E2a. Le bonheur dans les Psaumes (1/2) -『詩篇』における幸福(1/2) - Happiness in the Psalms (1/2)
popularité : 21%
| Texte en français | English Text | 日本語のテキスト |
Français
Vous appréciez la présence de notre site sur le Web : vous pouvez faire un don à la communauté dans laquelle je vis (cliquer ici pour voir comment procéder)
Table des matières [1]
- 1. Mon expérience du bonheur
- 2. Le vrai bonheur : pouvoir obéir à Dieu
- 3. La dimension manquante
- 4. Think positive
- 5. On peut tout dire à Dieu
1. Mon expérience du bonheur
1§ Personnellement, j’associe le bonheur à une réconciliation universelle : de soi à soi, de soi à la création et de soi à Dieu.
- Il y a la réconciliation intérieure avec tout ce que l’on porte, comme blessures, comme conflits intérieurs, comme événements du passé non digérés.
- Et aussi une sorte de réconciliation avec l’extérieur, ce n’est plus moi en face du monde ou opposé à lui, mais moi avec le monde et dans le monde.
- Et la réconciliation avec Dieu, comme acceptation de ce que je suis sous son regard, et la conviction que son amour peut me faire grandir par-delà mes petitesses, mes mesquineries, mes attachements puérils.
2§ Pour résumer, j’entends personnellement le bonheur comme une réconciliation et aussi comme une unification : intérieure avec soi-même, extérieure avec le reste de la création et avec Dieu.
3§ Je pense à cette promenade que je faisais en solitaire dans la campagne bourguignonne près du village de ma grand-mère. C’était un soir d’été, il faisait bon, un silence paisible s’était installé. Pendant que je marchais, une paix a infusé en moi et, en levant les yeux je me suis trouvé plongé dans la voute céleste constellée d’étoiles. Je me suis alors senti à ma place dans un univers qui renvoyait à un ordre bon et beau qui ne laissait aucune place à la laideur et à la haine.
4§ Pour moi, le mot-clé est celui de réconciliation parce que nous vivons dans un monde faussé par le péché originel et que nous avons besoin d’une réconciliation cosmique. Le croyant de la Bible que je suis ne voit pas une fatalité dans cet ordre dégradé par la violence : des moments de grâce nous donnent un aperçu de ce que peut être le monde tel que Dieu l’avait voulu au début de la création avant la faute originelle et tel qu’il sera à la fin des temps lors de la restauration de toutes choses – l’espérance entre en jeu ici, en plus de la foi.
Voilà pour l’aspect personnel.
2. Le vrai bonheur : pouvoir obéir à Dieu
5§ Je voudrais réaffirmer en préambule une conviction : Dieu veut que nous soyons heureux, à l’encontre d’une image d’un Dieu autoritaire et écrasant, jamais satisfait de ses fidèles et toujours plus exigeant envers eux. Il n’est pas évident de comprendre que les commandements qu’il nous donne sont en vue de notre bonheur.
6§ Jésus, lui, savait qu’en faisant la volonté du Père, il serait heureux, y compris aux heures sombres de la Passion. Il est vrai que Jésus savait qui était celui qu’il appelait son Père, alors que nous n’en avons qu’une vague intuition : serions-nous entrés dans la pleine réalité de ce qu’il signifie, nous n’aurions qu’une seule volonté, qui serait de faire la volonté du Père, : paradoxalement dirajs-je, en faisant la volonté du Père, nous accomplissons notre volonté la plus authentique, la plus profonde, celle de connaître le bonheur.
3. La dimension manquante
La dimension religieuse
7§ Les méthodes de développement personnel promettent aussi le bonheur mais j’ai l’impression qu’elles fonctionnent principalement sur le mode de l’injonction : « Si tu veux être heureux, fais ceci, ne fais pas cela » en demandant de mobiliser surtout la volonté. Dans cette optique, la personne est seule responsable du succès ou de l’échec de son projet : « Si tu réussis, c’est grâce à toi ; si tu échoues, c’est à cause de toi ».
8§ Cela peut être épuisant et culpabilisant : « Tu n’as pas eu la force de suivre la méthode, tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même si tu es malheureux ».
L’échec sera d’autant plus douloureux qu’il succède à l’enthousiasme du début face à l’idée de la libération de ses problèmes et de la réalisation d’une image idéalisée de soi, tandis que les résistances du psychisme humain avaient été minimisées.
9§ Le psalmiste [2] n’est pas dans le monologue d’un Moi solitaire qui essaie de s’améliorer en suivant des recettes, mais dans le dialogue du Moi avec son Dieu, qui lui demande le salut, qui le loue parce qu’il l’a sauvé, ou qui chante : « Que tu es beau mon Dieu ! « Que je suis heureux d’aller te voir dans ton Temple saint ». Il n’est pas dans le développement personnel mais dans le développement relationnel avec Dieu et la communauté de croyants.
10§ Les méthodes de développement personnel s’appuient sur la psychologie qui exclut la dimension religieuse. Elles manquent ce qui me semble la dimension constitutive de l’être humain qui fait de lui un animal pas comme les autres – ce qui ne l’empêche pas d’appartenir au règne animal pour une part. Cette dimension religieuse fait que l’homme est capable de s’arrêter dans ses occupations quotidiennes pour lever la tête et regarder le ciel en se posant des questions que les animaux a priori ne se posent pas : l’homme peut-il monter au ciel ? Y a-t-il quelqu’un ou quelque chose là-haut ? Et même, y-a-t-il quelque chose au-delà du ciel ?
11§ Le bonheur proposé par les méthodes de développement personnel ne prend pas en compte cette inquiétude fondamentale de l’homme et par conséquent il est limité. La condition humaine se caractérise par une ouverture fondamentale à plus grand que soi et même plus grand que tout, alors un bonheur uniquement « horizontal » sera toujours insatisfaisant à mon avis.
La dimension solidaire
12§ Les méthodes de développement personnel sont centrées sur la personne mais prennent-elles suffisamment en compte son inscription dans une communauté de vie ? Que signifie un bonheur uniquement personnel qui ne serait pas partagé ? Si mon voisin, ma communauté souffre, leur malheur projette une ombre sur mon bonheur, sauf à ignorer la solidarité qui me lie à eux. Je ne peux pas manger tranquillement mon kebab à côté de quelqu’un qui a faim.
13§ Le psalmiste partage les joies et les peines de sa communauté, il se soucie du pauvre et du faible et il les porte aussi bien dans sa prière de louange que dans celle de demande.
14§ - Il est entendu que le fait qu’il y ait des gens malheureux ne nous interdit pas d’être heureux, mais il nous interdit un bonheur insoucieux des autres, et en particulier des opprimés. Le vrai bonheur pour le psalmiste est un bonheur partagé, un bonheur qui rejaillit sur sa communauté : ce que Dieu fait pour lui en le sauvant des injustes, il le fait pour tous ceux qui se confient en Dieu et qui espèrent en Lui. Et, parce qu’il a confiance en la toute-puissance de Dieu, le psalmiste ne craint pas d’être écrasé par le spectacle de la méchanceté dans le monde : il sait qu’elle n’aura pas le mot de la fin.
4. Think positive
15§ La critique du « développement personnel » ne signifie pas pour autant le rejet de tout ce qui s’en revendique, comme par exemple l’injonction « Think positive. Personnellement, je m’impose de commencer ma prière du soir par les bons moments de la journée. Cela demande un effort car il est plus facile de se souvenir de ce qui n’a pas marché que de ce qui a réussi, mais cela permet de relativiser les souvenirs négatifs par ce qui a été vécu de beau et de bon dans la journée.
16§ J’ai donné le conseil suivant à des personnes déprimées : essayez de repérer dans la grisaille de la journée le petit rayon de soleil, la petite fleur qui a percé, peut-être de manière imperceptible, et à partir de là seulement regarder ce qui n’a pas marché, ce qui a bloqué, ce qui a blessé.
17§ Sans doute cette tendance à voir ce qui manque, le négatif, plutôt que ce qui est là, le positif (le verre à moitié vide plutôt que le verre à moitié plein) provient du fond des âges où il valait mieux faire attention à ce qui n’allait pas si l’on voulait survivre, mais dans nos sociétés modernes, ce biais cognitif dit « de négativité » issu de l’évolution peut devenir handicapant et l’injonction « Think positive » aide à maintenir ce biais dans de justes proportions.
18§ Cela dit, évitons l’excès inverse de la « positivité toxique » qui refoule les ratages, les échecs, les sentiments gênants comme la haine ou la jalousie, en faisant ainsi l’impasse sur une partie de notre vie, sur des choses peut-être importantes qui cherchent à se dire.
5. On peut tout dire à Dieu
19§ Peut-être que le vrai bonheur du psalmiste finalement, c’est d’avoir quelqu’un à qui parler qui s’appelle Dieu.
20§ Nous pouvons avoir (dans le désordre) : un ami, un conjoint, un psychanalyste à qui parler, mais quand c’est Dieu, nous pouvons tout lui dire parce que nous croyons qu’il nous a créés par amour, gratuitement et qu’il est capable de nous ouvrir des portes là où tout semble fermé.
21§ Il y a des choses qu’on refoule parce qu’elles nous font mal, parce qu’elles nous font honte, parce qu’elles abiment notre confiance dans la bonté et la beauté du monde et de nous-mêmes, et nous n’avons pas le courage de les regarder, encore moins d’en parler.
22§ Sauf quand Dieu est là.
« Oui, il y a des choses honteuses et laides, mais non, le monde ne se réduit pas à elles, non tu ne te réduis pas à elles. Oui, le monde peut être meilleur, plus grand, plus beau que cela, oui, tu peux être meilleur, plus grand, plus beau que cela. C’est moi qui ai fait le monde, c’est moi qui t’ai fait, avec des choses bonnes, et même très bonnes. Elles sont abimées, bloquées, mais elles sont toujours là, alors ouvre tes écluses et elles s’exprimeront.
Mon Fils t’ aidera, lui qui est mort sur la croix en particulier pour la rémission de tes péchés »
Le conjoint ne peut pas dire cela, l’ami ne peut pas dire cela.
23§ Je pense souvent à des parents dont l’enfant a fait des bêtises. Il se dit que sa bêtise est trop énorme, que ses parents vont cesser de l’aimer. L’enfant a tort, parce que ce qui semble énorme pour un enfant ne l’est souvent pas pour un adulte, et surtout parce que l’amour que le père ou la mère a pour son enfant ne va pas s’arrêter à cause du vase cassé que l’arrière-grand-père avait ramené d’Indochine.
24§ L’enfant sera puni, il sera tancé, mais l’amour de ses parents est toujours là.
Il en va de même avec Dieu, si l’on veut bien accepter l’analogie. Nos péchés sont sans doute plus graves que ceux des enfants, mais, comme les parents, Dieu peut voir en nous ce que nous pouvons devenir de bien, et il ne nous ferme jamais l’horizon.
Aux yeux de Dieu, le pire criminel peut jusqu’au dernier moment exprimer la part de bonté que Dieu a déposé en lui comme en toute chose de la création, et cela le sauvera, non pas de la mort en ce monde mais de la mort dans l’autre monde.
© frère Franck Guyen o.p., février 2026
English
If you appreciate our website’s presence on the web : you can make a donation to the community in which I live (click here to find out how)
Table of contents [3]
- 1. My experience of happiness
- 2. True happiness : being able to obey God
- 3. The missing dimension
- 4. Think positive
- 5. We can tell God everything
1. My experience of happiness
1§ Personally, I associate happiness with a universal reconciliation : of oneself with oneself, of oneself with creation, and of oneself with God.
- There is inner reconciliation with everything we carry within us, such as wounds, inner conflicts, and unresolved events from the past.
- And also a kind of reconciliation with the outside world : it is no longer ‘me’ facing the world or in opposition to it, but ‘me’ with the world and within the world.
- And reconciliation with God, as an acceptance of who I am in His sight, and the conviction that His love can help me grow beyond my pettiness, my meanness and my childish attachments.
2§ To summarise, I personally understand happiness as a reconciliation and also as a unification : an inner unification with oneself, and an outer unification with the rest of creation and with God.
3§ I think back to that solitary walk I took in the Burgundian countryside near my grandmother’s village. It was a summer’s evening ; the weather was mild, and a peaceful silence had settled over the land. As I walked, a sense of peace washed over me and, looking up, I found myself immersed in the star-studded sky. I then felt that I belonged in a universe that reflected a good and beautiful order, leaving no room for ugliness or hatred.
4§ For me, the key word is ‘reconciliation’, because we live in a world distorted by original sin and we need a cosmic reconciliation. As a believer in the Bible, I do not see this order—degraded by violence—as inevitable : moments of grace give us a glimpse of what the world might be like as God intended it at the beginning of creation, before the Fall, and as it will be at the end of time when all things are restored – hope comes into play here, in addition to faith.
So much for the personal aspect.
2. True happiness : being able to obey God
5§ I would like to begin by reaffirming a conviction : God wants us to be happy, contrary to the image of an authoritarian and oppressive God, never satisfied with his faithful and ever more demanding of them. It is not easy to understand that the commandments he gives us are for our own happiness.
6§ Jesus, for his part, knew that by doing the Father’s will, he would be happy, even during the darkest hours of the Passion. It is true that Jesus knew who it was that he called his Father, whereas we have only a vague inkling of this : would we have grasped the full reality of what this means, we would have but one will, which would be to do the Father’s will : paradoxically, I might add, by doing the Father’s will, we fulfil our most authentic, deepest will—that of knowing happiness.
3. The missing dimension
The religious dimension
7§ Personal development methods also promise happiness, but I get the impression that they operate mainly on the basis of commands : ‘If you want to be happy, do this, don’t do that’, asking us to draw primarily on our willpower. From this perspective, the individual is solely responsible for the success or failure of their endeavour : ‘If you succeed, it’s down to you ; if you fail, it’s your own fault’.
8§ This can be exhausting and make you feel guilty : ‘You didn’t have the strength to stick to the method ; you’ve only yourself to blame if you’re unhappy’.
Failure will be all the more painful as it follows the initial enthusiasm at the prospect of being freed from one’s problems and realising an idealised image of oneself, whilst the resistances of the human psyche had been downplayed.
9§ The psalmist [4] is not found in the monologue of a solitary ‘I’ trying to improve itself by following a set of rules, but in the dialogue between the ‘I’ and its God, in which the ‘I’ asks for salvation, praises God for having saved it, or sings : ‘How beautiful you are, my God ! ‘How happy I am to go and see you in your holy Temple’. It is not about personal development but about developing a relationship with God and the community of believers.
10§ Methods of personal development are based on psychology, which excludes the religious dimension. They lack what seems to me to be the defining dimension of the human being, which makes him an animal unlike any other – though this does not prevent him from belonging, in part, to the animal kingdom. This religious dimension enables humans to pause in their daily activities, lift their heads and look up at the sky, asking themselves questions that animals a priori do not ask : can humans ascend to heaven ? Is there anyone or anything up there ? And indeed, is there anything beyond the heavens ?
11§ The happiness offered by personal development methods does not take this fundamental human concern into account and is therefore limited. The human condition is characterised by a fundamental openness to something greater than oneself and even greater than everything else ; thus, in my view, a purely ‘horizontal’ form of happiness will always be unsatisfactory.
The dimension of solidarity
12§ Personal development methods are person-centred, but do they take sufficient account of one’s place within a community ? What does purely personal happiness mean if it is not shared ? If my neighbour or my community is suffering, their misfortune casts a shadow over my happiness, unless I choose to ignore the solidarity that binds me to them. I cannot eat my kebab in peace next to someone who is hungry.
13§ The psalmist shares in the joys and sorrows of his community ; he cares for the poor and the weak and includes them both in his prayers of praise and in his prayers of supplication.
14§ – It is understood that the fact that there are unhappy people does not prevent us from being happy, but it does prevent us from a happiness that is indifferent to others, and in particular to the oppressed. For the psalmist, true happiness is a shared happiness, a happiness that radiates out to his community : what God does for him by saving him from the unrighteous, He does for all those who trust in God and place their hope in Him. And, because he trusts in God’s omnipotence, the psalmist does not fear being overwhelmed by the sight of wickedness in the world : he knows that it will not have the last word.
4. Think positive
15§ Criticism of ‘personal development’ does not, however, mean rejecting everything associated with it, such as the exhortation ‘Think positive. Personally, I make a point of beginning my evening prayer by reflecting on the good moments of the day. This takes some effort, as it is easier to remember what went wrong than what went right, but it helps to put negative memories into perspective by focusing on the beautiful and good things experienced during the day.
16§ I have given the following advice to people suffering from depression : try to spot, amidst the greyness of the day, that little ray of sunshine, that little flower that has blossomed – perhaps imperceptibly – and only then look at what went wrong, what held you back, what caused you pain.
17§ No doubt this tendency to see what is missing – the negative – rather than what is there, the positive (the glass half empty rather than the glass half full) stems from time immemorial, when it was better to pay attention to what was going wrong if one wanted to survive ; but in our modern societies, this evolutionary ‘negativity bias’ can become a hindrance, and the exhortation ‘ Think positive ’ helps to keep this bias in check.
18§ That said, let’s avoid the opposite extreme of ‘[toxic positivity]->https://theconversation.com/ce-que-tu-veux-cest-ce-que-tu-es-gourou-ou-la-violence-invisible-de-la-positivite-toxique-274660?utm_medium=email& utm_campaign=The%20Conversation%20France%20newsletter%20of%201%20February%202026%20-%203661737413& utm_content=The%20Conversation%20France%20newsletter%20of%201%20February%202026% 20-%203661737413+CID_ca674daaf51329657998fed3f9b4da9f&utm_source=campaign_monitor_fr& utm_term=What%20you%20want%20is%20what%20you%20are%20%20%20%20Guru%20%20or%20the%20invisible%20violence%20of%20toxic%20positivity] ’ which suppresses mistakes, failures and uncomfortable feelings such as hatred or jealousy, thereby ignoring a part of our lives and things that may be important and are trying to make themselves heard.
5. We can tell God everything
19§ Perhaps, in the end, the psalmist’s true happiness lies in having someone to talk to called God.
20§ We may have (in no particular order) : a friend, a partner, a psychoanalyst to talk to, but when it is God, we can tell him everything because we believe that he created us out of love, freely, and that he is able to open doors for us where everything seems closed.
21§ There are things we repress because they hurt us, because they make us feel ashamed, because they undermine our trust in the goodness and beauty of the world and of ourselves, and we do not have the courage to face them, let alone talk about them.
22§ Except when God is there.
‘Yes, there are things that are shameful and ugly, but no, the world is not reduced to them ; no, you are not reduced to them. Yes, the world can be better, greater, more beautiful than that ; yes, you can be better, greater, more beautiful than that. It was I who made the world ; it was I who made you, with good things—and even very good things. They are damaged, blocked, but they are still there, so open your floodgates and they will come to the fore.
My Son will help you—he who died on the cross specifically for the forgiveness of your sins.”
A spouse cannot say that ; a friend cannot say that.
23§ I often think of parents whose child has done something silly. The child thinks their mistake is too huge, that their parents will stop loving them. The child is wrong, because what seems enormous to a child is often not so to an adult, and above all because the love that a father or mother has for their child will not cease because of the broken vase that the great-grandfather had brought back from Indochina.
24§ The child will be punished, they will be told off, but their parents’ love is still there.
The same is true of God, if we are willing to accept the analogy. Our sins are undoubtedly more serious than those of children, but, like parents, God can see in us the good we are capable of becoming, and he never closes the door on our future.
In God’s eyes, even the worst criminal can, right up to the very last moment, express the goodness that God has placed within him, just as in every part of creation, and this will save him—not from death in this world, but from death in the next.
© Brother Franck Guyen O.P., February 2026
日本語
当ウェブサイトが ウェブ上で運営されていることをご評価いただける場合は、私が暮らす地域社会への寄付をご検討ください([寄付方法はこちら→https://dominicainslille.fr/?page_id=84])
目次 [5]
- 1. 私の幸福体験
- 2. 真の幸福:神に従うことができること
- 3. 欠けていた側面
- 4. Think positive 前向きに考える
- 5. 神には何でも打ち明けることができます
1. 私の幸福体験
1§ 個人的には、幸福とは普遍的な和解、すなわち自分自身との和解、被造物との和解、そして神との和解であると捉えています。
- それは、傷や内面の葛藤、過去から持ち越した未解決の出来事など、私たちが内面に抱えているあらゆるものとの内なる和解です。
- また、外の世界とのある種の和解でもあります。もはや世界と向き合ったり、それに立ち向かったりする「私」ではなく、世界と共にあり、世界の中に存在する「私」なのです。
- そして、神との和解。それは、神の御目から見た「私」という存在を受け入れること、そして神の愛が、私の狭量さや卑しさ、子供じみた執着を超えて成長する助けとなってくれるという確信です。
2§ 要約すると、私個人としては、幸福を「和解」であると同時に「統合」でもあると理解しています。すなわち、内面における自分自身との統合、そして外面における他のすべての被造物や神との統合です。
3§ 祖母の村の近く、ブルゴーニュの田園地帯を一人で歩いたあの時のことを思い返します。それは夏の夕べで、気候は穏やかであり、この土地には穏やかな静寂が漂っていました。歩いていると、安らぎの感覚が私を包み込み、ふと顔を上げると、星が散りばめられた夜空に心を奪われていました。その時、私は、醜さや憎しみの入り込む余地のない、善と美の秩序を映し出す宇宙に、自分が属しているのだと感じました。
4§ 私にとってのキーワードは「和解」です。なぜなら、私たちは原罪によって歪められた世界に生きており、宇宙的な和解を必要としているからです。聖書を信じる者として、私は、暴力によって損なわれたこの秩序を、避けられないものとは考えていません。恵みの瞬間は、堕落以前の創造の初め、神が意図された通りの世界がどのようなものか、また、すべてのものが回復される時の終わりに世界がどのような姿になるかを、私たちに垣間見せてくれるのです――ここには、信仰に加えて、希望も関わってくるのです。
個人的な側面については以上です。
2. 真の幸福:神に従うことができること
5§ まず、ある確信を改めて表明したいと思います。神は、私たちに幸福になってほしいと願っておられます。それは、権威主義的で抑圧的な神――信者たちに決して満足せず、ますます厳しい要求を突きつける神――というイメージとは正反対です。神が私たちに与えてくださる戒めが、私たち自身の幸福のためであることを理解するのは容易ではありません。
6§ イエス様は、御父の御心を行うことによって、たとえ受難の最も暗い時であっても、ご自身が幸せになれることをご存じでした。確かに、イエスはご自身が「父」と呼ぶお方がどなたであるかをご存知でしたが、私たちにはそれについて漠然とした予感があるに過ぎません。もし私たちが、これが意味するところの完全な現実を把握していたならば、私たちにはただ一つの意志、すなわち父の御心を行うことだけがあったでしょう。逆説的ではありますが、付け加えるならば、父の御心を行うことによって、私たちは最も真に、そして最も深い意志――すなわち幸福を知るという意志――を成就するのです。
3. 欠落している側面
宗教的側面
7§自己啓発の手法もまた幸福を約束していますが、それらは主に「命令」に基づいて機能しているという印象を受けます: 「幸せになりたいなら、これをして、あれはするな」と、主に私たちの意志の力に頼るよう求めているのです。この観点からは、その取り組みの成否に対する責任は個人にのみあります。「成功すればそれはあなたのおかげ、失敗すればそれはあなた自身の責任」というわけです。
8§ これは精神的に疲弊させ、罪悪感を抱かせることもあります。「その方法に忠実に従う力がなかったのだから、不幸なのは自分自身のせいだ」と。
問題から解放され、理想化された自己像を実現できるという期待に胸を膨らませた当初の熱意の後に訪れる失敗は、人間の精神が抱える抵抗が過小評価されていただけに、なおさら痛ましいものとなるでしょう。
9§ 詩篇作者 [6] それは、一連の規則に従って自己を向上させようとする孤独な「私」の独白の中にあるのではなく、「私」とその神との対話の中にあります。その対話の中で、「私」は救いを求め、救ってくださった神を賛美し、あるいは次のように歌います: 「わが神よ、あなたはなんと美しいことでしょう! あなたの聖なる神殿に参り、あなたにお目にかかれることは、なんと幸せなことでしょう」。これは自己啓発の話ではなく、神や信徒の共同体との関係を深めることについて語っているのです。
10§ 自己啓発の手法は心理学に基づいており、そこには宗教的な側面が排除されています。そこには、私にとって人間を他とは異なる動物たらしめる決定的な側面が欠けています――とはいえ、人間が部分的には動物界に属していることを妨げるものではありません。この宗教的な側面によって、人間は日々の活動に一息つき、顔を上げて空を見上げ、動物がa priori決して問わないような問いを自らに投げかけることができるのです。人間は天国に昇ることができるのでしょうか? そこには誰か、あるいは何かがいるのでしょうか? そして実際、天の彼方には何かがあるのでしょうか?
11§ 自己啓発法がもたらす幸福は、この人間にとって根本的な関心事を考慮に入れていないため、その範囲は限定的です。人間の存在とは、自分自身よりも、さらには他のあらゆるものよりも偉大な何かに向かって、根本的に開かれているという特徴を持っています。したがって、私の見解では、純粋に「水平的な」幸福の形は、常に不十分なものであり続けるでしょう。
連帯という側面
12§ 自己啓発の手法は個人中心ですが、コミュニティ内における個人の立場を十分に考慮しているでしょうか。分かち合われない純粋に個人的な幸福とは、一体何を意味するのでしょうか。もし私の隣人やコミュニティが苦しんでいるなら、彼らと私を結びつける連帯を無視することを選ばない限り、彼らの不幸は私の幸福に影を落とします。空腹の人々の隣で、ケバブを平然と食べることはできません。
13§ 詩編の作者は、共同体の喜びと悲しみを分かち合っています。彼は貧しい人々や弱い人々を気遣い、賛美の祈りにも、懇願の祈りにも、彼らを共に含めています。
14§ – 不幸な人々がいるという事実が、私たちが幸せになることを妨げるわけではないことは理解できますが、それは、他者、とりわけ抑圧されている人々に対して無関心な幸福を妨げるものです。詩編作者にとって、真の幸福とは分かち合う幸福であり、その共同体へと広がっていく幸福です。神が彼を不義な者たちから救ってくださることは、神を信頼し、神に希望を置くすべての人々に対してもなされることなのです。そして、神の全能を信頼しているからこそ、詩編作者は世の中の悪の光景に圧倒されることを恐れません。彼は、悪が最終的な勝利を収めることはないことを知っているからです。
4. 前向きに考えましょう
15§ とはいえ、「自己啓発」に対する批判は、それに関連するすべて、例えば「前向きに考えましょう」といった勧告を拒絶することを意味するわけではありません。個人的には、夕方の祈りを始める際、その日の良い出来事を振り返ることを心がけています。うまくいかなかったことよりも、うまくいったことを思い出すほうが難しいので、これには多少の努力が必要ですが、その日経験した美しく良いことに焦点を当てることで、ネガティブな記憶を相対化することができます。
16§ 私は、うつ病に苦しむ人々に次のようなアドバイスをしています。灰色の日常の中で、その小さな一筋の陽光や、おそらくは気づかれないほどに咲いた小さな花を見つけ出してみてください。そして、その後に初めて、何がうまくいかなかったか、何が足を引っ張ったか、何が痛みをもたらしたかを見つめてください。
17§ 確かに、そこにあるもの、つまりポジティブな面(「コップは半分満杯」ではなく「コップは半分空」というように)ではなく、欠けているもの、つまりネガティブな面を見てしまうこの傾向は、太古の昔から続いているものです。当時は、生き残るためには、うまくいっていないことに注意を向けるほうが得策だったからです。しかし、現代社会において、この進化的に形成された「ネガティブバイアス」は障害となり得ます。そこで、「 ポジティブに考えましょう 」という呼びかけは、このバイアスを抑制するのに役立ちます。
18§ とはいえ、「[有害なポジティブ思考]->https://theconversation.com/ce-que-tu-veux-cest-ce-que-tu-es-gourou-ou-la-violence-invisible-de-la-positivite-toxique -274660 ?utm_medium=email& utm_campaign=The%20Conversation%20France%20newsletter%20of%201%20February%202026%20-%203661737413& utm_content=The%20Conversation%20France%202026年2月1日付ニュースレター%20-%203661737413+CID_ca674daaf51329657998fed3f9b4da9f&utm_source=campaign_monitor_fr& utm_term=「あなたが望むものは、あなた自身である」%20%20%20%20%20「グル」%20%20あるいは%20「有害なポジティブ思考」による目に見えない暴力]」というもので、これは間違いや失敗、憎しみや嫉妬といった居心地の悪い感情を抑圧し、 それによって、私たちの生活の一部や、重要かもしれないのに声を上げようとしている事柄を無視してしまうのです。
5. 神には何でも打ち明けられます
19§ おそらく、結局のところ、詩編作者の真の幸福は、神という話し相手がいることにあるのでしょう。
20§ 私たちには(順不同ですが)、友人もいれば、パートナーもいれば、話せる精神分析医もいるかもしれませんが、相手が神であるならば、私たちはすべてを打ち明けることができます。なぜなら、神は愛から、そして自由な意志で私たちを創造してくださったと信じているからです。また、すべてが閉ざされているように見える場所でも、神は私たちのために扉を開いてくださるお方だと信じているからです。
21§ 私たちには、心に傷を負わせたり、恥を感じさせたり、世界や自分自身に対する善や美しさへの信頼を揺るがせたりするゆえに、抑圧してしまうことがあります。そして、それらに向き合う勇気さえ持てず、ましてや口に出して話すことなど到底できません。
22§ ただし、神がおられる時は別です。
「はい、恥ずべきことや醜いことは確かにあります。しかし、いいえ、世界はそれらだけに還元されるわけではありません。いいえ、あなたもそれらだけに還元されるわけではありません。はい、世界はそれよりもっと良く、もっと偉大で、もっと美しいものになり得ます。はい、あなたもそれよりもっと良く、もっと偉大で、もっと美しい存在になり得ます。この世界を創ったのは私であり、あなたを創ったのも私です。そこには良いもの――いや、実に素晴らしいものが備わっています。それらは傷つき、塞がれてはいますが、それでもなおそこにあります。ですから、あなたの心の水門を開いてください。そうすれば、それらは表に出てくるでしょう。
私の御子があなたを助けてくださいます――まさにあなたの罪の赦しのために、十字架上で死なれた方です。」
配偶者にはそう言えません。友人にもそう言えません。
23§ 私はよく、子供が何か愚かなことをしてしまった親のことを考えます。子供は自分の過ちがあまりにも大きすぎて、親が自分を愛してくれなくなるだろうと思っています。しかし、それは間違いです。なぜなら、子供にとって巨大に見えることも、大人にとってはそうではないことがよくあるからです。そして何よりも、父や母が子供に対して抱く愛は、曾祖父がインドシナから持ち帰った花瓶が割れたからといって、決して途絶えることはないからです。
24§ その子は罰を受け、叱られるでしょうが、両親の愛は依然としてそこにあります。
この例えを受け入れるのであれば、神についても同じことが言えます。私たちの罪は、間違いなく子供たちのそれよりも深刻ですが、親と同じように、神は私たちの中に、私たちがなり得る善を見出し、決して私たちの未来への扉を閉ざすことはありません。
神の目には、たとえ最悪の犯罪者であっても、創造のあらゆる部分と同様に、最後の瞬間まで、神が彼の中に宿らせた善を表現することができ、それによって彼は救われるのです――この世での死からはではなく、来世での死からは。
© フランク・ギエン修道士 O.P.、2026年2月
[1] enseignement donné à l’Institut séculier dominicain d’Orléans le dimanche 22 juin 2025 à Paris
[2] Celui qui compose ou qui prie les psaumes, en assemblée ou seul.
Les psaumes sont regroupés dans un « psautier », mot grec psalterion qui désigne un instrument à cordes ; l’hébreu parle lui du Livre des louanges.
Le psautier contient effectivement des psaumes de louange de Dieu, mais aussi des psaumes de supplication suivant un déroulement-type : le psalmiste environné de dangers mortels appelle au secours – Dieu le sauve – le psalmiste éclate alors en action de grâce devant les autres croyants
Le psautier contient enfin des psaumes faisant mémoire des hauts-faits de Dieu pour son peuple, avec leur sommet dans la traversée de la Mer Rouge.
[3] lecture given at the Dominican Secular Institute of Orléans on Sunday 22 June 2025 in Paris
[4] One who composes or prays the psalms, in a congregation or alone.
The psalms are collected in a ‘psalter’, a Greek word psalterion denoting a stringed instrument ; the Hebrew term refers to the Book of Praises.
The psalter does indeed contain psalms of praise to God, but also psalms of supplication following a typical pattern : the psalmist, surrounded by mortal danger, calls for help – God saves him – whereupon the psalmist bursts into thanksgiving before the other believers
Finally, the Psalter contains psalms commemorating God’s mighty deeds for his people, culminating in the crossing of the Red Sea.
[5] 2025年6月22日(日)にパリの オルレアン・ドミニコ会世俗研究所 で行われた講演
[6] 会衆の中で、あるいは一人で、詩篇を作曲したり祈ったりする人。
詩篇は「詩篇集」に収められています。「詩篇集」は、弦楽器を意味するギリシャ語 psalterion に由来する言葉ですが、ヘブライ語の用語は 賛美の書 を指します。
詩篇集には確かに神を賛美する詩篇が含まれていますが、典型的なパターンに従った嘆願の詩篇も含まれています。すなわち、死の危機に囲まれた詩篇の作者は助けを求め――神が彼を救い――そこで詩篇の作者は他の信者たちの前で感謝の言葉を口にするのです
最後に、詩篇集には、神がご自分の民のためになさった偉大な御業を記念する詩篇が含まれており、その頂点は紅海の横断です。
