Les Fraternités laïques dominicaines : témoignage de Chantal

samedi 19 juillet 2025
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1§ Le présent article est la retranscription de l’intervention orale de Chantal sur son appartenance aux Fraternités laïques dominicaines. Chantal a donné son témoignage dans le cadre de la présentation de ce mouvement apostolique laïque au couvent Saint-Thomas d’Aquin à Lille (France) le samedi 26 avril 2025.

2§ La retranscription a été modifiée pour être plus proche du style écrit. La vidéo de son témoignage est disponible ici – elle dure environ six minutes.


Table des matières


Bonjour, je m’appelle Chantal, je suis mariée, j’ai 4 enfants et 7 petits-enfants.


Comment j’ai découvert les Fraternités laïques dominicaines

Je suis arrivée comme laïque dominicaine sans vraiment avoir un jour dit je voudrais être laïque dominicaine parce que je ne savais même pas que ça existait. J’étais inscrite à Carême dans la ville, pendant je dirais 2-3 saisons, on priait le Carême dans la ville avec mon mari puisqu’on fait partie des Équipes Notre-Dame depuis 30 ans. Mais je trouvais moi qu’aux Équipes Notre -Dame, il y avait cet esprit fraternel, la prière, mais je trouvais qu’au niveau études c’était assez restreint et toujours orienté vers le couple et tout ça, donc j’avais une insatisfaction et j’avais besoin d’approfondir.

Comme il y avait une rencontre de Carême dans la ville à Nieppe, pas loin de là où j’habite, j’y suis allée et puis il y a eu suite à cette rencontre plusieurs rencontres informelles et de là s’est dégagé un groupe et qui, après un cheminement de 8 ou 9 ans, on a créé d’abord un groupe fraternel puis une fraternité.

J’ai d’abord été engagée comme temporaire puisque c’est la règle et depuis 2 ans comme engagée définitive et je suis responsable de la Fraternité de Nieppe.


Ce que j’ai trouvé dans ma Fraternité laïque dominicaine

J’ai trouvé là un peu mon bonheur. C’est une joie de faire partie de cette fraternité parce que ça répond à un appel profond que j’avais en moi depuis longtemps je crois et, prise par la vie, je n’avais pas toujours le temps de lire et d’approfondir la Parole.

Et d’ailleurs quand j’ai fait mon engagement définitif, j’étais très émue parce que c’était une période où on avait beaucoup de soucis matériels et je me disais : « Seigneur, tu m’appelles alors que je ne suis pas grand-chose, je suis un peu démunie mais bon, je viens telle que je suis et puis je serai portée par les autres et par saint Dominique et par toi, Seigneur.

Au niveau de la fraternité, je dirais que çà n’est pas toujours facile de vivre en fraternité parce que une fraternité n’est pas un groupe d’amis, on n’est pas toujours des gens qui pensent comme nous ou qui vont réagir de la même façon.
10§ Alors ce qui nous permet de vivre ensemble, c’est quand même cette règle de saint Dominique de prier, d’étudier, de vouloir vivre cette fraternité.
Cet engagement nous fait dépasser nos petites "prises de bec" si on peut dire, entre nous.


Est-ce que je conseillerais à quelqu’un de venir dans les Fraternités laïques dominicaines ?

11§ Je dirais oui si c’est quelqu’un qui a envie d’approfondir la Parole, d’étudier. Pour quelqu’un d’un peu allergique à la Parole en disant : « Je n’ai pas envie de dire tout ça, c’est compliqué », je lui dirais qu’il y a d’autres endroits dans l’Église où on peut vivre la fraternité sans être laïc dominicain.

12§ Bien sûr il n’y a pas que l’étude chez les dominicains mais je trouve que c’est quand même ce qui nous caractérise. Mon mari justement ne veut pas faire partie des laïcs dominicains parce qu’il n’a pas envie, il est engagé ailleurs. Il m’accompagne, il est favorable à ce que j’en fasse partie mais lui ce n’est pas son truc.


L’étude au service de la foi et de l’Église dans les Fraternités laïques dominicaines

13§ Je dirais que c’est une chance quand même dans l’Église de faire partie de l’Ordre des dominicains et je l’expérimente parce que parallèlement je fais partie d’une équipe de funérailles dans la paroisse où on est amené à faire des commentaires d’évangile et à rencontrer les personnes en situation de détresse. Ça demande d’abord de bien écouter, d’être réceptif à leur chagrin, mais aussi de ramener l’espérance de l’Évangile et je pense que si on n’a pas un minimum de fond, si on n’est pas un peu formé, ça doit être assez difficile.

14§ Je remercie souvent toutes les méditations de Carême dans la Ville que je peux lire, ça m’aide bien et je dirais que ce n’est pas qu’un savoir intellectuel, j’ai l’impression que ma foi c’est un peu comme une crème parfumée. En fait on est tellement pétri qu’on ne le sent pas, on ne sent pas qu’on réagit en chrétien mais c’est les autres qui vont nous le renvoyer, un peu comme le parfum, quand on se parfume on ne le sent plus à la fin, c’est les autres qui nous disent : « Ah ! tu sens bon ». J’ai l’impression que la foi est comme ça.

15§ C’est une façon d’être et ce n’est pas qu’une décision, c’est toute une progression, une maturation de notre personne. Alors on peut dire un grand merci à tous ces frères qui nous aident, à tous les gens qui écrivent, toutes ces personnes dans Carême dans la ville ou ailleurs qui nous aident bien à comprendre et à aller un petit peu plus loin.


Annexe

Les Fraternités laïques dominicaines dans la famille dominicaine

Les laïcs dominicains partagent le charisme de saint Dominique avec l’ensemble des branches de la famille dominicaine : frères, moniales, laïcs, sœurs apostoliques, instituts séculiers et sacerdotaux.

Ce charisme se construit autour de 3 piliers : prière, étude, vie fraternelle, qui constituent les fondations de leur engagement spirituel et apostolique à la suite du Christ à la manière de leur père fondateur saint Dominique en vue de la prédication.

Compagnons dans la prédication, les laïcs dominicains partagent pleinement et en complémentarité, la mission de l’Ordre. Dans la diversité de leurs engagements dans l’Église et dans la société, ils sont appelés à être une Parole vivante dans leur milieu de vie.

Le laïc dominicain prononce un premier engagement de trois années renouvelables une fois, puis, s’il le demande, un engagement définitif.



Témoignage : Chantal le samedi 26 avril 2025
Prise de son et transcription : frère Franck Guyen op, juillet 2025


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