À propos des Exercices spirituels d’Ignace de Loyola.
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Table des matières
- Chronologie
- 1. Les principes généraux de la retraite selon les Exercices Spirituels
- 2. Le déroulement de la retraite
- 3. Les exercices des semaines 2 à 4
Chronologie
| 1491 | Naissance d’Ignace de Loyola en pays basque |
| 1492 | Découverte de l’Amérique par l’Europe |
| 1520 | Rupture entre l’augustinien Martin Luther (1483-1546) et Rome |
| 1521 | Ignace est blessé au siège de Pampelune. Il lit la Vie du Christ du chartreux Ludolphe de Saxe et la Légende dorée du dominicain Jacques de Voragine (1228-1298). Il décide de quitter la vie mondaine. |
| 1522 | Ignace séjourne à Manrèse jusqu’en 1523. Il découvre l’Imitation de Jésus-Christ de l’augustinien Thomas a Kempis. Ignace reçoit une illumination le long du Cardoner [1] |
| 1524 | Ignace part en pèlerinage à Jérusalem. Il doit renoncer à son projet de rester en Terre Sainte |
| 1530 | Ignace étudie à Paris (jusqu’en 1535) |
| 1532 | Publication à titre posthume du Prince de Nicolas Machiavel (1469-1527) |
| 1534 | Les « compagnons » et Ignace font leur vœu à Montmartre |
| 1538 | Les compagnons sont ordonnés à Venise et, face à l’échec de leur voyage en Terre sainte, se mettent à la disposition du pape Paul III (pape de 1534 à 1549) |
| 1540 | Le pape Paul III approuve la fondation de la Compagnie de Jésus par la bulle « Regimini militantis ecclesiae ». Ignace est élu supérieur général l’année suivante. |
| 1543 | Publication à Nuremberg du De Revolutionibus de Copernic (1473-1543) |
| 1544 | Ignace établit le texte des Exercices spirituels sous forme d’un cahier de 64 feuillets (en espagnol) |
| 1545 | Ouverture du concile de Trente |
| 1547 | Les Exercices spirituels traduits en latin obtiennent l’Imprimatur |
| 1548 | Le pape Paul III approuve et recommande les Exercices spirituels publiés en latin |
| 1550 | Le pape Jules III (pape de 1550 à 1555) confirme la Compagnie de Jésus (S.J.) par la bulle Exposcit Debitum |
| 1553 | Ignace dicte le Récit d’un pèlerin |
| 1556 | les Constitutions de la Compagnie de Jésus sont publiées. Ignace meurt à Rome |
1… En effet, comme se promener, marcher, courir, sont des exercices corporels :
de même les différents modes de préparer et de disposer l’âme à se défaire de toutes ses affections déréglées, et après s’en être défait, à chercher et à trouver la volonté de Dieu dans le règlement de sa vie, en vue de son salut, s’appellent exercices spirituels »
Les citations proviennent de http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Exercices_Ignace, une édition numérique de la traduction du texte espagnol par le Père Pierre Jennesseaux de la Compagnie de Jésus, numérisation de l’édition de 1913 par le Frère Jérôme, novice de la même Compagnie, Namur 2005
1§ Les Exercices spirituels sont le fruit de l’expérience de discernement des esprits par Ignace de Loyola(1491 - 31/7/1556) lors de sa période de convalescence dans la demeure familiale en 1521, ensuite dans son année à Manrèse de 1522 à 1523.
2§ Ignace a appris à discerner les mouvements de son âme provoqués soit par Dieu, soit par le diable ou venant de lui-même. Fort de cette méthode de discernement, il a accompagné des personnes désireuses de faire la volonté de Dieu, perfectionnant ce qui allait donner les Exercices spirituels.
3§ Le manuel des Exercices spirituels est connu à travers sa version originelle en espagnol de 1544 et deux versions postérieures en latin. Il a pour vocation de servir de guide au directeur des retraites spirituelles ignatiennes sur trente jours
1. Les principes généraux de la retraite selon les Exercices Spirituels
1.1 Le principe fondamental
4§ Ignace donne le principe et fondement qui devra inspirer la totalité de la retraite :
23 L’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur, et, par ce moyen, sauver son âme.
Et les autres choses qui sont sur la terre sont créées à cause de l’homme et pour l’aider dans la poursuite de la fin que Dieu lui a marquée en le créant.
D’où il suit qu’il doit en faire usage autant qu’elles le conduisent vers sa fin, et qu’il doit s’en dégager autant qu’elles l’en détournent.
Pour cela, il est nécessaire de nous rendre indifférents à l’égard de tous les objets créés, en tout ce qui est laissé au choix de notre libre arbitre et ne lui est pas défendu ; en sorte que, de notre côté, nous ne voulions pas plus la santé que la maladie, les richesses que la pauvreté, l’honneur que le mépris, une longue vie qu’une vie courte, et ainsi de tout le reste ; désirant et choisissant uniquement ce qui nous conduit plus sûrement à la fin pour laquelle nous sommes créés.
5§ Le retraitant qui garde en mémoire sa double fin : servir Dieu et sauver son âme, cherche à réaliser, face à une décision de vie à prendre, ce qu’Ignace appelle l’ « indifférence » : chercher avant tout à réaliser la volonté de Dieu, et accepter aussi bien la pauvreté que la richesse, l’humiliation autant que la gloire, la maladie autant que la santé du moment que cela correspond à la volonté de Dieu :
179... je dois me mettre devant les yeux la fin pour laquelle je suis créé, savoir : louer Dieu, notre Seigneur, et sauver mon âme.
Je dois en outre me trouver dans une entière indifférence, et sans aucune affection désordonnée ; de sorte que je ne sois pas plus porté ni affectionné à choisir l’objet proposé qu’à le laisser ; ni plus à le laisser qu’à le choisir, gardant l’équilibre de la balance, et prêt à suivre le parti qui me semblera le plus propre à procurer la gloire de Dieu et le salut de mon âme [2]
6§ Cette indifférence ignatienne renvoie à l’idéal du religieux jésuite qui obéit tel un cadavre :
Chacun se persuadera que ceux qui vivent sous l’obéissance doivent se laisser mener et diriger par la divine Providence au moyen des supérieurs,
comme s’ils étaient un cadavre [perinde ac si cadaver ] qui se laisse mener n’importe où ou traiter n’importe comment, ou comme le bâton d’un vieillard que celui qui le tient dans sa main utilise n’importe où et pour n’importe quel usage »
[Const. N°547] »)
1.2 Le recours à l’imagination
7§ Le retraitant qui recherche la volonté de Dieu doit venir avec le désir de s’offrir totalement et libéralement à Dieu comme l’indique la prière de la « contemplation pour obtenir l’amour »
234 … Prenez, Seigneur, et recevez toute ma liberté, ma mémoire, mon entendement et toute ma volonté ; tout ce que j’ai et tout ce que je possède.
Vous me l’avez donné, Seigneur, je vous le rends ; tout est à vous, disposez-en selon votre bon plaisir.
Donnez-moi votre amour ; donnez-moi votre grâce : elle me suffit.
8§ Le retraitant mobilise les trois ressources de son âme, la mémoire, la volonté et l’intelligence, mais aussi les cinq sens dans ce qu’Ignace appelle « l’application des cinq sens » [3] pour imaginer le sujet de l’exercice.
Le recours à l’imagination permet de réaliser l’un des préambules communs à l’ensemble des exercices, la « composition de lieu » :
47 .. si le sujet de la contemplation ou de la méditation est une chose visible, comme dans la contemplation des mystères de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ce prélude consistera à me représenter, à l’aide de l’imagination, le lieu matériel où se trouve l’objet que je veux contempler ; par exemple le temple, la montagne où est Jésus-Christ ou Notre-Dame, selon le mystère que je choisis pour ma contemplation.
Si le sujet de la méditation est une chose invisible, comme sont ici les péchés, la composition de lieu sera de voir des yeux de l’imagination et de considérer mon âme emprisonnée dans ce corps mortel, et moi-même, c’est-à-dire mon corps et mon âme, dans cette vallée de larmes, comme exilé parmi les animaux privés de raison.
9§ Pour Ignace, l’imagination n’est pas cette « folle du logis » décriée par la philosophie, elle permet au retraitant d’entrer dans une connaissance savoureuse où tout l’être est convié, l’affectivité, le corps, et pas seulement l’intellect :
2 … Car ce n’est pas l’abondance de la science qui rassasie l’âme et la satisfait : c’est le sentiment et le goût intérieur des vérités qu’elle médite.
La dimension corporelle peut faire aussi partie de l’exercice : ainsi Ignace propose une manière de prier en s’appuyant sur la respiration [4]
10§ Ignace prend en compte l’homme dans sa totalité, il le prend aussi en compte dans son environnement naturel : il demande de se priver de jour pendant la méditation sur les péchés de la première semaine [5] ou au contraire, pendant la quatrième semaine consacrée à la Résurrection, de jouir de la lumière du jour et des agréments de la saison [6]
1.3 Les consignes pour le directeur de la retraite
11§ Les Exercices commencent par vingt « annotations » relatives à la conduite de la retraite pour le directeur de la retraite.
12§ Entre autres consignes, le directeur accompagne le retraitant dans sa recherche en respectant sa liberté : il ne doit pas chercher à incliner la décision du retraitant dans un sens ou dans l’autre :
15 se tenant en équilibre comme la balance, laisser agir immédiatement le Créateur avec la créature, et la créature avec son Créateur et Seigneur.
13§ Le directeur aménage le parcours en tenant compte de la capacité du retraitant : il ne fera pas aller un novice en matière de spiritualité au-delà de la première semaine [7], et il adapte le nombre des Exercices en fonction de l’état de santé du retraitant [8] ; les « semaines » peuvent comporter plus de sept jours et qu’il ne convient donc pas de les entendre dans leur sens littéral.
14§ Ignace ne donne pas d’indications sur la fréquence des rencontres entre le retraitant et le directeur de retraite, il ne précise pas non plus comment le directeur communique les Exercices au retraitant : pour nous, Ignace signifie ainsi que le directeur dispose d’une marge de manœuvre dans l’application des Exercices spirituels aux retraites qu’il donne, chacune étant unique.
Ignace donne dix indications ("additions") au retraitant pour le déroulement global de la journée, certaines changeant avec la semaine [9]
15§ Ignace décrit trois manières de prier, qui sont en fait des exercices plus que des méthodes d’oraison (n°238 à 260). On notera la troisième manière de prier qui s’appuie sur la respiration [10].
Noter aussi la deuxième manière de prier, centrée sur la prière du Notre Père, précieuse pour qui voudrait dépasser une façon de prier mécanique et sans saveur [11].
16§ Ignace donne dans le chapitre intitulé « Discernement des esprits » (n°313 à 336) des indications précieuses pour discerner dans la désolation comme dans la consolation.
Nous retenons la définition par Ignace de ces deux états de l’âme :
| 316 troisième règle .. J’appelle consolation un mouvement intérieur qui est excité dans l’âme, par lequel elle commence à s’enflammer dans l’amour de son Créateur et Seigneur, et en vient à ne savoir plus aimer aucun objet créé sur la terre pour lui-même, mais uniquement dans le Créateur de toutes choses. La consolation fait encore répandre des larmes, qui portent à l’amour de son Seigneur l’âme touchée du regret de ses péchés, ou de la Passion de Jésus-Christ, notre Seigneur, ou de toute autre considération qui se rapporte directement à son service et à sa louange. Enfin, j’appelle consolation toute augmentation d’espérance, de foi et de charité, et toute joie intérieure qui appelle et attire l’âme aux choses célestes et au soin de son salut, la tranquillisant et la pacifiant dans son Créateur et Seigneur. |
317 quatrième règle... J’appelle désolation le contraire de ce qui a été dit dans la troisième règle : les ténèbres et le trouble de l’âme, l’inclination aux choses basses et terrestres, les diverses agitations et tentations qui la portent à la défiance, et la laissent sans espérance et sans amour, triste, tiède, paresseuse, et comme séparée de son Créateur et Seigneur. |
2. Le déroulement de la retraite
2.1 Un déroulement sur quatre semaines
17§ La retraite se déroule sur 4 semaines :
- la première semaine correspond à l’étape purgative, le retraitant méditant sur les péchés en général et sur les siens en particulier ; à la fin de cette première semaine, le retraitant est invité à se confesser ;
- pendant les trois semaines suivantes, correspondant aux étapes illuminative et méditative [12], le retraitant médite sur les mystères de la vie du Christ, de son Incarnation à sa Résurrection :
- semaine 2 : « la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ jusqu’au dimanche des Rameaux » inclusivement
- semaine 3 : « la Passion du Sauveur »
- semaine 4 : « sa Résurrection et son Ascension »
2.2 Les deux méditations pour l’élection
18§ À partir du quatrième jour de la deuxième semaine, le retraitant se prépare à « faire élection », autrement dit à se décider pour ce qui s’avèrera être la volonté de Dieu pour lui.
Ignace donne deux méditations à faire à ce moment :
- la méditation des « deux étendards », « l’un de Jésus-Christ, notre chef souverain et notre Seigneur ; l’autre de Lucifer, ennemi mortel de la nature humaine » (n°136 à 147) et
- celle sur « les trois classes d’hommes » (n°149 à 157).
19§ La méditation des deux étendards oppose deux camps sur trois points comme indiqué ci-dessous :
| Le camp de Lucifer | Le camp de Jésus-Christ |
| 140 Dans le premier point, je me représenterai le chef du parti ennemi dans cette vaste campagne de Babylone, assis dans une chaire élevée, toute de feu et de fumée, sous des traits horribles et d’un aspect épouvantable. | 143 A l’opposé, on se représentera également le chef souverain et véritable, qui est Jésus-Christ, notre Seigneur. 144 Dans le premier point, je considérerai comment Jésus-Christ, se tient en un lieu humble, dans une vaste plaine des environs de Jérusalem, beau et plein de grâce. |
| 141 Dans le second point, je considérerai comment il appelle autour de lui des démons innombrables ; comme il les répand, les uns dans une ville, les autres dans une autre, et ainsi dans tout l’univers, n’oubliant aucune province, aucune condition, aucun lieu, aucune personne en particulier. | 145 Dans le second point, je considérerai comment le Seigneur du monde entier choisit un si grand nombre de personnes, les Apôtres, les disciples et tant d’autres, et comment il les envoie dans tout l’univers répandre sa doctrine sacrée parmi les hommes de tous les âges et de toutes les conditions. |
142 Dans le troisième point, j’écouterai le discours qu’il leur adresse, comme il leur ordonne avec menaces de jeter des filets et des chaînes. Ils doivent tenter les hommes, en leur inspirant d’abord le désir des richesses, comme il fait le plus souvent lui-même, afin de les conduire plus facilement à l’amour du vain honneur du monde, et de là à un orgueil sans bornes. De sorte que
|
146 Dans le troisième, j’écouterai le discours que Jésus-Christ, notre Seigneur, adresse à tous ses serviteurs et à tous ses amis qu’il envoie à cette expédition. Il leur recommande d’aider tous les hommes, en les attirant premièrement à une entière pauvreté spirituelle, et non moins à la pauvreté réelle, si la divine Majesté l’a pour agréable et veut les appeler à cet état ; secondement, au désir des opprobres et des mépris, parce que de ces deux choses naît l’humilité. De sorte qu’il y a, comme au troisième point précédent, trois degrés ; |
| et de ces trois degrés il porte les hommes à tous les autres vices. | et de ces trois degrés ils porteront les hommes à toutes les autres vertus. |
20§ La méditation des trois hommes met en scène trois hommes ayant reçu chacun dix mille ducats et qui veulent se sauver et trouver Dieu dans la paix, mais qui sont en même temps attachés à leur fortune.
153 Le premier homme voudrait se défaire de l’affection qu’il éprouve pour le bien qu’il possède, afin de trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, et de pouvoir opérer son salut ; mais il n’emploie de fait aucun moyen avant l’heure de la mort.
154 Le deuxième homme veut détruire cette affection ; mais il le veut à la condition de conserver le bien acquis : il voudrait amener Dieu à son désir, et il ne peut se déterminer à quitter ce qu’il possède pour aller à Dieu, quand même ce parti serait le meilleur pour lui.
155 Le troisième homme veut aussi se dégager de cette affection, et il le veut de telle sorte, qu’elle n’est pas plus portée à conserver la somme acquise qu’à ne pas la conserver. Il ne consultera, pour la retenir ou pour s’en défaire, que le mouvement intérieur de la grâce, et ce qui lui paraîtra le meilleur pour le service et la louange de la divine majesté.
En attendant, il veut se conduire comme ayant tout abandonné de cœur, et s’efforce de ne désirer ni ce qu’il possède ni aucun autre bien sur la terre que dans la seule considération du service de la majesté divine ; en sorte que le désir de pouvoir mieux servir Dieu, notre Seigneur, sera son unique règle pour se déterminer à retenir le bien qu’il a acquis ou à s’en dépouiller
2.3 Le déroulement d’une journée
21§ Le déroulement d’une journée obéit à un schéma type :
- cinq exercices [13] d’une heure, répartis successivement à minuit, au lever, vers le déjeuner, à Vêpres et vers le dîner ;
- chaque exercice comporte quatre moments :
- une prière d’entrée commune à tous les exercices : « 46. .. demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté «
- trois préambules / préludes [14] : a) un rappel du mystère de la vie du Christ contemplé – sauf pour la première semaine - ; b) une « composition de lieu » pendant laquelle le retraitant imagine la scène, en s’y incluant éventuellement : enfin c) « la demande de ce que je veux »
- la méditation elle-même, avec un certain nombre de points de méthode précisés par Ignace. Le retraitant s’arrête dès qu’il « goûte » quelque chose pour l’examiner [15]
- enfin un colloque soit à une des personnes de la Trinité, soit à la Vierge Marie et à chacune des trois Personnes divines. En fonction de la personne adressée, le retraitant récite un Ave Maria, un Anima Christi ou un Pater Noster
Notons que le retraitant doit pratiquer cinq exercices dans la journée, qu’ils soient tous différents ou que certains soient répétés une seconde fois pour atteindre le nombre de cinq exercices en tout.
3. Les exercices des semaines 2 à 4
Semaine2 - La vie du Christ jusqu’aux Rameaux
[16]
| 101 | J1 | 1e contemplation : L’incarnation Prière : « demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté » Préambule 1 : se rappeler « comment les trois Personnes divines, contemplant la surface de la terre couverte d’hommes, et voyant que tous se précipitent en enfer, décrètent, dans leur éternité, que la seconde Personne de l’auguste Trinité se fasse homme pour sauver le genre humain ; et comment ce mystère s’accomplit, lorsque dans la plénitude des temps l’Archange Gabriel fut envoyé à Marie » Préambule 2 : « , je me représenterai l’immense étendue de la terre, peuplée de tant de nations diverses ; puis je considérerai en particulier la maison et la chambre de Notre-Dame dans la ville de Nazareth, en Galilée.. » Préambule 3 : « je demanderai la connaissance intime du Seigneur qui s’est fait homme pour moi, afin de l’aimer avec plus d’ardeur et de le suivre avec plus de fidélité » Colloque : « je ferai le colloque, en pensant à ce que je dois dire aux trois Personnes divines, au Verbe éternel incarné, à la Mère du Verbe et Notre-Dame ; et, selon le sentiment que j’éprouverai en moi-même, je demanderai tout ce qui peut m’aider à suivre de plus près et à imiter plus fidèlement Notre-Seigneur, comme s’il venait de s’incarner pour moi. Je terminerai en récitant le Notre Père. » | ||
| 110 | 2e contemplation : La nativité Prière : « demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté » Préambule 1 : se rappeler « comment Notre-Dame, dans le neuvième mois de sa grossesse, partit de Nazareth, assise, comme on peut pieusement le méditer, sur une ânesse, accompagnée de Joseph et d’une servante qui mènent un bœuf. Ils vont à Bethléem payer le tribut imposé par César à tous les habitants de cette province. » Préambule 2 : « je verrai des yeux de l’imagination le chemin de Nazareth à Bethléem, considérant sa longueur, sa largeur. Est-il uni ? Traverse-t-il des vallées ? Est-il sur des collines ? Je considérerai de même la grotte où naît le Sauveur. Est-elle grande ou petite ? Est-elle haute ou basse ? Comment est-elle préparée ? » Préambule 3 : « je demanderai la connaissance intime du Seigneur qui s’est fait homme pour moi, afin de l’aimer avec plus d’ardeur et de le suivre avec plus de fidélité » - comme dans la 1e contemplation Colloque : « je ferai le colloque, en pensant à ce que je dois dire aux trois Personnes divines, au Verbe éternel incarné, à la Mère du Verbe et Notre-Dame ; et, selon le sentiment que j’éprouverai en moi-même, je demanderai tout ce qui peut m’aider à suivre de plus près et à imiter plus fidèlement Notre-Seigneur, comme s’il venait de s’incarner pour moi. Je terminerai en récitant le Notre Père. » - comme dans la 1e contemplation | |||
| 118 | 3e contemplation : L’incarnation & Nativité répétition des 1e et 2e exercices | |||
| 120 | 4e contemplation : L’incarnation & Nativité comme la 3e contemplation | |||
| 121 | 5e contemplation : L’incarnation & Nativité application des 5 sens sur la 1e et 2e contemplation [17] | |||
| 132 | J2 | 1e contemplation : La présentation au temple | ||
| 132 | 2e contemplation La fuite en Égypte Idem [18] | |||
| 134 | J3 | 1e contemplation : L’Enfant Jésus obéissant à Nazareth | ||
| 2e contemplation : sa retrouvaille au Temple [19] | ||||
| 135 | considération des états de vie pour l’élection « 135 Nous venons de considérer l’exemple de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans deux états de vie : – dans le premier, qui est celui de l’observation des commandements, lorsqu’il était sous l’obéissance de ses parents ; – dans le second, qui est celui de la perfection évangélique, lorsqu’il resta dans le Temple, abandonnant son père adoptif et sa Mère selon la nature pour vaquer uniquement au service de son Père éternel. Nous commencerons donc ici, tout en contemplant sa vie, à rechercher devant Dieu, et à lui demander avec instance la grâce de nous faire connaître en quel état ou genre de vie sa divine Majesté veut se servir de nous. [20] | |||
| 136 | J4 | Méditation de deux étendards, l’un de Jésus-Christ, notre chef souverain et notre Seigneur ; l’autre de Lucifer, ennemi mortel de la nature humaine [21]. Prière : « demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté » Préambule 1 : « se rappeler le fait historique de la méditation. Ici c’est, d’un côté, Jésus-Christ qui appelle tous les hommes et veut les réunir sous son étendard ; de l’autre, c’est Lucifer qui les appelle sous le sien » Préambule 2 : « on se représentera une vaste plaine près de Jérusalem, au milieu de laquelle se trouve Notre-Seigneur Jésus-Christ, chef souverain de tous les hommes vertueux, et une autre plaine près de Babylone, où est Lucifer, le chef des ennemis. » Préambule 3 : « ce que je veux obtenir. Dans cet exercice ce sera, premièrement, la connaissance des ruses du chef des méchants et le secours dont j’ai besoin pour m’en défendre ; secondement, la connaissance de la véritable vie, qui nous est montrée par le chef souverain et légitime, et la grâce nécessaire pour l’imiter » Colloques à Notre-Dame, au Fils et au Père [22] | ||
| 149 | Méditation sur les 3 groupes d’hommes « pour se déterminer à suivre la plus parfaite. » [23] Prière : « demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté » Préambule 1 : « Nous supposons ici trois classes d’hommes composées chacune de deux personnes. Toutes les trois ont acquis dix mille ducats, sans se proposer purement et uniquement le motif de l’amour de Dieu. Et elles veulent se sauver et trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, en se déchargeant d’un poids qui les arrête, et en surmontant l’obstacle qu’elles rencontrent à leur dessein dans l’affection au bien qu’elles ont acquis » Préambule 2 : « je me considérerai moi-même en présence de Dieu, notre Seigneur, et de tous les Saints, dans la disposition de désirer et de connaître ce qui sera le plus agréable à sa divine volonté » Préambule 3 : « je demanderai la grâce de choisir ce qui sera en effet le plus glorieux à la divine Majesté, et le plus avantageux au salut de mon âme » les trois colloques de la contemplation des deux étendards cités plus haut [24] | |||
| 158 | J5 | contemplation : Départ pour le Jourdain et baptême [25] | ||
| 161 | J6 | contemplation : Du Jourdain au désert même disposition qu’en J5 | ||
| J7 | contemplation : André et les autres à la suite du Seigneur | |||
| J8 | contemplation : Le sermon sur la montagne – Les 8 béatitudes | |||
| J9 | contemplation : Apparition sur les flots | |||
| J10 | contemplation :Prédication au Temple | |||
| J11 | contemplation :Résurrection de Lazare | |||
| J12 | contemplation :Les Rameaux [26] | |||
| 169 | Pour faire élection d’un état de vie |
Semaine 3 - La Passion du Christ
| 190 | J1 | 1e contemplation à minuit :De Béthanie à Jérusalem et la Cène Prière : « demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté » Préambule 1 : « on se rappellera comment Jésus-Christ, notre Seigneur, envoya de Béthanie à Jérusalem deux de ses disciples pour préparer la Cène ; comment il y alla lui-même ensuite avec les autres disciples ; comment, après la manducation de l’agneau pascal, à la fin du repas dont elle fut suivie, il leur lava les pieds, leur donna son très saint corps et son précieux sang ; comment, enfin, il leur adressa le discours de la Cène, lorsque Judas fut sorti pour aller vendre son Seigneur. » Préambule 2 : « considérer le chemin de Béthanie à Jérusalem. Est-il large ou étroit ? uni ou raboteux ? De même, le lieu de la Cène. Est-il vaste ou resserré ? disposé de telle ou de toute autre manière ? » Préambule 3 : « , je demanderai la tristesse, la douleur et la confusion, puisque c’est pour mes péchés que le Seigneur va à sa Passion » Colloque à Jésus Christ et Notre Père [27] | |
| 200 | 2e contemplation au matin : Depuis la Cène jusqu’au jardin Prière : « demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté » Préambule 1 : « , je me rappellerai comment Jésus-Christ, notre Seigneur, descendit avec ses onze disciples de la montagne de Sion, où il venait de célébrer la Cène, dans la vallée de Josaphat. Il en laisse huit dans un endroit de la vallée, et les trois autres dans une partie du jardin ; et, se mettant en prière, il répand une sueur comme des gouttes de sang. Il fait par trois fois une prière à son Père ; il réveille ses trois disciples ; ses ennemis tombent à sa voix ; Judas lui donne le baiser de paix ; saint Pierre abat une oreille à Malchus ; Jésus la lui remet en place ; il est pris comme un malfaiteur ; on le conduit, en descendant la vallée, et ensuite en remontant la côte, à la maison d’Anne. » Préambule 2 : « , , je considérerai le chemin de la montagne de Sion à la vallée de Josaphat ; de même le jardin : sa longueur, sa largeur, sa disposition, comme l’imagination me le représentera. » Préambule 3 : « Ce qu’il est convenable de demander dans la Passion, c’est la douleur avec Jésus-Christ dans la douleur ; le brisement de l’âme avec Jésus-Christ brisé dans son âme et dans son corps ; des larmes, et le sentiment intérieur de tant de maux que Jésus-Christ a soufferts pour moi » [28] | ||
| 208 | J2 | 1e contemplation à minuit : Depuis le jardin jusqu’à la maison de Anne | |
| 208 | 2e contemplation au matin : Depuis la maison d’Anne jusqu’à celle de Caïphe [29] | ||
| J3 | 1e contemplation à minuit : Depuis la maison de Caïphe jusqu’à Pilate | ||
| 2e contemplation au matin : De Pilate à Hérode [30] | |||
| J4 | 1e contemplation à minuit : D’Hérode à Pilate (1e moitié des mystères l) | ||
| 2e contemplation au matin : Dans la maison de Pilate (2e moitié des mystères) [31] | |||
| J5 | 1e contemplation à minuit : De Pilate à la mise en croix | ||
| 2e contemplation au matin : De l’élévation de la croix jusqu’à l’expiration [32] | |||
| J6 | 1e contemplation à minuit : De la descente de la croix jusqu’au tombeau | ||
| 2e contemplation au matin : Du tombeau jusqu’à la maison où alla Notre Dame après l’ensevelissement de son fils | |||
| 208f | J7 | Tout l’ensemble de la passion [33] |
Semaine 4 - La Résurrection et l’Ascension avec les 3 manières de prier
| 218 | 1e contemplation : L’apparition à Notre Dame Prière : « demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté » Préambule 1 : « je me rappellerai comment, Jésus ayant rendu le dernier soupir sur la Croix, son corps resta séparé de son âme, sans cesser d’être uni à la Divinité ; comment son âme bienheureuse, unie aussi à la Divinité, descendit aux enfers, délivra les âmes des Justes et revint au Sépulcre ; comment, enfin, le Sauveur, étant ressuscité, apparut en corps et en âme à sa Mère bénie. » Préambule 2 : « je me représenterai la disposition du saint Sépulcre, et la maison où se trouve Notre-Dame ; considérant en particulier les appartements qui la composent et spécialement la chambre et l’oratoire de la Mère du Sauveur. Préambule 3 : « , je demanderai la grâce de ressentir une vive allégresse et une joie intense de la gloire et de la joie immense de Jésus-Christ, notre Seigneur. » Colloque et Notre Père [34] | ||
| 230 | contemplation : Pour obtenir l’amour [35] Prière : « demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté » Préambule 1 : « je me considérerai en la présence de Dieu, notre Seigneur, sous les yeux des Anges et des Saints qui intercèdent pour moi. » Préambule 2 : « je demanderai la connaissance intime de tant de bienfaits que j’ai reçus de Dieu, afin que dans un vif sentiment de gratitude, je me consacre sans réserve au service et à l’amour de sa divine Majesté » [36] |
© fr. Franck Guyen op, février 2022
© fr. Franck Guyen op, novembre 2024
[1] "Les yeux de mon esprit commencèrent à s’ouvrir. Ce n’était pas une vision, mais je compris beaucoup de choses concernant la vie spirituelle, la foi et la science, et cela en une telle illumination que toutes ces choses me parurent nouvelles." (Récit du pèlerin n° 30)
[2] Voir dans le même sens :
166 Le second degré d’humilité est plus parfait que le premier.
Il consiste à me trouver dans une entière indifférence de volonté et d’affection entre les richesses et la pauvreté, les honneurs et les mépris, le désir d’une longue vie ou d’une vie courte, pourvu qu’il en revienne à Dieu une gloire égale et un égal avantage au salut de mon âme.
De plus, quand il s’agirait de gagner le monde entier, ou de sauver ma propre vie, je ne balancerais pas à rejeter toute pensée de commettre à cette fin un seul péché véniel.
[3] Voir :
121 … il sera utile d’exercer les cinq sens de l’imagination sur les mystères de la première et de la seconde contemplation, de la manière suivante :
122 Dans le premier point, je verrai des yeux de l’imagination les personnes, méditant et contemplant, dans le détail, les circonstances dans lesquelles elles se trouvent, et tâchant de tirer de cette vue quelque profit.
123 Dans le second point, j’entendrai, à l’aide de l’imagination, ce qu’elles disent ou peuvent dire, réfléchissant en moi-même pour en tirer quelque profit.
124 Dans le troisième, je m’imaginerai sentir, respirer et goûter la suavité et la douceur infinies de la Divinité, de l’âme, de ses vertus et de tout le reste, selon la personne que je contemple, réfléchissant en moi-même et m’efforçant d’en retirer de l’utilité.
125 Dans le quatrième, j’exercerai le sens du toucher, embrassant, par exemple, et baisant les endroits où marchent, où reposent les personnes que je contemple, tâchant toujours de le faire avec profit.
[4] Voir :
258 La troisième manière de prier est comme en mesure. L’addition sera la même que dans la première et la seconde manière de prier. L’oraison préparatoire, comme dans la seconde manière de prier.
Cette troisième manière consiste donc à prier de cœur et à dire de bouche, à chaque respiration ou soupir, une parole du Notre Père ou d’une autre prière, de manière à ne prononcer qu’une seule parole entre une respiration et l’autre.
Et l’espace de temps qui s’écoule d’une respiration à l’autre doit s’employer à considérer spécialement la signification de cette parole, ou l’excellence de la personne à laquelle la prière s’adresse, ou notre propre indignité, ou la différence entre tant de grandeur d’un côté, et de l’autre tant de bassesse.
On prononcera de la même manière toutes les paroles du Notre Père.
[5] Voir :
79 Septième addition. Pour la même raison, je me priverai entièrement de jour, fermant les fenêtres et les portes de l’appartement que j’occupe, tout le temps où je m’y trouverai, excepté lorsque je devrai réciter l’Office divin, lire et prendre mon repas.
[6] n°229, septième addition
Je profiterai de la clarté du jour ou des agréments de la saison, comme de la fraîcheur en été, et en hiver de la chaleur du soleil ou de celle du feu, autant que par ce moyen mon âme pourra s’aider à se réjouir en son Créateur et en son Rédempteur.
[7] cf.
9 Neuvième annotation. Si celui qui s’exerce n’est pas2 versé dans les choses spirituelles, et est tenté pendant les exercices de la première semaine d’une manière grossière et évidente, rencontrant, par exemple, dans la crainte du travail, dans la fausse honte et l’honneur selon le monde, etc., des obstacles qui l’empêchent d’aller en avant dans le service de Dieu, notre Seigneur ; que celui qui donne les exercices ne lui explique pas les règles du discernement des esprits de la seconde semaine : car, autant celles de la première semaine lui seront utiles, autant celles de la seconde lui seront nuisibles, parce que la matière qu’elles traitent est trop subtile et trop relevée pour qu’il puisse la3 comprendre.
[8] cf. 129 sur le lever à minuit :
129 Troisième remarque. On fera attention que, si la personne qui fait les exercices est d’un âge avancé ou d’une santé faible, ou, bien que robuste, si elle se trouve en quelque manière affaiblie par les exercices de la première semaine, il sera mieux, cette seconde semaine, qu’elle s’abstienne, au moins quelquefois, de se lever au milieu de la nuit. Elle fera alors une contemplation le matin, une autre à l’heure de la messe et une troisième avant le dîner ; puis une répétition de ces trois exercices à l’heure des vêpres et l’application des sens avant le souper.
[9] Additions à observer pour mieux faire les exercices et trouver plus sûrement ce que l’on désire.
73 Première addition.
Après m’être couché, et avant de m’endormir, je penserai à l’heure à laquelle je dois me lever, et pour quelle fin, et je résumerai pendant l’espace d’un Je vous salue Marie l’exercice que je dois faire.
Deuxième addition.
- [pour la première semaine :] 74 Lorsque je me réveillerai, j’éloignerai de mon esprit toute autre pensée, pour m’occuper de suite du sujet que je dois méditer dans le premier exercice, qui se fait au milieu de la nuit, m’excitant à la confusion de mes péchés, si grands et si nombreux ; je me proposerai quelques comparaisons, par exemple celle d’un gentilhomme qui se trouverait devant son roi et devant toute sa cour, honteux et confus d’avoir grandement offensé celui dont il a d’abord reçu de nombreux bienfaits et des faveurs signalées. De même, dans le second exercice, je me regarderai comme un grand pécheur, enchaîné, et sur le point de comparaître devant le Juge suprême et éternel, m’aidant de la comparaison d’un criminel digne de mort, que l’on conduit chargé de fers devant son juge temporel : et, dans ces pensées ou d’autres semblables, selon la matière de l’exercice, je prendrai mes vêtements.
- [à partir de la deuxième semaine :] 130 Aussitôt que je serai réveillé, je me mettrai devant les yeux la contemplation que je dois faire, excitant en moi un vif désir de connaître davantage le Verbe incarné, pour le suivre de plus près et le servir avec plus de fidélité.
- [à partir de la troisième semaine :] 206 . Aussitôt que je serai réveillé, je me représenterai où je vais, et pourquoi ; je résumerai brièvement le sujet de ma contemplation ; et, selon le mystère que je vais contempler, je m’efforcerai, en me levant et en m’habillant, de m’exciter intérieurement à la douleur et à la tristesse, à la vue des douleurs sans nombre et des souffrances incompréhensibles de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
- [à partir de la quatrième semaine :] 229 . Aussitôt que je me réveillerai, je me mettrai devant les yeux le sujet de la contemplation que je vais faire, avec le désir de me réjouir et de me pénétrer de la joie immense et de la vive allégresse que ressent Notre-Seigneur Jésus-Christ ressuscité
75 Troisième addition.
Avant de commencer, je me tiendrai debout le temps de réciter le Notre Père, à un ou deux pas de l’endroit où je dois méditer, l’esprit élevé vers le ciel, et considérant comment Dieu, notre Seigneur, me regarde ; puis je me prosternerai en m’humiliant devant lui.
76 Quatrième addition.
Je commencerai ma contemplation, tantôt à genoux, tantôt prosterné, tantôt étendu sur la terre, le visage vers le ciel, tantôt assis, tantôt debout ; cherchant toujours à trouver ce que je désire. Et en cela j’observerai deux choses :
- premièrement, si je trouve ce que je désire à genoux ou prosterné, je ne chercherai pas une autre position ;
- secondement, si j’éprouve dans un point de la méditation les sentiments que je voulais exciter en moi, je m’y arrêterai et m’y reposerai sans me mettre en peine de passer outre, jusqu’à ce que mon âme soit pleinement satisfaite.
77 Cinquième addition.
L’exercice terminé, assis ou en me promenant, j’examinerai pendant un quart d’heure quel en a été le succès : s’il n’a pas été heureux, j’en rechercherai attentivement la cause et, l’ayant découverte, je m’exciterai au repentir, afin de me corriger dans la suite ; s’il a été heureux, j’en rendrai grâces à Dieu, notre Seigneur, et me conduirai une autre fois de la même manière.
Sixième addition.
- pour la semaine 1 : 78 Je ne m’arrêterai volontairement à aucune pensée capable de me causer du contentement ou de la joie, comme serait le souvenir du ciel ou de la résurrection : car toute considération de cette nature m’empêcherait de ressentir de la peine et de la douleur, et de verser des larmes sur mes péchés. Je tâcherai, au contraire, de conserver toujours le désir d’éprouver de la douleur et du repentir, me rappelant plutôt à la mémoire la mort et le jugement.
- [à partir de la deuxième semaine :] 130 Je rappellerai fréquemment à ma mémoire la vie et les mystères de Jésus-Christ, Notre-Seigneur, depuis son Incarnation jusqu’au mystère que je contemple actuellement
- [à partir de la troisième semaine :] 206 Je ne chercherai pas à m’entretenir de pensées consolantes, quoique bonnes et saintes, comme seraient celles de la Résurrection et du Ciel ; mais je m’exciterai plutôt à la douleur, à la tristesse, à l’affliction de l’âme ; rappelant souvent à ma mémoire les travaux, les fatigues et les douleurs que Notre-Seigneur Jésus-Christ endura depuis le moment de sa naissance jusqu’au mystère de la Passion que je médite maintenant
- [à partir de la quatrième semaine :] 229 Je rappellerai à ma mémoire des pensées capables de faire naître dans mon cœur le contentement, la joie et l’allégresse spirituelle, comme serait la gloire du Ciel
Septième addition.
- [Pour la première semaine :] 79 Pour la même raison, je me priverai entièrement de jour, fermant les fenêtres et les portes de l’appartement que j’occupe, tout le temps où je m’y trouverai, excepté lorsque je devrai réciter l’Office divin, lire et prendre mon repas.
- [à partir de la deuxième semaine :] 130 Je choisirai la lumière ou les ténèbres ; je profiterai de la sérénité ou de l’obscurité du ciel, autant que j’espérerai en retirer de l’utilité pour trouver ce que je désire.
- [à partir de la quatrième semaine :] 229 Je profiterai de la clarté du jour ou des agréments de la saison, comme de la fraîcheur en été, et en hiver de la chaleur du soleil ou de celle du feu, autant que par ce moyen mon âme pourra s’aider à se réjouir en son Créateur et en son Rédempteur.
80 Huitième addition.
Je m’abstiendrai de rire et de proférer aucune parole qui puisse porter à rire.
81 Neuvième addition.
Je veillerai sur mes yeux et ne les lèverai sur personne, excepté lorsqu’il me faudra parler à quelqu’un, en l’abordant ou en le quittant.
Dixième addition.
- pour la première semaine : 82 la dixième addition regarde la pénitence, qui se divise en intérieure et extérieure. La pénitence intérieure consiste dans la douleur de ses péchés, accompagnée d’un ferme propos de ne plus retomber dans ces mêmes péchés ni dans aucun autre.
- [à partir de la deuxième semaine :] 130 Celui qui fait les exercices doit s’efforcer de se conformer à la nature des mystères qu’il contemple ; car quelques-uns demandent des sentiments et des œuvres de pénitence, et d’autres ne les exigent pas.
- [à partir de la quatrième semaine :] 229 Au lieu de m’adonner à la pénitence, je viserai à garder la tempérance et à tenir le milieu en toutes choses, à moins qu’il ne se rencontre des jeûnes de précepte, des abstinences commandées par l’Église ; car ceux-ci doivent toujours s’observer, lorsqu’il n’y a pas d’empêchement légitime
[10] Voir :
258 La troisième manière de prier est comme en mesure…
Cette troisième manière consiste donc à prier de cœur et à dire de bouche, à chaque respiration ou soupir, une parole du Notre Père ou d’une autre prière, de manière à ne prononcer qu’une seule parole entre une respiration et l’autre.
Et l’espace de temps qui s’écoule d’une respiration à l’autre doit s’employer à considérer spécialement la signification de cette parole, ou l’excellence de la personne à laquelle la prière s’adresse, ou notre propre indignité, ou la différence entre tant de grandeur d’un côté, et de l’autre tant de bassesse.
On prononcera de la même manière toutes les paroles du Notre Père
[11] Voir :
252 Après l’addition et l’oraison préparatoire, à genoux ou assis, selon la disposition du corps et l’attrait de l’âme, les yeux fermés ou fixés en un même endroit, sans les laisser errer de côté et d’autre, on dira la première parole du Notre Père, et on s’arrêtera sur cette parole autant de temps que l’on trouvera de significations, de comparaisons, de goût et de consolation intérieure dans la considération du titre de Père. On fera de même sur chaque parole du Notre Père, ou de toute autre prière que l’on voudra méditer selon cette manière de prier.
[12] cf. n°10 :
…ordinairement, l’ennemi de la nature humaine tente plus sous apparence de bien quand on s’exerce dans la vie illuminative, qui correspond aux exercices de la seconde semaine, que lorsqu’on est encore dans la vie purgative, qui correspond aux exercices de la première semaine.
[13] Le retraitant se contente de quatre exercices lors de la quatrième et dernière semaine qui ne comporte plus l’exercice à minuit
[14] exception faite pour la première semaine où le retraitant médite sur les péchés et non sur un événement de la vie du Christ
[15] cf. 227 :
On remarquera toujours les endroits les plus importants, qui auront excité en nous de plus vives émotions intérieures, qui nous auront fait éprouver plus de goût spirituel, et l’on s’y arrêtera davantage
Et aussi :
254 Deuxième règle. S’il arrive qu’une ou deux paroles fournissent, même pendant l’heure entière, une matière suffisante à la réflexion, et que l’on trouve à les méditer, du goût et de la consolation spirituelle, on ne se mettra pas en peine de passer outre ; mais, l’heure écoulée, on récitera de la manière ordinaire le reste du Notre Père.
[16] 91 La parabole de l’appel du roi et son application au Christ
Prière : « demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté »
Préambule 1 : « voir, des yeux de l’imagination, les synagogues, les bourgs et les villages que parcourait Notre-Seigneur Jésus-Christ en annonçant son Évangile. »
Préambule 2 : « demander à Notre-Seigneur la grâce de n’être pas sourd à son appel, mais prompt et diligent à accomplir sa très sainte volonté. »
A faire le matin et une heure avant le dîner ou le souper
– lire quelques passages de l’Imitation de Jésus-Christ, des Évangiles et de la vie des Saints.
[17] « 122 Dans le premier point, je verrai des yeux de l’imagination les personnes, méditant et contemplant, dans le détail, les circonstances dans lesquelles elles se trouvent, et tâchant de tirer de cette vue quelque profit.
123 Dans le second point, j’entendrai, à l’aide de l’imagination, ce qu’elles disent ou peuvent dire, réfléchissant en moi-même pour en tirer quelque profit.
124 Dans le troisième, je m’imaginerai sentir, respirer et goûter la suavité et la douceur infinies de la Divinité, de l’âme, de ses vertus et de tout le reste, selon la personne que je contemple, réfléchissant en moi-même et m’efforçant d’en retirer de l’utilité.
125 Dans le quatrième, j’exercerai le sens du toucher, embrassant, par exemple, et baisant les endroits où marchent, où reposent les personnes que je contemple, tâchant toujours de le faire avec profit. »
127 Note 4 : modifications au sujet des 10 additions (n°73 à90)
Note 5 : « Dans les exercices autres que celui du milieu de la nuit et du matin, on fera l’équivalent de la deuxième addition de la manière qui suit : quelques instants avant l’heure de l’exercice que je suis sur le point de faire, je me représenterai où je vais et devant qui je dois paraître ; puis, je repasserai brièvement le sujet que je dois méditer ou contempler, et, après avoir fait la troisième addition, je commencerai mon exercice. »
[18] 2 répétitions 1 application des 5 sens – comme en S2 J1
Possibilité d’une contemplation le matin et une autre à l’heure de la messe. Contemplations à répéter à Vêpres et application des sens à souper
[19] 2 répétitions 1 application des 5 sens
[20] Pour introduction à cet examen, nous découvrirons dans l’exercice suivant, d’un côté, l’intention de Jésus-Christ, notre Seigneur, et, de l’autre, celle de l’ennemi de la nature humaine, et nous apprendrons ce que nous devons faire pour nous mettre en état de parvenir à la perfection, dans quelque état ou genre de vie que Dieu, notre Seigneur, nous aura donné de choisir »
[21] 140 Dans le premier point, je me représenterai le chef du parti ennemi dans cette vaste campagne de Babylone, assis dans une chaire élevée, toute de feu et de fumée, sous des traits horribles et d’un aspect épouvantable.
141 Dans le second point, je considérerai comment il appelle autour de lui des démons innombrables ; comme il les répand, les uns dans une ville, les autres dans une autre, et ainsi dans tout l’univers, n’oubliant aucune province, aucune condition, aucun lieu, aucune personne en particulier.
142 Dans le troisième point, j’écouterai le discours qu’il leur adresse, comme il leur ordonne avec menaces de jeter des filets et des chaînes. Ils doivent tenter les hommes, en leur inspirant d’abord le désir des richesses, comme il fait le plus souvent lui-même, afin de les conduire plus facilement à l’amour du vain honneur du monde, et de là à un orgueil sans bornes.
- De sorte que le premier degré de la tentation, ce sont les richesses ;
- le second, les honneurs ;
- le troisième, l’orgueil ;
et de ces trois degrés il porte les hommes à tous les autres vices.
143 A l’opposé, on se représentera également le chef souverain et véritable, qui est Jésus-Christ, notre Seigneur.
144 Dans le premier point, je considérerai comment Jésus-Christ, se tient en un lieu humble, dans une vaste plaine des environs de Jérusalem, beau et plein de grâce.
145 Dans le second point, je considérerai comment le Seigneur du monde entier choisit un si grand nombre de personnes, les Apôtres, les disciples et tant d’autres, et comment il les envoie dans tout l’univers répandre sa doctrine sacrée parmi les hommes de tous les âges et de toutes les conditions.
146 Dans le troisième, j’écouterai le discours que Jésus-Christ, notre Seigneur, adresse à tous ses serviteurs et à tous ses amis qu’il envoie à cette expédition.
Il leur recommande d’aider tous les hommes, en les attirant
- premièrement à une entière pauvreté spirituelle, et non moins à la pauvreté réelle, si la divine Majesté l’a pour agréable et veut les appeler à cet état ;
- secondement, au désir des opprobres et des mépris, parce que de ces deux choses naît l’humilité.
De sorte qu’il y a, comme au troisième point précédent, trois degrés ;
- le premier, la pauvreté opposée aux richesses ;
- le second, les opprobres et les mépris opposés à l’honneur du monde :
- le troisième, l’humilité opposée à l’orgueil ; et de ces trois degrés ils porteront les hommes à toutes les autres vertus.
[22] « Dans un premier colloque, je demanderai à Notre-Dame qu’elle m’obtienne de son Fils et Seigneur la grâce d’être reçu sous son étendard :
- premièrement, par la parfaite pauvreté spirituelle, et même, si la divine Majesté l’a pour agréable, et veut me choisir et m’admettre à cet état, par la pauvreté réelle ;
- secondement, en souffrant les opprobres et les injures, afin de l’imiter en cela plus parfaitement, pourvu que je puisse les souffrir sans péché de la part du prochain, et sans déplaisir de sa divine Majesté. Je terminerai ce colloque par le Je vous salue Marie.
Dans le second colloque, je m’adresserai à Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour qu’il m’obtienne de Dieu le Père la même grâce, et je réciterai la prière Âme du Christ.
Dans le troisième colloque, je demanderai la même grâce à Dieu le Père, le suppliant de me l’accorder lui-même, et je réciterai le Notre Père. »
148 « Cet exercice se fera une première fois au milieu de la nuit, et une seconde fois le matin.
On en fera deux répétitions : l’une à l’heure de la messe, et l’autre à l’heure de vêpres, toujours en finissant par les trois colloques à Notre-Dame, au Fils et au Père. »
[23] 153 Le premier homme voudrait se défaire de l’affection qu’il éprouve pour le bien qu’il possède, afin de trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, et de pouvoir opérer son salut ; mais il n’emploie de fait aucun moyen avant l’heure de la mort.
154 Le deuxième homme veut détruire cette affection ; mais il le veut à la condition de conserver le bien acquis : il voudrait amener Dieu à son désir, et il ne peut se déterminer à quitter ce qu’il possède pour aller à Dieu, quand même ce parti serait le meilleur pour lui.
155 Le troisième homme veut aussi se dégager de cette affection, et il le veut de telle sorte, qu’elle n’est pas plus portée à conserver la somme acquise qu’à ne pas la conserver. Il ne consultera, pour la retenir ou pour s’en défaire, que le mouvement intérieur de la grâce, et ce qui lui paraîtra le meilleur pour le service et la louange de la divine majesté.
En attendant, il veut se conduire comme ayant tout abandonné de cœur, et s’efforce de ne désirer ni ce qu’il possède ni aucun autre bien sur la terre que dans la seule considération du service de la majesté divine ; en sorte que le désir de pouvoir mieux servir Dieu, notre Seigneur, sera son unique règle pour se déterminer à retenir le bien qu’il a acquis ou à s’en dépouiller
[24] 157 « Il faut remarquer que, quand nous éprouvons de la répugnance ou une affection contraire à la pauvreté actuelle, quand nous ne sommes pas dans une véritable indifférence entre la pauvreté et les richesses, il est très utile, pour détruire cette affection déréglée, de demander dans les colloques, malgré les mouvements de la nature, que le Seigneur daigne nous appeler à ce genre de pauvreté, en lui protestant que nous le voulons, que nous le lui demandons, que nous l’en supplions, pourvu que ce soit pour la gloire et le service de sa divine Bonté. »
A faire avant souper (cf. 148)
[25] « Cette contemplation se fera une première fois au milieu de la nuit, et une seconde fois le matin
. On en fera deux répétitions, l’une à l’heure de la messe, l’autre à l’heure des vêpres ;
enfin l’application des sens avant le souper.
Avant chacun des cinq exercices, on fera toujours l’oraison préparatoire ordinaire et les trois préludes, selon ce qui est expliqué dans la contemplation de l’Incarnation et de la Naissance du Sauveur, et on les terminera par les trois colloques des trois classes, en observant fidèlement la remarque qui suit cet exercice.
160 L’examen particulier, après le dîner et après le souper, se fera sur les fautes et les négligences que l’on aura commises dans les exercices du jour et dans la pratique des additions ; et de même les jours suivants. »
[26] 162 notes
Note 1 : on peut augmenter ou diminuer le nombre des contemplations
Note 2 : traiter la matière de l’élection à partir de S2 J5 selon la méthode ci-dessous
Note 3 : les trois sortes d’humilité
- 165 Le premier degré d’humilité est nécessaire pour le salut éternel. Il consiste à m’abaisser et à m’humilier autant qu’il me sera possible et qu’il est nécessaire pour obéir en tout à la loi de Dieu, notre Seigneur : de sorte que, quand on m’offrirait le domaine de l’univers, quand on me menacerait de m’ôter la vie, je ne mette pas même en délibération la possibilité de transgresser un commandement de Dieu ou des hommes, qui m’oblige sous peine de péché mortel.
- 166 Le second degré d’humilité est plus parfait que le premier. Il consiste à me trouver dans une entière indifférence de volonté et d’affection entre les richesses et la pauvreté, les honneurs et les mépris, le désir d’une longue vie ou d’une vie courte, pourvu qu’il en revienne à Dieu une gloire égale et un égal avantage au salut de mon âme. De plus, quand il s’agirait de gagner le monde entier, ou de sauver ma propre vie, je ne balancerais pas à rejeter toute pensée de commettre à cette fin un seul péché véniel.
- 167 Le troisième degré d’humilité est très parfait. Il comprend les deux premiers, et veut de plus, supposé que la louange et la gloire de la Majesté divine soient égales, que, pour imiter plus parfaitement Jésus-Christ, notre Seigneur, et me rendre de fait plus semblable à lui, je préfère, j’embrasse la pauvreté avec Jésus-Christ pauvre, plutôt que les richesses ; les opprobres avec Jésus-Christ rassasié d’opprobres, plutôt que les honneurs ; le désir d’être regardé comme un homme inutile et insensé, par amour pour Jésus-Christ, qui le premier a été regardé comme tel, plutôt que de passer pour un homme sage et prudent aux yeux du monde.
168 Il sera donc très utile, pour celui qui désire obtenir ce troisième degré d’humilité, de faire les trois colloques de la méditation des trois classes, demandant à Notre-Seigneur qu’il veuille l’appeler à cette vertu dans un degré plus élevé et plus précieux que les deux premiers, afin de l’imiter et de le servir plus parfaitement, pourvu que le service et la louange de sa divine Majesté s’y trouvent également, ou davantage.
[27] 199 Il faut remarquer, comme nous l’avons déjà dit en partie, que dans les colloques nous devons, soit pour le raisonnement, soit pour les demandes, consulter le sujet de la méditation et nos dispositions présentes.
J’éprouve, par exemple, des tentations ou des consolations ; je désire obtenir telle ou telle vertu ; j’ai dessein d’embrasser tel parti ou tel autre ; je veux m’exciter à la tristesse ou à la joie, selon le mystère que je contemple ; dans ces suppositions et dans toutes les autres, mes demandes doivent toujours se rapporter à certains points particuliers que je désire plus vivement obtenir.
On peut se contenter d’un seul colloque, que l’on adressera à Jésus-Christ, notre Seigneur, ou en faire trois, si le sujet de la méditation ou la dévotion y porte : l’un à la très Sainte Vierge, l’autre à son divin Fils, le troisième à Dieu le Père, comme il est dit dans la seconde semaine à la fin de la méditation des deux étendards, en observant ce qui est marqué dans la note qui suit l’exercice des trois classes.
[28] 204 « A l’heure de la messe et des vêpres, on fera deux répétitions de l’une et de l’autre, et l’application des sens avant le souper »
206Note 3 : modifications au sujet des 10 additions (n°73 à90)
[29] 2 répétitions et application des sens
[30] 2 répétitions et application des sens
[31] 2 répétitions et application des sens
[32] 2 répétitions et application des sens
[33] 1e contemplation à minuit
2e contemplation au matin
« au lieu des deux répétitions et de l’application des sens, on considérera tout le jour, autant qu’on le pourra, comment le très sacré corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ resta séparé de son âme ; où et comment il fut enseveli.
On considérera de même, d’un côté, la solitude de Notre-Dame, plongée dans une grande douleur et dans une grande affliction ; et, de l’autre, l’isolement et la tristesse des disciples »
[34] 227« Communément parlant, c’est dans cette quatrième semaine, plutôt que dans les trois précédentes, que l’on peut se contenter de faire quatre exercices au lieu de cinq ;
- le premier, immédiatement après le lever ;
- le second, à l’heure de la messe ou avant le dîner, au lieu de la première répétition ;
- le troisième à l’heure des vêpres, au lieu de la seconde répétition ;
- le quatrième, qui sera une application des sens sur les trois exercices du jour, avant le souper.
On remarquera toujours les endroits les plus importants, qui auront excité en nous de plus vives émotions intérieures, qui nous auront fait éprouver plus de goût spirituel, et l’on s’y arrêtera davantage. »
note 4 : modifications au sujet des 10 additions (n°73 à90)
[35] 234 Dans le premier point, je rappellerai à ma mémoire les bienfaits que j’ai reçus : ceux qui me sont communs avec tous les hommes, la Création, la Rédemption, et ceux qui me sont particuliers, considérant très affectueusement tout ce que Dieu, notre Seigneur, a fait pour moi, tout ce qu’il m’a donné de ce qu’il a, et combien il désire se donner lui-même à moi, autant qu’il le peut, selon la disposition de sa divine Providence
. Puis, faisant un retour sur moi-même, je me demanderai ce que la raison et la justice m’obligent de mon côté à offrir et à donner à sa divine Majesté, c’est-à-dire toutes les choses qui sont à moi et moi-même avec elles ; et, comme une personne qui veut faire agréer un don, je dirai du fond de l’âme
: Prenez, Seigneur, et recevez toute ma liberté, ma mémoire, mon entendement et toute ma volonté ; tout ce que j’ai et tout ce que je possède.
Vous me l’avez donné, Seigneur, je vous le rends ; tout est à vous, disposez-en selon votre bon plaisir.
Donnez-moi votre amour ; donnez-moi votre grâce : elle me suffit
[36] 258 3 manières de prier
1e manière : commandements, péchés mortels, facultés de l’âme, 5 sens du corps
2° manière : contempler le sens des mots d’une prière [[249 La seconde manière de prier consiste à peser attentivement la signification de chaque parole d’une prière.
250 L’addition de la première manière de prier doit se faire également dans la seconde.
251 L’oraison préparatoire sera relative à la personne à laquelle s’adresse la prière que l’on va méditer.
252 Après l’addition et l’oraison préparatoire, à genoux ou assis, selon la disposition du corps et l’attrait de l’âme, les yeux fermés ou fixés en un même endroit, sans les laisser errer de côté et d’autre, on dira la première parole du Notre Père, et on s’arrêtera sur cette parole autant de temps que l’on trouvera de significations, de comparaisons, de goût et de consolation intérieure dans la considération du titre de Père. On fera de même sur chaque parole du Notre Père, ou de toute autre prière que l’on voudra méditer selon cette manière de prier.
3e manière : par rythme [[258 La troisième manière de prier est comme en mesure. L’addition sera la même que dans la première et la seconde manière de prier. L’oraison préparatoire, comme dans la seconde manière de prier.
Cette troisième manière consiste donc à prier de cœur et à dire de bouche, à chaque respiration ou soupir, une parole du Notre Père ou d’une autre prière, de manière à ne prononcer qu’une seule parole entre une respiration et l’autre.
Et l’espace de temps qui s’écoule d’une respiration à l’autre doit s’employer à considérer spécialement la signification de cette parole, ou l’excellence de la personne à laquelle la prière s’adresse, ou notre propre indignité, ou la différence entre tant de grandeur d’un côté, et de l’autre tant de bassesse.
On prononcera de la même manière toutes les paroles du Notre Père ; puis on récitera les autres prières, c’est-à-dire le Je vous salue Marie, l’Âme du Christ, le Credo et le Salve Regina, selon la manière ordinaire de prier.
259 Première règle. Le jour suivant, ou à une autre heure du même jour, où l’on désirerait prier de cette manière, on récitera le Je vous salue Marie en mesure, et les autres prières selon la manière ordinaire de prier, et ainsi des autres que nous avons indiquées.
260 Seconde règle. Celui qui voudrait prier plus longtemps selon cette troisième manière peut réciter de suite plusieurs des prières marquées ou même toutes ; mais toujours en ne proférant qu’une parole d’une respiration à l’autre, comme il a été expliqué.
