"C’est moi. N’ayez pas peur" - "It is I. Do not fear"
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Voir Évangile de Jean 6,16-21 - See Gospel by John 6:16-21
| Les évangiles synoptiques rapportent comment les disciples ont traversé par deux fois la « mer », c’est-à-dire le lac de Tibériade [1]. À chaque fois, ils ont connu la peur, mais une peur d’origine différente. | The synoptic gospels record how the disciples twice crossed the "sea", i.e. Lake Tiberias. Each time they experienced fear, but fear of a different origin. |
| La première fois, ils ont eu peur de voir la barque submergée par la mer. Leur peur était la peur ordinaire devant les forces de mort du monde après la chute – les éléments déchaînés de l’eau, de la terre et du ciel, mais aussi les maladies, les persécutions, les guerres. | The first time they were afraid that the boat would be submerged in the sea. Their fear was the ordinary fear of the deadly forces of the world after the fall - the raging elements of water, land and sky, but also disease, persecution, war. |
| La seconde fois, ils ont eu peur devant une figure fantomatique qui marchait sur les eaux : la peur résulte ici de la survenue d’un phénomène anormal qui se produit en dehors des lois naturelles et qui peut s’avérer maléfique. | The second time, they were frightened by a ghostly figure walking on the water : fear here results from the occurrence of an abnormal phenomenon that occurs outside the laws of nature and may prove to be evil. |
| L’évangile de Jean nous rapporte uniquement le second récit de traversée. | The Gospel of John only tells us the second crossing story. |
| Les disciples ont peur de ce qui apparaît comme une menace pour la vie. Cette peur est inhérente à notre monde marqué par la mort et le néant. | The disciples are afraid of what appears to be a threat to life. This fear is inherent in our world marked by death and nothingness. |
| Je me rappelle mon instituteur qui nous disait que l’humanité pouvait tenir toute entière dans un dé à coudre. Il illustrait par-là combien la matière est surtout faite de vide : les atomes sont constitués d’un noyau de neutrons et de protons et d’électrons tournant à des distances considérables autour du noyau ; si on imagine que les électrons s’effondrent sur le noyau, alors effectivement, comme le disait notre instituteur, on pourrait faire tenir toute l’humanité dans un dé à coudre. | I remember my teacher telling us that the whole of humanity could fit into a thimble. He was illustrating how matter is mostly made of vacuum : atoms are made up of a nucleus of neutrons and protons and of electrons rotating at considerable distances around the nucleus ; if we imagine that the electrons collapse on the nucleus, then indeed, as our teacher said, we could fit the whole of humanity into a thimble. |
| Finalement, nous sommes comme des funambules avançant sur un fil tendu au-dessus du néant, notre monde est un fin voile jeté sur le vide, et cette perspective peut nous donner le vertige [2]. | In the end, we are like tightrope walkers on a tightrope above nothingness, our world is a thin veil over the void, and this perspective can make us dizzy [3]. |
| Je crois que tout vivant a en soi cette peur du néant qui nous entoure et qui menace tout ce qui est, mais je crois aussi qu’il y a inscrit au plus profond de chaque vivant une confiance que ce n’est pas le néant qui l’emporte sur l’être mais l’inverse, que ce n’est pas la mort qui l’emporte sur la vie mais l’inverse, que ce n’est pas le mal qui l’emporte que le bien mais l’inverse. Et le croyant de la Bible sait que cette confiance provient de ce que tout ce qui existe est voulu par le Dieu créateur, qui est, purement et simplement. | I believe that every living being has within it this fear of the nothingness that surrounds us and threatens all that is, but I also believe that there is inscribed deep within every living being a confidence that it is not nothingness that outweighs being but the other way around, that it is not death that outweighs life but the other way around, that it is not evil that outweighs good but the other way around. And the Bible believer knows that this confidence comes from the fact that everything that exists is willed by God the Creator, who is, pure and simple. |
| Jésus rassure ses disciples en disant : « c’est moi » - sous-entendu « et non pas un esprit ou un fantôme » – mais son ἐγώ εἰμι en grec, ego sum en latin peut aussi se traduire par : « Je suis ». Dieu est celui qui dit : « Je suis », dans un présent éternel sans passé ni futur, il est, point barre, et il n’y aucune trace de néant en lui, il ne donne aucune prise à la mort, au défaut d’être. Et Celui qui dit : « Je suis » est le même qui dit : « Sois ». Tout ce qui est créé est suscité par une Parole qui est éternelle, celle du Fils qui pour nous, s’est fait chair en Jésus Christ. | Jesus reassures his disciples that ’it is I’ - implied “and not a spirit or a ghost” - but his ἐγώ εἰμι in Greek, ego sum in Latin can also be translated as : "I am". God is the One who says : "I am", in an eternal present without past or future, He is, full stop, and there is no trace of nothingness in Him, He gives no hold to death, to the lack of being. And He who says, "I am" is the same who says, "Be". All that is created is brought forth by a Word that is eternal, that of the Son who for our sake became flesh in Jesus Christ. |
| Alors oui, le monde est un fin voile jeté sur l’abime, facilement déchirable et pourtant d’une résistance et d’une solidité inimaginables. Alors ne cédons pas au vertige, ne laissons pas notre imagination s’emballer mais laissons le Seigneur nous rejoindre dans nos peurs et entendons le nous dire : « C’est moi, je suis, n’ayez pas peur ». Alors les vagues s’apaisent, le vent se calme, notre peur de la mort et du néant s’efface. | So yes, the world is a thin veil thrown over the abyss, easily torn and yet of unimaginable resistance and solidity. So let us not give in to vertigo, let us not let our imagination run wild, but let us allow the Lord to join us in our fears and hear him say to us : "It is I, I am, do not be afraid". Then the waves will calm down, the wind will die down, our fear of death and nothingness will disappear. |
| Mais une autre peur lui succède, peur devant non plus une puissance de mort mais une puissance de vie, une puissance qui ne ressort pas du monde créé, qu’il soit visible ou invisible : la puissance du créateur à l’origine de tout, la puissance de la Parole qui porte tout et qui transfigure tout. Ce n’est plus le vertige de tomber dans le vide et de s’écraser en bas, c’est le vertige d’être aspiré vers le haut, dans le ciel. | But a fear of a different kind follows it, fear not of a power of death but of a power of life, a power that does not emanate from the created world, whether visible or invisible : the power of the creator at the origin of everything, the power of the Word that carries everything and transfigures everything. It is no longer the vertigo of falling into the void and crashing down, it is the vertigo of being sucked upwards, into heaven. |
| Alors oui, le corps frissonne de la tête aux pieds, les poils se hérissent, les cheveux se dressent sur la tête, on a la chair de poule, on est saisi – et en même temps tout notre être jubile. | So yes, your body shivers from head to toe, your hair stands on end, you get goose bumps, you are gripped - and at the same time your whole being gloats. |
| « C’est moi. N’ayez pas peur ». | "It’s me. Don’t be afraid.” |
| Translated with www.DeepL.com/Translator (free version) |
fr. Franck Guyen op, février 2023
© Fr. Franck Guyen op, août 2025
ヨハネによる福音書/ 06章 16節 |
Jean 6,16-21 |
John 6:16-21 |
| 夕方になって、弟子たちは湖畔に下りて行った。 | 16 Le soir venu, ses disciples descendirent jusqu’à la mer. | 16 And when even was now come, his disciples went down unto the sea, |
| そして、舟に乗り、湖の向こう岸のカファルナウムに行こうとした。すでに暗くなっていたが、イエスは彼らのところにまだ来ておられなかった。 | 17 Ils montèrent dans une barque et se dirigèrent vers Capharnaüm, sur l’autre rive. Déjà l’obscurité s’était faite, et Jésus ne les avait pas encore rejoints. | 17 And entered into a ship, and went over the sea toward Capernaum. And it was now dark, and Jesus was not come to them. |
| 強い風が吹いて、湖は荒れ始めた。 | 18 Un grand vent soufflait et la mer était houleuse. | 18 And the sea arose by reason of a great wind that blew. |
| 二十五ないし三十スタディオンばかり漕ぎ出した頃、イエスが湖の上を歩いて舟に近づいて来られるのを見て、彼らは恐れた。 | 19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq à trente stades, lorsqu’ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher de la barque. Alors ils furent pris de peur, | 19 So when they had rowed about five and twenty or thirty furlongs, they see Jesus walking on the sea, and drawing nigh unto the ship : and they were afraid. |
| イエスは言われた。「私だ。恐れることはない。」 | 20 mais Jésus leur dit : « C’est moi, n’ayez pas peur ! » | 20 But he saith unto them, It is I ; be not afraid. |
| そこで、彼らはイエスを舟に迎え入れようとした。すると間もなく、舟は目指す地に着いた。 | 21 Ils voulurent le prendre dans la barque, mais aussitôt la barque toucha terre au lieu où ils allaient. | 21 Then they willingly received him into the ship : and immediately the ship was at the land whither they went. |
[1] Voir : Jésus marche sur les eaux - les textes dans les évangiles et
Jésus calme le vent et les eaux - les textes synoptiques
[2] À bien y regarder, le phénomène du vertige repose sur l’imagination : la personne peut se trouver objectivement en toute sécurité au-dessus du vide, mais, éprouvant illusoirement des sensations de chute, elle devient paralysée de peur. On parle de manière figurée de l’appel du vide, sachant qu’en réalité, c’est notre imagination qui lui prête sa voix.
[3] On closer inspection, the phenomenon of vertigo relies on imagination : the person may be objectively safe above the void, but, experiencing illusory sensations of falling, he or she becomes paralyzed with fear. We speak figuratively of the call of the void, knowing that in reality it is our imagination that lends it its voice

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