Le "Docteur de l’amour", François de Sales (1567-1622) : une biographie
popularité : 25%
Vous appréciez la présence de notre site sur le Web : vous pouvez faire un don à la communauté dans laquelle je vis (cliquer ici pour voir comment procéder)
| 1517 | le moine augustinien Martin Luther dénonce la pratique dévoyée des indulgences |
| 1536 | Genève passe à la Réforme protestante. |
| 1555 | paix d’Augsbourg entre l’empereur Charles Quint et les princes allemands protestants |
| 1567 | naissance de François de Sales à Thorens en Savoie |
| 1585 | début de la huitième guerre de religion en France (qui se terminera en 1598) |
| 1586 | François désespère de son salut au collège jésuite de Clermont. Il se constitue un recueil d’oraisons jaculatoires et fait vœu de dire le chapelet quotidiennement. Il est libéré de son angoisse après avoir prié à la Chapelle de la Vierge à l ’église des Pères de Saint-Dominique [1] |
| 1588 | le jésuite Luis de Molina (1586· 1600) publie la Concordance du libre arbitre avec les dons de la grâce, la présence de Dieu, la providence, la prédestination et la réprobation |
| 1588 | études de droit et de théologie à Padoux. Dirigé par un jésuite, François découvre le livre du théatin Laurent Scupoli (v.1530 – 1610), le Combattimento spirituale (1589). Seconde crise sprirituelle : François se pose à nouveau la question de la prédestination avec Augustin et Thomas d’Aquin [2] |
| 1593 | le roi de Navarre, Henri IV, se convertit au catholicisme ; il est sacré roi de France l’année suivante |
| 1593 | François est ordonné prêtre à Annecy. Il s’emploie à ramener à la foi catholique le Chablais protestant calviniste en utilisant la méthode des tracts |
| 1595 | François expérimente une sorte d’extase pendant la méditation sur le mystère eucharistique |
| 1598 | Henri IV conclut la paix avec l’Espagne alliée des Ligueurs. Il promulgue l’édit de tolérance de Nantes. C’est la fin de la huitième guerre de religion en France Le pape Clément VIII tente de mettre fin à la controverse entre les dominicains thomistes et les partisans molinistes par les débats contradictoires en commissions de auxiliis, en vain [3] |
| 1602 | de retour à Paris, François découvre les Œuvres de Thérèse d’Avila et facilite l’introduction des carmélites déchaussées en France. Il est ordonné évêque du diocèse de Genève à Thorens. |
| 1604 | François rencontre Jeanne baronne de Chantal. Il la dirige spirituellement et lui conseille de fréquenter le carmel de Dijon nouvellement installé en 1605 |
| 1608 | François publie l’Introduction à la vie dévote |
| 1610 | François réunit à Annecy des premières visitandines Jeanne de Chantal, Jacqueline Favre et Charlotte de Bréchard |
| 1611 | le pape Paul V interdit de publier sur la question de la prédestination et du libre arbitre - auxiliis diuinae gratiæ |
| 1615 | François publie le Traité de l’amour de Dieu pour les visitandines |
| 1618 | la Visitation est érigée en ordre canonique |
| 1622 | François meurt chez les visitandines de Lyon |
| 1640 | Publication à titre posthume du « Augustinus » de l’ évêque d’Ypres, Corneille Jansen 11585-1368) , opposant la « grâce efficace » à la « grâce suffisante » de Luis de Molina. L’ouvrage est condamné en 1653 par le pape Innocent X |
| 1643 | le prêtre Antoine Arnauld, (1612-1694), janséniste, publie : De la fréquente communion, au ton rigoriste [4] |
| 1655 | le janséniste Antoine Arnauld proteste de son orthodoxie dans sa Lettre d’un docteur de la Sorbonne à une personne de condition. |
| 1656 | Le pape Alexandre VII fulmine la bulle Ad sanctam beati Petri sedem contre cinq propositions de l’ouvrage de Jansenius [5] |
| 1665 | François est canonisé après avoir été béatifié en 1662 |
| 1713 | Le pape Clément XI fulmine la bulle Unigenitus Dei Filius contre cent-une propositions dans l’ouvrage « Réflexions morales » de l’oratorien janséniste Pasquier Quesnel, à la demande du roi de France Louis XIV |
| 1859 | Jean Bosco (1815-1888) fonde la Société de Saint François de Sales (S.D.B.) |
| 1877 | le pape Pie IX déclare François de Sales docteur de l’Église |
© Fr. Franck Guyen op, novembre 2024
[1] Sa prière aurait été la suivante :
« Quoi qu’il advienne, Seigneur, toi qui détiens tout entre tes mains, et dont les voies sont justice
et vérité ; quoi que tu aies établi à mon égard au sujet de l’éternel secret de la prédestination et de la réprobation ; toi dont les jugements sont un abîme profond, toi qui es toujours un Juge équitable et un Père miséricordieux, je t’aimerai, Seigneur, au moins dans cette vie, s’il ne m’est pas donné de t’aimer dans la vie éternelle ; au moins je t’aimerai ici, ô mon Dieu, et j’espérerai
toujours en ta miséricorde, et je répéterai toujours tes louanges, malgré tout ce que l’ange de Satan maintient pour m’y opposer. O Seigneur Jésus, tu seras toujours mon espérance et mon salut dans la terre des vivants. Oui, parce que je le mérite nécessairement, je dois être maudit parmi les maudits qui ne verront pas ton doux visage, accorde-moi au moins de ne pas être parmi ceux qui maudissent ton saint nom. » « Œuvres Éditions Annecy XXII, 19-20.
Cité dans « Faites tout par amour, rien par force »
Cité en partie par Benoît XVI dans son audience générale du 2 mars 2011
[2] La crise s’achève sur la prière suivante :
Prosterné aux pieds des Bienheureux Augustin et Thomas, je suis prêt à tout ignorer pour connaître Celui qui est la science du Père, le Christ crucifié.
En effet, quoique je ne doute pas que les choses que j’ai écrites ne soient vraies, parce que je ne vois rien qui puisse former un doute solide de leur vérité, cependant, parce que je ne vois pas tout et qu’un mystère si profond est trop brillant pour pouvoir être regardé en face par mes yeux de chouette, si, dans la suite, le contraire apparaissait - ce qui, je pense, n’arrivera jamais - bien plus, si je me savais damné (que cela n’arrive pas, Seigneur Jésus !) par cette volonté que les thomistes placent en Dieu afin que Dieu montre sa justice, frappé de stupeur et levant les yeux vers le Juge suprême, volontiers je dirais avec le Psalmiste
Mon âme ne sera-t- elle pas soumise à Dieu ? Amen, Père, parce qu’il vous paraît bon ainsi ; que votre volonté soit faite ! Et je dirais cela tant de fois dans l’amertume de mon cœur, jusqu’à ce que Dieu, changeant ma vie et sa sentence, me réponde Aie confiance, mon fils, je ne veux pas la mort du pécheur, mais plutôt qu’il se convertisse et qu’il vive.
[3] la procédure de auxiliis est abandonnée en 1607.
Concernant cette querelle sur la grâce et le libre arbitre, nous signalons notre dette envers l’article : « Le Moment Pascalien dans la Querelle de la Grâce » de Sylvio Hermann de Franceschi – Revue de Synthèse, Springer Verlag/Lavoisier, 2009, 130 (4), pp.595-635 -, posté sur le site https://hal.archives-ouvertes.fr/hal
[4] Vincent de Paul rétorquera :
« En exigeant pour communier dignement l’amour le plus parfait, se trouvera-t-il un homme sur la terre qui eût si bonne opinion de sa vertu qu’il se croie en état de pouvoir communier dignement ?
Cela n’appartient qu’à M. Arnauld, qui, après avoir mis ces dispositions à un si haut point qu’un saint Paul eût appréhendé de communier, ne laisse pas de se vanter par plusieurs fois dans son apologie qu’il dit la messe tous les jours ».
Cf. article « Communion fréquente » dans le Dictionnaire de Théologie spirituelle
[5] Le pape Innocent X avait déjà condamné en 1653 les cinq propositions dans la bulle Cum occasione mais sans préciser leur provenance
