S2-SB1b. La vie du Bouddha Sakyamuni (2/2) - 釈迦牟尼仏の生涯((続き・完結)) - The Life of Shakyamuni Buddha (Part Two)

mercredi 16 septembre 2026
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Introduction aux traditions religieuses et spirituelles d’Asie – Le bouddhisme (2/8) [1].


La vie du Bouddha Sakyamuni (suite et fin)



Avertissement. Un geste qui n’est pas anodin
Ce geste de rencontre des autres religions n’est pas anodin et il convient d’être conscient des enjeux de cette rencontre. Une religion est quelque chose d’important sinon d’essentiel pour ses adeptes, aussi ne devons-nous pas nous comporter en touristes désinvoltes en l’abordant avec des idées simplettes et réductrices. La rencontre demande de l’humilité – je n’ai pas dit de l’humiliation. Je crois aussi que ce geste demande d’être au fait de sa propre foi, de ce que l’on croit. Sinon on risque d’être perdu par rapport à des propositions de sens total qui ont leur propre cohérence et qui ne sont pas forcément compatibles entre elles. [2]



a) La doctrine du Triple poison

33§ Le Triple poison désigne ce qui ensemence les actes, les rendant capables de fructifier en conditions d’existence bonnes ou mauvaises dans les vies suivantes :

  • le premier poison est l’avidité, la cupidité qui pousse à posséder, à mettre la main sur quelque chose ou quelqu’un : « il me faut ceci ou cela, cela va faire mon bonheur » - et pour y arriver on est tenté de mentir, de voler, de tuer ;
  • le deuxième poison regroupe la haine, la peur, la jalousie, les sentiments négatifs qui, à l’inverse du premier, poussent à rejeter, à repousser : « loin de moi cette chose, cette personne, elle va faire mon malheur ». Ces sentiments poussent à mentir, voler, tuer ;
  • le troisième et dernier poison est d’ordre intellectuel et non plus affectif : il s’agit de la croyance erronée en l’âme, le Soi, qui en réalité n’a aucune réalité substantielle puisqu’elle est un assemblage instable et provisoire d’éléments hétérogènes [3]. S’appuyant sur cette conviction erronée, les poisons de l’avidité et de la colère infectent le mental par leurs désirs centrés sur ce que je dois faire pour obtenir mon bonheur et éviter mon malheur : moi, moi et encore moi.

    34§ Le Bouddha a extirpé les racines du Triple poison, il pose désormais des actes « karmiquement » neutres : n’étant plus conditionnés par l’avidité ou la colère, vides de tout égocentrisme, les actes du Bouddha ressemblent à des graines stérilisées, incapables de fructifier en vies suivantes : le capital « karmique » a cessé d’être alimenté et il sera soldé dans cette vie-ci, la dernière du Bouddha Sakyamuni.


    b) La doctrine des Quatre Nobles Vérités

    35§ La doctrine des Quatre Nobles Vérités reprend celle du Triple poison sous un autre angle.

    36§ Nous avons déjà rencontré la première noble vérité qui diagnostique que tout ce qui constitue ce monde est « douleur » -.

    37§ La seconde noble vérité affirme que la « soif » est à l’origine de la douleur : soif de plaisirs sensibles, soif d’exister pour obtenir ces plaisirs mais aussi parce que se sentir exister est en soi une jouissance, soif de ne pas exister parce qu’on estime ne plus pouvoir connaître le plaisir – soif négative qui dit en creux un intense désir de jouissance.

    38§ La troisième noble vérité promet qu’on peut faire cesser la « douleur » - en éteignant le feu de la soif. L’extinction se dit nirvana en sanskrit : une bougie atteint le nirvana quand, faute de cire, la flamme s’éteint. La cire représente les passions, tandis que la flamme représente la soif.

    39§ La quatrième noble vérité donne le remède pour éteindre la soif, à savoir l’Octuple sentier décrit en trois registres :

  • stabilisation de sa vie par l’action, la parole et les moyens d’existence justes : ni mensonge, ni vol, ni meurtre, ni sexualité irresponsable, ni addiction ;
  • stabilisation du mental : le mental est semblable à un singe qui ne cesse de passer d’une branche à l’autre ; on le calme par l’effort juste, la concentration juste, l’attention juste : on se concentrera par exemple sur les différentes phases de la respiration ;
  • compréhension intime par la pensée et la vision justes de la vérité révélée par le Bouddha, en particulier l’illusion de l’âme comme principe individuel permanent.

    40§ Le Bouddha consolide son expérience mystique pendant un mois avant d’enseigner sa voie au parc des Gazelles, à Sarnath, auprès de ses cinq futurs disciples. Cet événement appelé la mise en route de la roue de la Loi [du Bouddha] est représenté au fronton de temples bouddhistes par la roue à huit rayons (l’octuple sentier) encadrée de deux gazelles.

    La mise en route de la roue de la Loi

    41§ Le geste codé du Bouddha de « la mise en route de la roue de la Loi » est réalisé avec l’index et le pouce de chaque main joints pour former un cercle, les autres doigts étant en extension ; la paume de la main gauche est tournée vers le cœur tandis que celle de la main droite est tournée vers l’extérieur ; les deux mains sont élevées au niveau du cœur, le medium de la main gauche touchant le point de jonction de l’index et du pouce de la main droite.


    c) La fondation de la communauté monastique

    Venuvana à Rajagrha, dans la forêt de Karanda - Le premier monastère vihara

    42§ Une communauté de moines se forme autour du Bouddha, l’amenant à préciser les règles de cette forme de vie où l’on « quitte le foyer » pour marcher sur la voie du Bouddha.

    Mahapajapati Gotami demandant au Bouddha d’établir l’ordre des nonnes

    43§ Sur l’insistance de sa tante, Mahaprajapati Gautami, le Bouddha Sakyamuni a aussi ouvert la voie monastique aux femmes [4]. Le Bouddha demandera cependant que les moniales soient subordonnées aux moines.

    44§ Des laïcs ont contribué par leurs dons à faire vivre la communauté des moines et des moniales. Ces dons ont permis aux moines de s’installer dans des monastères et de cesser la vie itinérante.

    45§ Le Triple joyau est désormais constitué : l’Éveillé, la Loi prêchée par le Bouddha et la communauté de ceux et celles qui suivent la Loi, soit respectivement, le Bouddha, le Dharma et la Sangha.
    46§ Les adeptes bouddhistes prononcent la formule dite de la « Prise du refuge dans le Triple joyau ». La Voie des Anciens la décline de la manière suivante :
    47§ « je prends refuge dans le Bouddha ; je prends refuge dans le Dharma ; je prends refuge dans la Sangha ;
    pour la deuxième fois, je prends refuge dans le Bouddha ; pour la deuxième fois, je prends refuge dans le Dharma ; pour la deuxième fois, je prends refuge dans la Sangha ;
    pour la troisième fois, je prends refuge dans le Bouddha ; pour la troisième fois, je prends refuge dans le Dharma ; pour la troisième fois, je prends refuge dans la Sangha » [5]


    d) L’Extinction complète

    Polonnaruva (Sri Lanka ) XIIe siècle

    48§ Après avoir enseigné le Dharma pendant quarante-cinq ans et régulé la vie en communauté monastique, le Bouddha réalise l’extinction complète à l’âge de quatre-vingts ans à Kushinagar. Les artistes bouddhistes le représentent couché entre deux arbres sur le côté droit, la tête à l’est et les pieds à l’ouest.

    Stûpa n’ I de Sanchi - (Madhya Pradesh, Inde – Règne du roi Ashoka au III’ siècle av. J.C
    Horyu ji - fin VII - Nara (Japon)

    49§ Les restes mortuaires de son incinération ont été récupérés pour être vénérés dans des tumuli funéraires servant de reliquaires – des stupa. En passant en Chine, les tumuli sont devenus des tours à plusieurs étages appelées « pagodes ».

    50§ Les bouddhistes pratiquent la circumambulation autour de ces monuments sacrés en les gardant à main droite. En Thaïlande, ils sont intégrés dans un réseau de fils de coton blanc les reliant à des statues du Bouddha Sakyamuni et autres objets sacrés, constituant ainsi une sorte de circuit énergétique sacré.

    Premier concile bouddhiste à Rajagaha, au Nava Jetavana de Sravasti. Photo : le moine (bhikkhu) Ananda Joti

    51§ En parallèle du culte des reliques, les moines se seraient rassemblés au « concile » de Rajagriha pour fixer les enseignements du maître dans la « Triple corbeille » : la corbeille des règlements monastiques, celle des dits du Bouddha et de ses grands disciples et enfin, sans doute plus tardive, celle des traités métaphysiques. Les historiens débattent de la réalité historique de ce concile.


    e) L’expansion du bouddhisme en Asie

    Jérôme Ducor, Le regard de Kannon - Musée ethnographique de Genève, 2010

    52§ Le bouddhisme a rayonné en Asie sinisée et en Asie indianisée où il s’est implanté durablement. Il a par contre périclité en Inde. Le premier empereur à avoir unifié une grande partie de l’Inde, l’empereur Ashoka (273-232), s’était pourtant converti au bouddhisme et en avait fait la promotion dans son Empire comme en témoignent les stupa de Sarnath et de Sanchi édifiés sous son règne.

    53§ La dynastie Gupta (entre le quatrième siècle et le sixième siècle) a soutenu le bouddhisme et l’hindouisme. L’art bouddhiste a fleuri sous leur règne à Mathura tandis que le roi Kumararagupta 1er (415-455) dotait l’université bouddhiste de Nalanda appelée à devenir un centre d’études bouddhiste réputé.

    Jérôme Ducor, Le regard de Kannon - Musée ethnographique de Genève, 2010

    54§ L’université de Nalanda a été détruite lors des invasions turques et afghanes vers 1200, mais le bouddhisme avait déjà commencé à décliner en Inde à partir de la seconde moitié du premier millénaire, supplanté par l’hindouisme qui avait réformé la religiosité indienne en préservant ses marqueurs identitaires, à la différence du bouddhisme hétérodoxe [6].

    ***
    Hors Série La Vie le Monde - Atlas religions p 175
    Le désespoir des disciples religieux à la mort du Bouddha 711 - temple Horyu ji, Nara (Japon)

    55§ Les trois courants, la Voie des Anciens, le Grand Véhicule et le Véhicule Tantrique rapportent la vie du Bouddha Sakyamuni en suivant la même trame mais ils diffèrent sur son interprétation, en particulier sur la réalité de la disparition du Bouddha Sakyamuni :

  • la Voie des Anciens considère que le Bouddha Sakyamuni n’est plus présent pour personne ; les deux joyaux de la Loi et de la communauté des moines pallient à sa disparition ;
  • le Grand Véhicule, suivi en cela par le Véhicule Tantrique, considère que le Bouddha Sakyamuni a fait semblant de disparaître afin de provoquer un sursaut salutaire chez ses disciples, comme le soutient l’un de ses écrits les plus influents, le Sutra du Lotus ; en réalité le Bouddha Sakyamuni est toujours présent et actif.

56§ Ces divergences d’interprétation renvoient à des différences de valorisation de la figure du Bouddha, comme nous allons le voir.


Annexe : termes bouddhistes en sanskrit

Pour mémoire : le fondateur de la bouddhologie, le français Eugène Burnouf (1801-1852), a distingué l’adjectif « bouddhiste » réservé aux personnes de l’adjectif « bouddhique » pour les choses. Nous ne reprenons pas cette distinction encombrante et sans réelle valeur ajoutée.

communauté bouddhiste Sangha
moine : bhiksu
moniale : bhiksuni
novice moine : sramanera
novice moniale : sramaneri
Soif : trsna ( tanha pali )
Tumulus sacré  : stupa


© fr. Franck Guyen op, septembre 2026
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Introduction to the religious and spiritual traditions of Asia – Buddhism (2/8) [7].


The Life of the Buddha Sakyamuni (continued and concluded)



Warning. A gesture that is not insignificant
This act of engaging with other religions is no trivial matter, and we must be aware of what is at stake in such an encounter. A religion is something important, if not essential, to its followers ; therefore, we must not behave like casual tourists by approaching it with simplistic and reductive ideas. Such an encounter requires humility – I did not say humiliation. I also believe that this gesture requires us to be fully aware of our own faith, of what we believe. Otherwise, we risk being lost amidst proposals for a ‘total’ meaning that have their own internal coherence and are not necessarily compatible with one another. [8]



a) The doctrine of the Three Poisons

33§ The Three Poisons refer to that which sows the seeds of actions, enabling them to bear fruit in good or bad conditions of existence in future lives :

  • the first poison is greed, the desire to possess, to lay hold of something or someone : ‘I must have this or that ; it will make me happy’ – and to achieve this, one is tempted to lie, steal or kill ;
  • the second poison encompasses hatred, fear, jealousy and negative feelings which, unlike the first, drive us to reject and push away : ‘Keep this thing or this person far from me ; it will bring me misery’. These feelings drive us to lie, steal and kill ;
  • the third and final poison is of an intellectual rather than an emotional nature : it is the mistaken belief in the soul, the Self, which in reality has no substantial existence, since it is an unstable and temporary assembly of heterogeneous elements [9]. Based on this mistaken belief, the poisons of greed and anger infect the mind through desires centred on what I must do to attain my happiness and avoid my unhappiness : me, me and more me.

    34§ The Buddha has eradicated the roots of the Triple Poison ; he now performs ‘karmically’ neutral actions : no longer conditioned by greed or anger, and devoid of all self-centredness, the Buddha’s actions resemble sterilised seeds, incapable of bearing fruit in future lives : the ‘karmic’ capital has ceased to be replenished and will be settled in this very life, the last of the Buddha Sakyamuni.


    b) The doctrine of the Four Noble Truths

    35§ The doctrine of the Four Noble Truths revisits that of the Three Poisons from a different angle.

    36§ We have already encountered the first noble truth, which states that everything that constitutes this world is ‘suffering’ -.

    37§ The second noble truth asserts that ‘thirst’ is the root cause of suffering : a thirst for sensory pleasures ; a thirst to exist in order to obtain these pleasures, but also because the very sensation of existing is in itself a source of pleasure ; a thirst not to exist because one feels one can no longer experience pleasure – a negative thirst which, by implication, reveals an intense desire for pleasure.

    38§ The Third Noble Truth promises that ‘suffering’ can be brought to an end – by extinguishing the fire of thirst. This extinction is called nirvana in Sanskrit : a candle reaches nirvana when, having run out of wax, the flame goes out. The wax represents the passions, whilst the flame represents thirst.

    39§ The Fourth Noble Truth provides the remedy for extinguishing thirst, namely the Noble Eightfold Path, described in three aspects :

  • stabilising one’s life through right action, right speech and right livelihood : no lying, no stealing, no killing, no irresponsible sexual behaviour, no addiction ;
  • stabilising the mind : the mind is like a monkey that never stops jumping from one branch to another ; it is calmed through right effort, right concentration and right mindfulness : one should, for example, focus on the different phases of the breath ;
  • deep understanding, through right thought and right vision, of the truth revealed by the Buddha, in particular the illusion of the soul as a permanent individual principle.

    40§ The Buddha consolidated his mystical experience for a month before teaching his path in the Park of the Gazelles, at Sarnath, to his five future disciples. This event, known as the setting in motion of the Wheel of the Dharma [of the Buddha], is depicted on the pediments of Buddhist temples by the eight-spoked wheel (the Noble Eightfold Path) flanked by two gazelles.

    The setting in motion of the Wheel of the Dharma

    41§ The Buddha’s symbolic gesture of ‘setting in motion the Wheel of the Dharma’ is performed by joining the index finger and thumb of each hand to form a circle, with the other fingers extended ; the palm of the left hand faces the heart whilst that of the right hand faces outwards ; both hands are raised to heart level, with the middle finger of the left hand touching the junction of the index finger and thumb of the right hand.


    c) The founding of the monastic community

    Venuvana at Rajagrha, in the Karanda Forest – The first vihara monastery

    42§ A community of monks forms around the Buddha, leading him to lay down the rules for this way of life in which one ‘leaves home’ to walk the Buddha’s path.

    Mahapajapati Gotami asking the Buddha to establish the order of nuns

    43§ At the insistence of his aunt, Mahaprajapati Gautami, the Buddha Sakyamuni also opened the monastic path to women [10]. The Buddha did, however, stipulate that nuns should be subordinate to the monks.

    44§ Laypeople contributed through their donations to the sustenance of the community of monks and nuns. These donations enabled the monks to settle in monasteries and cease their itinerant way of life.

    45§ The Triple Gem is now established : the Enlightened One, the Dharma preached by the Buddha, and the community of those who follow the Dharma—namely, the Buddha, the Dharma and the Sangha.
    46§ Buddhist followers recite the formula known as ‘Taking Refuge in the Triple Gem’. The Way of the Ancients sets it out as follows :
    47§ ‘ I take refuge in the Buddha ; I take refuge in the Dharma ; I take refuge in the Sangha ;
    for the second time, I take refuge in the Buddha ; for the second time, I take refuge in the Dharma ; for the second time, I take refuge in the Sangha ;
    for the third time, I take refuge in the Buddha ; for the third time, I take refuge in the Dharma ; for the third time, I take refuge in the Sangha” [11]


    d) Complete Extinction

    Polonnaruva (Sri Lanka) 12th century

    48§ After teaching the Dharma for forty-five years and regulating life within the monastic community, the Buddha attained complete Nirvana at the age of eighty in Kushinagar. Buddhist artists depict him lying on his right side between two trees, with his head to the east and his feet to the west.

    Stupa No. I at Sanchi – (Madhya Pradesh, India) – Reign of King Ashoka in the 3rd century BC
    Horyu-ji – late 7th century – Nara (Japan)

    49§ The ashes from his cremation were collected to be venerated in burial mounds serving as reliquaries – stupas. Upon reaching China, these mounds evolved into multi-storey towers known as ‘pagodas’.

    50§ Buddhists practise circumambulation around these sacred monuments, keeping them on their right-hand side. In Thailand, they are incorporated into a network of white cotton threads linking them to statues of the Buddha Sakyamuni and other sacred objects, thus forming a sort of sacred energy circuit.

    First Buddhist council at Rajagaha, in the Nava Jetavana monastery in Sravasti. Photo : the monk (bhikkhu) Ananda Joti

    51§ Alongside the veneration of relics, the monks are said to have gathered at the ‘council’ of Rajagriha to codify the Master’s teachings in the ‘Three Baskets’ : the Basket of monastic rules, the Basket of the sayings of the Buddha and his great disciples, and finally, probably at a later date, the Basket of metaphysical treatises. Historians debate the historical reality of this council.


    e) The spread of Buddhism in Asia

    Jérôme Ducor, The Gaze of Kannon – Geneva Ethnographic Museum, 2010

    52§ Buddhism spread throughout Sinicised Asia and Indianised Asia, where it took deep root. In India, however, it declined. The first emperor to have unified a large part of India, Emperor Ashoka (273–232), had nevertheless converted to Buddhism and promoted it throughout his empire, as evidenced by the stupas at Sarnath and Sanchi, built during his reign.

    53§ The Gupta dynasty (between the fourth and sixth centuries) supported both Buddhism and Hinduism. Buddhist art flourished under their rule in Mathura, whilst King Kumararagupta I (415–455) endowed the Buddhist university at Nalanda, which was to become a renowned centre of Buddhist learning.

    Jérôme Ducor, The Gaze of Kannon – Geneva Ethnographic Museum, 2010

    54§ Nalanda University was destroyed during the Turkish and Afghan invasions around 1200, but Buddhism had already begun to decline in India from the second half of the first millennium, supplanted by Hinduism, which had reformed Indian religiosity whilst preserving its defining characteristics, unlike heterodox Buddhism [12]

    ***
    La Vie le Monde Special Edition – Atlas of Religions, p. 175
    The despair of the Buddha’s disciples upon his death 711 – Horyu-ji Temple, Nara (Japan)

    55§ The three traditions – the Way of the Ancients, the Great Vehicle and the Tantric Vehicle – recount the life of Sakyamuni Buddha following the same narrative framework, but they differ in their interpretation, particularly regarding the reality of Sakyamuni Buddha’s passing :

  • The Way of the Ancients holds that Shakyamuni Buddha is no longer present for anyone ; the two jewels of the Dharma and the monastic community make up for his passing ;
  • the Mahayana, followed in this by the Tantric Vehicle, holds that Sakyamuni Buddha feigned his passing in order to provoke a salutary jolt in his disciples, as maintained in one of his most influential writings, the Lotus Sutra ; in reality, Sakyamuni Buddha is still present and active.

    56§ These differences in interpretation reflect differing views on the significance of the figure of the Buddha, as we shall see.


    Appendix : Buddhist terms in Sanskrit

    For the record. The founder of Buddhist studies, the Frenchman Eugène Burnouf (1801–1852), distinguished between the adjective ‘Buddhist’, reserved for people, and the adjective ‘Buddhic’, used for things. We shall not adopt this cumbersome distinction, which offers no real added value.

Buddhist community Sangha
monk : bhiksu
novice monk : sramanera
novice nun : sramaneri
nun : bhiksuni
Sacred mound : stupa
Thirst : trsna ( tanha in Pali )


© Franck Guyen op, September 2026


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英語

この記事は ‘The Big Picture - La grande image - シーズン2’ の一部である


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アジアの宗教・精神伝統入門 – 仏教 (2/8) [13].


釈迦牟尼仏の生涯(続き・完結)



警告。決して軽視できない姿勢
他の宗教と向き合うというこの行為は決して些細なことではなく、そのような出会いにおいて何が懸かっているのかを自覚しなければならない。宗教とは、信者にとって不可欠とまではいかなくとも重要なものである。したがって、単純化や過度な簡略化を伴う考えでそれに接し、まるで気ままな観光客のように振る舞ってはならない。そのような出会いに必要なのは謙虚さだ――屈辱ではない。また、この姿勢には、自らの信仰、すなわち自分が何を信じているかを十分に自覚することが求められると私は考えている。そうでなければ、それぞれに内部的な整合性を持ち、必ずしも互いに相容れない「全体的な」意味の提案の渦中で、自分を見失う危険がある。 [14]



a) 三毒の教義

33§ 三毒とは、行為の種を蒔き、それらが来世における善悪の存有状態において実を結ぶようにするものを指す:

  • 第一の毒は貪欲、すなわち何かや誰かを所有し、手に入れようとする欲望である。「これやあれを手に入れなければならない。そうすれば私は幸せになれる」――そしてこれを達成するために、人は嘘をついたり、盗んだり、殺したりする誘惑に駆られる;
  • 第二の毒は、憎しみ、恐怖、嫉妬、そして否定的な感情を包含する。これらは第一の毒とは異なり、私たちを拒絶し、遠ざけようとする。「この物やこの人を私から遠ざけろ。それが私に苦しみをもたらすからだ」。こうした感情は、嘘をつき、盗み、殺すように私たちを駆り立てる;
  • 三つ目にして最後の毒は、感情的なものではなく知的な性質のものだ。それは、魂や「自我」に対する誤った信念であり、実際には実質的な実在を持たない。なぜなら、それは不安定で一時的な異質な要素の集合体だからである [15]。この誤った信念に基づき、貪りと怒りという三毒は、「私」が自分の幸福を得て自分の不幸を避けるために何をすべきかという欲望を通じて、心を蝕む。それは、「私、私、そしてさらに私」という思考である。

    34§ 仏陀は三毒の根源を断ち切った。今や仏陀は「業的に」中立な行為を行っている: もはや貪りや怒りに左右されることなく、あらゆる自己中心性を脱した仏の行いは、殺菌された種子に似ており、来世で実を結ぶことはできない。「業」の資本は補充されなくなり、釈迦牟尼仏のこの現世、すなわち最後の生涯において清算されることになる。


    b) 四聖諦の教義

    35§ 四聖諦の教義は、三毒の教義を別の角度から再考するものである。

    36§ 我々はすでに、この世界を構成するすべてのものは「苦」であるとする第一聖諦に触れた。

    37§ 第二の聖なる真理は、「渇愛」こそが苦しみの根本原因であると主張する。それは、感覚的な快楽への渇愛であり、これらの快楽を得るために存在したいという渇愛である。また、存在しているという感覚そのものが快楽の源であるため、存在したいという渇愛でもある。さらに、もはや快楽を体験できなくなったと感じるために存在したくないという渇愛――これは否定的な渇愛であるが、その裏には、快楽への強烈な渇望が潜んでいる。

    38§ 第三の聖なる真理は、「苦」を終わらせることができると約束している――渇の火を消し去ることによって。この消滅は、サンスクリット語でニルヴァーナと呼ばれる。ろうそくは、蝋が尽きて炎が消えるとき、ニルヴァーナに達する。蝋は情欲を表し、炎は渇を表している。

    39§ 第四の聖なる真理は、渇愛を消し去るための処方箋、すなわち「八正道」を示しており、それは以下の三つの側面から説明される:

  • 正しい行い、正しい言葉、正しい生業を通じて生活を安定させること:嘘をつかない、盗まない、殺さない、無責任な性的行為をしない、依存症にならない;
  • 心を安定させること:心は、枝から枝へと飛び移り続ける猿のようなものだ。それは、正精進、正定、正念によって鎮められる。例えば、呼吸のさまざまな段階に意識を集中すべきである;
  • 正思惟と正見を通じて、仏が明らかにした真理、とりわけ「魂」が永続的な個体原理であるという幻想について、深く理解することである。

    40§ 仏陀は、サルナートのガゼル公園で、将来の五人の弟子たちにその道を説く前に、一ヶ月間、自らの神秘体験を確固たるものにした。この出来事は、[仏陀の]法輪の転動として知られており、仏教寺院のペディメントには、二頭のガゼルに挟まれた八輻の車輪 (八正道)が二頭のガゼルに挟まれている姿として、仏教寺院のペディメントに描かれている。

    法輪の転動

    41§ 仏陀の「法輪を転動させる」という象徴的な身振りは、両手の人差し指と親指を合わせて円を作り、他の指を伸ばすことで表される。左手のひらは胸に向け、右手のひらは外側を向く。両手は胸の高さに上げられ、左手の中指が右手の親指と人差し指の付け根に触れる。


    c) 僧団の創設

    ラージャグラのカランダの森にあるヴェヌヴァナ――最初のヴィハーラ(僧院)

    42§ 仏の周囲に比丘の共同体が形成され、それにより仏は、家を出て仏の道を歩むというこの生き方の規則を定めた。

    マハーパジャパティ・ゴータミが、仏に尼僧団の設立を請う

    43§ 叔母であるマハプラジャパティ・ゴータミの強い要望を受け、釈尊もまた女性に対して出家の道を認めた [16]。しかし、釈尊は尼僧が比丘に従属すべきであることを条件とした。

    44§ 在家信者たちは、布施を通じて比丘や尼の共同体の生計を支えた。こうした布施により、比丘たちは僧院に定住し、巡礼的な生活様式を止めることができた。

    45§ こうして三宝が確立された。すなわち、覚者、仏が説いた法、そして法に従う者たちの共同体――つまり、仏、法、僧である。
    46§ 仏教の信者は、「三宝に帰依する」という文言を唱える。『古人の道』では、次のように述べられている。
    47§ 「私は仏に帰依する。私は法に帰依する。私は僧に帰依する。
    二度目として、私は仏に帰依する。二度目として、私は法に帰依する。二度目として、私は僧に帰依する。
    三度目として、私は仏に帰依する;三度目として、私は法に帰依する;三度目として、私は僧に帰依する」 [17]


    d) 完全な消滅

    ポロンナルワ(スリランカ) 12 世紀

    48§ 45年間にわたり法(ダルマ)を説き、僧団の生活を整えた後、仏陀は80歳の時にクシナガルで完全な涅槃(ニルヴァーナ)に入った。仏教の芸術家たちは、仏陀が2本の木の間に右側を下にして横たわり、頭を東に向け、足を西に向けている姿を表現している。

    サンチ第1号ストゥーパ――(インド、マディヤ・プラデーシュ州)――紀元前3世紀、アショーカ王の治世
    法隆寺――7世紀後半――奈良(日本)

    49§ 火葬後の遺灰は集められ、遺骨を納める墳墓――ストゥーパ――として崇敬された。中国に伝来すると、これらの墳墓は「パゴダ」と呼ばれる多層の塔へと発展した。

    50§ 仏教徒は、これらの聖なる建造物の周りを、それを右側に置きながら巡礼を行う。タイでは、これらの記念碑は、釈迦牟尼仏の像やその他の聖なる品々と結ぶ白い綿糸の網目の中に組み込まれ、一種の聖なるエネルギーの回路を形成している。

    第1回仏教結集は、ラージャガハ(シュラヴァスティ)のナヴァ・ジェータヴァナ僧院で行われた。 写真:僧侶(比丘)アナンダ・ジョティ

    51§ 遺骨の崇拝と並行して、僧侶たちはラージャグリハの「結集」に集まり、師の教えを「三蔵」として体系化したと言われている。すなわち、僧侶の戒律を収めた「律蔵」、仏陀とその高弟たちの説法を収めた「経蔵」、そしておそらくそれより後の時期に編纂された、形而上学的な論考を収めた「論蔵」である。歴史家たちは、この仏典結集の史実性について議論している。


    e) アジアにおける仏教の広がり

    ジェローム・デュコール、『観音の眼差し』 – ジュネーブ民族学博物館、2010年

    52§ 仏教は、中国文化圏およびインド文化圏の全アジアに広がり、そこに深く根を下ろした。しかし、インドでは衰退した。インドの大部分を統一した最初の皇帝であるアショーカ王 (273–232)は、それにもかかわらず仏教に改宗し、その治世中に建設されたサルナートやサンチの仏塔が示すように、帝国全土で仏教を奨励した。

    53§ グプタ朝(4世紀から6世紀)は、仏教とヒンドゥー教の両方を支援した。マトゥラでは、その統治下で仏教美術が栄えた一方、クマララグプタ1世 (415–455)は、後に仏教学の著名な中心地となるナランダの仏教大学に寄付を行った。

    ジェローム・デュコール、『観音のまなざし』 – ジュネーブ民族学博物館、2010年

    54§ ナランダ大学は1200年頃、トルコやアフガニスタンからの侵攻の際に破壊されたが、インドにおける仏教はすでに第1千年紀の後半から衰退し始めており、 ヒンドゥー教に取って代わられていた。ヒンドゥー教は、異端の仏教とは異なり、インドの宗教性を改革しつつも、その本質的な特徴を保持していたのである [18]

    ***
    『ラ・ヴィ・ル・モンド』特別版 – 宗教地図帳、p. 175
    仏陀の死に伴う弟子たちの絶望 711 – 法隆寺、奈良(日本)

    55§ 「古の道」、「大乗」、「密教」という三つの伝統は、同じ物語の枠組みに従って釈迦牟尼仏の生涯を語っているが、特に釈迦牟尼仏の入滅の現実性に関して、その解釈が異なっている:

  • 古道は、釈尊はもはや誰の眼前にも存在しないと主張する。法と僧団という二つの宝が、釈尊の入滅を補うものである;
  • 大乗(これに従って密教も同様)は、最も影響力のある経典の一つである法華経で述べられているように、釈迦牟尼仏は弟子たちに有益な衝撃を与えるために入滅を装ったと主張する。実際には、釈迦牟尼仏は今も存在し、活動している。

    56§ こうした解釈の違いは、後で見るように、仏という存在の意義に関する見解の相違を反映している。

    © Franck Guyen op, 2026年9月


[1] Les articles synthétisent un cours de 24h dispensé sur un an à la Faculté de théologie de Lille. Nous avons assuré ce cours de 2010 à 2023

[3] Les cinq « agrégats » skandha : la forme corporelle (rūpa), la sensation (vedana), la perception (samjñā), la formation mentale (samskara) et la conscience (vijñāna).
La Loi de production conditionnée reprend les cinq agrégats moyennant quelques aménagements. Nous ne développons pas ici cette loi qui complète la Doctrine du triple poison et la Doctrine des quatre nobles Vérités

[4] Ananda, le disciple le plus proche du Bouddha, avait soutenu la demande de Gautami auprès du Bouddha, ce qui lui a été reproché par la suite

[5] En pali :
Buddham saranam gacchámi ; Dhammam saranam gacchámi ; Samham saranam gacchámi
Tutiyampi Buddham saranam gacchámi ; Tutiyampi Dhammam saranam gacchámi ; Tutiyampi Samham saranam gacchámi
Tatiyampi Buddham saranam gacchámi ; Tatiyampi Dhammam saranam gacchámi ; Tatiyampi Samham saranam gacchámi

[6] Le bouddhisme remet en question les castes, nie l’existence d’un principe éternel immatériel appelé âme, refuse de reconnaître la sacralité des Veda et, des rites, et nie l’existence de divinités éternelles.

[7] These articles summarise a 24-hour course taught over the course of a year at the Faculty of Theology in Lille. We taught this course from 2010 to 2023

[9] The five ‘aggregates’ skandha : the physical form (rūpa), sensation (vedana), perception (samjñā), mental formation (samskara) and consciousness (vijñāna).
The Law of Dependent Origination incorporates the five aggregates with a few modifications. We shall not elaborate here on this law, which complements the Doctrine of the Three Poisons and the Doctrine of the Four Noble Truths

[10] Ananda, the Buddha’s closest disciple, had supported Gautami’s request to the Buddha, for which he was subsequently criticised

[11] In Pali :
Buddham saranam gacchámi ; Dhammam saranam gacchámi ; Samham saranam gacchámi
Tutiyampi Buddham saranam gacchámi ; Tutiyampi Dhammam saranam gacchámi ; Tutiyampi Samham saranam gacchámi
Tatiyampi Buddham saranam gacchámi ; Tatiyampi Dhammam saranam gacchámi ; Tatiyampi Samham saranam gacchámi

[12] Buddhism challenges the caste system, denies the existence of an eternal, immaterial principle known as the soul, refuses to recognise the sacredness of the Vedas and rituals, and denies the existence of eternal deities.

[13] これらの記事は、リールの神学部で1年間にわたり開講された24時間の講座をまとめたものである。この講座は2010年から2023年まで開講された

[15] 五つの「蘊」skandha: 物質(rūpa)、受(vedana)、想(samjñā)、行(samskara)、識(vijñāna)である。
『縁起の法』は、若干の修正を加えてこの五蘊を取り入れている。ここでは、この法について詳述しないが、これは『三毒の教義』および『四聖諦の教義』を補完するものである

[16] 釈尊の最も親しい弟子であるアナンダは、ゴータミの釈尊への願いを支持したが、そのことで後に批判を受けた

[17] パーリ語では:
Buddham saranam gacchámi ; Dhammam saranam gacchámi ; Samham saranam gacchámi
トゥティヤンピ・ブッダム・サラナム・ガッチャミ;トゥティヤンピ・ダンマム・サラナム・ガッチャミ;トゥティヤンピ・サンガム・サラナム・ガッチャミ
タティヤンピ・ブッダム・サラナム・ガッチャミ;タティヤンピ・ダンマム・サラナム・ガッチャミ;タティヤンピ・サンガム・サラナム・ガッチャミ

[18] 仏教はカースト制度に異議を唱え、魂として知られる永遠の非物質的な原理の存在を否定し、ヴェーダや儀式の神聖性を認めず、永遠の神々の存在も否定する。


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