ? [3] Appliquez-vous à conformer toute votre vie à la sienne.
Que vous sert de raisonner profondément sur la Trinité, si vous n’êtes pas humble, et que par-là vous déplaisez à la Trinité ?
Certes, les discours sublimes ne font pas l’homme juste et saint, mais une vie pure [vertueuse] rend cher à Dieu.
J’aime mieux sentir la componction que d’en savoir la définition.Quand vous sauriez toute la Bible par cœur et toutes les sentences des philosophes, que vous servirait tout cela sans la grâce et la charité ?
Vanité des vanités, tout n’est que vanité [4] hors aimer Dieu et le servir lui seul. - liv.1 chap.1
1. Rencontrer le Christ à l’intérieur de soi
Le royaume de Dieu est au dedans de vous, dit le Seigneur [5]. Revenez à Dieu de tout votre cœur, laissez là ce misérable monde, et votre âme trouvera le repos.
Apprenez à mépriser les choses extérieures et à vous donner aux intérieures, et vous verrez le royaume de Dieu venir en vous. Car le royaume de Dieu est paix et joie dans l’Esprit Saint [6] ce qui n’est pas donné aux impies.
Jésus-Christ viendra à vous et il vous remplira de ses consolations, si vous lui préparez au-dedans de vous une demeure digne de lui.
Toute sa gloire et toute sa beauté est intérieure ; c’est dans le secret du cœur qu’il se plaît [7]. Il visite souvent l’homme intérieur et ses entretiens sont doux, ses consolations ravissantes ; sa paix est inépuisable, et sa familiarité incompréhensible.Que sans cesse votre pensée monte vers le Très- Haut, et votre prière vers Jésus-Christ. Si vous ne savez pas encore vous élever aux contemplations célestes, reposez-vous dans la passion du Sauveur, et aimez à demeurer dans ses plaies sacrées.
Car, si vous vous réfugiez avec amour dans ces plaies et ces précieux stigmates, vous sentirez une grande force au temps de la tribulation ; vous vous inquiéterez peu du mépris des hommes et vous supporterez aisément les paroles médisantes. - Liv.2 chap.1
J’écouterai ce que le Seigneur Dieu dit en moi.
Heureuse l’âme qui entend le Seigneur lui parler intérieurement, et qui reçoit de sa bouche la parole de consolation !
Heureuses les oreilles toujours attentives à recueillir ce souffle divin, et sourdes au bruit du monde ! Heureuses, encore une fois, les oreilles qui écoutent non la voix qui retentit au-dehors, mais la vérité qui enseigne au-dedans !
Heureux les yeux qui, fermés aux choses extérieures, ne contemplent que les intérieures !Heureux ceux qui pénètrent les mystères que le cœur recèle, et qui, par des exercices de chaque jour [8] , tâchent de se préparer de plus en plus à comprendre les secrets du Ciel !
Heureux ceux dont la joie est de s’occuper de Dieu et qui se dégagent de tous les embarras du siècle !Considère ces choses, ô mon âme, et ferme la porte de tes sens, afin que tu puisses entendre ce que le Seigneur ton Dieu dit en toi.
Mon fils, écoutez mes paroles, paroles pleines de douceur, et qui surpassent toute la science des philosophes et des sages du monde.
Mes paroles sont esprit et vie, et l’on n’en doit pas juger par le sens humain.
Il ne faut pas en tirer une vaine complaisance, mais les écouter en silence et les recevoir avec une humilité profonde et un ardent amour. - Liv.3 chap1
Il y a une grande différence entre la sagesse d’un homme que la piété éclaire et la science qu’un docteur acquiert par l’étude. La science qui vient d’en haut et que Dieu lui-même répand dans l’âme, est bien supérieure à celle où l’homme parvient laborieusement par les efforts de son esprit. - liv.3 chap.31
Il faut chercher la vérité dans l’Ecriture sainte et non l’éloquence. Toute l’Ecriture doit être lue dans le même esprit qui l’a dictée.
Nous devons y chercher l’utilité plutôt que la délicatesse du langage. Nous devons lire aussi volontiers des livres simples et pieux que les livres profonds et sublimes.
... Dieu nous parle en diverses manières, et par des personnes très diverses.
Dans la lecture de l’Ecriture sainte, souvent notre curiosité nous nuit, voulant examiner et comprendre lorsqu’il faudrait passer simplement.
Si vous voulez en retirer du fruit, lisez avec humilité, avec simplicité, avec foi, et ne cherchez jamais à passer pour habile.
Aimez à interroger ; écoutez en silence les paroles des saints, et ne méprisez point les sentences des vieillards, car elles ne sont pas proférées en vain.- liv.1 chap.5
2. Combattre les inclinaisons de la nature
Le fidèle :
Seigneur mon Dieu, qui m’avez créé à votre image et à votre ressemblance, accordez-moi cette grâce dont vous m’avez montré l’excellence et la nécessité pour le salut, afin que je puisse vaincre ma nature corrompue, qui m’entraîne au péché et dans la perdition. Car je sens en ma chair la loi du péché qui contredit la loi de l’esprit, et m’asservit aux sens pour que je leur obéisse en esclave ; et je ne puis résister aux passions qu’ils soulèvent en moi, si vous ne me secourez, en ranimant mon cœur par l’effusion de votre sainte grâce.Votre grâce, et une grâce très grande, est nécessaire pour vaincre la nature, inclinée au mal dès l’enfance. Car, déchue en Adam, notre premier père, et dépravée par le péché, cette tache passe dans tous les hommes, et ils en portent la peine, de sorte que cette nature même, que vous avez créée dans la justice et dans la droiture, ne rappelle plus que la faiblesse et le dérèglement d’une nature corrompue, parce que, laissée à elle-même, son propre mouvement ne la porte qu’au mal et vers les choses de la terre.
Le peu de force qui lui est restée est comme une étincelle cachée sous la cendre.C’est cette raison naturelle, environnée de profondes ténèbres, sachant encore discerner le bien du mal, le vrai du faux, mais impuissante à accomplir ce qu’elle approuve, parce qu’elle ne possède pas la pleine lumière de la vérité et que toutes ses affections sont malades. - liv.3 chap. 55
Les mouvements de la nature et de la « grâce
Jésus-Christ :
Mon fils, lorsque le désir de l’éternelle béatitude vous est donné d’en haut et que vous aspirez à sortir de la prison du corps pour contempler ma lumière sans ombre et sans vicissitude, dilatez votre cœur et recevez avec amour cette sainte aspiration.
Rendez grâce de toute votre âme à la bonté céleste, qui vous prodigue ainsi ses faveurs, qui vous visite avec tendresse, vous excite, vous presse et vous soulève puissamment, de peur que votre poids ne vous incline vers la terre.La nature est pleine d’artifice ; elle attire, elle surprend, elle séduit, et n’a jamais d’autre fin qu’elle-même. La grâce, au contraire, agit avec simplicité et fuit jusqu’à la moindre apparence du mal ; elle ne tend point de pièges et fait tout pour Dieu seul, en qui elle se repose comme en sa fin.
La nature répugne à mourir ; elle ne veut point être contrainte, ni vaincue, ni assujettie, ni se soumettre volontairement. Mais la grâce porte à se mortifier soi-même, résiste à la sensualité, recherche l’assujettissement, aspire à être vaincue et ne veut pas jouir de sa liberté ; elle aime la dépendance, ne désire dominer personne, mais vivre, demeurer, être toujours sous la main de Dieu et, à cause de Dieu, elle est prête à s’abaisser humblement au-dessous de toute créature.
La nature agit en tout pour le gain et pour son avantage propre ; elle ne sait rien faire gratuitement mais, en obligeant, elle espère obtenir quelque chose d’égal ou de meilleur, des faveurs ou des louanges ; et elle veut qu’on tienne pour beaucoup tout ce qu’elle fait et tout ce qu’elle donne. La grâce ne veut rien de temporel, elle ne demande d’autre récompense que Dieu seul et ne désire des choses du temps, même les plus nécessaires, que ce qui peut lui servir pour acquérir les biens éternels.
...
Cette grâce est une lumière surnaturelle, un don spécial de Dieu ; c’est proprement le sceau des élus ; c’est le gage du salut éternel. De la terre, où son cœur gisait, elle élève l’homme jusqu’à l’amour des biens célestes, et le rend spirituel, de charnel qu’il était.
Plus donc la nature est affaiblie et vaincue, plus la grâce se répand avec abondance ; et chaque jour, par de nouvelles effusions, elle rétablit au-dedans de l’homme l’image de Dieu.
Chercher l’humilité, briser l’orgueil
L’ennemi le plus terrible et le plus dangereux pour votre âme, c’est vous, lorsque vous êtes divisé en vous-même. Il faut que vous appreniez à vous mépriser sincèrement si vous voulez triompher de la chair et du sang. L’amour désordonné que vous avez encore pour vous-même, voilà ce qui vous fait craindre de vous abandonner sans réserve à la volonté des autres.
Est-ce donc cependant un si grand effort que toi, poussière et néant, tu te soumettes à cause de Dieu, lorsque moi le Tout- Puissant, moi le Très-Haut, qui ai tout fait de rien, je me suis soumis humblement à l’homme à cause de toi ? Je me suis fait le plus humble et le dernier de tous afin que mon humilité t’apprît à vaincre ton orgueil.
Poussière, apprends à obéir, apprends à t’humilier, terre et limon, à t’abaisser sous les pieds de tout le monde. Apprends à briser ta volonté et à ne refuser aucune dépendance. ...
Fils du néant, qu’as-tu à te plaindre ? Pécheur couvert d’ignominie, qu’as-tu à répondre, quelque reproche qu’on t’adresse, toi qui as tant de fois offensé Dieu, tant de fois mérité l’enfer ?
Mais ma bonté t’a épargné parce que ton âme a été précieuse devant moi ; mais je ne t’ai point délaissé afin que tu connusses mon amour et que mes bienfaits ne cessassent jamais d’être présents à ton cœur, que tu fusses toujours prêt à te soumettre, à t’humilier et à souffrir les mépris et la patience.
Jésus-Christ :
Si vous faites dépendre votre paix de quelque personne, à cause de l’habitude de vivre avec elle et de la conformité de vos sentiments, vous serez dans l’inquiétude et le trouble. Mais si vous cherchez votre appui dans la vérité immuable et toujours vivante, vous ne serez point accablé de tristesse quand un ami s’éloigne ou meurt.Toute amitié doit être fondée sur moi ; et c’est pour moi que vous devez aimer tous ceux qui vous paraissent aimables et qui vous sont les plus chers en cette vie. Sans moi, l’amitié est stérile et dure peu, et toute affection dont je ne suis pas le lien n’est ni véritable ni pure.
Vous devez être mort à toutes ces affections humaines, jusqu’à souhaiter de n’avoir, s’il se pouvait, aucun commerce avec les hommes.
Plus l’homme s’éloigne des consolations de la terre, plus il s’approche de Dieu. Et il s’élève d’autant plus vers Dieu qu’il descend plus profond en lui-même, et qu’il est plus vil à ses propres yeux. - Liv.3 chap.42
3. Mortifier sa volonté propre
Rechercher la plus grande gloire de Dieu d’abord
Jésus-Christ :
Mon fils, dites en toutes choses : Seigneur, qu’il soit ainsi, si c’est votre volonté ; Seigneur, que cela se fasse en votre nom, si vous devez en être honoré. Si vous voyez que cela me soit bon, si vous jugez que cela me soit utile, alors donnez-le-moi, afin que j’en use pour votre gloire. Mais si vous savez que cela me nuira ou ne servira point au salut de mon âme, éloignez de moi ce désir.Car tout désir n’est pas de l’Esprit-Saint, même lorsqu’il paraît bon et juste à l’homme. Il est difficile de discerner avec certitude si c’est l’esprit bon ou mauvais qui vous porte à désirer ceci ou cela, ou même votre esprit propre. Il s’est trouvé à la fin que plusieurs étaient dans l’illusion, qui semblaient d’abord être conduits par le bon esprit.
Ainsi, tout ce qui se présente de désirable à votre esprit, vous devez le désirer toujours et le demander avec une grande humilité de cœur, et surtout avec une pleine résignation, vous abandonnant à moi sans réserve et disant : Seigneur, vous savez ce qui est le mieux ; que ceci ou cela se fasse comme vous le voulez. Donnez ce que vous voulez, autant que vous le voulez et quand vous le voulez.
Faites de moi ce qu’il vous plaira, selon ce que vous savez être bon, et pour votre plus grande gloire.
Placez-moi où vous voudrez et disposez absolument de moi en toutes choses. Je suis dans votre main, tournez-moi et retournez-moi en tout sens à votre gré. Voilà que je suis prêt à vous servir en tout. Car je ne désire point vivre pour moi, mais pour vous seul : heureux si je le pouvais dignement et parfaitement. - Liv.3 chap.15
S’offrir sans réserve à la volonté du Christ
Gardez-vous aussi de concevoir une haute idée de vous-même et d’imaginer que Dieu vous chérit particulièrement, si vous sentez votre cœur rempli d’une piété tendre et douce ; car ce n’est pas en cela qu’on reconnaît celui qui aime vraiment la vertu, ni en cela que consiste le progrès de l’homme et sa perfection.
Le fidèle :
En quoi donc, Seigneur
Jésus-Christ :
A vous offrir de tout votre cœur à la volonté divine ; à ne vous rechercher en aucune chose, ni petite, ni grande, ni dans le temps ni dans l’éternité ; de sorte que, regardant du même œil et pesant dans la même balance les biens et les maux, vous m’en rendiez également grâces.
Et ce n’est pas tout ; il faut encore que vous soyez si ferme, si constant dans l’espérance, que, privé intérieurement de toute consolation, vous prépariez votre cœur à de plus dures épreuves, sans jamais vous justifier vous-même comme si vous ne méritiez pas de tant souffrir, mais reconnaissant au contraire ma justice et louant ma sainteté dans tout ce que j’ordonne.
Alors vous marcherez dans la voie droite, dans la véritable voie de la paix, et vous pourrez avec assurance espérer de revoir mon visage dans l’allégresse. Que si vous parvenez à un parfait mépris de vous-même, je vous le dis, vous jouirez d’une paix aussi profonde qu’il est possible en cette vie d’exil. Liv.3 chap.25
Ne pas s’attacher aux consolations
Jésus-Christ :
Mon fils, lorsque la grâce vous inspire des mouvements de piété, il est meilleur pour vous et plus sûr de tenir cette grâce cachée, de ne vous en point élever, d’en parler peu et de ne pas vous exagérer sa grandeur ; mais plutôt de vous mépriser vous-même et de craindre une faveur dont vous êtes indigne. Il ne faut pas s’attacher trop à un sentiment qui bientôt peut se changer en un sentiment contraire. Quand la grâce vous est donnée, songez combien vous êtes pauvre et misérable sans la grâce.
Le progrès de la vie spirituelle ne consiste pas seulement à jouir des consolations de la grâce, mais à en supporter la privation avec humilité, avec abnégation, avec patience, de sorte qu’alors on ne se relâche point dans l’exercice de la prière, et qu’on n’abandonne aucune de ses pratiques accoutumées.
Des indiscrets se sont perdus par la grâce même de la dévotion, parce qu’ils ont voulu faire plus qu’ils ne pouvaient, ne mesurant point leur faiblesse, mais suivant plutôt l’impétuosité de leur cœur que le jugement de la raison. Et parce qu’ils ont aspiré, dans leur présomption, à un état plus élevé que celui où Dieu les voulait, ils ont promptement perdu la grâce. Ils avaient placé leur demeure dans le ciel, et tout à coup on les a vus pauvres et délaissés dans leur misère, afin que par l’humiliation et le dénuement ils apprissent à ne plus tenter de s’élever sur leurs propres ailes, mais à se réfugier sous les miennes.Ceux qui sont encore nouveaux et sans expérience dans les voies de Dieu peuvent aisément s’égarer et se briser sur les écueils, s’ils ne se laissent conduire par des personnes prudentes. Que s’ils veulent suivre leur sentiment plutôt que de croire à l’expérience des autres, le résultat leur en sera funeste, si toutefois ils s’obstinent dans leur propre sens.
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C’est une pratique sage que de penser, durant la ferveur, à ce qu’on sera dans la privation de la lumière. Et quand vous en êtes en effet privé, songez qu’elle peut revenir et que je ne vous l’ai retirée pour un temps qu’en vue de ma gloire et pour exciter votre vigilance.
Souvent une telle épreuve vous est plus utile que si tout vous succédait constamment selon vos désirs. Car pour juger du mérite, on ne doit pas regarder si quelqu’un a beaucoup de visions ou de consolations, ou s’il est habile dans l’Ecriture sainte, ou s’il occupe un rang élevé, mais s’il est affermi dans la véritable humilité et rempli de la charité divine ; s’il cherche en tout et toujours uniquement la gloire de Dieu ; s’il est bien convaincu de son néant ; s’il a pour lui-même un mépris sincère, et s’il se réjouit plus d’être méprisé des autres et humilié par eux, que d’en être honoré. - Liv. 3 chap. 7
La consolation des consolations
Toute consolation humaine est vide et dure peu. La vraie, la douce consolation est celle que la vérité fait sentir intérieurement.
L’homme pieux porte avec lui partout Jésus, son consolateur, et lui dit : Seigneur, soyez près de moi en tout temps et en tout lieu.
Que ma consolation soit d’être volontiers privé de toute consolation humaine.
Et si la vôtre me manque aussi, que votre volonté et cette juste épreuve me soient une consolation au-dessus de toutes les autres.
Car vous ne serez pas toujours irrité, et vos menaces ne seront point éternelles [11]. - Liv.3 chap.16
Jésus-Christ :
Mon fils, c’est ainsi que vous devez être, si vous ne voulez pas vous séparer de moi. Il faut que vous soyez préparé à la souffrance autant qu’à la joie, au dénuement et à la pauvreté autant qu’aux richesses et à l’abondance.
Le fidèle :
Seigneur, je souffrirai volontiers pour vous tout ce que vous voudrez qui vienne sur moi. Je veux recevoir indifféremment de votre main, le bien et le mal, les douceurs et les amertumes, la joie et la tristesse, et vous rendre grâce de tout ce qui m’arrivera.
Préservez-moi à jamais de tout péché et je ne craindrai ni la mort, ni l’enfer. Pourvu que vous ne me rejetiez pas, et que vous ne m’effaciez pas du livre de vie, aucune tribulation ne peut me nuire. liv.3 chap. 17
La vraie patience endure l’outrage d’où qu’il vient
Ne dites pas : Je ne puis supporter cela d’un tel homme ; ce sont des offenses qu’on n’endure point. Il m’a fait un très grand tort, et il me reproche des choses auxquelles je n’ai jamais pensé ; mais d’un autre je le souffrirais avec moins de peine, et comme je croirais devoir le souffrir.
Ce discours est insensé ; car au lieu de considérer la vertu de patience et ce qui doit la couronner, c’est regarder seulement à l’injure et à la personne de qui on l’a reçue. Celui-là n’a pas la vraie patience qui ne veut souffrir qu’autant qu’il lui plaît et de qui il lui plaît.
L’homme vraiment patient n’examine point qui l’éprouve, si c’est son supérieur, son égal ou son inférieur, un homme de bien ou un méchant. Mais, indifférent sur les créatures, il reçoit de la main de Dieu, avec reconnaissance et aussi souvent qu’il le veut, tout ce qui lui arrive de contraire, et l’estime un grand gain. - Liv. 3 chap.19
4. Le prêtre et le religieux
Le prêtre, ses obligations, son service
Vous avez été fait prêtre, et consacré pour célébrer les saints mystères ; maintenant soyez fidèle à offrir à Dieu le sacrifice avec ferveur, [foi et pieté] au temps convenable [12] et que toute votre conduite soit irrépréhensible [13].
Votre fardeau n’est pas plus léger ; vous êtes lié au contraire par des obligations plus étroites, et obligé à une plus grande sainteté. [une sainteté plus parfaite]
Un prêtre doit être orné de toutes les vertus et donner aux autres l’exemple d’une vie pure [bonne] [14]
Ses mœurs ne doivent point ressembler à celles du peuple [la manière de vivre ne suit point les voies vulgaires et communes des hommes] : il ne doit pas marcher dans les voies communes ; mais il doit vivre comme les anges dans le ciel ou comme les hommes parfaits sur la terre.Le prêtre, revêtu des habits sacrés, tient la place de Jésus-Christ afin d’offrir à Dieu d’humbles supplications pour lui-même et pour tout le peuple...
se souvenant qu’il est établi médiateur entre Dieu et le pécheur, il ne se lasse point d’offrir des prières et des sacrifices [l’oblation sainte], jusqu’à ce qu’il ait obtenu [mérite d’obtenir] grâce et miséricorde.
Quand le prêtre célèbre, il honore Dieu, il réjouit les anges, il édifie l’Eglise, il procure des secours aux vivants, du repos aux morts, et se rend lui-même participant de tous les biens. - Liv.4 chap.5
Oh ! qu’elles sont grandes, qu’elles sont glorieuses les fonctions des prêtres, à qui il a été donné de consacrer le Dieu de majesté par des paroles saintes, de le bénir de leurs lèvres, de le tenir entre leurs mains, de le recevoir dans leur bouche et de le distribuer aux autres hommes !
Oh ! qu’elles doivent être innocentes [nettes] les mains du prêtre, que sa bouche doit être pure, son corps saint [chaste], et son âme exempte des plus légères taches [cœur immaculé], pour recevoir si souvent l’auteur de la pureté !
Il ne doit sortir rien que de saint, rien que d’honnête, rien que d’utile, de la bouche du prêtre qui participe si fréquemment au Sacrement de Jésus-Christ.
Qu’ils soient simples et chastes les yeux qui contemplent habituellement le Corps de Jésus-Christ. Qu’elles soient pures et élevées au ciel les mains qui touchent sans cesse le Créateur du ciel et de la terre.
C’est aux prêtres surtout qu’il est dit dans la Loi : Soyez saints, parce que je suis saint, moi le Seigneur votre Dieu [15].Que votre grâce nous aide, ô Dieu tout- puissant ! nous qui avons été revêtus du sacerdoce, afin que nous puissions vous servir dignement, avec une vraie piété et une conscience pure. [16]
Et si nous ne pouvons vivre dans une innocence aussi parfaite que nous le devrions, accordez-nous du moins de pleurer sincèrement nos fautes et de former en esprit d’humilité la ferme résolution de vous servir désormais avec plus de ferveur. - Liv.4 chap.11
La voie étroite de la profession religieuse
C’est un grand honneur, une grande gloire de vous servir, et de mépriser tout à cause de vous. Car ils recevront des grâces abondantes, ceux qui se courbent sous votre joug très saint. Ils seront abreuvés de la délectable consolation de l’Esprit-Saint, ceux qui pour votre amour auront rejeté tous les plaisirs des sens.
Ils jouiront d’une grande liberté d’esprit, ceux qui pour la gloire de votre nom seront entrés dans la voie étroite et auront renoncé à toutes les sollicitudes du monde.ô aimable et douce servitude de Dieu, dans laquelle l’homme retrouve la vraie liberté et la sainteté !
ô saint assujettissement de la vie religieuse [servitude religieuse] qui rend l’homme
agréable à Dieu, égal aux anges, terrible aux démons, respectable à tous les fidèles !
ô esclavage digne à jamais d’être désiré, embrassé, puisqu’il nous mérite le souverain bien et nous assure une joie éternelle. - Liv.3 chap. 10
Les exercices d’un bon religieux
La vie d’un vrai religieux doit briller de toutes les vertus, de sorte qu’il soit tel intérieurement qu’il paraît devant les hommes. Et certes il doit être encore bien plus parfait au-dedans qu’il ne le semble au- dehors, parce que Dieu nous regarde [17], et que nous devons partout où nous sommes le révérer profondément et marcher en sa présence purs comme des anges.
Nous devons chaque jour renouveler notre résolution, nous exciter à la ferveur, comme si notre conversion commençait aujourd’hui seulement, et dire : Aidez-moi, Seigneur, dans mes saintes résolutions et dans votre service ; donnez-moi de bien commencer maintenant car ce que j’ai fait jusqu’ici n’est rien. ...
. Si nous omettons quelquefois nos exercices ordinaires par quelque motif pieux ou pour l’utilité de nos frères, il nous sera facile ensuite de réparer cette omission. Mais si nous les abandonnons sans sujet, par ennui ou par négligence, c’est une faute grave et qui nous sera funeste.
... Il faut examiner et régler également notre intérieur et notre extérieur, parce que l’un et l’autre servent à nos progrès. Ne pouvez-vous continuellement vous recueillir, recueillez-vous au moins de temps en temps, au moins une fois le jour, le matin ou le soir. Le matin, formez vos résolutions ; le soir, examinez votre conduite, ce que vous avez été dans vos paroles, vos actions, vos pensées ; car peut- être en cela avez-vous souvent offensé Dieu et le prochain.
Tel qu’un soldat plein de courage, armez-vous contre les attaques du démon.
Réprimez l’intempérance, et vous réprimerez plus aisément les autres désirs de la chair.Ne soyez jamais tout à fait oisif, mais lisez, ou écrivez, ou priez, ou méditez, ou travaillez à quelque chose d’utile à la communauté. Il ne faut cependant s’appliquer qu’avec discrétion aux exercices du corps, et ils ne conviennent pas également à tous.
Ce qui sort des pratiques communes ne doit point paraître au-dehors ; il est plus sûr de remplir en secret ses exercices particuliers. Prenez garde cependant de négliger les exercices communs pour ceux de votre choix. Mais après avoir accompli fidèlement et pleinement les devoirs prescrits, s’il vous reste du temps, rendez-vous à vous-même selon le mouvement de votre dévotion.
Tous ne sauraient suivre les mêmes exercices : l’un convient mieux à celui- ci, l’autre à celui-là. On aime même à les diversifier selon les temps ; il y en a qu’on goûte plus aux jours de fêtes, et d’autres aux jours ordinaires. Les uns nous sont nécessaires au temps de la tentation, les autres au temps de la paix et du repos.
Autres sont les pensées qui nous plaisent dans la tristesse, ou quand nous éprouvons de la joie en Dieu.Il faut, vers l’époque des grandes fêtes, renouveler nos pieux exercices et implorer avec plus de ferveur les suffrages des saints. Proposons-nous de vivre d’une fête à l’autre comme si nous devions alors sortir de ce monde, et entrer dans l’éternelle fête.
Et pour cela préparons-nous avec soin dans ces saints temps par une vie plus pieuse, par une plus sévère observance des règles, comme devant bientôt recevoir de Dieu le prix de notre travail. Et si ce moment est différé, croyons que nous ne sommes pas encore bien préparés ni dignes de cette gloire immense qui nous sera découverte en son temps, et redoublons d’efforts pour nous mieux disposer à ce passage. Heureux le serviteur, dit Saint Luc, que le Seigneur, quand il viendra, trouvera veillant. Je vous dis en vérité qu’il l’établira sur tous ses biens. - LIv.1 chap.19
Cherchez un temps propre à vous occuper de vous-même et pensez souvent aux bienfaits de Dieu. Laissez là ce qui ne sert qu’à nourrir la curiosité. Lisez plutôt ce qui touche le cœur que ce qui amuse l’esprit.
Retranchez les discours superflus, les courses inutiles ; fermez l’oreille aux vains bruits du monde, et vous trouverez assez de loisir pour les saintes méditations.Les plus grands saints évitaient autant qu’il leur était possible le commerce des hommes et préféraient vivre en secret avec Dieu. ...
Cependant la confiance des saints a toujours été pleine de la crainte de Dieu : quel que fût l’éclat de leurs vertus, quelque abondantes que fussent leurs grâces, ils n’en étaient ni moins humbles ni moins vigilants. L’assurance des méchants naît, au contraire, de l’orgueil et de la présomption, et finit par l’aveuglement.
Ne vous promettez point de sûreté en cette vie, quoique vous paraissiez être un saint religieux ou un pieux solitaire. Souvent les meilleurs dans l’estime des hommes ont couru les plus grands dangers à cause de leur trop de confiance.
Il est donc utile à plusieurs de n’être pas entièrement délivré des tentations et de souffrir des attaques fréquentes, de peur que, tranquilles sur eux-mêmes, ils ne s’élèvent avec orgueil ou qu’ils ne se livrent trop aux consolations du dehors....Nul n’est digne des consolations célestes s’il ne s’est exercé longtemps dans la sainte componction. Si vous désirez la vraie componction du cœur, entrez dans votre cellule et bannissez-en le bruit du monde ; selon qu’il est écrit : Même sur votre couche, que votre cœur soit plein de componction.
Vous trouverez dans votre cellule ce que souvent vous perdrez au-dehors. La cellule qu’on quitte peu devient douce ; fréquemment délaissée, elle engendre l’ennui. Si dès le premier moment où vous sortez du siècle, vous êtes fidèle à la garder, elle vous deviendra comme une amie chère et sera votre consolation la plus douce. Dans le silence et le repos, l’âme pieuse fait de grands progrès et pénètre ce qu’il y a de caché dans l’Ecriture. Là elle trouve la source des larmes dont elle se lave et se purifie toutes les nuits, et elle s’unit d’autant plus familièrement à son Créateur qu’elle vit plus éloignée du tumulte du monde.
...
Levez les yeux en haut vers Dieu et priez pour vos péchés et vos négligences. Laissez aux hommes vains les choses vaines ; pour vous, ne vous occupez que de ce que Dieu vous commande. Fermez sur vous votre porte et appelez à vous Jésus, votre bien-aimé. Demeurez avec lui dans votre cellule : car vous ne trouverez nulle part autant de paix. - LIv1. chap.20
5. Le sacrement de la communion
Vous m’ordonnez d’aller à vous avec confiance, si je veux avoir part avec vous, et de me nourrir du pain de l’immortalité, si je veux obtenir la vie et la gloire éternelle. Venez, dites-vous, venez à moi, vous tous qui souffrez et qui êtes oppressés, et je vous ranimerai. ô douce et aimable parole à l’oreille d’un pécheur ! vous invitez, Seigneur mon Dieu, le pauvre et l’indigent à la participation de votre corps sacré. Mais qui suis-je, Seigneur, pour oser m’approcher de vous ? Voilà que les cieux ne peuvent vous contenir, et vous dites : Venez tous à moi.
D’où vient cette miséricordieuse condescendance, une si tendre invitation ? Comment oserai-je aller à vous, moi qui ne sens en moi-même aucun bien qui puisse me donner quelque confiance ? Comment vous recevrai-je en ma maison, moi qui ai si souvent outragé votre bonté ? Les anges et les archanges vous adorent en tremblant, les saints et les justes sont saisis de frayeur ; et vous dites : Venez tous à moi ! Si ce n’était vous qui le dites, Seigneur, qui pourrait le croire ? Et si vous n’ordonniez vous-même d’approcher de vous, qui en aurait l’audace ?
...
Rarement suis-je bien recueilli, plus rarement suis-je libre de toute distraction. Et certes, en votre divine et salutaire présence, nulle pensée profane ne devrait s’offrir à mon esprit, nulle créature ne devrait l’occuper, car ce n’est pas un ange, mais le Seigneur des anges que je dois recevoir en moi.
...
ô Dieu Créateur invisible du monde ! que vous êtes admirable dans ce que vous faites pour nous ! avec quelle bonté, quelle tendresse vous veillez sur vos élus, vous donnant vous-même à eux pour nourriture dans votre Sacrement !
C’est là ce qui surpasse toute intelligence, ce qui, plus qu’aucune autre chose, attire àvous les cœurs pieux et enflamme leur amour. Car vos vrais fidèles, occupés toute leur vie de se corriger, puisent dans la fréquente réception de cet auguste sacrement une merveilleuse ferveur et un zèle ardent pour la vertu. - Liv.4 chap.1
L’offrande spirituelle de soi-même
Après avoir confessé et déploré avec une grande douleur et un vif sentiment de votre faiblesse ces défauts et tous les autres qui peuvent être en vous, formez un ferme propos de vous corriger et d’avancer dans la vertu.
Offrez-vous ensuite avec une pleine résignation et sans aucune réserve [avec un complet abandon et une volonté entière] sur l’autel de votre cœur, comme un holocauste perpétuel ; en l’honneur de mon nom, m’abandonnant entièrement le soin de votre corps et de votre âme, afin d’obtenir ainsi la grâce de célébrer dignement le saint Sacrifice et de recevoir avec fruit le Sacrement de mon corps.
Car il n’est point d’oblation plus méritoire ni de satisfaction plus grande pour [effacer] les péchés, que de s’offrir soi-même sincèrement [et sans réserve] à Dieu en lui offrant, à la messe et dans la communion, le Corps de Jésus-Christ. - Liv.4 chap.7
Don total du Christ au Père - Bannir les scrupules
Voix du Bien-Aimé
Comme je me suis offert volontairement [spontanément] pour vos péchés à mon Père, les bras étendus sur la Croix et le corps nu, ne réservant rien et m’immolant tout entier pour apaiser Dieu, ainsi vous devez tous les jours, dans le sacrifice de la Messe, vous offrir à moi comme une hostie pure et sainte, du plus profond de votre cœur et de toutes les puissances de votre âme.
Que demandé-je de vous sinon que vous vous abandonniez à moi sans réserve ?
Je me suis offert tout entier pour vous à mon Père, je vous ai donné tout mon Corps et tout mon Sang pour nourriture, afin d’être tout à vous et que vous fussiez à jamais tout à moi.
Mais si vous demeurez en vous-même [attachés à vous-mêmes], si vous ne vous abandonnez pas sans réserve à ma volonté, votre oblation n’est pas entière et nous ne serons pas unis parfaitement.Agissez selon le conseil des personnes prudentes et bannissez de votre cœur l’anxiété et les scrupules, parce qu’ils détruisent la piété et sont un obstacle à la grâce de Dieu.
Ne vous privez point de la sainte communion dès que vous éprouverez quelque trouble ou une légère peine de conscience ; mais confessez-vous au plus tôt et pardonnez sincèrement aux autres les offenses que vous avez reçues d’eux.- Liv. 4 chap. 8
© fr. Franck Guyen op, février 2022
[1] Jn 8,12
[2] Ap 2,17
[3] Voir aussi :
" Il y a beaucoup de choses qu’il importe peu ou qu’il n’importe point à l’âme de connaître ; et celui-là est bien insensé qui s’occupe d’autre chose que de ce qui intéresse son salut. La multitude des paroles ne rassasie point l’âme ; mais une vie sainte [vertueuse] rafraîchit l’esprit et une conscience pure donne une grande confiance près de Dieu".
Liv.1 chap.2
[4] Eccl,1,2
[5] Lc 17,21
[6] Rom 14,17
[7] Ps 44,14
[8] pratique "de tout pieux exercice, du culte des saints, de la méditation de mes douleurs et de ma mort, du souvenir si utile de vos péchés, de l’attention de veiller sur votre cœur, et du ferme propos d’avancer dans la vertu". (Liv. 3 chap.6)
[9] Voir aussi :
Que nous importe ce qu’on dit sur les genres et sur les espèces ? Celui à qui parle le Verbe éternel est délivré de bien des opinions. Tout vient de ce Verbe unique, de lui procède toute parole, il en est le principe, et c’est lui qui parle en dedans de nous. ...
Souvent j’éprouve un grand ennui à force de lire et d’entendre ; en vous est tout ce que je désire, tout ce que je veux. Que tous les docteurs se taisent, que toutes les créatures soient dans le silence devant vous : parlez-moi vous seul.
Plus un homme est recueilli en lui-même, et dégagé des choses extérieures, plus son esprit s’étend et s’élève sans aucun travail, parce qu’il reçoit d’en haut la lumière de l’intelligence
Liv.1 chap. 3
[10] Sur les méfaits du vain savoir :
"Parce que plusieurs s’occupent davantage de savoir que de bien vivre, ils s’égarent souvent, et ne retirent que peu ou point de fruit de leur travail.
Oh ! s’ils avaient autant d’ardeur pour extirper leurs vices et pour cultiver la vertu que pour remuer de vaines questions, on ne verrait pas tant de maux et de scandales dans le peuple, ni tant de relâchement dans les monastères.
Certes, au jour du jugement on ne nous demandera point ce que nous avons lu, mais ce que nous avons fait ; ni si nous avons bien parlé, mais si nous avons bien vécu.
Dites-moi où sont maintenant ces maîtres et ces docteurs que vous avez connus lorsqu’ils vivaient encore, et lorsqu’ils florissaient dans leur science ? D’autres occupent à présent leur place, et je ne sais s’ils pensent seulement à eux. Ils semblaient, pendant leur vie, être quelque chose, et maintenant on n’en parle plus. Oh ! que la gloire du monde passe vite !
Plût à Dieu que leur vie eût répondu à leur science ! Ils auraient lu alors et étudié avec fruit. Qu’il y en a qui se perdent dans le siècle par une vaine science, et par l’oubli du service de Dieu. Et, parce qu’ils aiment mieux être grands que d’être humbles, ils s’évanouissent dans leurs pensées. " - Liv.1 chap. 3
[11] ps. 52,9
[12] Num 9,13
[13] Tob 10,13
[14] Tit 2,7
[15] Lev 19,2
[16] 1 Tim 1,3
[17] Prov. 24,12
